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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 274-275).
◄  Onguent de Monsieur Curty ⅩⅭⅤ : Baume ardent pour les playes, meurtrissures, & douleurs froides ; comme aussi pour les Encloüeures, Clous de ruë, &c. Remedes quand l’apostume a souflé au poil  ►


PRenez une chopine excellent esprit de vin, demie once de camphre en poudre, qu’il faut méler parmy l’esprit de vin, mettez dans un grand matras capable de contenir trois chopines, & un vaisseau de rencontre au haut, le tout bien lutté ; laisser circuler sur une chaleur du Bain-Marie, jusqu’à ce que le camphre soit dissout. Il ne faut pas que le bain boüille, mais le plus chaud qu’il se peut sans boüillir ; le camphre estant dissout, ôtez du bain, & laissez refroidir le matras, délutez le rencontre & mettez dans le matras deux onces carabé concassé : remettez le rencontre, luttez & remettez au Bain Marie chaud sans bouillir comme cy-devant, pendant deux jours & deux nuits, laissez refroidir : le Baume sera fait, qu’il faut garder dans une fiole bien bouchée.

Le carabé est l’ambre jaune, & plus l’ambre approche du blanc, Chap.
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il est meilleur pour cette operation, car il est plus parfait.

Ayant bien ouvert le trou de l’encloüeure, ou clou de ruë, versez dedans un peu de ce baume froid, bouchez le trou avec du coton, & continuez à panser le Cheval tous les jours, jusqu’à ce qu’il ne boitte plus, qui sera bien tost.

Ce remede est excellent pour les jambes foulées & travaillées, en les frottant tous les jours avec ce Baume tout froid, ayant auparavant fort échauffé les nerfs, en les frottant avec un bouchon de foin : il est aussi tres-bon pour toutes contusions & douleurs froides, pour les efforts de nerfs & pour les playes.

Ce Baume est bon pour les Hommes, pour les playes recentes il les guerit aussi promptement que le naturel ; il est bon pour les débilitez & douleurs de jointures, pour les douleurs froides, pour les rhumatismes, sciatiques & efforts ; enfin on peut s’en servir aux usages qu’on employe l’eau de la Reyne de Hongrie : celuy-cy fera tout un autre effet, & si je suis asseuré qu’on n’en trouvera la description dans aucun Livre, si on ne l’a pris dans celuy-cy ; estant bien fait il est clair & jaune comme de l’or, & rien n’est plus beau.

S’il y a une esquille, ce Baume la fera détacher dans peu de temps, & pour cela il faut dessoler, puis panser, comme j’ay dit de ce Baume à froid jusqu’à ce que l’esquille se détache ; nottez que plus l’esquille sera pres de la noix ou du pivot, plus il faudra de temps pour la faire tomber. Ainsi n’acusez pas le Baume, si les choses vont en longueur ; mesme il faut remarquer que si le pivot ou la noix qui est cet os qui se joint au petit pied, est piqué d’un clou ou autre chose, qu’il n’esquillera jamais, & le mal sera tres-long ; car il faudra les ratifier pour en oster la noirceur ; enfin qui voudra se servir de ce Baume, trouvera qu’il est admirable à tout : Pour les Hommes, c’est un secret rare pour les playes, pour les contusions, douleurs froides, fluxions, &c. que le Chirurgien curieux s’attache à découvrir ses vertus, il les trouvera au de là de ce qu’il en croit, s’il le prepare bien.