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Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsI. 1866 (p. 189-190).


PLACIDA


Lorsque nous revenons de Perpignan la nuit,
Vers toi mon cœur plus libre et plus léger s’élance
Vers tes yeux alanguis de noble nonchalance,
Pôle mystérieux dont l’aimant me conduit.

Une douceur lactée emplit les cieux : le bruit
Glisse mélodieux à travers le silence.
L’apaisement s’étend ainsi qu’une aile immense ;
La clarté pacifique aux fronts des astres luit.


Et je songe que seule en ton discret réduit
Plein de parfums, de fleurs et de chaude opulence,
Cherchant d’un regard vague un souvenir qui fuit,

Tu daignes me mêler à cette somnolence
Sereine, et que ton rêve intérieur me suit,
O si calme dans ta radieuse excellence.