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Les Chansons de Bilitis, suivies de Chansons modernes/Les Chansons de Bilitis/81

Slatkine reprints (p. 101).


SCÈNE


« Où étais-tu ? — Chez la marchande de fleurs. J’ai acheté des iris très beaux. Les voici, je te les apporte. — Pendant si longtemps tu as acheté quatre fleurs ? — La marchande m’a retenue.


— Tu as les joues pâles et les yeux brillants. — C’est la fatigue de la route. — Tes cheveux sont mouillés et mêlés. — C’est la chaleur et c’est le vent qui m’ont toute décoiffée.


— On a dénoué ta ceinture. J’avais fait le nœud moi-même, plus lâche que celui-ci. — Si lâche qu’elle s’est défaite ; un esclave qui passait me l’a renouée.


— Il y a une trace à ta robe. — C’est l’eau des fleurs qui est tombée. — Mnasidika, ma petite âme, tes iris sont les plus beaux qu’il y ait dans tout Mytilène. — Je le sais bien, je le sais bien. »