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Les Chansons de Bilitis, suivies de Chansons modernes/Les Chansons de Bilitis/88

Slatkine reprints (p. 108).


LE DERNIER ESSAI


« Que veux-tu, vieille ? — Te consoler. — C’est peine perdue. — On m’a dit que depuis ta rupture, tu allais d’amour en amour sans trouver l’oubli ni la paix. Je viens te proposer quelqu’un.


— Parle. — C’est une jeune esclave née à Sardes. Elle n’a pas sa pareille au monde, car elle est à la fois homme et femme, bien que sa poitrine et ses longs cheveux et sa voix claire fassent illusion.


— Son âge ? — Seize ans. — Sa taille ? — Grande. Elle n’a connu personne ici, hors Psappha qui en est éperdument amoureuse et a voulu me l’acheter vingt mines. Si tu la loues, elle est à toi. — Et qu’en ferai-je ?


Voici vingt-deux nuits que j’essaye en vain d’échapper au souvenir… Soit, je prendrai celle-ci encore, mais préviens la pauvre petite, pour qu’elle ne s’effraye point si je sanglote dans ses bras. »