Le Prix “Vie heureuse”/Mme Claude Ferval

Anonyme
Hachette et Cie (p. 18-19).

MADAME CLAUDE FERVAL


Claude Ferval, fille d’un général, est née à Agen. Le hasard des changements de garnison la fit élever à Lyon, au couvent de l’Assomption, sur les hauteurs de Fourvière : elle aimait, a-t-elle écrit, « le costume violet des religieuses, leur long voile blanc, leurs gestes mesurés, leur pas silencieux, leur voix tendre, leur sourire. »

Jeune femme, elle habita le Blaisois, dans un grand château sombre, au milieu des bois. Là, elle passait les journées à lire, à apprendre le latin, l’histoire, un peu de philosophie. Le monde de la pensée lui apparaissait. D’abord tentée par le charme d’une toile, de tubes et de pinceaux dont on peut faire renaître l’aspect vif et varié de la vie, Mme de Pierrebourg se mit à peindre.

Elle exposa avec succès quelques portraits.


Toutefois, le goût d’écrire l’attirait invinciblement, et elle ne devait pas tarder à publier son premier livre, L’Autre amour.

Cette étude de l’amour maternel, opposé à la passion amoureuse, fut accueillie tout de suite par la Revue des Deux Mondes et couronnée par l’Académie — 1901 — : elle était douloureuse et vraie, écrite à la fois avec tendresse et colère, avec violence et mesure.

Un débutant ne résiste pas à de pareils encouragements : l’auteur de L’Autre amour appartenait désormais aux lettres ; elle écrivit Le Plus fort.

Le sujet est de ceux qui touchent aux croyances les plus intimes : il étudie la lutte de la femme et de la foi dans un cœur de jeune homme, déchiré entre ces deux voix impérieuses et tendres.

Vie de château parut ensuite et fut accueilli par le même succès. C’est un joli tableau et peint sur nature, dans cette vallée de l’Indre aux peupliers frissonnants, et animé d’une suite amusante, quelquefois dramatique, de figures de gentilshommes à pigeonnier et à girouette.

Le langage en est fin, fort et rapide.


Enfin c’est ajouter un trait à l’histoire des lettres, de dire que l’appartement que la baronne de Pierrebourg habite avenue du Bois de Boulogne, est un des salons de Paris et que les plus grands noms des lettres des arts s’y rencontrent.


Madame Claude Ferval, photographie en buste