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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 480-483).
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LEs Chevaux outre les efforts de reins, en font aux autres parties, comme aux hanches & ailleurs, dont ils boittent de telle sorte qu’ils ne s’en soûtiennent point, & en demeurent estropiez. Ces efforts se font par des chuttes, ou d’étendre par trop la cuisse, ce qui fait que l’os qui joint la cuisse avec le corps, fort bien souvent de la place, ou que les ligamens & tendons s’allongent par trop, en sorte que l’humeur contenue en cét endroit pour faciliter le mouvement, sort ou se congele, ce qui cause la douleur, & empéche le mouvement de la hanche.

Si l’os de la hanche est fort relâché ou bien s’il est hors de sa place, on le connoist au toucher, & en cheminant on voit la place où estoit l’os, plus creuse, & le Cheval en boitte extremement & ne peut se soustenir sur la partie. L’ordinaire methode pour remettre l’os en sa place est de faire tirer l’espine ; mais à moins Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/495 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/496 CHAP.
ⅽⅼⅺ.
sus, de la bourre ou tondure de drap sur le cerouëne, mettre un patin à l’autre pied, pour obliger le Cheval à s’appuyer sur celuy-là ; & le laisser en une place sans le coucher quinze ou vingt jours : en attendant les escarres tomberont, on pansera les playes avec eau de vie, & on laissera le Cheval jusqu’à trente jours sans le sortir hors de sa place, apres quoy on le promenera en main peu à peu pour le faire marcher, & quelque temps apres on le travaillera doucement ; comme le feu est un grand resolutif, il resoudra & dissipera les humeurs qui faisoient boitter, & fortifiera la partie.

Si l’enflure de la hanche descend sur le jarret, & delà sur les jambes, il faut saigner le Cheval de la pince, & luy charger les jambes avec l’emmiellure susdite, ou le frotter avec de la graisse de mulet, ou d’ours, ou de chapon : si vous le promenez doucement, & qu’on le frotte de ces graisses, vous y verrez bien-tost de l’amendement : la graisse de blereau fera le mesme effet, on l’appelle en Province de la graisse de tesson ; la moësle de cerf, & la graisse d’oye sont tres-bonnes.

Souvent le Cheval a seulement fait effort au gros nerf qui est au dedans de la cuisse, en suivant la veine, ce qu’on connoist en ce qu’on trouve le nerf gros & enflé, tres-douloureux avec chaleur : si cela est, il faut saigner le Cheval du col, & charger la partie avec son sang mélé avec de l’esprit de vin, ensuite bonnes charges, & bons bains, le mal se dissipera : les graisses que j’ay ordonné cy-devant, y sont bonnes, comme aussi les onguens des nerfs, & autres que j’ay ordonné pour fortifier les jambes devant : on peut se servir de l’onguent du Baron, ou de celuy d’oppodeldoc, qui est assurément un des plus beaux remedes qui soient dans ce livre, & peut-estre aussi dans les autres qui parlent de cette matiere.