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Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsIII. 1876 (p. 74-75).
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LOUISE COLLET

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GROUPES D’ARABES

SONNET

I


Les Bédouins gardent par politique des apparences musulmanes, mais ils disent assez volontiers que la religion de Mahomet n’a pas été faite pour eux ; « car, ajoutent-ils, comment faire des ablutions puisque nous n’avons pas d’eau, comment faire des aumônes puisque nous ne sommes pas riches, pourquoi jeûner le Ramadan puisque nous jeûnons toute l’année ? Et pourquoi aller à la Mecque si Dieu est partout ? »

Volney.


Aux pieds d’un sphinx, gardien d’une âpre sépulture,
Béante sur le seuil du désert au sol roux,
Des Arabes pensifs, couchés dans leur burnous,
Caressent l’yatagan qui brille à leur ceinture.


Rayonnement du front, fierté de la stature,
Attestent les aïeux dont ils descendent tous ;
Moïse et Mahomet sous leur double imposture
Ont courbé cette race à l’œil superbe et doux.

Prêtres-rois, leurs aïeux ont régné dans Solime,
Puis, vainqueurs, radieux, créant un art sublime,
Ils ont fondé le Caire et bâti l’Alhambrah.

D’éternels monuments ils ont ceint la Sicile,
Mais, hélas ! désormais, race inerte et servile,
Sous le joug ottoman tout Arabe est fellah !

Haute-Égypte, octobre 1869.