Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille/Tome V/5

Méline, Cans et Compagnie (Tome vp. 83-99).


XXI

un sauveur.


Diane et Cyprienne étaient rentrées à l’hôtel Montalt, vers le lever du jour, avec Blanche, qui ne les reconnaissait point sous leurs costumes d’hommes. Usant de l’autorité que le nabab leur avait conférée, elles avaient fait préparer une chambre pour la jeune fille, que sa faiblesse extrême empêchait de rester debout.

Les deux noirs obéissaient à leurs ordres comme à ceux de Montalt lui-même.

Dès que Blanche fut couchée dans son lit, Diane et Cyprienne songèrent au pauvre grenier de la rue de l’Abbaye.

Il leur restait un devoir à remplir.

Elles revinrent au boudoir, que le nabab avait quitté déjà, et rentrèrent dans la chambre aux costumes. Pantalons et redingotes tombèrent en un tour de main, pour faire place à leurs habits de paysannes bretonnes.

Cette seconde toilette fut bien moins longue que la première.

La glace, où elles se voyaient tout à l’heure, espiègles et mutines, sous leurs costumes de jeunes gens, leur renvoya bientôt deux charmants visages de vierges, souriants et doux.

Elles quittèrent de nouveau l’hôtel, mais, cette fois, avec leurs jupes courtes et leurs petits bonnets ronds de Bretagne.

Elles firent à pied la route qu’elles venaient de parcourir au galop des beaux chevaux de Montalt.

Il y avait à peine douze heures qu’elles avaient quitté leur pauvre chambrette, sous les auspices de l’excellente madame Cocarde. Mais que d’événements les séparaient déjà de la soirée précédente !

La sentinelle de la prison militaire, qui les vit arriver en se tenant par la main et frapper doucement à la porte de leur demeure, n’eut garde de les reconnaître pour ces deux brillants petits seigneurs qui avaient troublé sa faction deux heures auparavant et carillonné comme deux diables à la porte de madame la marquise.

Elles montèrent tout droit à ce grenier inhabité qui était séparé par une cloison du misérable asile de Penhoël.

Le jour était clair déjà, et pourtant, à travers les fentes de la cloison, Cyprienne et Diane ne purent rien distinguer, parce que la lumière arrivait bien tard dans le grenier de la famille, éclairé seulement par une étroite croisée à charnière, dont le carreau unique était tout noirci de poussière.

Ils dorment encore…, murmura Diane ; ne les réveillons pas.

Et Cyprienne ajouta :

— Descendons à notre chambre… nous remonterons dans quelques minutes.

Quand elles rentrèrent dans la petite mansarde aux murailles grises et nues, où elles avaient tant pleuré, les pauvres enfants, leur cœur bondit de joie.

Les jours de misère étaient passés ; ceux qu’elles aimaient tant allaient enfin être heureux.

Ce plaisir qu’on éprouve, au moment du bonheur, à revoir les lieux où l’on a souffert, elles le ressentaient dans toute sa plénitude.

Et que leurs souvenirs de la veille leur apparaissaient lointains déjà ! Elles doutaient presque d’avoir été si malheureuses.

Chacun des objets restés dans la chambrette était salué par elles comme un ami cher. La harpe, le petit lit et l’image sainte de la Vierge, qui avait gardé si longtemps leur sommeil…

— Te souviens-tu, ma sœur ? disait Cyprienne. Nous étions là toutes deux à genoux, quand madame Cocarde est venue nous chercher hier.

— Hier !… répéta Diane toute pensive ; était-ce bien hier ?…

Cyprienne se mit à sourire.

— Oh ! oui…, dit-elle, c’était bien hier que j’avais grand’faim, mon Dieu !… Et toi… tu ne te plaignais pas… Jamais je ne t’ai entendue te plaindre… mais je suis bien sûre que tu souffrais aussi !

— Je souffrais pour toi…, murmura Diane, et pour Madame… Oh ! cela me brisait le cœur de penser que nous ne pouvions rien pour la secourir !

Cyprienne sauta de joie.

— Madame !… s’écria-t-elle, notre chère Madame ! Que Dieu est bon et que nous sommes heureuses !… Ma sœur, c’est nous qui l’aurons sauvée !… C’est nous qui lui rendrons son Ange bien-aimé !

Diane se laissa glisser sur ses genoux devant l’image de la Vierge.

— Nous la verrons encore sourire comme autrefois…, murmura-t-elle ; oh ! sainte Mère de Dieu, soyez bénie !… car nous l’aimons comme si nous étions ses filles… et son bonheur nous est plus cher que notre bonheur !

Cyprienne s’était mise à genoux auprès de sa sœur. Elles prièrent toutes deux.

Puis toutes deux se jetèrent sur le lit, car elles étaient bien lasses, et leurs jolies têtes, rapprochées, s’appuyèrent ensemble sur l’oreiller.

Elles ne voulaient point dormir ; mais, tandis qu’elles s’entretenaient, mariant leurs sourires heureux, le sommeil les surprit et ferma leurs paupières.

Une heure se passa, puis deux heures. Quand Diane s’éveilla enfin en sursaut, le soleil de midi, glissant à travers les carreaux de la lucarne, tombait d’aplomb sur son visage.

Elle se jeta hors du lit en poussant un cri de surprise. À son tour, Cyprienne s’éveilla.

— Comment !… dit-elle en se frottant les yeux, nous avons dormi !…

— Et pendant cela, peut-être qu’ils souffrent là-haut !… ajouta Diane. Viens vite, ma sœur !

Elles s’élancèrent dans l’escalier.

Mais, en arrivant devant la cloison, leurs regards furent arrêtés par un obstacle imprévu. On avait bouché récemment tous les trous qui existaient entre les planches. Elles ne pouvaient rien voir.

Aucun bruit ne se faisait dans la chambre voisine.

— Comment faire ?… murmura Diane.

Le doigt de Cyprienne s’était introduit déjà dans l’une des fentes afin d’éprouver l’obstacle. Elle sentit l’humidité du papier qui n’avait pas eu le temps de sécher encore.

Son doigt appuya un peu davantage, et le papier, déchiré, céda.

Elle mit son œil à l’ouverture. L’air vicié, qui passa immédiatement par le trou, la prit à la gorge et la fit reculer.

— Qu’est-ce cela ?… murmura-t-elle, car elle n’avait rien vu.

À son tour, Diane regarda.

Elle vit le maître de Penhoël étendu les bras en croix sur le matelas. Elle vit Madame, affaissée contre la muraille et plus pâle qu’une morte. Au milieu de la chambre, elle vit le brasier qui brûlait encore.

Elle devina tout.

— Oh ! ma sœur !… ma sœur ! s’écria-t-elle épouvantée : ils ont voulu se tuer ! Fasse le ciel qu’il ne soit pas trop tard pour leur porter secours !

Ses mains qui tremblaient ébranlèrent par la base l’une des planches de la cloison. Heureusement que les planches ne tenaient guère. Les efforts réunis des deux jeunes filles parvinrent à en soulever une qui resta, néanmoins, fixée par le haut.

Elles passèrent, et quand elles furent passées, la planche, retombant par son propre poids, referma l’ouverture.

Ce n’était point un rêve que Marthe de Penhoël avait fait. Elle avait revu Diane et Cyprienne. Et ce n’étaient point de pauvres belles-de-nuit, échappées un instant du cercueil.

L’air frais qui tombait maintenant sur son visage, et rendait le souffle à sa poitrine oppressée, venait de la fenêtre, ouverte par leurs mains.

Cet or qui brillait aux pieds de Marthe était un don des deux jeunes filles.

Elles étaient ici, comme toujours, la douce providence de Penhoël.

Si elles avaient disparu, ce n’était pas pour longtemps, sans doute. Il n’y avait rien dans le pauvre grenier, pas même une goutte d’eau.

Elles étaient allées chercher du secours.

Le regard troublé de Marthe les vit disparaître et tâcha en vain de trouver l’issue qui leur avait donné passage. La planche était retombée comme la première fois et laissait la cloison intacte, en apparence. Marthe se persuadait de plus en plus qu’elle avait été le jouet d’une vision.

Mais d’autres yeux, plus clairvoyants que les siens, étaient ouverts sur cette scène et ne pouvaient prendre le change.

M. Robert de Blois ne croyait point aux choses surnaturelles.

En quittant le Cercle des Étrangers, après l’excellente comédie au moyen de laquelle il avait dirigé cinq bonnes épées contre la poitrine de Montalt, l’Américain avait pris une voiture et s’était dirigé vers la rue Sainte-Marguerite.

C’était une démarche pénible qu’il allait entreprendre, car, bien qu’il fût, dès longtemps, débarrassé de tous préjugés importuns, l’Américain éprouvait une certaine répugnance à se retrouver en face de ses victimes.

Penhoël lui avait sauvé la vie. Il avait mangé le pain de Penhoël, et habité son toit. Et, pour prix du bienfait, il avait rendu, lui, la trahison la plus noire.

En ses heures de gaieté, ce n’était point ainsi que M. le chevalier de las Matas traitait la question avec ses dignes amis le comte de Manteïra et le baron Bibander. Il trouvait même, parfois, le courage de faire des gorges chaudes sur la chute de Penhoël, ce brave homme ! comme il l’appelait.

Mais, à cette heure où il s’agissait d’affronter la vue de ce malheureux, ruiné, dégradé, moralement assassiné, M. le chevalier de las Matas se sentait comme un petit remords.

Si encore la détresse de Penhoël lui avait profité dans une bonne et large mesure…

Mais non ! c’était ce vieux coquin de Pontalès qui avait emmagasiné la récolte coupée par autrui !

En somme, il n’y avait pas à reculer. Les délicates répugnances étaient d’autant moins de saison que cette entrevue avec l’ancien maître de Penhoël pourrait fournir les moyens de faire rendre gorge à cet odieux Pontalès.

Et Robert tressaillit d’aise rien qu’à cette pensée.

Cela lui redonnait un peu de cœur. Que diable ! il y allait de l’intérêt de Penhoël lui-même, car on ne comptait point lui demander gratuitement sa signature, à ce pauvre garçon.

Fi donc !…

On était tout prêt à débourser quelques bons billets de mille francs s’il le fallait.

Et quelle fête ! un billet de mille francs chez Penhoël !

Tout en montant l’escalier sale et désemparé, Robert arrivait à se persuader qu’il jouait, à son tour, le rôle de sauveur.

Pourtant, lorsqu’il fut parvenu sur le palier poudreux qui précédait le grenier, ses hésitations le reprirent. Il mit son œil à la serrure, pour éviter du moins toute surprise.

Il aperçut justement Cyprienne et Diane faisant irruption par la cloison disjointe, et ouvrant précipitamment la fenêtre.

Lui aussi devina tout.

Mais ce qui le préoccupa principalement, ce fut l’apparition des deux jeunes filles.

Décidément, il n’y avait donc pas moyen de faire un pas sans se heurter contre elles au beau milieu de la route !

Sans le hasard diabolique qui les amenait là, Robert allait entrer le premier. On lui volait son rôle de providence !

Ces réflexions chagrines et sa mauvaise humeur ne l’empêchaient pas de tenir son œil collé à la serrure ; il vit parfaitement la poignée d’or rouler dans la poussière.

— Cela sent son nabab !… pensa-t-il en fronçant le sourcil ; les petites sont décidément à l’hôtel… Si elles y sont, la paix n’est plus possible… et j’ai bien fait d’entamer la guerre !… Ah ! coquin de Bibandier !… si tu avais fait ta besogne !

Un instant, il eut l’idée de redescendre l’escalier quatre à quatre et d’aller prévenir Lola qui demeurait à deux pas, afin qu’elle fît suivre les deux jeunes filles à leur sortie ; mais, au moment où il allait quitter son poste, Cyprienne et Diane soulevèrent la planche et disparurent de l’autre côté de la cloison.

Les idées de l’Américain changèrent. Un plan surgit tout à coup de son cerveau.

Il était sûr que pas une parole n’avait été prononcée depuis qu’il avait l’œil à la serrure. Puisqu’on lui cédait la place, c’était le moment d’agir et de se hâter.

La clef était toujours en dehors de la porte, où René l’avait laissée. L’Américain entra sans bruit.

Il passa franc devant René, qui n’avait point encore repris connaissance, et ne s’arrêta qu’auprès de Madame.

Il fit tinter légèrement l’or déposé sur le carreau.

Marthe rouvrit à demi les yeux, et les referma aussitôt avec un mouvement de frayeur.

— Madame…, dit Robert doucement, écoutez-moi au nom de Dieu, et revenez à vous !… Voilà déjà longtemps que je suis ici à tâcher de vous secourir… Par pitié, ne repoussez point mon aide, et voyez en moi un ami !

Marthe demeurait affaissée sur elle-même. Elle se redressa au choc d’une pensée soudaine.

— Ma fille !… monsieur, dit-elle, qu’avez-vous fait de ma fille ?…

M. Jean de Penhoël n’a-t-il pas reçu ma lettre ? demanda l’Américain.

— Je ne sais pas, répliqua Marthe qui joignit les mains ; je vous en prie, dites-moi ce qu’est devenue ma fille ?

— Je n’ai pas osé signer la lettre, reprit Robert au lieu de répondre, de peur que M. Jean n’eût pas confiance… C’est un grand malheur, madame, que d’avoir donné aux gens qu’on respecte et qu’on aime le droit de douter…

— Oh ! monsieur !… monsieur ! interrompit Marthe, vous ne voulez pas me parler de ma fille !

— J’en parlais dans la lettre, madame… Écoutez ! Ce n’est pas ici le lieu de nous expliquer… Les anciens maîtres de Penhoël ne peuvent rester un instant de plus dans cette misérable retraite… Je suis venu vous chercher.

— Nous chercher ?… répéta Marthe qui détourna les yeux ; vous, monsieur ?

Robert prit un air de contrition résignée. Cela ne l’empêcha point de jeter un furtif regard vers la cloison ; il sentait que l’entrevue s’engageait mal. La discussion n’était pas de saison : il fallait agir, car son instinct lui disait que l’absence des deux jeunes filles ne serait pas de longue durée.

— J’ai mérité cela !… murmura-t-il en baissant la tête ; je sais bien que vous devez me haïr, madame… Et pourtant, s’il est vrai que toute faute s’expie, j’espère obtenir un jour votre pardon… Dussé-je ne jamais l’obtenir, ajouta-t-il en feignant une émotion plus grande, je me féliciterais encore d’avoir payé aujourd’hui une partie de ma dette en sauvant votre vie.

— C’est donc vous ?… dit Marthe faiblement.

L’Américain regarda tout autour de la chambre comme si cette question l’eût étonné bien fort.

— Et qui donc serait-ce ?… demanda-t-il.

— Je ne sais…, murmura Madame qui parlait surtout pour elle-même ; j’avais cru… ma pauvre tête est si faible !… Cependant, je suis bien sûre d’avoir vu de l’or.

— J’aurais voulu vous l’apporter plus tôt…, répliqua Robert, mais j’ai été bien pauvre aussi, moi, madame !… Quand on vous chassa indignement de Penhoël, pensez-vous donc que j’y sois resté après vous ?

La porte qui restait ouverte établissait avec la fenêtre un courant d’air vif. Le poids qui était sur la poitrine de Marthe s’allégeait, et sa présence d’esprit revenait. Le maître de Penhoël lui-même recouvrait lentement la vie ; il s’agitait par intervalles sur son matelas, et c’était maintenant le sommeil de l’ivresse qui l’empêchait d’ouvrir les yeux.

Marthe regarda Robert en face.

— Il ne nous reste rien, monsieur, dit-elle ; je ne sais pas quel intérêt vous avez encore à nous tromper.

— Oh !… fit l’Américain en levant les yeux au ciel, n’ai-je donc pas été assez cruellement puni, mon Dieu ?… Madame, je ne cherche pas à pallier ma faute… je me suis laissé autrefois séduire par les belles paroles du marquis de Pontalès… Je me suis ligué avec lui contre Penhoël… J’ai été dur envers vous, madame… J’ai abusé du secret que le hasard avait mis entre mes mains… mais, sur ma conscience, je vous jure, tout cela n’avait qu’un but… je voulais vous forcer à me donner votre fille que j’aimais… Je me disais : La fortune que j’emprunte, je la rendrai en épousant Blanche… Mon amour était si grand, madame, qu’il excusait tout à mes yeux… Je restais aveuglé, ne voyant que Blanche au monde, et ne m’apercevant pas que Pontalès faisait de moi l’instrument d’une trahison infâme !…

Il s’arrêta, comme si l’émotion qui l’oppressait l’eût empêché de poursuivre. Marthe l’écoutait, incrédule encore, mais attentive déjà. Ce long malheur qui pesait sur elle n’avait pu laisser intacte l’énergie de son intelligence.

— Le jour fatal arriva, reprit Robert ; j’enlevai votre fille, dont le jeune Pontalès voulait faire sa maîtresse… votre fille, ajouta-t-il plus bas, tandis que Marthe cachait son front entre ses mains, qui était déjà ma femme devant Dieu… Le soir même de votre départ, je fus chassé, à mon tour, de Penhoël… À Paris, où je vins tout de suite, je vous cherchai longtemps… Dans votre misère, madame, n’avez-vous pas reçu parfois de mystérieux secours ?

Robert disait cela au hasard.

— Quoi !… s’écria Madame vivement, ce pain qui soutenait notre vie… ?

— J’étais trop pauvre pour faire davantage, reprit l’Américain hypocritement. Ce n’est que d’aujourd’hui que la fortune semble vouloir me sourire… Ce matin, j’ai reçu une somme considérable qui m’a rendu bien heureux, car j’ai pensé à vous, madame… et à Blanche…, ajouta-t-il en détournant les yeux ; avec de l’argent, on est bien fort, et nous pourrons sans doute la retrouver.

— La retrouver ?… s’écria Marthe en se levant à demi.

— Ma lettre disait tout cela !… répondit Robert ; c’est un affreux malheur, madame !

— Mais vous ne me dites pas ce qui est arrivé…, interrompit Marthe ; vous ne me dites rien.

L’Américain mit un genou en terre.

— J’étais venu vers vous, madame, murmura-t-il les mains jointes, pour implorer mon pardon et pour vous dire : Nous la retrouverons ensemble !

Marthe se leva, chancelante.

En ce moment René de Penhoël, éveillé par le courant d’air qui passait sur son corps, s’agitait et tâchait de se mettre debout.

L’Américain jeta encore un regard vers la cloison. Il lui semblait entendre un bruit derrière les planches.

Désormais une seconde de retard pouvait tout perdre. Il se pencha vivement vers Marthe.

— Je sais où elle est…, murmura-t-il ; voulez-vous venir la chercher avec moi ?

Marthe fit d’elle-même un pas vers la porte.

Il n’y avait pas d’explication possible avec le maître de Penhoël. Robert le prit tout bonnement par le bras et l’entraîna de force vers l’escalier.

Ils sortirent tous les trois. Madame marchait devant ; elle eût voulu courir.

Robert ferma la porte en dehors, et fit monter les anciens maîtres de Penhoël dans la voiture qui l’attendait devant la maison.

Quand Cyprienne et Diane revinrent, essoufflées, par l’escalier de leur chambre, elles trouvèrent le grenier désert…