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Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsII. 1869-1871 (p. 293).
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ESPOIR



Aux hommes de mon temps je rêve un cœur hanté
Par quelque grand projet d’envergure superbe,
Tel que les bons géants qui sommeillent sous l’herbe
En concevaient aux temps féconds de l’équité.

Et, prenant mon désir pour la réalité,
Comme à Lazare mort un jour parla le Verbe,
Je leur dis : Levez-vous, car voici que la gerbe
Du froment de justice est mûre cet été.

Morts vivants ! lâches morts qu’aucune voix n’effare,
Ils ne se lèvent pas ainsi que fit Lazare
Et demeurent scellés sous leur abattement.

Mais dussé-je en ôter la pierre avec ma bouche,
Tu luiras, ô grand jour où je vaincrai leur couche,
Car d’un immense espoir mon âme est en tourment.