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Les Chansons de Bilitis, suivies de Chansons modernes/Les Chansons de Bilitis/162

Slatkine reprints (p. 196).


MADDALOU


Ses cheveux sont noirs. Sa peau est brune. Autour de la poitrine elle porte une guenille blanche qui fut une camisole et qui la montre demi-nue.

Une loque rouge lui sert de jupe, une loque plus trouée qu’un drapeau de bataille. Et c’est tout. Elle n’a pas de chemise. Ses pieds sont nus comme des mains.

Mais quelle soie brodée serait plus belle que ce costume bigarré de peau humaine et de haillons ? quel bijou plus pur que cette pointe du sein ?

Elle se meut dans la lumière, sans honte et presque sans vêtement, tandis que je suis du regard autour de ses formes les jeux de l’ombre et du soleil.