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Bandeau du livre Les vacances au château – Le fétichisme en amour



CHAPITRE IV.




Le mardi suivant, la baronne attendait impatiemment le départ de ses dernières visites, pour recevoir le jeune Raoul, qui devait lui raconter toutes ses prouesses amoureuses, et lui avouer les crimes qu’il avait commis contre l’amour naturel. Il n’eut garde de manquer à son rendez-vous, et comme six heures sonnaient, la jeune soubrette annonçait Raoul.

Après avoir respectueusement baisé la main et la bouche gourmande de la baronne, il s’assit confortablement sur une causeuse.

La baronne, toute à la joie de pouvoir causer de ces sujets, qui la faisaient palpiter, ouvrit la première le feu.

— Mon cher ami, figurez-vous que j’ai craint un instant que vous ne vinssiez pas, j’aurais été si peinée de ne pas connaître à fond votre vie intime ! Mais, enfin, je vous ai, et pour vous récompenser et vous donner le temps de respirer, je vais vous conter ce qui m’est arrivé cette semaine dans une de mes nombreuses courses à travers Paris, si fertile en aventures, ce Paris qui renferme tant de vices secrets, tant de petites cochonneries ignorées, qui, si elles étaient racontées, feraient bien le roman le plus salace qui ait été écrit. Un compartiment de Dames seules. J’étais entrée faire une correspondance dans un grand magasin de nouveautés. Là, installée dans le salon de conversation sur une petite table qui joignait un grand divan, libre dans l’instant, j’étais absorbée, livrée à mes grands soucis plumitifs, lorsque je vois entrer trois jeunes femmes, qui, me voyant plongée dans ma rêverie, vinrent prendre place sur le divan, qui était à mes côtés. Sans avoir l’air de les voir, je puis les examiner tout à mon aise. La plus âgée, une blonde rousse, montrait à peine 22 ans. Elle avait une figure pâle, les yeux pétillants de malice, et, voilés par une broussaille de bouclettes ardentes, les lèvres sensuelles. Elle portait une jupe collante mastic et une jaquette de loutre. Elle plongeait une main dans son mouchoir, qui laissait échapper par l’autre ouverture, un coin de mouchoir richement garni de Valenciennes, répandant des effluves de violettes, qui m’embaumaient. À ses brillants qui scintillaient aux oreilles, aux bracelets qui ornaient son bras, je vis, à n’en pas douter, que j’avais devant moi une femme du monde, et une femme en puissance de mari. Ses jeunes amies devaient être deux sœurs, et réalisaient le plus pur type de jolies pairs. Brunes toutes les deux, les yeux largement fendus, ombragés de cils abondamment fournis, le nez légèrement busqué, la bouche moqueuse et sensuelle, toutes deux moulées dans leur petite veste de drap bleue, la poitrine fleurie de violettes et mimosa, qui se perdaient dans les replis de leur mouchoir de dentelle, savamment glissé dans leur corsage, elles écoutaient, ou plutôt buvaient des yeux les paroles qui s’échappaient des lèvres de leur amie. La conversation devenait tellement intéressante, qu’elles se pressaient contre elle, pour ne pas perdre une syllabe.

Intriguée moi-même, et sans avoir l’air de prêter attention, faisant pour la forme courir ma plume sur le papier, je dressais une oreille quêteuse, et voici ce que j’entendis :

— Mon mari me conduit à la gare, et comme il ne pouvait m’accompagner, il cherche le compartiment de Dames seules et m’installe dans un coin. Le train part, c’était la nuit, la veilleuse éclairait mal notre compartiment ; cependant je pus me rendre compte que nous n’étions que trois : à une extrémité une religieuse, et en face de moi une dame, emmitouflée dans des fourrures, le visage couvert d’une épaisse voilette. Impossible de savoir quelle était ma seconde compagne ; cependant je devinais une élégance, aux délicieuses émanations qui s’échappaient de sa personne. Comme je cherchais à m’organiser pour passer la nuit le moins mal possible, j’entendais une voix charmeresse me dire : „Chère madame, voulez-vous me faire l’amitié de partager ma couverture.” J’acceptai avec plaisir, la glace était rompue, elle enleva sa voilette et je me trouvais en face d’une splendide créature. Une brune à peau blanche, aux yeux perçants, aux lèvres épaisses et pourprées, qui laissaient apercevoir en s’écartant des dents d’une blancheur éclatante. Beaucoup de détails de sa figure et de sa personne m’échappaient. Notre luminaire était absolument insuffisant, je m’installais bien en face d’elle, les pieds sur la même bouillotte, les jambes entrecroisées, et, vraiment nous n’avions pas froids, j’allais m’endormir.

Mais soudain, était ce fatigue ? mon repas pris au départ avec trop de précipitation, avait-il de la difficulté à passer ? bref, je me sentis sérieusement indisposée je m’écriai soudain : „j’étouffe.” Je portais les mains à mon corsage pour me desserrer, impossible. Ma voisine me vient immédiatement en aide, et en un tour de main, elle a fait sauter tous les boutons et enlevé le corset, qui m’étreignait comme un étau. Avec une grâce parfaite, elle me frictionnait, me faisait respirer des sels et avaler quelques gouttes d’un cordial, ce qui me procura du soulagement. Pendant ce temps, la religieuse récitait ses oraisons, probablement pour mon prompt rétablissement. À la première station, il y avait un buffet, ma voisine m’offrit son bras pour descendre, et là, devant une tasse de thé bouillant, je puis la contempler tout à mon aise.

C’était vraiment une bien belle brune ; ses yeux d’un bleu sombre, donnaient à sa figure, une expression de sensualité indéfinissable ; sa manière de me regarder avait conquis toutes mes sympathies, ajoutez à cela, qu’elle était d’une élégance raffinée, quoique en costume de voyage. Le signal du départ est donné, et je puis, avec le secours de son bras, regagner mon compartiment.

Cette fois nous étions seules, la religieuse était à destination. Le train repart, et me voilà seule, en tête à tête avec ma charmante compagne, qui s’assoit à mes cotés, me pouponne comme un enfant, me tamponne les tempes, les yeux et les narines avec un délicieuse mouchoir de linon brodé, tout empreigné de Withe Rose. Elle me demande, si, ainsi peu vêtue, je n’ai pas froid, elle me prend dans ses bras, pour me réchauffer, et je suis toute surprise, de me sentir follement embrassée sur la bouche.... puis, sans me laisser le temps de revenir de ma surprise, elle fait sauter les rubans de mon corsage et de ma chemise, m’embrasse les seins, les roule délicieusement dans sa bouche.

Engourdie par ces caresses, délicieusement chatouillée par cette langue, qui me faisait courir de petits frissons dans tout mon être, je n’opposais plus aucune résistance.

Ces caresses, pleines de douceurs, devinrent alors plus brûlantes, et je lui rendais avec plaisir les baisers brûlants que je recevais, lorsque je sentis une main se glisser sous mes jupes, et des chatouillements, qui, commençant aux cuisses, vinrent bientôt irriter mes sens, au point, que je ne pouvais plus combattre : je m’abandonnai, et ma brune, voyant son triomphe, tente d’agrandir mes troubles, par une caresse plus savante et plus raffinée.

Sa langue, pointue comme un dard, suit à petits coups précipités, force la porte de mon sanctuaire. Je me sentais déjà prête à défaillir, quand, après ces petits coups savants, elle m’acheva, par des lèchements qui me firent bondir, et me jetèrent dans une jouissance, qui fut presque de la douleur. J’étais anéantie, je me sentais pleine d’angoisse, je n’osais lever les yeux, dans la crainte de voir expirer mes derniers frissons de bonheur ; mais, à un soupir de mon amie, je la regardai et la vit si suppliante, que je ne pus résister au désir d’être reconnaissante. Je m’agenouillai à mon tour, et tachai de la rendre heureuse, en cherchant à lui faire éprouver un peu du bonheur, qu’elle m’avait procuré.

Vous vous souvenez, mes chères amies, de nos bonnes vacances et de nos petites chatteries, que nous prenions pour un grand amour. Comme tout cela est loin, et comme ces petites niaiseries me paraissent fades aujourd’hui, après les enivrements de cette nuit, qui ne sortira jamais de ma mémoire.

Nous arrivions à Paris, là, un coupé armorié, attelé de deux superbes steppers russe, attendait mon amie à la gare ; elle me tourmenta tellement, que je me laissais conduire à son hôtel.

Sa femme de chambre l’attendait avec un bon feu et un souper exquis, mais d’abord elle commanda un bain.

Obligée de sortir, je ne pus savoir la fin de l’histoire, je me précipitai dans la rue, j’achevai ma course, et je rentrais chez moi, toute en feu. Je me jette sur ma chaise-longue, en me représentant par la pensée les deux jeunes femmes, plongées dans leur bain parfumé, et se livrant aux plus douces caresses ; je plonge ma main dans la fente de mon pantalon, et je me branle avec frénésie, tantôt titillant mon con, tantôt le pressant à l’écraser, tantôt le roulant entre deux doigts, l’étirant, l’allongeant ; puis, mettant mon pouce dans l’antre du plaisir, l’enfonçant à en perdre haleine, jusqu’à ce que le spasme lubrique vienne inonder mes doigts impuissants, m’obligeant ainsi à clore mes paupières alourdies.... Cinq fois de suite, j’ai recommencé mon manège, cinq fois de suite j’ai joui.

Comme une chienne en chaleur, je me suis masturbée, branlée, tripotée à en être malade, et je n’étais pas satisfaite, comme Messaline, lasse et non rassasiée !… Oh, que je vais être laide demain ! quels yeux je me vois avoir, me disais-je, en me regardant à la glace. Sentant toujours des démangeaisons, et une ardeur me consumer, là ou je voudrais sentir ta langue, ta queue et le reste, je pris subitement une résolution ; je me mis nue comme un ver, et procédai à une minutieuse toilette.

Je fis des ablutions répétées, je me parfumai à la peau d’Espagne, je me pulvérisais sur le poils ce subtil parfum, je me poudrerizais, je pris une chemise en Valenciennes, qui passerait dans une bague, des bas de soie, bleue pâle, à coins brodés, un pantalon de batiste claire, garni de petits rubans bleus et Valenciennes assorties à la chemise, un corset de satin bleu pâle, et, sur ces dessous capiteux, je passais une toilette élégante, composée d’une jupe beige et d’un smoking bleu marine, avec pochette de côté, où je glissais un mignon mouchoir de Valenciennes, dont je laissais dépasser les quatre coins. Je complétai ma toilette par une délicieuse petite capote, en paille dorée, des gants gris perle, et je me rendis chez mon amie, dont le mari était parti pour affaire.

À ma figure, elle comprit que je venais lui demander l’aumône, de suite elle consigna sa porte, éloigna ses gens, et, seules dans son boudoir, d’une main leste, elle m’enlève mon chapeau, fait voler les boutons du corsage, défait la ceinture de mes jupes, qui s’écroulent en rond à mes pieds, et me jette sur un divan ; et là, sans mot dire, elle s’agenouille, d’un doigt léger elle met le bouton au point.

— Oh, non, lui dis-je, pas le doigt.

— Mais qu’as-tu donc fait à ton bouton ? on dirait qu’il saigne, laisse-moi l’essuyer.

Elle prend alors dans un grand sachet un petit mouchoir, garni de Valenciennes, et se met à caresser lascivement cette chair en érection. Loin de la calmer, ce contact chéri ne fait que l’augmenter.

— Oh ! je t’en prie, pas ça maintenant.

Elle m’a compris, et, délicieusement, elle promène sa langue d’amour sur ma vulve enflammée ; c’est d’abord une douce lécherie sur toute la surface, puis c’est un frétillement léger, partant de l’entrée du temple, remontant comme un trembleur, jusque sur le bouton, qui se raidit sous cette caresse enchantée.

Enveloppant de sa langue le petit bec d’amour, qui frémit sous cette savante succion, elle le roule comme un fondant entre ses lèvres de feu, elle le suce, elle l’aspire ; pour achever et compléter ma jouissance, elle s’empare de son essaye gant, qu’elle enfonce dans mon vagin comme une queue raide, et, plongeant dans mon anus un de ses doigts, elle reprend mon bouton dans ses lèvres de goule, elle me repace avec rage, me baise avec furie, et m’encule avec frénésie.... Ce triple mouvement acheva de m’anéantir, ce fut pour moi du délire, je lui crachais ma jouissance sur les lèvres, pendant que je lui pissais, et laissais échapper dans sa main, des excréments de toute nature....

Je m’évanouis, incapable de lui rendre la moindre caresse. Lorsque je rouvris les yeux, elle s’essuyait encore avec son mouchoir de dentelle, qui portait les honteuses traces de ma lubricité.

— Bravo, baronne, on n’est pas plus cochonne. Je crois, que votre amie aurait bien mérité les palmes académiques pour sa savante leçon de langue vivante ! à mon tour pour vous reprendre, je vais vous lire ma confession générale, que je pensais vous adresser.

Confession de Raoul de M....

Je vous ai dit, madame, que j’ai beaucoup lu, beaucoup vécu, et quelque peu retenu. Je pourrais, à juste titre, pour mon érudition solliciter une chaire, qu’on ne fondera jamais hors de Cythère, celle que les hypocrites appelleraient du libertinage, et que je nomme de la galanterie. J’ai lu tous les livres érotiques qui existent ; la vie intime des Grecs et des Romains n’a pour moi le moindre secret ; je connais par cœur les auteurs du XVIIIe Siècle, depuis Saturnin ou le Portier des Chartreux et la Thérèse philosophe, illustrés des magnifiques gravures de Borel, jusqu’aux élucubrations folles du Divin Marquis. Les ouvrages les plus curieux sont : Le diable au corps, Le libertin de qualité, L’éducation de Laure, Les sonnets de l’Arétin, etc. etc.

Les ouvrages modernes, ayant un cadre plus en rapport avec nos mœurs, et étant moins entachés d’exagération, sont plus excitants, je cite : Gamiani, Les deux gougnottes, Les tableaux vivants, L’été à la campagne, de Gustave D.... le type des ouvrages, dépeignant sous son vrai jour les mœurs du grand monde. Comme gravures, j’ai eu en mains les choses les plus rares, depuis une collection venant de Madame de Pompadour, jusqu’aux Nouveautés de Roy, de Caran d’Ache et de l’inimitable Chauvet, émule de Félicien Rops.

À cette dissertation, qui doit vous indiquer que je ne suis pas un profane dans le temple d’Eros, j’ajoute, que j’ai voulu tout voir, tout connaître, tout savoir, et que j’ai poussé mes observations jusqu’aux plus secrets retranchements.

J’ai vu à l’œuvre les prêtresses de Sapho, les filles de Lesbos, et même les disciples de Sodome ; j’ai cueilli le fruit d’amour à toutes les branches.

Le désir de juger par moi-même, et non par les livres, les dessous de la société actuelle, m’a inspiré les fantaisies les plus audacieuses ; je suis outrageusement passionné, d’une sensualité dont rien n’approche. Au point de vue physique, je dois à Priape de grands remerciements, pour la façon généreuse dont il m’a doté ; cela ne m’a jamais interdit l’entrée d’aucun temple, mais en rend quelquefois l’accès voluptueusement difficile.

Je ne pontifie jamais, sans faire comme les prêtres qui embrassent l’autel où va s’accomplir le divin sacrifice, et j’aime la réciproque, avec toute la science qu’il convient d’y mettre, pour ne point précipiter le dénouement.

Rien, dans l’objet aimé, ne doit se soustraire à nos caresses. Ma caresse favorite c’est le baiser florentin. Les lèvres contre les lèvres, les deux langues confondues dans un même frétillement, mêler son souffle, s’énerver, s’arracher l’âme, sentir une tiédeur, un frisson de volupté vous envahir, vous monter à la face, vous clore délicieusement les yeux.

Peu de femmes peuvent résister à ce jeu ; j’en ai connu qui ne pouvaient souffrir le moindre chatouillement sur les seins ; j’en connais qui ne supportent pas les pratiques Lesbiennes, et cependant je voudrais être femme, rien que pour cela, et savoir qui me le ferait le mieux, d’un homme ou d’une autre femme ; j’adore voir les femmes se sucer entre elles : j’ai assisté à des scènes inoubliables, qui se passaient dans le meilleur monde ; j’ai vu des femmes s’attacher des godmichés, imitant la nature à s’y méprendre, et prendre à de jeunes filles impubères toutes leurs virginités ; j’ai assisté comme voyeur à des orgies bizarres. Enfin, je ne me défends pas d’avoir satisfait toutes mes curiosités ; j’ai maintes fois sucé la queue d’un joli garçon, et, de leur avis, j’excelle dans ce genre de travail. Une fois entre autres, un de mes amis m’a rempli trois fois la bouche de son éjaculation, que, loin de rejeter, je conservais d’une façon gourmande, Il n’y a qu’un homme qui puisse faire cela avec adresse à un autre homme. Il connaît par lui-même les fautes que font les femmes, par expérience, lorsque le sperme est prêt d’arriver, ce dont on est averti par de petits soubresauts, qui se font sentir dans le canal, à ce moment, il faut retarder l’émission par un travail de maître. J’ai assisté aux débauches des Sodomistes, mais je ne l’ai jamais pratiquée que seul à seul avec un ami ; trois vits différents ont, à maintes reprises, inondé mes fesses de sperme !

Il y a deux ans je baisais la jeune femme d’un de mes amis, avocat à la cour, pendant que sur la couche conjugale le mari m’enculait. Nous avons joui tous les trois ensemble.

Il m’est arrivé aussi d’être l’amant d’une femme, amie de ma famille ; j’étais également l’amant du mari, à l’insu des deux époux.

Le baiser florentin entre hommes est délicieux. Le jeune comte de M.... parti depuis deux ans au Tonkin, a été ma maîtresse ; il se parait de vêtements féminins, et je goûtais avec lui des délices inénarrables. Je vais me faire un plaisir, pendant que je tiens la plume, de raconter les principales phases de cette liaison avec le jeune comte de M....

Souvenirs des grandes
manœuvre
s.

Il y a quelques années, aux grandes manœuvres dans une ville de Normandie, je fis la connaissance du jeune comte Georges de M.... Par suite de la non disponibilité de quelques officiers de la réserve, il nous fut adjoint des sous-lieutenants de l’armée active, pendant la période d’instruction.

Georges, sorti la veille de St. Cyr, était de ceux, désignés d’office pour cette corvée, et il devait, après les manœuvres, rejoindre son régiment à Vincennes. Vingt deux ans, taille moyenne, d’un blond un peu pâle, et avec cela le teint rose, d’un bon poupard ; petites moustaches, qu’il essayait de mettre en croc, il portait tout de même son uniforme avec [la] crânerie, d’un potache échappé du collège. Cet accoutrement tout flambant, choisi sans doute et commandé chez un bon faiseur de Paris par la mère toute orgueilleuse, se complétait par le port du grand sabre. Oh ! ce sabre ! je l’entends encore résonner sur la place d’armes, sous l’œil de belles filles. Un soir, qu’au Mess nous sablions le champagne, en l’honneur d’un succès obtenu aux manœuvres par notre bataillon, l’adjudant me fait parvenir une note, m’informant qu’un fait très-grave contre les bonnes mœurs, (sic) vient de se produire au quartier, et qu’il désire mon avis, avant d’en référer au commandant.

— Allez voir cela, dis-je à Georges, et revenez vite.

Une heure après, il revient toute chose.

— Qu’y a-t-il, lui dis-je ?

— Mon lieutenant, c’est très-grave, en effet.

— Mais quoi ? nom de Dieu !

— Près du bastion, deux réservistes ont été pris en train de faire des saletés.

— Quoi ? quelles saletés ?

— Mon lieutenant, ils s’em.... brassaient, enfin.... vous comprenez....

Georges, de rouge, était devenu pourpre, cramoisi.

— Dites, ils s’enculaient, m’écriais-je ; que voulez-vous ? tous les goûts sont dans la nature. Laissez cette affaire là.... pas d’indiscrétion, pas de rapport au commandant. Ce sont des cochons, ils retournent, après-demain, dans leurs foyers. Épargnons-nous un rapport ridicule, qui entraînerait une punition sévère, et disons leur simplement : .... allez vous .... foutre ailleurs.

Cet arrêt fut accueilli par l’approbation générale, et, naturellement, la conversation roula sur le crime de ces deux pauvres troubades, pris en flagrant délit de déculottage. „Vous, qui avez servi plusieurs fois en Afrique, me dit-on, que dites-vous de ces habitudes contre nature, enracinées chez les Orientaux ?”

Alors j’en vins, le champagne aidant, à développer les théories les plus insensées, disant que l’homme peut jouir par tous les moyens, qui s’offrent à lui, et que les plus belles phrases, toutes pleines de poésie, peuvent se résumer de la façon la plus prosaïque. Lorsque l’on dit à une femme : „je vous aime,” cela pourrait se traduire ainsi… „je bande comme un régiment de Carmes, et je brûle d’envie de vous mettre la queue dans le con.” L’amour concluais-je, philosophiquement, n’est qu’un égoïsme des sens.

Vers minuit, je rentrai seul à l’hôtel avec Georges, dont la curiosité, aidée par le Moët, était devenue très hardie.

— Entrez donc, fumez une cigarette.

Là, il regretta d’abord ce qu’il venait de me dire ; puis, il me fit jurer, foi de Gentilhomme ! de ne jamais révéler, à qui que ce soit, ce qu’il allait me dire. Il m’avoua qu’il avait une passion, à laquelle l’avait initié chez ses parents une femme de chambre, d’origine Belge, celle de se faire sucer la queue. Cette fille passionnée, vint un soir le surprendre, (Georges avait alors quinze ans) dans son lit, l’avait découvert et sucé avec une telle ivresse, qu’il n’avait jamais pu jouir autrement depuis.

Il avait perdu cette fille de vue, et depuis lors, personne parmi les courtisanes les plus expertes et les mieux dressées, parmi les grandes horizontales ou agenouillées, personne n’avait pu lui procurer les mêmes sensations que sa bonne.

— Cette goule, disait Georges, n’avait pas plutôt mon gland dans sa bouche, qu’avec les trépidations de sa langue, mon sperme coulait goutte à goutte, jusqu’à épuisement, c’était une jouissance divine !

— Georges, tes vœux vont être accomplis avant ton retour à Paris, à l’instant même. Cet ami, c’est moi ! moi, qui suis tourmenté de la passion contraire.

— Vous !

— Oui moi ! mon ange.

— Vous êtes gris, laissez-moi partir.

— Non, tu ne sortiras pas, je connais tes goûts, je veux te faire jouir comme un Dieu ! Je te sucerai jusqu’à la moëlle ; tu ne sortiras qu’au prix d’un scandale, qui nous perdrait.... je suis fou.... fou.

Plus un mot, plus un bruit, outre que le son de nos sabres, tombant lourdement sur le plancher, recouvert d’un tapis. L’unique bougie, ne répandait qu’une demi-clarté, qui se reflétait sur le rouge de nos pantalons. Nos respirations étaient bruyantes, sous l’effet de l’émotion.

D’un seul coup, je quittai ma tunique, je pris Georges à bras le corps, je le jetai tout habillé sur mon lit, il fermait à demi les yeux, je l’embrassais, puis, doucement, je lui défais les boutons de son uniforme, je le soulève, je le débarrasse de ce vêtement ; puis, avec avidité, mes mains se portent à son pantalon. Je mets ma bouche sur la sienne, pour empêcher toute défense, et mes mains, s’incrustant dans le métal des boutons, laissent bientôt voir le blanc du linge. Lui ne résiste plus, je lui enlève son pantalon, je lui défais ses chaussures, et, relevant d’un seul coup le pan de sa chemise, je mets à nu un joli petit instrument, douillettement endormi dans un lit de poils blonds, tirant sur le châtain. Mes lèvres se portent à l’aine, puis, avec rapidité, je descends tout le long des cuisses, pour réveiller un peu le maître de céans.

Je suis progressivement le résultat de mon manège, et, lorsque le petit dard a acquis assez de consistance, je le mets en entier dans ma bouche, je le réchauffe comme un petit serpent. Georges commence à pousser de doux soupirs.

— Oh ! mon ange, lui dis-je, quitte cette chemise, mets-toi dans ton entière nudité.

Aussitôt fait, je lui baise délicieusement ses petits seins, toutes les parties de son corps sont mordues, secouées par le plaisir que je fais passer dans ses veines ; je mordille ses couilles et je le chatouille doucement, bien doucement, et, brusquement, j’engloutis ce dard, devenu rouge de colère.

L’humidité du bout de sa queue me révèle l’arrivée du sperme, je l’arrête, je le fais se pâmer pendant deux bonnes minutes, et, lorsque le flot ne peut plus se contenir, je le reçois en entier dans ma bouche — c’est chaud — acre — délicieux !

Pendant toute cette manœuvre, mon doigt n’était pas resté inactif ; je l’avais introduit tout doucement dans le cul de mon amour, et, le faisant jouer avec habilité, j’avais provoqué une dilatation de l’orifice anal.

— Cochon ! soupire-t-il, Dieu ! que c’est.... bon !

— Ce n’est pas tout, chéri.

Je lui soulève ses cuisses, je plonge ma langue ardente dans le trou de son délicieux cul, et, bientôt, j’en sens les effets, son dard ragaillardi me tapotant sur le front ; je le resuce, je le rends comme le fer d’Achille, et, sans cesser de mordiller, de faire courir ma langue, je laisse tomber mon pantalon, je m’humecte le trou des fesses d’une abondante salive, pendant que mon autre main a repris l’office de mes lèvres.

— Que fais-tu ?

— Je veux que tu m’encules, tu es mon petit mari, je suis ta maîtresse, tu vas me baiser, mignon.... dis ?

— Ah ! ah !

— Veux — tu ?… dis ?

— Oui !

Je lui épargne toute fatigue, je me mets en crapaud sur le lit, et je place son engin entre mes fesses, ivres de luxure.

La salive aidant, la fermeté de son membre ne se démentant pas, je sens bientôt sa queue toute entière en moi. Oh ! quel délire ! je me trémousse, je le serre ; c’est chaud ! c’est bon ! Soudain il pousse un cri, ses yeux vacillent.

— Jouis, mon ange ! jouis bien !

Je me retire doucement, le cul dégouttant de sperme, et ma bouche reçoit de cette queue mourante, les dernières goûtes de la rosée céleste !

Il devint fou de délire, nous nous embrassions, mêlant nos langues, les promenant jusqu’au fond de notre bouche.

— Je t’aime, me dit-il, en rompant le premier le silence, je veux que tu sois heureux avec moi, je veux être, moi aussi, ta petite femme.

C’est là que se dressait la difficulté ; j’avais déjà déchargé une fois le long de mes cuisses, et je mourais d’envie de prendre la virginité de cet enfant, dont mes caresses étaient le premier contact masculin ; mais jamais l’introduction ne pourrait se faire ; je le lui fais comprendre.

— Non, non, je te veux, dussé-je en mourir.

Oh !.... ce fut horrible, un vrai martyre. Nous mîmes de l’huile, qui se trouvait sur la table à toilette, puis de la pommade, pour ramollir les chairs — je fus brutal — la tête de mon gland ne pénétrait même pas à l’entrée ; j’allais y renoncer, quand, tout à coup, d’un mouvement brusque, je pénétrais ; l’enfant, poussa un cri, étouffé dans ma main, il pleurait de grosses larmes ; je sentis ma semence couler à flots, et quand je me retirais, ce trou du cul écorché n’était plus qu’un mélange de sang et de sperme. Oh ! Georges ! quelle page délicieuse ! Je ne pouvais laisser un linge essuyer cette ambroisie ; mes lèvres la sucèrent avec avidité, et ma bouche, sur les meurtrissures, arrachait à ma maîtresse des soupirs, délicieusement douloureux. Quelle heure était-il ? je n’en sais rien. Je tombais près de lui, pris de vertige, comme une masse.

Il faisait grand jour, lorsqu’un coup, bien appliqué, retentit à la porte ; je me réveillai brusquement, et Georges, tout effaré, tout rouge, tout tremblant me regardait sans mot dire.

— Qu’est-ce ? dis-je, en entr’ouvant la porte à peine.

C’était Boissonnoide, mon ordonnance, qui venait de la part de l’adjudant, me demander, ce qu’il faillait faire des réservistes, pris la veille au bastion.

— Qu’on ne fasse rien, lui dis-je. Laissez-les en prison, jusqu’à l’appel de midi. J’enverrai le sous-lieutenant Georges de M..... leur faire une verte semonce.

De retour à Paris, Georges ne se montra pas ingrat à l’égard de son maître ; il vint me voir à plusieurs reprises, et me présenta à sa famille. Nous étions officiellement une paire d’amis, j’allais le voir, de temps à autre, dans sa chambre de l’avenue de Paris à Vincennes, une grande pièce, éclairée par trois fenêtres, et précédée d’un couloir. C’était peu luxueux, mais un soldat ne doit pas afficher un luxe insolent à l’égard de ses supérieurs ou de ses égaux, moins favorisés que lui, sous le rapport de la fortune.

Georges possédait un tact parfait, et ne voulut jamais faire d’éclat, malgré sa grande fortune. Il avait le louis facile, ce qui est une qualité vis à vis des camarades. Il était adoré de ses soldats, et profondément estimé de ses chefs.

Rien de particulier sur nos rencontres, qui n’étaient que la répétition exacte de la scène de Caen, sauf que, de plus en plus, Georges n’avait de tendances que pour le rôle passif ; il recevait mes ardentes caresses avec moins d’enthousiasme, pour s’incarner de plus en plus dans son rôle de femme. Il ne m’appelait plus que son petit homme chéri, et se mettait en colère quand je l’appelais Georges.

— Je suis ta Georgette, me disait-il, ta Georgette chérie, je t’aime, je t’adore.

En d’autres instants, c’est Georgina qu’il fallait l’appeler.

— Je suis une cocodette, s’écriait-il, je ne suis pas une honnête femme, je veux le contact des mâles ; je veux boire la vie des autres et m’en saouler ; Messaline, Théodora, les amours du hasard, de rencontre, voilà pour satisfaire mes sens ; mais toi, toi seul, j’aimerai.

Il y avait des instants, ou moi, qui ne m’étonne de rien, j’étais effrayé de l’état, auquel il arrivait comme paroxysme passionnel.

Un soir, (je n’ai su cela qu’après son départ) ne s’avisa-t-il pas, sous un accoutrement qui le rendait méconnaissable, d’errer aux abords des prés St. Gervais, et là, il subit cinq soldats, qui, ayant de son consentement, assouvi leurs désirs, le laissèrent dans un état abominable.

Au mois de Juin suivant, ma femme, à la suite d’une maladie de larynx, partit dans le midi, faire une saison d’eaux. Georges, qui savait cela par moi, me ménagea une surprise. J’avais, pendant l’absence de ma femme, mes nuits entières à moi. Un jour, je reçus un billet parfumé, ainsi conçu : „Ta Georgina t’attend ce soir à 9 heures, rue Jacob n°. 69, demande Mr. X..........

Mon passionné Georges, avait loué un tout petit appartement, au fond de la cour, à l’entresol, et fait meubler cela dans un goût !.... L’antichambre sévère, rideaux algériens, veilleuse de mosquée au plafond, un épais tapis, deux fauteuils et un canapé de style oriental, d’épaisses portières, en harmonie avec les rideaux.

Je pénètre dans la chambre, toute en satin bleu pâle, des rideaux de même étoffe, drapés à l’Italienne, un tapis de Smyrne, couvrant toute la pièce, un lit de noyer ciré, sculpté et doré, mais bas, très bas, coussins, chaises-longue, pouffs, tout en satin capitonné. Les murs étaient garnis de peintures, de gravures, d’aquarelles, d’un genre érotique achevé, mais signés de noms d’artiste en renom.

Enfin le cabinet de toilette, de style japonais, immense toilette de marbre, avec tous les jeux d’instruments d’une cocotte de grande marque, un bain en onyx rose, et appareil à douche ; une grande armoire, remplie d’un vrai trousseau de femme, chemises, pantalons, cache-corsets, mouchoirs, le tout en linon clair, garni de Valenciennes et faveurs ou rubans étroits, bas de soie et de dentelle etc.... dans les angles, des bidets. Enfin, une garde-robe, remplie de peignoirs de soie et dentelles de grand prix, de robes de chambre, d’une élégance raffinée.

Georges était là, à demi renversé sur sa chaise-longue, souriant, ne me quittant pas des yeux, pendant l’examen auquel je me livrais, cherchant à deviner, si la surprise princière, qu’il m’avait réservée, avait produit l’effet attendu. Je m’élançais vers lui :

— Petite folle, qu’as-tu fait là ? lui dis-je.

— Viens dans mes bras, j’ai hâte de goûter tes baisers dans ce nid, que j’ai façonné au gré de mes désirs. Je voulais donner à nos amours, le cadre qui leur convient. Ces petites folies sont le moins que je pouvais faire. Viens !… dis-moi que tu es content.... dis-le à ta Georgette.

Qu’il était beau ainsi, dans l’animation que ses traits avaient pris. Il avait fait une toilette charmante, délicieuse, enivrante ; il portait le costume de danseuse algérienne : sur la tête, une ravissante petite toque, avec gland d’or ; une petite veste de soie bleue, toute chamardée, par l’entrebâillement de laquelle s’apercevaient les flots de dentelle de la chemise ; une large ceinture rouge à la taille, dans laquelle il avait glissé un délicieux mouchoir de dentelle, divinement coquet, tout en Valenciennes et entre deux ; puis le pantalon à la turque, de même nuance que la veste. Ce pantalon n’était autre qu’un jupon, dont les plis, habilement arrangés, donnaient l’illusion du falsard oriental ; la jambe, moulée dans un bas de soie bleue pâle, avec jarretière de Bruges et boucle de diamant ; au pied, une exquise petite babouche, tressée de fils d’or et d’argent. Sous la jupe, oh ! sous la jupe, un indescriptible frou-frou de soie, de dentelles, d’où s’exhalaient de capiteuses senteurs !

Me débarrasser de mon costume, qui devenait grotesque dans ce décor féerique, fut l’affaire d’un instant.

L’adoré avait pensé à tout, et s’était procuré, à mon intention, une grande chemise de soie, ouverte entièrement sur le devant, et ornée au col, aux poignets, d’un coquillé de Valenciennes ! Les premiers baisers donnés et reçus, la visite de l’appartement faite en commun, nous nous élançâmes sur le vaste lit. Que de caresses ! que d’enivrements ! comment les dire ? comment les détailler ? Ma lèvre se colla sur sa lèvre, nos langues se mêlèrent, je l’aspirais, je le buvais, je sentais mes yeux se troubler, la folie me monter au cerveau ; je soulevai les jupes, je mis à nu ce byou d’amour, que tant de fois j’avais amoureusement sucé, et je l’engloutis tout entier dans ma bouche !

Sont indignes de jouir, ceux qui ne connaissent pas la sensation, que l’on éprouve, à sentir une belle queue sur la langue. Comme cela est doux ! quel délire !

Georges ne voulait pas jouir ainsi tout d’abord, puis il ne voulait pas non plus m’énerver à outrance, désirant réserver à son cul les prémices de mon sperme abondant. Sous la fureur de ma lécherie, il n’y tint plus.

— À toi, fit-il, d’une voix mourante.

— Non ! à nous deux.

Nous fîmes alors ce délicieux enlacement, que l’on nomme tête-bêche ou soixante-neuf. Couché contre lui en sens inverse, je lui suçais sa queue, pendant qu’il engloutissait la mienne ! Minutes délicieuses ! nous nous ménagions, nos langues nous rendaient baiser pour baiser.... doucement.... doucement.... „ah !.... ah !.... je vais.... jouir,” soupirais-je le premier.

Georges se raidit, ses couilles eurent un soubresaut, sa queue plusieurs palpitations, et, pendant qu’à pleins flots je l’abreuvais de mon sperme, je bois avidement la liqueur, qui, par jets saccadés, m’arrosa la bouche.... ne perdant rien, fouillant avec ma langue partout, où il pourrait en rester de ce nectar !

Ce qu’il faut vaincre dans les épanchements amoureux, c’est la lassitude qui suit la crise de jouissance. Loin de nous arrêter un seul instant, nous redoublâmes de caresses ; j’échappai à ses lèvres, pour me consacrer entièrement à l’objet de mon culte, je lui prodiguai toutes les douceurs imaginables, puis, je le pris dans mes bras, je le retournai, en ayant soin de glisser rapidement un oreiller sous le ventre, et, sa croupe soulevée, je me mis à la manger littéralement.

Ma langue s’enfonçait jusqu’à la garde dans son trou mignon. La jouissance précédente l’avait ébranlé, et avec le sperme était venu..., oserai-je le dire ?.... cela m’était égal ; je l’embrassais, je suçais tout dans ma rage, poussée au paroxysme. Je frottais mes joues contre son cul, lisse et frais. Laissant ma langue en repos, je lui prenais les plis de l’anus dans mes lèvres épaisses, cela formait une bague, un bourrelet, que je suçais, que j’attirais à moi.

On ne peut s’imaginer, comme ce petit jeu est bon pour celui qui le subit, et pour celui qui s’y livre. Par instant, ma main passait sous l’oreiller, je sentais le membre de George raide ; mes doigts s’incrustaient dans ses couilles brûlantes, comme pour y chercher l’essence même de sa vie, et remontaient, en le branlant à peine.... Mon vit ne pouvait rester plus longtemps dans l’état où cet amusement l’avait mis, il faisait : „mea culpa, mea maxima culpa,” sur mon ventre. D’une dernière caresse, je barbouillai de salive le trou, dans lequel j’allais pénétrer, et, à genoux, je dardais ma queue sur cette cible divine. Mes bras autour de son corps, une secousse, un coups de reins de Georges, et tout entier, j’étais logé dans les entrailles de mon adoré. Qui n’est brutal à ce moment ? je le baisais, m’enfonçant dans le réduit brûlant, voulant entrer plus avant encore.

Georges pleurait, criait : „plus fort.... oh !.... va, mon petit homme !”

Fou de délire, je le serrais à l’écraser, il me semblait que cette chair allait craquer dans le dernier spasme, qui m’agiterait. „oh !.... oh.... Georgette.... Louis !....

Je tombai sur lui sans forces, pendant qu’il se tordait sous les flots de sperme, qui, mon engin retiré, ruisselaient le long de ses fesses....

Ce fut ma langue qui servit d’éponge.... puis, sentant que sa verge humide, poussée au plus haut point d’érection, allait épancher son foutre, je le fis retourner rapidement, je m’accroupis comme une grenouille, et, dans mon anus béant, je reçus ce doux instrument. Quelques secousses seulement, que je fis imprimer à ma croupe, me remplirent de la céleste liqueur. Ma main, placée sous mes fesses, empêchaient le sperme de se répandre ; je me relevai, et ce furent mes lèvres qui nettoyèrent cette verge adorable, maculée d’excréments de toute nature.... Au moment de partir, il me glissa son mouchoir de dentelle, sur un coin duquel était brodé :

Georgette à son Louis !

La baronne, épuisée par les éjaculations successives, qu’avait provoquées ce récit, dit à Raoul :

— Je suis vannée, vidée, incapable d’une idée ; venez me prendre demain, à deux heures, au marché aux fleurs ; je vous conduirai chez mon amie, et nous tâcherons de faire quelque chose d’inédit. Sur ce, sauvez-vous, il n’est que temps !....

FIN.