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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 40-44).
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QUoy que ce mot de Rhume soit un terme general qui s’aproprie à toutes sortes de fluxions qui coulent d’une partie & se jettent sur une autre ; neantmoins à proprement parler, le Rhume des Chevaux est une décharge qui se fait sous la gorge & sur les autres parties voisines, des humeurs crües, pituiteuses & superfluës, Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/55 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/56 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/57 Chap.
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& on fera avaller le tout au Cheval qui sera ensuitte quatre heures au filet, & en le débridant il luy faut donner du son moüillé, & le laisser en repos manger s’il veut jusqu’au soir, qu’on luy donnera un bon lavement avec du policreste un once & demye.

On attachera à son mastigadour un noüet plein d’une demie once Assa fetida, autant de Sabine, le tout en poudre ; tous les jours on luy laisse ce noüet, & le mastigadour pendant deux heures, on le débride autant, & on remet apres encor le noüet : outre que ce noüet donne apetit au Cheval, il luy fait jetter une grande quantité d’eaux & de flegmes amers, qui luy soulagent la teste.

Notez que vous pouvez méler parmy les eaux cordialles une once de confection de jacinthe, à la place de la zedoire, & du saffran ; mais la confection ne doit avoir ny musc ny ambre : on peut reiterer ce remede deux & trois fois si on le juge à propos pour le soulagement du Cheval, au cas que le premier breuvage l’aye soulagé ; car ce qui soulage s’il est continué, à la fin peut guerir.

Le principal à un Cheval enrhumé est de luy donner des lavemens ramolitifs avec bon policrette, un tous les jours, & mesme deux selon le besoin.

Lavement Rumollitif.

Prenez feüilles de mauves, violette, mercurialle, parietaire, de chacune trois poignées, semence d’anis une once, ou une poignée de fenouil en verd ( si c’est en esté ) faites boüillir le tout pendant une demie heure dans un grand pot ou chaudron, mettant trois pintes d’eau pour un petit Cheval, & quatre pour un grand & un once & demy ou deux onces scories de foye d’antimoine en poudre fine ; puis laisser refroidir vostre décoction à demy, & la coulez, adjoûtez à la colature quatre onces de lenitif commun, un quarteron de beurre frais, donnez le au Cheval ayant vuidé les excremens contenus dans le gros boyau ; remettez-le ensuitte dans l’écurie bridé pendant une demie heure.

Ou le mal sera tres-violent, ou le Cheval recevra du soulagement de ces remedes, appliquez avec prudence, sans precipitation & sans negligence, lors que le besoin y est.