Les Engagés du Grand Portage/0a

NOTE DE L’ÉDITEUR


Les fondateurs de la Collection du Nénuphar ont le dessein de grouper sous un même signe les relations des découvreurs, les mémoires du régime français, les meilleurs ouvrages des écrivains canadiens-français ; et ainsi, de prouver par la collection elle-même, l’existence d’une littérature canadienne. Il leur semble que le présent volume, Les Engagés du Grand Portage, entre bien dans ce cadre. Sous la forme du roman, c’est un voyage historique dans l’immense Canada à peine exploré ; c’est tout le commerce des pelleteries vers l’année 1800, avec ses rivalités sanglantes ; ce sont les mœurs des voyageurs du Nord-Ouest, ou plutôt des engagés ; c’est le tableau d’une époque pittoresque, violente, haute en couleurs ; enfin, c’est un livre canadien écrit par un Canadien.

Publié par Gallimard, à Paris, en 1939, quelques mois avant la dernière guerre, il remportait un vif succès. Journaux et revues littéraires de France lui consacraient des articles ; un journal allemand le plaçait parmi les quatre meilleurs romans de l’année ; au Canada, il partageait le prix de la province de Québec avec Menaud, Maître-Draveur. La guerre empêchait bientôt l’importation du livre ; un nombre limité d’exemplaires seulement étaient entrés au pays avec ce résultat que Les Engagés sont depuis longtemps introuvables.

Les Éditions Fides sont heureuses d’offrir maintenant cet ouvrage au public. Elles croient que la valeur de ce roman est stable, permanente ; que c’est une œuvre qui par sa documentation soignée, par son style châtié, sobre, par ses notations psychologiques, par les caractères étudiés et créés, mérite d’être mieux connue et répandue. Ce fruit littéraire pèse lourd, oseraient-elles dire.