Le Procès des Thugs (Pont-Jest)/I/1

Lecomte (p. 3-12).

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LE
PROCÈS DES THUGS

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I

ARRESTATION DE FERINGHEA, CHEF DES ÉTRANGLEURS



Depuis bien des années, d’épouvantables crimes étaient commis dans l’Hindoustan[1] avec une incroyable audace ; des personnages importants avaient disparu, des caravanes entières n’avaient pas atteint le but de leur voyage et on ignorait ce qu’elles étaient devenues. Les familles et les intéressés s’étaient inutilement adressés aux tribunaux ; les autorités s’étaient livrées vainement à toutes les enquêtes.

Aucun cadavre n’avait été retrouvé, et quoique le sinistre nom des Thugs[2] eût été souvent prononcé, on hésitait toujours à croire à leur existence.

On mettait tous ces meurtres, toutes ces disparitions sur le compte des voleurs ordinaires de grand chemin ou sur celui des accidents. On accusait les tigres, les ouragans, les inondations.

Il ne fallut rien de moins que l’attaque dirigée contre le colonel sir Edward Buttler, sur la route de Tritchinapaly à Madras, pour ouvrir les yeux aux plus incrédules.

Par miracle, sir Edward avait échappé à la mort, mais son fils, sa femme et trois de ses serviteurs avaient succombé dans les circonstances horribles dont nous l’entendrons bientôt faire le récit devant la cour de Madras.

On organisa alors une croisade sans pitié contre les Thugs du Centre et du Dekkan[3]. Chacun voulut en faire partie. On battit la campagne comme s’il se fût agi de chasser le tigre.

Lord William Bentick, gouverneur général de Madras, le major Sleeman et d’autres officiers supérieurs allaient s’illustrer dans cette lutte sans exemple, dont les difficultés et les dangers étaient incalculables ; car où trouver les preuves, où saisir les assassins que protégeait la population indigène ? Comment découvrir leurs retraites inaccessibles ?

Lord William Bentick avait demandé au gouvernement des pouvoirs absolus qu’on s’était hâté de lui accorder.

Un tribunal spécial, jugeant sans appel, avait été institué.

Cependant toutes les recherches étaient vaines.

C’est à peine si on arrêtait de temps à autre quelques pauvres diables, auxquels on ne pouvait arracher aucun aveu. Ils savaient bien évidemment que les Thugs existaient, mais ils ne pouvaient ou ne voulaient rien révéler à propos de la terrible association.

On ne saurait s’imaginer l’épouvante qui s’était emparée de la société européenne.

Elle osait à peine se hasarder sans escorte dans la campagne, même aux environs de Madras, jusqu’aux Gardens, ce bois de Boulogne de la capitale du Sud.

On n’avait d’abord voulu voir d’Étrangleurs nulle part ; on avait traité la croyance à leur existence de rêve, de superstition, de terreur folle ; maintenant on les supposait partout, au milieu des serviteurs, des cipayes[4], des marchands.

Les choses en étaient là, et la terreur allait en croissant, lorsqu’un jour, lord Bentick fut averti qu’on venait d’arrêter à Tanjore un Hindou entre les mains duquel on avait trouvé une des bagues de lady Buttler.

Ce bijou avait été reconnu par un des amis du colonel, un soir qu’après une fête à la grande pagode, l’indigène l’avait offert à une des danseuses du temple.

C’est à sir Edward lui-même que lord William voulut confier le soin d’amener à Madras l’individu arrêté, dont on ignorait le nom.

Le colonel partit immédiatement avec une escorte nombreuse, et huit jours plus tard, Madras apprenait avec stupéfaction que l’un des chefs les plus renommés du thugisme, celui dont le nom était un objet d’horreur du Nord au Sud, Feringhea enfin, était le prisonnier fait à Tanjore.

C’était là une capture tellement inespérée que personne n’y pouvait croire. Les autorités elles-mêmes en doutaient.

Ce chef, en effet, passait pour un être mystérieux, insaisissable, pour ainsi dire invisible.

On ne connaissait ni son âge ni ses traits. Les uns disaient que c’était un vieillard hideux et gigantesque ; les autres prétendaient au contraire qu’il était jeune et beau comme le Bacchus indien.

Pour les Hindous, Feringhea était un héros qui descendait directement de Schiba, l’un des plus grands de leurs dieux. Ils lui accordaient un pouvoir surnaturel.

Ce qui était certain, c’est que l’apparition de Feringhea avait été souvent signalée dans le Sud au moment même où on racontait qu’un crime avait été commis sous sa direction à trois cent lieues de là, dans une des provinces du Nord.

Et c’était l’homme auquel on accordait une telle puissance qu’on avait ainsi arrêté sans lutte ! C’était ce chef invincible qui s’était fait prendre comme un voleur vulgaire !

Il y avait dans ce fait un mystère que chacun soupçonnait avec un redoublement d’épouvante. Ce n’était que bien plus tard qu’on devait en avoir l’explication !

Quoiqu’il en fut, la colonie anglaise ne crut à l’arrestation de Feringhea que lorsqu’elle le sut enfermé sous bonne garde dans un des cachots du château Saint-Georges, fort immense qui s’élève sur le rivage et défend Madras du côté de la mer.

Dès le lendemain de l’arrivée du terrible chef, lord Bentick voulut l’interroger lui-même.

La cellule où le gouverneur du fort avait fait placer Feringhea était une des moins sombres de ce triste lieu, car l’ordre ayant été donné de surveiller le prisonnier nuit et jour, on avait dû choisir un cachot dans lequel les gardiens pussent ne pas être trop privés d’air et de lumière.

Le chef des Thugs avait gagné, à cette sollicitude du directeur de la prison pour ses employés, un logis presque supportable.

C’était une assez grande casemate, meublée d’un lit de nattes et d’une table. On y enfermait d’ordinaire les sous-officiers condamnés à quelques jours de détention.

Deux geôliers, qui étaient relevés d’heure en heure, ne quittaient pour ainsi dire pas Feringhea des yeux, et l’un des postes de soldats était juste en face de la porte de son cachot. On ne lui avait pas moins mis les fers aux pieds et aux mains. C’est à peine si les entraves qu’il avait aux jambes lui permettaient de se tenir debout.

Aussi était-il à demi couché sur ses nattes, lorsque lord William Bentick se présenta tout à coup à lui.

Le chef des Thugs ne se leva pas, mais montra ses fers pour s’excuser.

— Feringhea, lui dit le gouverneur de Madras, j’ai voulu vous interroger moi-même avant votre comparution devant la cour qui se réunira dans quelques jours pour vous juger. Je désire apprendre, de votre bouche même, si le désir que vous avez exprimé à sir Edward Butler de faire des révélations est sérieux. Je veux connaître le prix que vous voulez mettre à votre sincérité, afin de savoir si vos conditions sont admissibles, si mon devoir me permet de les accepter.

— Faites éloigner vos aides de camp, mylord, et je vous parlerai en toute franchise, répondit le prisonnier d’une voix ferme.

Lord William ordonna aux officiers qui l’avaient accompagné de s’éloigner, et se rapprochant du chef des Thugs, il lui fit comprendre du geste qu’il l’écoutait.

— Mylord, dit Feringhea, ce dont je désire tout d’abord que vous soyez bien convaincu, c’est que je ne suis votre prisonnier que par ma propre volonté. Vous devez bien penser qu’un homme tel que moi ne se laisse arrêter, comme je l’ai été à Tanjore, que lorsqu’il a décidé qu’il devait en être ainsi.

— Vous n’avez, en effet, opposé aucune résistance, et vous voyez qu’on ne vous traite pas comme un prisonnier ordinaire.

Le chef des Étrangleurs sourit tristement en faisant résonner ses fers, puis il reprit aussitôt :

— Si je me suis livré à vos soldats, c’est que j’ai un but : je veux faire tomber dans vos mains tous les Thugs auxquels je commande, de l’Himalaya au cap Cormorin.

Lord William ne put retenir un mouvement de surprise à cette étrange déclaration.

— Oui, tous les Thugs, poursuivit l’Hindou, c’est-à-dire plusieurs milliers de ces invisibles ennemis que vous soldats poursuivent en vain.

— À quelles conditions feriez-vous cela ?

— Si je vous demandais la vie, la liberté même…

— Je ne sais si je pourrais vous accorder la liberté, interrompit le gouverneur, mais je puis certainement vous promettre la vie sauve.

— Vous m’avez mal compris, mylord, parce que vous ne m’avez pas laissé achever. Je voulais vous dire : Si je vous demandais la vie et la liberté, vous n’hésiteriez pas à conclure ce marché ; vous avez un trop grand intérêt au triple point de vue politique, religieux et de sécurité publique à vous défaire des Étrangleurs pour ne pas tout accorder à l’homme qui vous rendra un tel service. Eh bien ! moi, Feringhea, qui commande plus que vous dans l’Hindoustan, je serai cet homme-là, et cela, sans condition.

— Sans condition ! exclama le gouverneur.

— Sauf une seule : lorsque ma dernière heure sera venue, vous autoriserez le brahmine que je désignerai à passer quelques heures dans mon cachot, seul avec moi ; et cet homme, s’il est par hasard dénoncé, ne sera pas inquiété un seul instant ; vous le prendrez sous votre protection. Donnez-m’en votre parole.

— Je vous le jure !

— Je ne vous en demande pas davantage, parce que l’acte que je vais commettre en vous livrant ceux dont je suis le maître ne serait pas seulement une trahison, mais encore une lâcheté.

— Je vous promet également la vie.

Feringhea ne parut attacher aucune importance à ces mots et reprit :

— Maintenant que j’ai votre parole, mylord, envoyez-moi un de vos secrétaires ou l’un de vos magistrats ; j’en ai pour de longues heures à dicter les renseignements qui vous sont nécessaires !

Stupéfait de ce calme, le gouverneur de Madras fixait l’Hindou avec une certaine admiration, et voulant lui donner immédiatement un témoignage de confiance, il appela un geôlier auquel il commanda d’enlever les fers du prisonnier.

— Je vous remercie, dit Feringhea en se levant pour saluer lord William, vous pouvez compter sur moi, vous verrez bientôt si je sais tenir mes promesses.

Dès le lendemain, l’officier instructeur désigné par le gouverneur vint trouver le chef des Thugs dans sa prison ; et moins de quinze jours plus tard, plusieurs centaines d’Étrangleurs étaient déjà entre les mains de la justice.

Le procès de ces assassins ne pouvait être conduit selon les formes ordinaires. Feringhea s’étant refusé obstinément à fournir toutes les explications qui n’avaient pas pour résultat l’arrestation des Thugs, il avait été décidé que le chef des Étrangleurs comparaîtrait d’abord seul devant la justice, puis qu’au fur et à mesure, et selon les événements, les prisonniers seraient groupés autour de lui.

D’ailleurs, soit parce qu’ils obéissaient à un mot d’ordre, soit parce que c’était de leur part un système, tous les prisonniers faits sur les dénonciations de Feringhea gardaient le silence, et il paraissait certain qu’ils ne parleraient pas davantage devant leurs juges, la loi anglaise ne permettant pas, du reste, à ces derniers, d’interroger les accusés.

Dans les débats qui allaient s’ouvrir, il était évident que c’étaient les témoins qui joueraient les rôles principaux. Ces témoins augmentaient de jour en jour.

Les arrestations étaient si nombreuses que la crainte des représailles n’arrêtait plus ceux qui, après avoir été prisonniers des Thugs, avaient eu le bonheur de leur échapper.

Quatre mois après l’emprisonnement de Feringhea, la population de Madras apprit enfin que l’instruction de ce gigantesque procès était terminée et que les débats commenceraient le jour suivant, à sept heures du matin.

La ville fut illuminée toute la nuit comme pour une fête, et le lendemain, bien avant l’heure fixée pour l’ouverture de l’audience, la salle des assises fut envahie, malgré les efforts de la troupe, par une véritable avalanche humaine.

Le tribunal avait dû abandonner le lieu ordinaire de ses réunions ; il n’aurait pu contenir la dixième partie de la population qui était avide d’assister aux débats de cette cause émouvante.

Les séances se tenaient dans le palais du Gouvernement, au milieu d’un déploiement de forces que motivaient les circonstances, car on pensait avoir tout à craindre des innombrables amis et sectateurs du Thugisme.

La grande salle, d’architecture sévère, qu’on avait choisie pour les séances de la cour criminelle, présentait un coup d’œil imposant.

À l’une de ses extrémités s’élevait une estrade sur laquelle se tenaient le gouverneur en grande tenue d’officier général, les juges suprêmes de la province, les officiers généraux de l’armée de Madras, juges et jurés tout à la fois, et derrière eux, dans des tribunes réservées, à droite et à gauche, les magistrats du pays et les femmes des grands dignitaires, avec ce teint pâle et cet air charmant de grâce et de morbidezza, qui n’appartient vraiment qu’aux créoles anglaises.

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Grâce ! Soulami, grâce !… mon enfant !


Un vaste espace vide, réservé à l’accusé et à ses gardes, séparait le public du tribunal. Ce public ne présentait pas à l’observateur la moins curieuse des études.

Au milieu des négociants anglais, froids, flegmatiques sous ce ciel brûlant de la côte de Coromandel aussi bien que sur les bords de la Tamise, s’agitaient des soldats indigènes, des Hindous appartenant à toutes les castes, à toutes les religions.

Ce n’était pas seulement le procès d’infâmes assassins qui allait se dérouler devant cette multitude hétérogène : il s’agissait de la ruine de toute une croyance, d’une race entière qui, pour la première fois, allait comparaître devant un tribunal européen.

C’était un singulier tableau que ce mélange, ce pêle-mêle de marchands hindous, de cipayes, ces soldats esclaves, de brahmines aux longues robes jaunes, de coolies presque nus, de femmes mêmes enveloppées de leurs longs pagnes blancs ; car les ordres étaient formels, l’exemple devant être terrible, les portes étaient ouvertes à tous les rangs de la population indigène, aux zamindars, grands propriétaires, comme aux parias[5].

Quant à la place du Gouvernement, le spectacle qu’elle présentait était indescriptible.

C’était un flot mouvant dont les vagues humaines semblaient vouloir lutter avec celles de la terrible barre de la côte de Coromandel. Elle en dominait les sourds grondements par ses bruits multiples, indéfinissables.

L’Inde entière, du cap Cormorin aux monts Himalaya, des rives de l’Indus au delta du Gange, semblait s’être donné rendez-vous sur cette place.

Auprès du majestueux éléphant du radjah[6], portant paisiblement sa tente aux brillants rideaux de mousseline multicolore, placidement tranquille dans la toute-puissance de sa force, s’agitaient, hennissaient, piaffaient, les petits chevaux tatoo de l’Hindou des plaines, ardents, tout feu, indomptables.

Le lourd palanquin de voyage, appartement complet, que portent, sur leurs robustes épaules, pendant deux ou trois cent mille, douze béras[7] infatigables, faisait ressortir l’adorable palkee[8] de la bayadère, de la coquette fille de Vischnou, nid d’oiseau fait de bois de sandal et d’érable, incrusté d’ivoire et de métaux précieux, chambre à coucher de petite maîtresse avec ses luxueuses tentures, ses porteurs pieds nus et aux vêtements de neige.

Puis c’étaient des voitures de toutes les formes, de tous les pays, avec tous les attelages, toutes les montures ; le lourd véhicule du marchand hindou, avec ses deux bœufs sous le joug, l’élégante calèche anglaise avec ses chevaux de race, et même la douce et calme haquenée caparaçonnée comme au moyen-âge.

Au milieu de tout cela, allait, venait, courait, se pressait une foule immense, curieuse, impressionnable, s’interpellant dans tous les dialectes, dans toutes les langues, vêtue de tous les costumes.

Des groupes se formaient caste par caste, secte par secte, race par race, pour s’interroger, discuter et se disperser bientôt, portant çà et là leurs impressions, leurs espoirs et leurs craintes.

Enfin, comme fond à ce tableau mouvant, fantastique, c’était la rade avec ses flots tourmentés, ses vagues aux crêtes d’argent, sa flotte de bâtiments de tous les pays : le vaisseau de guerre et ses batteries menaçantes, le bâtiment marchand, le contrebandier d’opium à la mâture inclinée, le cotre aux voiles de lin, la lourde jonque chinoise à la voilure de joncs tressés, la grosse chelingue[9] roulant sur la lame, le catimaran[10] semblant se jouer des flots.

Et tout cela, sous un ciel d’un bleu pâle, sans nuages, sans horizon, avec un soleil embrasé dorant la coupole des églises, les pyramides des pagodes, les minarets des mosquées, les flèches des temples, les terrasses des palais, dévorant tout de ses rayons de feu.

Puis par-dessus tout encore, se répercutant comme un glas funèbre, le mot : thug, passant de bouche en bouche.

C’était l’Inde de Brahma appelée au tribunal du Christ ; c’était l’extrême Orient avec ses superstitions devant l’Europe civilisée.

Lorsque Feringhea, escorté d’un piquet de soldats anglais, fut introduit dans l’enceinte du tribunal, seul, ainsi que la cour l’avait décidé, un mouvement de curiosité insatiable et un frisson d’épouvante s’emparèrent de l’assistance.

Feringhea était un homme de trente-deux ans à peine, à la tête fière et intelligente, aux regards pleins de sombres éclairs, d’une vigueur peu commune dans un corps d’une élégance extrême.

Il avait ce type grec qu’on rencontre avec toute sa pureté dans certaines races du Karnatic[11]. Sa tête petite, aux traits finement sculptés, laissait tomber autour d’elle une forêt de cheveux noirs descendant jusqu’à ses épaules.

Son cou nu, vigoureux, aux muscles saillants, semblait emprunté à un bronze florentin. Sa bouche aux angles relevés laissait voir, entre des lèvres rougies par les feuilles de bétel, des dents blanches comme celles d’une jeune fille.

Sur son front s’étendaient, fraîchement peintes, les trois larges raies de vermillon qui sont les signes distinctifs des Jemadars ou chefs supérieurs des Thugs.

Il était élégamment vêtu d’étoffes de soie et de mousseline brodée.

Il s’avança d’un pas ferme vers le tribunal, en jetant autour de lui un regard plein de mépris et d’orgueil. Le silence se fit tout à coup, car on s’aperçut qu’il voulait parler avant même d’être interrogé.

On ne saurait rendre la fierté sauvage avec laquelle, élevant vers ses juges ses mains enchaînées, il dit en indoustani, cette langue douce et harmonieuse comme l’italien :

— Je suis le descendant d’une race royale, et, je le jure par Kâli[12], je ne dirai pas un mot si on ne me retire pas mes chaînes ! Le tigre ne supporte pas les entraves !

  1. C’est le nom de la grande presqu’île asiatique que les monts Himalaya bornent au nord, et qui, descendant en forme de triangle vers le sud, se termine par le cap Cormorin, dans l’océan indien.

    À l’époque dont nous parlons, une partie seulement de cet immense territoire, qui n’a pas moins de 180 millions d’habitants, appartenait réellement à l’Angleterre. L’autre partie se composait d’un grand nombre de royaumes ou principautés qui n’étaient que tributaires et se révoltaient périodiquement contre les vainqueurs. Aujourd’hui l’autorité britannique s’étend sur la presque totalité de l’Hindoustan. Les quelques souverains indigènes qui règnent encore sont les vassaux de l’Angleterre et n’ont plus qu’une ombre de pouvoir.

  2. Thugs signifie littéralement trompeurs. On appelle aussi les Thugs, Phansigars, Étrangleurs, du mot indoustani phansi, nœud coulant.
  3. Province du sud de l’Hindoustan.
  4. Soldats indigènes.
  5. Caste méprisée, composée de tous ceux qui ont violé les lois religieuses ou civiles.
  6. Prince.
  7. Porteurs indigènes.
  8. Palanquin des femmes.
  9. Grande embarcation qui sert aux débarquements.
  10. Petit bateau de pêche.
  11. Karnatic, pays noir, province comprise aujourd’hui dans la présidence de Madras.
  12. Épouse de Shiba ; déesse du meurtre et du carnage.