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Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsIII. 1876 (p. 420).




LÉON VALADE

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MAI


Avril, à l’incarnat frêle et poudré de givre,
Nous tient encor troublés de son charme incertain ;
Lorsque Mai, couronné de roses, un matin,
Sort des brumes, tenant la coupe où tout s’enivre.

La belle au bois dormant qu’il réveille et délivre,
L’Idylle, vers les monts bleuissant au lointain,
Court avec lui parmi la rosée et le thym,
Mêlant le bien d’aimer à l’extase de vivre.

Même dans la langueur de nos rites chrétiens,
Mois cher à la gaîté païenne ! tu retiens
Ton parfum sans égal, ta grâce sans pareille :

Et ton nom seul séduit, où semble résumé
D’un son bref, aussi doux aux lèvres qu’à l’oreille,
Tout ce qu’a le printemps de douceur brève, ô Mai !