Le mystérieux Monsieur de l’Aigle/03/14

Éditions Édouard Garand (p. 67-70).

XIV

PAS FURTIFS

À peine sa tête eut-elle touché son oreiller, que Magdalena s’endormit.

Elle dormit profondément et paisiblement, jusqu’à vers les trois heures du matin, heure à laquelle elle s’éveilla en sursaut, sous l’effet d’un rêve étrange : elle venait d’assister à un combat sanglant entre les trois aigles de L’Aire ; nous voulons dire les deux aigles en pierre à l’entrée de la maison, et l’aigle en bronze du corridor. Dans son rêve, elle avait voulu séparer les oiseaux de proie ; mais voilà que l’aigle de bronze s’était élancé vers elle, les serres prêtes à la saisir. Alors, elle s’était éveillée, le visage couvert d’une transpiration glacée.

— Quel rêve stupide je viens de faire ! se dit-elle, souriant, malgré tout et se frottant les yeux du revers de ses mains. J’espère que ça ne m’arrivera plus… On dit que, en changeant de position, cela change aussi la nature de ses rêves. Allons !

À moitié éveillée, elle se retourna dans son lit et elle allait se rendormir, lorsqu’elle leva soudain la tête de sur son oreiller et écouta… Qu’entendait-elle ?… Des pas furtifs, dans le corridor ?… Oui… Quelqu’un marchait, avec d’infinies précautions… Magdalena entendait craquer le plancher… Ces pas… Ce craquement… Ils venaient de l’une des extrémités du corridor… Ils approchaient de sa chambre… ils étaient tout près de sa porte maintenant… Ils venaient de s’arrêter…

Le souffle suspendu, la poitrine haletante, Magdalena écoutait… Elle s’était assise sur son lit. Ses yeux démesurément ouverts étaient remplis de frayeur ; ses lèvres tremblantes étaient blanches comme ses joues, desquelles tout le sang semblait s’être retiré. Le cœur palpitant, la pauvre enfant s’attendait, à chaque instant, à ce qu’une main essayât d’ouvrir la porte de sa chambre qui, heureusement, était fermée à clef.

Mais voilà que les pas s’éloignaient… Ils continuaient leur chemin, vers l’extrémité opposée de celle d’où ils étaient venus.

— C’est parce que je suis dans une maison étrangère que je suis si nerveuse se dit-elle. Si quelqu’un trouve à propos de se promener dans les corridors, ça ne me concerne réellement pas.

Tout de même, elle leva plus haute la mèche de sa lampe, puis, domptant, à force de volonté, un reste de frayeur, elle se leva et jeta deux morceaux de bois sur les braises que contenait le foyer.

Rassurée, jusqu’à un certain point ensuite, elle se coucha. Mais à peine eut-elle fermé les yeux qu’elle les rouvrit tout grands. Les pas de tout à l’heure… Ces pas furtifs… ces craquements du plancher… Elle les entendait de nouveau… Non plus dans le corridor ; mais dans sa chambre ! Oui, dans l’alcôve !… Ces pas, elle les entendait clairement… Par moments, ils paraissaient venir de l’autre bout de l’alcôve… en d’autres moments, ils s’approchaient des lourds rideaux de peluche… Magdalena s’attendait de voir apparaître, d’un instant à l’autre, soit une main, soit un visage, entre les portières.

Elle eut voulu crier, appeler : « Mon oncle » ! elle était trop véritablement effrayée cependant pour qu’aucun son sortit de sa bouche.

Et ces pas… Ces pas furtifs, dans l’alcôve !… Il y avait là quelqu’un elle ne pouvait avoir aucun doute là-dessus, car Magdalena n’était pas superstitieuse ; elle ne croyait conséquemment pas aux revenants.

À ce moment, elle entendit frapper à la porte, et une voix lui parvint par le trou de la serrure :

— Théo !

— Mon oncle ! s’écria-t-elle.

Elle courut ouvrir, et Zenon, marchant sur la pointe des pieds, entra.

— Qu’y a-t-il, Théo ? demanda-t-il, parlant bas. Je t’ai entendu aller et venir ; je craignais que tu fusses malade… Et tu l’es malade, n’est-ce pas, mon enfant ? Comme te voilà pâle et défait !

— Non, je ne suis pas malade, répondit Magdalena, parlant bas, elle aussi. J’ai… j’ai peur, par exemple !

— Peur ?… Peur de quoi, Théo ?

— N’avez-vous pas entendu ces pas furtifs dans le corridor, tout à l’heure, mon oncle ?… Ces craquements du plancher, c’était… sinistre !

— Non, je n’ai rien entendu.

— Ils venaient de l’autre extrémité du corridor… ils se sont arrêtés près de la porte de ma chambre, puis ils se sont éloignés.

— Je n’ai rien entendu, je le répète, répondit Zenon. Peut-être as-tu rêvé, Théo ?

— J’étais éveillée comme je le suis en ce moment, mon oncle.

— Eh ! bien, puisque les pas se sont éloignés, tu n’as plus rien à craindre, n’est-ce pas ?

— Mon oncle, fit Magdalena, il y a quelqu’un dans cette chambre.

— Hein ! Tu dis ?…

— Je dis qu’il y a quelqu’un dans cette chambre… Là… dans cet alcôve…

— Allons donc !

— Écoutez !…

Zenon écouta, mais il n’entendit rien.

— Tu as rêvé, mon garçon, fit-il en souriant.

— Écoutez ! Écoutez ! N’entendez-vous rien ?

Zenon prêta, de nouveau, l’oreille et, cette fois, il parvint un bruit étrange, comme celui que ferait une personne marchant avec une extrême précaution. Le plancher craquait… Ces craquements arrivaient évidemment de l’alcôve…

— Il faut aller voir qui est là dit Zenon, s’emparant de la lampe et se dirigeant vers l’alcôve.

— Ne me laissez pas seule ici ! supplia Magdalena, pâle jusqu’aux lèvres. J’ai peur, excessivement peur !

— Désires-tu m’accompagner ? Veux-tu te charger de la lampe, Théo ?

— Oui ! Oui ! Donnez-moi la lampe !

Tous deux se dirigèrent vers l’alcôve, dont les portières étaient hermétiquement fermées.

— Mon oncle ! Prenez garde, mon oncle ! Qui sait ce que cachent ces rideaux ?

Brusquement, Zenon ouvrit les portières et jeta un coup d’œil dans l’alcôve… Il n’y avait personne… Pourtant, lui et Magdalena avaient bien entendu des pas allant et venant dans cette pièce, tout à l’heure !

L’alcôve, quoique grand, n’avait pas de fenêtres, puisque le Roc du Nouveau Testament lui servait de mur principal, tout comme à la chambre à coucher y attenant. Il n’y avait pas de porte non plus ; la seule manière d’y pénétrer étant au moyen de la chambre à coucher.

— Tu le vois, Théo, il n’y a personne ici, fit Zenon, après avoir ouvert les portes des garde-robes et examiné tous les coins et recoins de l’alcôve.

— Mais alors ?…

— Ces craquements qui t’ont tant effrayée, proviennent des planchers de cette maison, tout simplement. Qui peut expliquer cela ?… Probablement que le bois des planchers a été posé avant qu’il fut tout à fait sec et il continue à « travailler » ; voilà. Probablement aussi que les gens de la maison sont habitués à ces craquements et qu’ils ne s’en aperçoivent même plus.

— C’est la première fois que j’entends parler de pareille chose, répondit Magdalena.

— Pas moi, fit Zenon. Quelqu’un que j’ai connu déjà avait loué une maison dont les planchers craquaient continuellement et dont les portes se fermaient brusquement comme sous des mains invisibles. Il n’y resta pas longtemps, car il considérait cela comme étant pour le moins désagréable.

— Je le crois sans peine !

— Cette maison dont je te parle ne se louait que rarement ; les locataires n’aimaient pas ces bruits et ils déménageaient dans d’autres logements, aussitôt qu’ils le pouvaient… ce qui était assez ridicule, selon moi, dit Zenon en riant, car rien n’est moins dangereux que des planchers qui craquent.

— C’est curieux qu’on n’entende pas craquer les planchers de cette maison durant le jour, n’est-ce pas, mon oncle ?

— Durant le jour, vois-tu, Théo, il y a du va et vient ; on n’y porte pas attention. Et maintenant, mon garçon, tu ferais bien de te mettre au lit et de dormir. Moi, je vais m’installer sur le canapé et lire ; de cette manière, ton énervement se passera. Allons ! Couche-toi, mon garçon, et dors !

La première cloche sonnant le déjeuner éveilla Magdalena. Jetant les yeux sur le cadran ornant la cheminée, elle vit qu’il était huit heures et demie ; on devait déjeuner à neuf heures alors.

Elle fut vite debout, et s’approchant de l’une des fenêtres, elle vit que le vent soufflait en tempête. La neige tombait par gros flocons serrés et il poudrait à ne pouvoir distinguer rien, à plus d’une dixaine de pieds de soi. Cette tempête allait intervenir avec les plans de M. de L’Aigle ; il avait dit, la veille, qu’on irait tous à la grand’messe à l’église du Portage.

Impossible de sortir par un pareil temps ; on risquerait de s’égarer en route ; plus que cela, on ne pourrait suivre le chemin balisé, le seul praticable.

En effet, comment distinguer les balises, à travers ces nuages blancs que soulevait le vent ?

Lorsque Magdalena sortit dans le corridor, elle vit Eusèbe, qui l’attendait, pour la conduire dans la salle à déjeuner, pièce fort coquette, qu’elle n’avait pas encore vue. Claude de L’Aigle et Zenon Lassève l’y avait précédée.

— Vous avez passé une bonne nuit, je l’espère, Théo ? demanda Claude, en tendant la main à son « petit ami ».

Elle échangea un regard rapide avec Zenon, mais elle répondit :

— Merci, M. de L’Aigle, j’ai bien dormi. Vous aussi, sans doute ?

— J’ai dormi comme un loir, merci, Théo.

Comme on achevait de déjeuner, Eusèbe entra dans la salle et déposa sur la table, près de Claude, une corbeille en osier contenant des pommes et des morceaux de sucre du pays, puis il se retira.

— Mes amis, dit le propriétaire de L’Aire, j’ai l’habitude de faire une tournée aux écuries chaque matin, après le déjeuner. Si vous désirez m’accompagner, vous êtes les bienvenus.

— Certes, nous vous accompagnerons ! répondit Zenon. Rien ne nous fera plus plaisir ; de plus, nous avons hâte de revoir Rex ; n’est-ce pas, Théo ?

— Vous venez d’exprimer mes sentiments, mon oncle, fit Magdalena en souriant. Il nous fera grand plaisir de vous accompagner, M. de L’Aigle, ajouta-t-elle.

— Alors, allons ! dit Claude, en se levant de table, exemple que suivirent ses visiteurs.

Après s’être vêtus chaudement, tous trois, ils se dirigèrent vers les écuries, vaste bâtiment en pierre, du côté droit de la maison.

— Les écuries de L’Aire sont mieux tenues que bien des maisons, M. de L’Aigle, observa Zenon en riant.

— Pietro, mon homme d’écurie, est un trésor, un vrai, répondit Claude.

— Je le vois bien, dit Zenon.

Sur un passage large et bien éclairé s’ouvraient les stalles. Chaque cheval était chez lui et libre de prendre ses ébats comme il le désirait. Des barrières en fer forgé allant presque d’un plancher à l’autre, fermaient les stalles.

Les deux premiers compartiments servaient d’abri aux chevaux d’équipage. Nous l’avons dit, ces chevaux étaient noirs comme la nuit ; c’était aussi de fougueuses bêtes.

Lorsqu’on s’approcha de la première stalle, le cheval qu’elle contenait se mit à ruer, à renâcler, à se mâter, puis, les oreilles couchées, les dents découvertes et marchant seulement sur ses pattes de derrière, comme si c’eut été une chose bien naturelle chez lui, il s’élança vers la barrière, avec l’évidente intention de foncer dessus. Zenon saisit Magdalena par les épaules et la plaça derrière lui.

— Quel cheval vicieux ! s’écria-t-il. Comment pouvez-vous garder de pareilles bêtes, M. de L’Aigle ?

— Eh ! bien, Lucifer !

C’est Claude qui venait de parler au cheval. Aussitôt, il se produisit une sorte de phénomène : Lucifer se mit sur ses quatre pattes, puis dressant les oreilles et doux comme un agneau, il s’approcha de la barrière, recevant de la main de son maître deux pommes et un morceau de sucre, qu’il mangea en hochant la tête d’un air satisfait.

Arrivé à la stalle voisine de celle de Lucifer, ce fut à recommencer : le cheval rua à plus d’une reprise, il se mâta, coucha des oreilles, montra toutes ses dents, et même, la tête baissée et renâclant avec force, il se précipita vers la barrière.

— Eh ! bien, Inferno !

Et le même phénomène que tout à l’heure se produisit : Inferno devint doux comme un agneau, à la voix de son maître.

— Tout de même ! marmotta Zenon. Je ne garderais pas de chevaux de cette trempe pour tout l’or du monde !

— Rex ! Oh ! Cher beau Rex ! fit soudain Magdalena, car on venait d’arriver à la stalle contenant le cheval de Séverin.

Rex hennissait tout bas et il piochait le pontage pour prouver son contentement. Lorsqu’il s’approcha de la barrière, ce fut gentiment, les oreilles pointées, les yeux doux.

Claude présenta la corbeille à la jeune fille et c’est elle qui offrit à Rex deux pommes et un morceau de sucre.

Les deux stalles suivantes étaient vides.

— L’été, elles contiennent chacune un cheval de selle, expliqua Claude. Je n’en garde qu’un durant l’hiver ; il est dans le dernier compartiment.

Ils se dirigèrent vers la dernière stalle et lorsqu’ils y arrivèrent, un cri d’étonnement et d’admiration s’échappa des lèvres de Magdalena et de Zenon. Ils virent un cheval blanc, tout blanc ; si blanc que ce n’était presque pas croyable. Debout, bien posé sur ses quatre pattes très fines, il regardait son maître et les étrangers qui l’accompagnaient de ses yeux très-grands et doux comme ceux d’une gazelle.

— Est-il en marbre ? demanda Magdalena, en désignant le cheval.

— Oh non ! répondit Claude en riant. Albinos est de chair et d’os ; mais il aime quelque peu à poser, je crois.

— Jamais je n’ai vu si belle bête de ma vie ! s’écria-t-elle. Et n’est-ce pas que ses yeux sont étranges ?… Si grands, si doux, si calmes … Ils me produisent un effet singulier vraiment !

— Je suis content que vous admiriez tant Albinos, Théo, fit Claude en souriant. C’est une bête unique en son genre aussi, et le meilleur cheval de selle qu’on puisse désirer. Je n’en ai vu qu’un qui peut lui être comparé et je l’ai acheté ; il me sera expédié le printemps prochain, de Victoria… Viens, Albinos, ajouta-t-il, en tendant une pomme au cheval.

Albinos s’avança tranquillement, ses pattes fines semblant à peine effleurer le plancher. Délicatement, sans se presser, il prit la pomme que lui tendait son maître et la mangea.

— Aimeriez-vous à lui offrir une pomme, mon petit ami ? demanda Claude à Magdalena.

— Il n’y a pas de danger, n’est-ce pas, M. de L’Aigle ? demanda Zenon. On ne sait jamais, voyez-vous… Un étranger…

— Ne craignez rien, M. Lassève. Appelez-le, Théo.

— Viens, Albinos ! dit la jeune fille.

Mais quand le cheval arriva près d’elle et qu’il la regarda avec ses yeux calmes et doux, la pomme s’échappa des doigts de la jeune fille et roula sur le pontage jusqu’à l’une des extrémités de la stalle.

— Eh ! bien, Théo ?

— C’est stupide de ma part, je sais, mon oncle ; mais je… je me suis sentie nerveux tout à coup.

Cependant, elle présenta un morceau de sucre au cheval, et même, passant son bras entre les barreaux de la barrière, elle le flatta doucement. Albinos se laissa faire, puis, lorsque Magdalena retira sa main, il la regarda fixement de ses yeux quelques peu étranges.

M. de L’Aigle, dit-elle en souriant, lorsqu’on fut attablé pour le lunch, vous possédez des chevaux… singuliers…

— Vous trouvez, Théo ?

— Oh ! oui !… Lucifer et Inferno… ils sont… terribles ! Albinos… il est… étrange…

— Allons, Théo ! Allons ! s’exclama Zenon. Albinos est un cheval extraordinairement beau ; une bête comme je n’en avais jamais vue de ma vie, excepté sculptée dans le marbre ; mais il n’a rien d’étrange assurément !

— Ses yeux…

Mais personne ne l’entendit, car, à ce moment, un rayon de soleil pénétra dans la salle à manger.

— Ah ! Voilà le soleil ! s’écria Claude. M. Lassève, Théo, ajouta-t-il, vous allez pouvoir juger de l’effet des vitres coloriées du corridor d’entrée et examiner les dessins de chaque châssis enfin. Si vous le voulez bien, nous nous rendrons là immédiatement, afin de profiter de ce rayon de soleil.

— Oh ! oui ! s’exclama Magdalena. Il est si beau ce corridor ! Et quand le soleil le pénètre à travers les fenêtres, ça doit être splendide !

C’était splendide en effet. Les vitres coloriées jetaient mille feux dans le corridor. Claude se mit en frais d’expliquer à ses amis les sujets des tableaux que représentait chaque châssis.

En passant près de l’aigle en bronze, Magdalena ne put s’empêcher de se reculer un peu.

— Avez-vous peur de l’aigle de bronze, Théo ? demanda Claude en riant.

— … Presque… répondit-elle. Je vous raconterai le rêve que j’ai fait la nuit dernière, M. de L’Aigle, et vous comprendrez pourquoi je…

— Tout songe mensonge, mon petit ami !

— Que c’est magnifique ce corridor… malgré l’aigle de bronze ! dit la jeune fille en souriant. On dirait une cathédrale !

— Maintenant, mes amis, dit Claude, si vous voulez me suivre dans mon étude, je vais vous montrer ce globe céleste dont je vous ai parlé ce matin. Puisque nous avons projeté de passer une partie de la veillée dans mon observatoire, à étudier les astres, à travers le télescope, le globe que je vais vous montrer ne manquera pas de vous intéresser, j’en suis certain.

Lorsqu’ils entrèrent dans l’étude, Magdalena et Zenon virent une jeune fille aux cheveux très roux, aux yeux bleus très pâles, installée auprès d’une table, dans un coin, et occupée à écrire. Elle leva la tête et jeta un regard quelque peu scrutateur sur nos amis ; mais, rassurée, sans doute, elle fit une petite inclinaison de la tête et se remit à écrire. Et ce fut là la première rencontre entre Magdalena et Euphémie Cotonnier, la secrétaire de Claude de L’Aigle.