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Briard (Poulet-Malassis) (p. 134-152).

IL N’Y A PLUS D’ENFANTS.




TROISIÈME FRAGMENT.




Chez madame Durut.


LE MARQUIS DE LIMEFORT[1], MADAME DURUT.

La Durut (avec transport). — Eh ! te voilà, mon beau fils. (Elle lui saute au cou et le dévore de caresses.)

Le Marquis. — Tu vois, ma chère Agathe, un humain qui n’est pas encore entré dans Paris (il est en effet en voyageur), car il croyait te devoir son premier hommage. Certes, je ne sortirai pas d’ici sans avoir donné la mort à l’ennui qui courait à franc étrier derrière moi depuis Coblentz.

La Durut. — Tu nous reviens donc, tout de bon ?

Le Marquis. — Oh ! puissé-je n’avoir jamais bougé de Paris ! Quelques frères m’imiteront, mais, en revanche, nombre d’autres ont tout à fait perdu la tête, et, comme les compagnons d’Ulysse, se sont laissé métamorphoser.

La Durut. — En bêtes ?

Le Marquis. — Pis encore, s’il était possible, et d’autant plus bêtement que je n’ai point vu là-bas de Circés. Les jolies femmes à qui le titre d’enchanteresse pourrait convenir sont précisément celles qui ne se mêlent de rien que de se divertir. La grande faiseuse d’intrigues et de pots-pourris dégoûterait bien plutôt que de charmer. N’importe ! du grand au petit, les gobe-mouches en font leur idole… Grand bien leur fasse !… (Il bâille.) Pardon…

La Durut. — Pauvre marquis, si je ne craignais de renouveler tes douleur, je te prierais…

Le Marquis. — De te le mettre ? Tu me préviens,… car depuis deux grands mois…

La Durut. — Tout doux, mon cher : c’est aujourd’hui chez moi vigile et jeûne.

Le Marquis. — Ah ! je conçois ! Cependant, ma chère Agathe, il faut absolument… Tiens,… vois-tu ? (Il produit un boute-joie brûlant et qui donne des signes du plus urgent besoin.)

La Durut. — C’est que, d’honneur ! je ne sais comment t’arranger.

Le Marquis. — La belle Célestine ?

La Durut. — On la tient.

Le Marquis. — Fringante ?

La Durut. — Elle est occupée.

Le Marquis. — Eh bien ! la poupée d’ébène, Zoé ?

La Durut. — C’est un sort : elle est en affaire aussi.

Le Marquis. — Que diable !… Juge donc. (Il lui prend une main et la porte sur ce qu’on a dit qu’il a montré.)

La Durut. — Sapristi !… c’est du fer !… mais en attendant, ceci pourrait-il ?… (Elle administre légèrement un secours fictif.)

Le Marquis. — Non, non, parbleu !… Quoi donc ! pas une pensionnaire ?

La Durut. — Si fait. La petite Mottenfeu, si le cœur t’en dit ?

Le Marquis. — Comment ! elle est de retour ?

La Durut. — Il y a déjà six semaines.

Le Marquis (après un peu de réflexion). — Je l’ai tant eue… depuis le collége, et même encore à Londres…

La Durut. — Pourtant elle est toujours une excellente jouissance.

Le Marquis. — D’accord ! Mais je veux du plus frais.

La Durut. — As-tu cinquante louis à sacrifier, je te livre un de mes pucelages ?

Le Marquis. — Pourquoi pas ? Justement j’ai gagné, de colère, sept cents louis en passant par Ems[2] : je puis donc me passer une fantaisie agréable.

La Durut. — Que te faut-il ?

Le Marquis. — Mais un pucelage, ne l’offrais-tu pas ?

La Durut. — Je voulais dire : brun ou blond ? mûr ou vert ? J’ai du onze, du douze, du treize et du quatorze. Faisons mieux, viens là dedans. (Elle le conduit dans un cabinet.) Voici tous les portraits[3], renouvelés il y a quinze jours.

Le Marquis. — Délicieux !… Je ne sais, ma foi ! que choisir… Tiens, cette blondinet

La Durut. — C’est une fureur ! on en veut toujours à ce petit mouton qui rêve. On la nomme Dolente, elle a quatorze ans, la plus jolie taille du monde. Tu vois ses grands yeux d’azur et sa bouche moins fendue qu’eux ? Eh bien ! malgré cela, je ne te la conseille pas.

Le Marquis. — Pourquoi ?

La Durut. — C’est du réparé : j’ai déjà placé quatre fois son imberbe pucelage…

Le Marquis. — Ah, Durut, tu te mêles aussi de tricher ! N’as-tu pas de honte ?

La Durut. — Les temps sont durs, il faut de l’entregent pour se tirer d’affaire…

Le Marquis. — Mais la bonne foi ?

La Durut. — Je n’en dois qu’aux frères. Aussi vois-tu que je ne veux pas t’attraper. Je réserve ma Dolente pour un fin Anglais, qui se prétend connaisseur, et à qui je veux faire payer cher l’indéchiffrable vertu d’une petite gueuse qui le trompera d’autant mieux, que, sur l’étiquette du sac, il la prendra pour un de ces modèles d’après lesquels peignent les romanciers de Londres. Moitié naturel, moitié talent, mon ingénue duperait Satan lui-même, tout rusé qu’il est… (Voyant le marquis occupé d’un portrait.) Ce que tu considères là est ton fait.

Le Marquis. — J’allais te consulter.

La Durut. — Mademoiselle Violette n’a que treize ans, mais si je ne l’avais pas muselée, depuis longtemps son affaire serait faite. Il n’y a pas de camillon, de jardinier, et même de marmiton, qu’elle n’ait attaqués. Par bonheur, de crainte d’être chassés, ils m’ont avertie. D’ailleurs, on ne perd rien à maintenir ma police. Bref, c’est chez Violette une si belle fureur d’être enfilée, que l’autre jour elle me suppliait de lui donner la clef des champs, si je n’aimais mieux recevoir les six louis qu’elle a de bon à la masse, pour que je lui fournisse n’importe quelle espèce de fouteur.

Le Marquis (d’un ton railleur). — On doit s’estimer fort heureux de servir une jeune personne aussi vivement inspirée ; cependant est-elle aussi jolie que je la vois là ?

La Durut. — Dix fois mieux. Ces croquis, faits à la hâte, ne sont que du premier élève du peintre attitré. Je te les donne, sans exception, pour fort au-dessous des originaux.

Le Marquis. — Je meurs d’impatience d’endoctriner mademoiselle Violette…

La Durut. — Tu vas la voir. (Durut sonne ; on répond du dehors, à la manière indiquée.) Violette ? (On marque que l’ordre est entendu.)

Le Marquis (sa bourse à la main). — Voici de l’or, ma bonne amie.

La Durut (refusant). — Eh fi ! tu te crois donc au bordel ? On ne paye point d’avance : il faut avoir eu. Si ce que je t’offre n’allait pas valoir le prix que j’y mets, rien de fait, mon cher ; si l’objet ne te plaît pas, une autre ; c’est ton droit de frère, et mon devoir, non moins que mon plaisir, car tu sais, marquis, que de tous nos Limefort[4] c’est toi que j’ai le plus aimé…

Le Marquis. — Comme je suis celui qui se pique pour toi des meilleurs sentiments… (On frappe d’une certaine manière…)

La Durut. — Voici Violette. Entrez !…


LE MARQUIS, MADAME DURUT, VIOLETTE[5].

À la vue de celle-ci, le marquis, pénétré d’étonnement, s’écrie : “ C’est Hébé ! „

La Durut. — Approchez, Violette ; voilà monsieur qui veut bien mettre fin à vos peines.

Violette (se jetant dans les bras de madame Durut). — Ah ! maman.

La Durut. — Petite folle, c’est à lui qu’il fallait courir.

Violette (tenant encore madame Durut embrassée, promène sur le marquis un regard examinateur, mêlé de crainte et d’espoir). — Monsieur, que je n’ai jamais vu, pardonnera…

Le Marquis (à madame Durut). — La friponne veut d’abord me juger.

En même temps, Violette s’élance avec un transport fougueux et embrasse le marquis. Mais au lieu de le baiser, elle colle sa tête contre une oreille de l’amateur, se pressant au surplus violemment contre lui.

Le Marquis (continue). — Elle est charmante.

Durut fait au marquis des mines qui expriment qu’il trouvera bien du plaisir à posséder cette fillette. Elle veut ensuite s’esquiver, mais…

Violette (s’en apercevant). — Ah ! maman ! ne m’abandonnez pas ; restez ici pour m’apprendre ce qu’il faut que je fasse…

Le Marquis. — M’embrasser d’abord, petit ange, si je n’ai pas le malheur de te déplaire.

Violette (après l’avoir baisé convulsivement vingt fois). — Vous, me déplaire ! (Elle demeure longtemps la bouche collée sur celle du marquis.)

Le Marquis (ensuite). — Eh bien ! Durut, ne voilà-t-il pas un volume de belles phrases ?

Violette palpite, sanglote, et ne peut s’empêcher de plonger sa main dans les trésors dont elle est prévenue que le marquis veut bien lui faire part. En même temps Durut vient dénouer une ceinture de ruban violet et les attaches de la collerette. Peignoir, chemise, tout est enlevé. Un modèle dont Boucher aurait fait la Pièce à choisir, mais dont il n’aurait su dessiner assez correctement les beautés infinies, étonne les yeux et les mains du marquis. Celui-ci transporte pétulamment Violette sur une duchesse, où déjà Durut a pris place, assise, se proposant de servir d’oreiller à la jeune victime dont Vénus va recevoir le sacrifice délicat… L’ardeur du marquis est si grande que la bonne Durut croit devoir lui recommander des ménagements… Soit obéissance, soit galanterie, soit raffinement de volupté, Limefort prélude et veut d’abord baiser la plus fraîche de toutes les virginités ; mais Violette, rugissant au moindre contact, plante les doigts dans les cheveux du langayeur et lui donne, en l’attirant violemment, une preuve presque cruelle du plus impatient désir. Il faut y sacrifier toutes les gradations délicates… À peine le glaive du sacrificateur se fait-il sentir, que, se poussant au-devant de sa pointe brûlante,

Violette (s’écrie) : — Ah ! maman ! maman !… On me le fait !… maman !… (Un mélange de lascive frénésie et de vive douleur fait que Violette roule des yeux, siffle des lèvres, se dérobe à moitié, puis aussitôt se roidit au-devant de l’instrument de la difficile opération. Elle s’écrie :) Maman… ah !… ah !… (Plus fort et plus brusquement ?) Maman !

Pour le coup l’inition est à son comble, et des flots brûlants inaugurent le sanctuaire du plaisir… Violette est pendant quelques instants comme morte. Elle a pâli tout à coup, ses dents se sont serrées, ses yeux fermés clignotent, son sein bondit avec précipitation. D’une main elle tord les jupes de madame Durut ; des ongles de l’autre elle laboure les matelas de la duchesse… Cet état violent dure bien deux minutes, après quoi, jetant brusquement ses bras autour du cou du marquis, rouvrant les yeux et lui décochant un baiser à bouche ouverte, elle semble vouloir l’engloutir. “ Ô mon Dieu ! mon Dieu ! mon sauveur ! „ lui dit-elle, en sons à peine articulés. Bientôt après le marquis recommence, ou plutôt il commence seulement alors cette gentille manœuvre à laquelle la nature attache de si délicieux effets. Violette l’endure avec courage, en jouit avec transport. Durut, alors, voyant toutes choses se passer à merveille, substitue un carreau à ses genoux et se retire… On devine que c’est sans compliments. Elle met les heureux sous clef.


LE MARQUIS, VIOLETTE.

Violette (après avoir pris et donné des soins de propreté). — Oh ! monsieur ! vous que je ne sais comment nommer, mais que je vais aimer toute ma vie !… quel bon génie vous a donc soufflé dans l’oreille de demander Violette ?

Le Marquis. — Ton portrait, petite amie ; il n’a fallu qu’y jeter les yeux pour brûler de t’avoir.

Violette. — Que ç’ait été précisément moi, comme cela est heureux ! tandis qu’elles étaient aussi toutes là !

Le Marquis. — Je n’y ai vu que Violette.

Elle lui saute au cou et le dévore de baisers…

Violette. — Si vous étiez bien aimable, vous viendriez tous les jours, entendez-vous ? de peur que… voyez-vous bien… car… il se pourrait que maman l’oublie… et je ne voudrais pas, moi, que ce fût un autre qui voulût…

Le Marquis (avec feu). — L’adorable enfant ! Eh bien ! veux-tu que je m’arrange avec Durut pour qu’elle te cède à moi ?

Violette (avec passion). — Oh ! oui !… Tiens… vois-tu, je suis riche, j’ai six louis à la caisse… Je les abandonnerai tout de suite à notre maman pour qu’elle se procure qui me remplace. Et puis tout ce que la Providence m’enverra d’argent, tout, je le lui donnerai, jusqu’à ce qu’elle se croie dédommagée de ne m’avoir plus ; car elle m’a fait tant de bien ! Je serais bien ingrate de lui faire du tort.

Le Marquis (enchanté). — La bonne petite âme ! Va, mon enfant, ce sera mon affaire.

Violette. — Ô mon roi ! comme vous parlez ! il me semble que je vois un prophète ! (Un baiser.) Un saint[6] ! (Un baiser.)

Le Marquis (gaiement). — Tu me fais infiniment d’honneur !

Violette. — Voyons donc, que je considère encore un peu cette affaire qui m’a fait un si joli mal… Bon Dieu ! lui en aurais-je fait aussi ? comme la voilà rouge !… Bonjour, beau joujou. (Elle le baise.) Ô mon cher monsieur, que vous avez donc bien fait de me demander ce matin ! Tenez, (Elle tire de sa poche une lime d’Angleterre.) voici ce que je m’étais fait apporter hier, pour mes six francs, par Gervais, dans un rouleau d’orgeat.

Le Marquis. — On te friponnait pas mal. À quoi bon cet outil ?

Violette. — Ce soir, Belamour devait travailler à une fichue ceinture… Tu le connais pourtant… Ô mon Dieu ! pardon, je suis une malapprise.

Le Marquis. — Non, non, mon petit ange, tu me fais plaisir. Tu demandais si je connais Belamour ? Sans doute ; j’ai tant soit peu cet honneur-là.

Violette. — Eh bien ! c’est un joli garçon, n’est-ce pas ?

Le Marquis. — Assurément.

Violette. — Je ne dis pas cela parce que nous nous ressemblons, mais il m’aime tout plein… (Elle rougit.) Oh ! mais je n’avais pas l’honneur de vous connaître, quand nous sommes convenus de cela. Il devait, ce soir, arrive qui plante, briser le maudit cadenas, et puis…

Le Marquis (pour l’amuser). — Et puis ?

Violette. — Dame ! voyez qu’il est malin de vouloir que je lui dise quoi ! Il y a déjà Bellotte[7] et Mimi qui y ont passé avec lui… Ne nous vendez pas, du moins ?…

Le Marquis. — Je n’ai garde d’abuser de ta confiance !

Violette (avec la gaieté de l’espièglerie.) — Bellotte et Mimi, qui n’ont que onze ans chacune, et à qui notre maman n’a pas pensé seulement de mettre un qu’on y touche ; elle appelle cela comme ça.

Le Marquis. — Fort bien.

Violette. — Belamour, comme je dis, leur a fait cela, mais sûr ! Elles en sont fières comme des reines ! Oh ! si maman Durut savait !… elle les étranglerait tous trois !…

Le Marquis. — Il faut se garder de jaser. Les petits garçons…

Violette. — Ces imbéciles-là ? Nous daignons bien leur parler seulement ! et puis il faudrait voir qu’ils se donnassent les tons d’observer notre conduite… Monsieur Belamour, c’est différent : c’est le capitaine, celui-ci… Quant aux soldats, c’est mademoiselle Zoé qui en fait ses choux gras. Elle les prend tous où elle peut les attraper, et pan !… C’est elle déjà qui a fait chasser Loulou.

Le Marquis. — Va, c’est assez ; je n’ai pas besoin de savoir tout cela, moi.

Violette. — Est-ce qu’on ne dit pas tout à son amoureux ?

Le Marquis (riant). — C’est parler ; ainsi tu veux bien que je sois ton amoureux ?

Violette. — Belle demande !

Le Marquis. — Et Belamour ?

Violette. — Oh ! c’était de dépit d’être comme ça barricadée ! et puis on a tant d’envie de faire ce qui n’est pas permis ! Voyons, voyons encore. (Elle cherche le boute-joie du marquis.) Le voilà qui dort… Dors, mon mignon… (Le boute-joie bat à la main.)

Le Marquis. — Tu vois qu’il n’a pas le sommeil dur.

Violette. — Comme il est drôle ! (Elle se jette dessus, le reçoit dans sa bouche, le glottine à merveille, et lui rend ainsi toute sa première vigueur.)

Le Marquis (s’écriant). — C’est une houri ! Cette enfant fera le bonheur de ma vie ! (Il n’y tient plus, il la fait relever, l’attire sur lui, jambe de çà, jambe de là, et le plante avec ménagement, attitude si charmante quand on veut filer le plaisir.)

Violette (avec sentiment). — Ô bon ami !

Cette séance est longue. Tour à tour Violette folichonne et s’affecte. Elle a pour le coup du plaisir sans douleur. À mesure que l’opération s’avance, il lui échappe plus rarement de ces riens éloquents que nous n’osons jamais estropier dans le moule du récit. C’est cette fois que l’intelligente autant que voluptueuse Violette acquiert de grandes lumières et prend une haute idée du jeu dont elle reçoit sa troisième leçon. La voilà consommée. Un extatique et long silence caractérise le crépuscule de cette jouissance enfin couronnée par un sonore et mordant baiser.


  1. Le marquis de Limefort : on a parlé, page 106 du numéro quatre, de certains parents qu’a le chevalier de Limefort. Le marquis est cousin germain. Celui-ci est un grand brunet de trente-huit ans, qui plaît sans régularité, fait à peindre, à l’air noble, à la physionomie chevaleresque, vraiment homme de cour, quoique sans morgue et détestant toute espèce d’intrigue ; plus voluptueux que tendre, vrai sybarite, malgré cela, bon militaire. Brûlant pour ses maîtres, mais avec jugement, il n’a pas laissé dégénérer en aveuglement son enthousiasme pour leur cause sacrée : il a donc eu le bon esprit de ne pas se laisser enfiévrer par les charlatans et les bas valets qui lui semblent même gâter les affaires d’outre-Rhin. Comme Aphrodite le marquis est très-ordinaire, car il ne porte que sept pouces, mais d’excellente qualité.
  2. Endroit où il y a des bains chauds, à quelque distance de Coblentz. On y joue comme à Spa, Aix et autres coupe-gorge.
  3. Ce sont ceux des onze camillonnes qui composent avec Zoé, leur chef, la douzaine qu’entretient, de fondation, madame Durut.
  4. L’ordre avait le bonheur alors de posséder six frères de ce nom, qui presque tous étaient dignes de le porter.
  5. Violette : délicieuse brune ; elle est coiffée à l’enfant, avec un ruban vert autour de ses cheveux à peine poudrés, et vêtue d’un simple peignoir garni de mousseline rayée, par-dessus une chemise de toile de Hollande. Tendron pétillant de fraîcheur et de santé ; petit front à sept pointes, yeux médiocrement grands, mais volcaniques, larges prunelles noires, sourcils tracés comme au pinceau ; fossettes aux joues et au menton, couleurs d’une extrême vivacité ; joli méplat au bout d’un petit nez en l’air ; dents courtes, merveilleusement rangées, et de l’émail le plus sain ; légère dose d’embonpoint ; gorge naissante, fière et boudeuse, de neige sillonnée d’azur ; fossettes rosées partout où il est joli d’en avoir ; petons et menottes du plus agréable modèle ; motte relevée, déjà duvetée de filets d’ébène, mais rares et doux : ce qu’on ne peut apercevoir qu’après avoir démuselé la plus mutine de toutes les moniches de l’hospice. Cette cérémonie n’aura lieu qu’à propos ; maison ne veut pas faire languir le lecteur.
  6. Reste des idées premières.
  7. Deux camarades de Violette. Bellotte est celle qui priait à l’ermitage.