Les Éblouissements/Été

Comtesse Mathieu de Noailles ()
Calmann-Lévy, éditeurs (p. 146).

ÉTÉ


Vents bleus ! sourires de l’espace !
Au fond des cieux polis et durs
L’azur, l’azur poursuit l’azur,
Un flot léger sur l’autre passe…

Ah ! quelle suave stupeur !
Chaleur éclatante, sonore.
– Entends-tu, dans la grande aurore,
Ce bruissement du bonheur ?

Quel brûlant orgueil me soulève !
L’univers, le sublime été,
Ont-ils dormi dans mon côté
Comme Adam portait le corps d’Ève ?

Azur divin ! Jour créateur !
Ô Jupiter, ton aile insigne
S’ébat près de moi, mon beau cygne
Un monde coule de mon cœur…