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Le Papillon (Taglioni, Saint-Georges, Offenbach)


DISTRIBUTION

Farfalla, Mlles Livry.
La fée Hamza, Marquet.
Djalma, MM. Mérante.
Patimate, Berthier.
Mohammed, Dauty.
Zaïdée, Mlle Stoïkoff.
Ismaël-Bey, M. Lenfant.
Leïla, Mlle Lamy
La fée des Perles, Mlles Simon.
La fée des Moissons, Schlosser.
La fée des Fleurs, Troisvallets.
La Fée aux Diamants. Mauperin.
L’Hymen, Brach 2.
Azis, MM. Cornet
Mollah, Lefèvre.
Micaïm, Jules.
DANSES.
PREMIER ACTE.
PREMIER TABLEAU.
Pas de Caractère.
M. Cornet. Mlle Stoïkoff.
La Lesguinka.
M. Mérante. Mlle Emma Livry.
DEUXIÈME TABLEAU.
Les Bohémiens.
M. Banchet. M. Coralli.
Mlles Nathan. Morendo. Schlosse.
Savel. Genat. Mauperin
Moncelet. Carabin. Simon.
La Valse des Rayons.
Mlle Livry et les Dames du ballet.
DEUXIÈME ACTE.
Pas de trois.
Mlle Fiacre 1. Baratte. Beaugrand.
Pas de deux.
M. Mérante. Mlle Livry.
Mlles Mauperin, Simon, Troisvallets, Parent, Segaud, Poinet.
Les Guerrières circassiennes.

Mlles les Coryphées.

PREMIER ACTE.
Neuf Seigneurs.
MM. Lefèvre. Caré. Fournier.
Bion. Josset. Darcourt.
Monfallet. Gondoin. Fanget.
Quatre Musiciens.
MM. Desvigne. Gabiot 1. Gabiot 2. Salomon.
Trente-deux Paysans.
MM. Bertrand. Leroy. Lecerf. Barbier.
Chenat. Millot. Meunier. Scio.
Michaux. Pissarello. Galland. Rousseau.
Quentin. Perrot. Rombit. Charière.
Mlles Brach 1. Genty. Leroy. Matière.
Tarlé. Bourguignon. Hairivau. Montaubry.
Deleonet. Savile. Guerner. Vibon.
Volter 2. Rust. Mauperin 2. Volter 1.
Quatre Bûcherons.
Seize Papillons bleus.
Mlles Parent. Baratte. Lamy. Segaud.
Poinet. Beaugrand. Giraud. Cassegrain.
Morlot. Danse. Villeroy. Jousse.
Gambelon. Laurent. Fiocre 2. Crétin.
Huit Papillons rouges.
Mlles Wal. Balson. Lesage. Frimat.
Simon. Georgeot. Thomasson. Valette.
Huit Papillons jaunes.
Mlles Marconnay. Canet. Billard. Laurency.
Piquart. Munier. Malot 2. Ribet 1.
Bûcherons.
MM. Millot. Bertrand. Leroy. Scio.
Pissarello. Galiand. Lecerf. Barbier.
Chenat. Meunier. Michaux. Perrot.
Desvignes. Gabiot 1. Rousseau. Quentin.
Gabiot 2. Salomon. Rombit. Charrière.
Mlles Thbert. Bourguignon. Hairivau. Delconet.
Brach 1. Guerner. Vibon. Mauperin.
Volter 1. Vidal. Santanera. Dauwes.
Jourset. Caron. Pouilly. Malot 1.
Bréard. Desvignes. Fusin. Rivet.
Huit Bohémiennes.
Mlles Corinne. Letellier. Meurant. Ewans.
Malgorne. Guéroult. Lacroix. Arbel.
Quatorze Enfants de Bohémiens.
MM. Bretonnot. Guillemot. Tourneur. Andoul.
Lavigne. Auconte. Granjean. Rust.
Rault. Fourneau. Porcheron. Léger.
Mlles Sanlaville. Robert.
Comparses.
Neuf Seigneurs. — Douze Gardes. — Quatre Forestiers.
DEUXIÈME ACTE.
Neuf Conseillers. — Vingt-quatre Gardes du Sultan. — Gens du Palais.
Huit Circassiennes.
Mlles Corinne. Letellier. Maurant. Ewans.
Malgorne. Guéroult. Lacroix. Arbel.
Huit Pages.
Mmes Buhler. Masson 1. Touzard. Colas.
Masson 2. Gabot. Destard. Lescars.
Douze guerriers.
MM. Millot. Bertrand. Leroy. Scio.
Pissarello. Galland. Lecerf. Barbier.
Chenat. Meunier. Perrot. Michaux.
Trente-deux Odalisques.
1er Corps.
Mlles Volter 2. Vidal. Rust. Pouilly.
Mauperin 2. Santanera. Jousset.
Guerner. Dauwes. Caron.
2e Corps.
Mlles Malot. Bréard. Balson. Simon
Alexandre. Desvignes. Lesage.
Sanlaville. Wal. Frimat.
Douze Esclaves.
MM. Bretonnot. Andoul. Grandjean. Fourneau.
Guillemot. Lavigne. Rust. Porcheron.
Tourneur. Auconte. Ruault. Léger.
3e Corps.
Mlles Georgeot. Marconnay. Laurency. Malot 2.
Marx 1. Canet. Piquart Ribel 1.
Valette. Billard. Munier. Rebard.
Six jeunes Princes.
MM. Desvignes. Rousseau. Gabiot 2.
Gabiot 1. Quentin. Salomon.
Trente-deux Guerrières.
Mlles Baratte. Jousse. Leroy. Brach 1.
Lamy. Dauwes. Minière. Vibon.
Beaugrand. Crétin. Tarlé. Volter 1.
Giraut. Laurent. Bourguignon. Volter 2.
Cassegrain. Fiocre 2. Hairivan. Mauperin 2.
Morlot. Thibert. Montaubry. Guerner.
Danse. Gamblon. Deleonet. Santanera.
Villeroy. Genty. Savile. Vidal.
Cinq Ulémas.
MM. Lefèvre. Caré. Monfallet. Bion. Gondoin.
Seize petits Génies.
Mlles Mitscher. Gaugain. Robert. Durand.
Stelino. Lame. Brebion. Salomon.
Parent 3. Barbotti. Feuillette. Davesnes.
Léger. Fatou. Lebrun. Ribet 2.
Six Naiades.
Mlles Alexandre. Bréard. Wal.
Sanlaville. Desvignes. Rebard.
Six Bergers.
MM. Bertrand. Lecerf. Chenat.
Leroy. Barbier. Perrot.
Six Bergères.
Mlles Dauwes. Jousset. Pouilly.
Rust. Caron. Malot 1.
Quatre Suivante de Djemma.
Mlles Balsen. Lesage. Frimat. Simon.
Comparses.
Quatre Faunes. — Quatre Porte-palanquins.
Quatre petits Faunes.
MM. Bretonnot. Guillemot. Tourneur. Andoul.
Quatre Nymphes.
Mlles Mauperin 2. Guerner. Vidal. Santanera.
Quatre Petits Génies.
MM. Ruault. Fourneau. Porcheron. Léger.
Apothéose.
Mlles Montaubry. Saville. Volter 2. Rust.
Vidal. Valette. Marconnay. Canet.
Cinti. Malot 2. Ribet 1. Thomasson.
Gaugain. Larue. Barbotti Fatou.
Georgeot. Brebion. Parent 2. Parent 3.
Billard. Robert. Piquart. Léger.
Feuillette.
Douze Bardes.
MM. Millot. Fauget. Josset. Desvignes.
Fournier. Darcourt. Michaux. Galland.
Scio. Meunier. Pissarello. Rousseau.
Fées. — Papillons. — Génies, etc.

PERSONNAGES
FARFALLA. Mlle Emma Livry.
LA FÉE HAMZA Louise Marquet.
LE PRINCE DJALMA, neveu de l’émir M. Mérante.
PATIMATZ, bûcheron, au service de la fée Hamza Berthier.
MOHAMED, uléma, gouverneur du prince Dauty.
ZAIDÉE, suivante de Farfalla Mlle Stoïkoff.
ISMAIL-BEY, émir M. Lenfant.
LEILA, amie de Farfalla. Mlle Lamy.
LA FÉE AUX DIAMANTS Simon.
LA FÉE AUX PERLES Mauperin.
LA FÉE AUX FLEURS Troisvallets.
LA FÉE DES MOISSONS Schlosser.

Papillons. — Cour du sultan. — Muridès. — Icoglans. — Gardes. — Ulémas. — Peuple. — Bohémiens. — Bohémiennes. — Génies. — Bayadères. — Odalisques. — Eunuques, etc., etc.

(La scène se passe en Circassie.)




Pour les maquettes ou dessins des décors, les dessins des costumes, et tous les détails du ballet, s’adresser à l’office de mise en scène, dirigé par M. David fils, rue Saint-Georges, 9, à Paris.


ACTE PREMIER




PREMIER TABLEAU

L’habitation de la fée Hamsa, au milieu de ruines pittoresques. — Les attributs terribles du pouvoir de la fée sont mêlés à des vases d’or et à des meubles précieux amoncelés dans cette étrange demeure. — Au fond, les montagnes du Caucase.


Scène PREMIÈRE.

On entend sonner une fanfare dans la forêt voisine. Attirée par ces accords, la vieille fée Hamza paraît, marchant péniblement, appuyée sur sa béquille magique.

Elle écoute la fanfare, et consulte son grimoire pour savoir qui chasse dans la forêt. C’est un beau jeune homme… un beau Prince !… dit-elle, et, toute ragaillardie à cette idée, la Fée rajuste une vieille fraise autour de son cou ; tire une mante d’un coffre gothique, la place sur ses épaules, et fait des coquetteries devant son miroir.


Scène II.

Farfalla, sa jeune servante, arrive, sur la pointe des pieds, sans être vue de sa maîtresse, et retient un éclat de rire en apercevant ses minauderies. Elle l’imite comiquement en se moquant d’elle.

Le Fée veut connaître le beau chasseur ; elle touche le miroir de sa béquille, et l’on voit s’y dessiner les traits du prince Djalma.

Farfalla jette un cri d’admiration qui fait retourner la Fée. Hamza, furieuse de se voir ainsi surprise, tarabuste sa servante et la poursuit, en levant sur elle son bâton magique. Mais, à ce moment, Patimate, le bûcheron, arrive en courant, et reçoit sur le dos les coups destinés à la jeune fille.


Scène III.

« Tant pis pour toi !… lui dit la Fée, il fallait me laisser punir cette insolente !… » Et elle sort en menaçant Farfalla qui pleure, et que console le pauvre Bûcheron.


Scène IV.

Patimate est charmé d’avoir sauvé Farfalla de la colère de la Fée. — Il venait annoncer la chasse, dont les fanfares recommencent.

C’est le neveu de l’Émir, et sa suite, qui parcourent la forêt.

Tu l’as vu ?… demande Farfalla ; est-il beau ?

— Superbe !… répond Patimate ; il va venir, et je suis sûr, dit-il en indiquant le grimoire, que ce sont les sortilèges de la Fée qui l’attirent ici !…

— Et dans quel but ?… demande Farfalla.

— Pour en être embrassée… rien que cela !… répond le Bûcheron en riant ; car on assure que si l’on faisait à la vieille la charité d’un baiser, elle redeviendrait, à l’instant, jeune et charmante !… »

Farfalla rit de cette idée, et tous deux s’amusent aux dépens de la méchante Fée.

On frappe à la porte de la grotte. Patimate court ouvrir.


Scène V.

C’est le prince Djalma, Mohamed, son gouverneur, et leur brillante suite.

Farfalla semble fort émue à la vue du Prince, qui, de son côté, la trouve charmante et lui adresse des compliments.

Le Bûcheron salue comiquement tout le monde, et jusqu’aux piqueurs, qui se moquent du paysan.

— Peut-on se rafraîchir chez vous, la belle enfant ?… demande le Prince à Farfalla.

— Certainement !… » répond celle-ci ; et, toute troublée, elle ouvre un bahut, en tire des brocs, des verres, et s’apprête, ainsi que le Bûcheron, à dresser le couvert ; mais la Fée, qui reparaît tout à coup, leur cause une telle frayeur qu’ils renversent et brisent la vaisselle de leur maîtresse, furieuse de ce désordre.


Scène VI.

En apercevant le jeune homme, Hamza se radoucit, lui fait force révérences, et le remercie de l’honneur qu’il lui fait en venant chez elle. Puis, trouvant le souper trop modeste, et tandis que Djalma va rassurer la jeune fille confuse de ses maladresses, la Fée touche la table avec sa béquille, et des vases d’or, un service magnifique, un splendide repas, remplacent le misérable couvert.

Le Prince est stupéfait de cette métamorphose. La Fée lui dit qu’il n’y a rien de trop beau pour lui, et l’on se met à table. Pendant ce temps, le Gouverneur fait remarquer la vieille à quelques seigneurs de la suite. Il leur rappelle une enfant enlevée, la fille de l’Émir ; et semble retrouver, dans la figure de La Fée, les traits de celle qui a ravi jadis la jeune Princesse. Le Bûcheron assiste à cette scène, et se promet bien d’en profiter au besoin.

Une musique champêtre se fait entendre ; et l’on voit passer, devant la fenêtre du fond, une noce de village avec les ménétriers en tête. Le Prince et les seigneurs vont à la croisée, et font signe à la noce d’entrer dans la maison.


Scène VII.

Les mariés et leurs amis accourent joyeusement. Le Prince les accueille avec bonté, et, voulant prendre part à leur divertissement, il invite la jolie servante à danser, au grand désappointement de la Fée, qui voit ses avances et ses minauderies perdues.

Mais la nuit approche. Le Gouverneur engage son élève à partir. Celui-ci semble s’y décider avec peine, en regardant la jolie servante.

La vieille s’avance vers le Prince qui vient d’embrasser la mariée, et tend la joue pour en recevoir la même faveur ; mais Djalma passe devant elle en la saluant respectueusement, et va embrasser Farfalla, toute rouge et toute émue d’un tel adieu.

Le Prince et sa suite s’éloignent, reconduits par le Bûcheron, qui rit au nez de la Fée honteuse de sa mésaventure.


Scène VIII.

Hamza veut passer sa mauvaise humeur sur quelqu’un. C’est Farfalla qui en sera victime. Elle la gourmande, la malmène, et celle-ci se met à pleurer à l’écart, tandis que la méchante Fée lui ordonne de prendre sa quenouille et de filer à côté d’elle.

Farfalla obéit en trépignant de colère. La vieille s’établit dans son grand fauteuil, place son rouet devant elle et s’endort peu à peu. Farfalla quitte alors sa quenouille, et va regarder par la croisée pour tâcher d’apercevoir encore le Prince. Un ronflement de la Fée la ramène bien vite à sa place. Puis, une idée folle, une malice de jeune fille lui vient à l’esprit. Elle passe derrière le fauteuil de sa méchante maîtresse, et lui chatouille le visage avec une fleur de son bouquet, en voltigeant autour d’elle, comme ferait une mouche ou un papillon.

La Fée, dans un demi-sommeil, fait le geste de chasser la mouche importune. Farfalla, ravie de son espièglerie, la recommence. La vieille ouvre un œil, s’aperçoit de ce qui se passe, et le referme aussitôt, tout en guettant sa servante, qui, enhardie par le faux sommeil de la Fée, se trouve prise sur le fait, et voit celle-ci se lever en fureur et courir après elle dans tous les coins de la chambre, sa quenouille à la main.

La pauvre enfant, haletante, épouvantée, ne sachant comment échapper à sa maîtresse qui va l’atteindre, se sauve vers le coffre d’où la vieille a tiré sa mante, et s’y blottit.

Hamza referme le couvercle du coffre sur la jeune fille, en disant : « Je te tiens, enfin !… »

Patimate, le bûcheron, paraît.


Scène IX.

Patimate a tout vu. Il va délivrer sa jeune protégée ; mais la Fée s’y oppose. — Patimate insiste ; et la méchante Fée, fatiguée des prières du Bûcheron, le touche de sa béquille magique, le fait tomber un genou en terre, le rend immobile, les bras étendus, la bouche béante, et comme pétrifié ; puis elle se frotte les mains avec joie. Ah ! tu m’empêches de dormir, petite scélérate !… dit-elle ; ah ! tu bourdonnes près de moi pour m’éveiller !… tu fais la mouche ou le papillon… Eh bien ! sois donc papillon !… ajoute-t-elle, comme cela tu n’auras plus d’amoureux et ne m’enlèveras pas les baisers qui me reviennent de droit !…

Elle étend sa baguette au-dessus du coffre, et fait une conjuration.

Le couvercle du coffre se rouvre vivement, et l’on voit s’en échapper Farfalla, sous la forme d’un ravissant papillon.

Farfalla s’élance au milieu de l’air, parcourt l’espace, va se poser gracieusement sur le fauteuil de la Fée, puis sur le genou du Bûcheron, toujours immobile. Elle se place ensuite sur le rouet, dont son poids léger fait tourner la roue, et voltige rapidement autour de la vieille, qui fait de vains efforts pour la saisir.

La Fée, que ces bonds aériens, que ces vols prestigieux étourdissent et fascinent, rend le mouvement et la vie au pauvre Patimate, qui se joint à elle pour s’emparer de Farfalla.

Pendant cette scène, on voit grimper tout le long de la croisée de petits papillons, attirés par la présence de leur frère. A ceux-là s’en joignent de nouveaux. Les uns arrivent par les portes ouvertes ; d’autres descendent par la haute cheminée de l’habitation. Bientôt un essaim tout entier remplit la chambre, s’acharne après la Fée, la cerne, la traque, l’enveloppe et finit par la mettre en fuite, en suivant Farfalla qui les guide à la poursuite de la sorcière.

Celle-ci s’échappe de la grotte, éperdue, échevelée, sous l’assaut que lui livre le joli bataillon ailé.

Patimate court après Farfalla, qui court après la vieille.

Tous sortent tumultueusement de la grotte ; et on les revoit, à l’extérieur de la fenêtre, continuer la chasse qu’ils donnent à la mauvaise Fée.

Le théâtre change.




DEUXIÈME TABLEAU

La clairière d’une forêt par un beau jour d’été. – Les rayons du soleil se jouent entre les arbres ; et, sauf une partie du bois, plus fourrée, plus touffue que le reste, tout est inondé d’une vive lumière.


Scène PREMIÈRE.

Une troupe de Bohémiens et de Bohémiennes est campée sur une élévation.

La noce, que l’on a vue dans l’habitation de la Fée, s’avance par un des sentiers de la forêt, tandis que le jeune neveu de l’Émir, accompagné de son gouverneur et suivi de ses piqueurs, entre d’un autre côté.

Le chef des Bohémiens s’approche du Prince et lui demande s’il veut assister à la danse des belles gitanas qu’il commande.

Le jeune homme y consent, malgré les protestations de son gouverneur, qui s’indigne à la vue de ces séduisantes sirènes. Les Bohémiens dansent devant Djalma, qui jette sa bourse au chef de la tribu, et ne parait pas insensible aux charmes des jolies Bohémiennes.

Celles-ci sont à peine éloignées, à la grande satisfaction du vertueux Mohamed, que des jeunes filles de la cour de l’Émir, attirées par la danse des Bohémiennes, se distribuent de légers filets, et se mettent gaîment à la poursuite des papillons de la forêt.

Une des chasseresses en prend un ravissant, qu’elle accourt présenter au Prince.

Djalma propose à la jeune fille de troquer son charmant prisonnier contre une bague brillante qu’il lui offre en échange.

La jeune fille accepte et s’éloigne en courant, ainsi que ses compagnes.


Scène II.

Resté seul, Djalma dégage son joli captif.

Le Papillon a les ailes et le corsage tout semblables à ceux de la servante métamorphosée.

Le Prince, pour garder le prisonnier qui se débat entra ses doigte et menace de lui échapper, s’approche d’un chêne de la forêt ; puis, retirant la longue aiguille d’or qui ornait sa coiffure, il place le Papillon au centre de l’arbre, lui traverse la corps de son aiguille, et le fixe ainsi sur l’écorce du chêne.

Mais, tout à coup il s’arrête, et recule avec effroi.

Le beau Papillon prend une forme humaine !…

La figure d’une femme, d’une jeune fille apparaît au milieu de l’arbre ; un corps svelte et gracieux s’y dessine ; mais les bras sont pendants, la tête penchée, les yeux pleins de larmes.

La vision, douteuse d’abord, devient, d’instant en instant, plus distincte et plus matérielle.

Le Prince arrache vivement, du sein de sa victime, le dard dont il l’a percée, et voit cette créature fantastique se détacher du chêne et venir s’affaisser sur un banc de gazon.

Djalma s’en approche tremblent ; mais celle-ci entr’ouvre les plis de son corsage, et lui montre, d’un air de reproche, la blessure qu’il lui a faite.

Le Prince, terrifié d’abord, l’examine avec plus de soin, et reste confondu en reconnaissant les traits de la jolie servante de la Fée.

A peine en croit-il ses yeux ; mais l’évidence est là… C’est bien la figure charmante de la jeune fille qu’il avait déjà vue !

Bientôt le papillon semble surmonter sa douleur ; il secoue ses ailes diaphanes, et prend son vol au travers des arbres de la forêt. Djalma court à sa poursuite.

Scène III.

À ce moment, un essaim de papillons vient s’abattre dans la clairière, attiré par un vif rayon de soleil qui traverse le carrefour de la forêt.

Farfalla, que le Prince n’a pu saisir, rejoint ses légers compagnons, et s’élance avec eux au sein de la zone d’or où ils s’ébattent.

Tantôt elle cherche l’ombre, et tantôt se précipite au travers des rayons brillants, tournant et bondissant sur elle-même, rasant le sol, et comme suspendue aux parcelles lumineuses qui l’inondent de toutes parts.

Un léger bruit se fait entendre, et la troupe ailée s’enfuit.


Scène IV

C’est le sage Mohamed, suivi de quelques, seigneurs, qui accourt à la recherche du jeune Prince.

Il aperçoit son élève triste et désolé de n’avoir pu retrouver la légère Farfalla.

Le vieux gouverneur l’engage à rentrer au palais.

Celui-ci, sous le coup de son émotion, lui parle de la Fée, de la servante et du Papillon.

Plus Djalma lui explique ce qu’il a vu, plus le vieux gouverneur semble craindre qu’il soit atteint de folie.

Cette scène est interrompue par l’arrivée de Patimate le Bûcheron, également en quête de la jeune fille.

Il se jette aux genoux du gouverneur, et lui répète ce que vient de lui raconter le Prince sur la servante, sur la Fée, sur le Papillon. La Fée Hamza paraît, à son tour, courant, comme les autres, après Farfalla, et questionne, pour la troisième fois, le gouverneur stupéfait sur sa servante devenue Papillon.

Pour le coup ! dit le sage Mohamed, tout le monde est fou dans cette forêt !… et moi-même, je finirais par le devenir en écoutant davantage leurs sots récits !… Et il sort, ainsi que sa suite, en entraînant le Prince malgré Lui.


Scène V.

Patimate ne sait à qui s’adresser pour retrouver sa petite compagne. Il est furieux contre la vieille Fée.

Je vous dénoncerai !… lui dit-il ; je tiens votre secret !… C’est vous qui avez enlevé la fille de l’émir !… et vous la lui rendrez, à lui, si vous refusez de me la rendre, à moi !…

Il s’éloigne en la menaçant.


Scène VI.

La Fée se moque de ses menaces ; mais elle veut ravoir sa servante, son petit souffre-douleur.

Où s’est-elle envolée ?… qu’est-elle devenue ?…

Tout à coup, elle l’aperçoit se laissant glisser d’un arbre où elle était cachée.

Hamza l’appelle en vain ; le Papillon s’enfuit loin de sa maîtresse. Celle-ci commande.

Le Papillon semble rire de ses ordres, et n’en voltige que de plus belle autour de la Fée, qui enrage, et cherche à l’atteindre avec son bâton.

La fée tombe assise, essoufflée, hors d’haleine, maudissant son âge et ses jambes chancelantes, quand une mauvaise idée lui arrive. Son bâton magique est tout-puissant !… C’est lui qui fixera ce petit être indocile et rebelle !…

Au moment où Farfalla se joue entre deux arbres de la forêt, la vieille étend son bâton de ce côté.

Aussitôt un immense filet glisse entre les arbres, arrête le vol du papillon, et le pauvret vient donner contre ses mailles serrées, où il se prend et s’enveloppe sans pouvoir se dégager.

Chaque mouvement du prisonnier resserre un peu plus le réseau qui l’enlace. Ce sont d’abord les ailes qui deviennent immobiles, puis les bras, puis le corps tout entier. Sa tête charmante se penche tristement sur son sein, et ses yeux laissent échapper des pleurs.

Mais la vieille est sans pitié ; elle brave sa victime, et semble jouir de sa captivité.


Scène VII.

Les légers compagnons de Farfalla, inquiets de l’absence de leur nouveau frère, reparaissent par groupes dans les allées du bois.

Ils aperçoivent la prisonnière, témoignent leur chagrin de ne pouvoir la délivrer, et supplient la Fée de lui rendre la liberté. Tout le peuple ailé l’entoure, et redouble d’instances et de prières.

La vieille est inflexible, et ne veut rien entendre, Mais elle a compté sans le protecteur de sa victime, sans le brave Bûcheron, qui arrive en tapinois au travers du feuillage, d’où il voit tout ce qui se passe.

Il se coule jusqu’au banc où la Fée a déposé son bâton magique, s’en empare vivement, et, l’étendant du côté du filet qui enserre son amie, les mailles de la trame se brisent à l’instant, et Farfalla délivrée, vient tomber dans les bras de ses compagnons qui les ouvraient pour la recevoir.

La Fée, stupéfaite, se dirige vers le banc où elle à laissé sa béquille.

Le Bûcheron, transporté de son premier succès, ne doute plus de sa puissance ; il étend le bâton féerique vers la mauvaise vieille. Celle-ci ressent aussitôt le même effet qu’elle fit subir à Patimate dans sa demeure, et, comme lui, reste immobile, pétrifiée, sous le pouvoir du talisman.

Mais le pauvre Bûcheron laisse tomber la terrible béquille. Un mauvais petit génie s’en saisit, et l’emporte au milieu des airs. Hamza va redevenir libre ; lorsque les Papillons, après s’être saisis du filet qui enveloppait Farfalla, s’élancent autour de la Fée, la couvrent du magique réseau ; et, tandis qu’elle cherche à en sortir, Farfalla, portée dans les bras de ses frères ailés monte vers les nuages et se balance dans les airs.

Patimate indique au vieux gouverneur Mobamed et à sa suite, accourus à son appel, la Fée prisonnière, et ils s’apprêtent à s’en emparer, tout en se moquant de l’étrange figure qu’elle fait dans sa comique prison, et de ses inutiles efforts pour s’en échapper.

Tableau.
Le rideau baisse.
FIN DU PREMIER ACTE.

ACTE DEUXIÈME




PREMIER TABLEAU

Le palais de l’émir Ismail.


Scène PREMIÈRE.

Mobamed vient annoncer à l’émir Ismaïl, entouré de ses ministres et de ses gardes, qu’on a retrouvé celle qui lui a jadis ravi sa fille. Les soldats amènent la Fée devant le Souverain.

L’Émir l’interroge, la menace, et la vieille, intimidée, finit par convenir du rapt qu’elle a commis.

Mais son crime ne peut être réparé. Son pouvoir lui fut enlevé avec son talisman.

Ismail ordonne à ses serviteurs de conduire la fée en prison, lorsque le malin génie, qui s’était saisi de la béquille magique, reparaît tout à coup, et remet le talisman dans les mains de la fée Ramza.

« Arrêtez !… s’écrie-t-elle vivement, en s’adressant à ceux qui l’entraînent ; je viens de reconquérir ma puissance, et je vais rendre à votre maître la fille que je lui ai soustraite !… » Elle tourne son bâton magique vers l’orient ; une marche se fait entendre et l’on voit paraître de jeunes Circassiennes en habits de fête ; puis des esclaves noirs, dont les uns précèdent et d’autres portent un riche palanquin.

Tout ce brillant cortège descend les degrés du palais et vient se placer devant l’Émir.

On ouvre les rideaux du palanquin, et l’on en voit sortir une belle princesse, couverte de pierreries et magnifiquement mise.

La princesse est la jeune Farfalla que la Fée présente à son père.

L’Émir serre sa fille dans ses bras. Les courtisans s’inclinent devant la princesse ; les esclaves tombent à ses pieds.


Scène II.

Au milieu de la joie générale, Djalma s’avance vers son oncle. L’Émir conduit le prince auprès de Farfalla, dont le voile est abaissé.

« C’est ma fille, lui dit-il, ma fille que le sort m’a rendue, et l’épouse que je te destine. »

Djalma déclare qu’il ne se mariera pas ; que son cœur ne lui appartient plus.

« Quand tu verras Farfalla, lui dit l’Émir en s’éloignant, c’est toi qui me supplieras de t’accorder sa main. »


Scène III.

Zaïdée, la suivante de Farfalla, fait remarquer à la princesse le beau prince Djalma, qui parait, au reste, distrait et peu soucieux de plaire à sa fiancée.

Mais Zaïdée entr’ouvre malignement le voile de sa maîtresse. Djalma pousse un cri de surprise.

« Est-ce un rêve ?… Est-ce de la folie ?… s’écrie-t-il ; ces traits charmants, je les connais, je les admirai déjà !…

— Je ne vous comprends pas !… répond Farfalla.

— Cette jolie servante, reprend Djalma, ce ravissant papillon que j’ai poursuivi dans la forêt… c’était vous… Votre souvenir, votre image, sont gravés là, dans ma mémoire et dans mon cœur !… »

La jeune fille s’éloigne vivement. Djalma la poursuit, finit par l’atteindre, et la serre dans ses bras avec passion.

La douleur de la blessure qu’il fit au Papillon se réveille chez Farfalla ; elle porte la main à son sein et s’évanouit.

Le Prince tombe à ses genoux.

Farfalla revient à elle.

« Oui, c’est moi, lui dit-elle, la colère sur les traits ; c’est moi dont vous avez renouvelé la haine avec la souffrance !… Je ne vous aime pas, et ne serai jamais à vous ! »

Pendant cette scène on a vu revenir la fée Hamza, qui semble jouir à part de la brouille des jeunes gens.

Djalma, ne résistant plus à sa passion, saisit Farfalla et va lui donner un baiser ; mais la vieille passe vivement la tête entre celles des deux fiancés, et c’est elle qui reçoit le baiser destiné par le prince à Farfalla.

A peine le baiser a-t-il été reçu par la Fée qu’une métamorphose complète s’opère en elle. Rides et cheveux blancs disparaissent, ainsi que tous ses caducs atours.

Elle est jeune, belle, éblouissante de charmes et de parure. Le prince et la jeune princesse la regardent avec stupéfaction. Djalma, piqué de l’indifférence de Farfalla, veut s’en venger en lui en témoignant à son tour.

Il se rapproche de la Fée, et lui exprime son admiration. Hamza, dont le cœur s’est rajeuni en même temps que la figure, se montre très-sensible aux galanteries du Prince.

Farfalla, qui se tient à l’écart et voit ce qui se passe, sent naître peu à peu sa jalousie à mesure que Djalma se montre plus empressé avec la belle Fée.

Elle revient timidement vers le jeune Prince, et se trouve subitement placée entre lui et Hamza, au moment où Djalma, pour continuer son épreuve, semblait céder aux séductions de la Fée. La ruse du prince a réussi.

« M’aimerais-tu donc, maintenant ?… » dit-il avec transport à sa fiancée.

« Regarde, lui répond celle-ci en lui montrant ses larmes, elles ont effacé la blessure que tu m’as faite !…

La Fée, furieuse d’avoir été le jouet du Prince, sort en menaçant les amants et en leur annonçant sa vengeance.


Scène IV.

L’Émir revient suivi de sa cour.

Une grande fête a lieu pour célébrer le retour de la fille du souverain.

Après différents pas de caractère, l’on voit accourir toute une armée de jeunes Circassiennes, le casque d’or en tête, le javelot à la main.

Des marches, des évolutions commencent entre les jeunes guerrières, et un gracieux combat termine le divertissement. L’Émir s’apprête alors à célébrer les fiançailles de sa fille et de son neveu.

La cérémonie commence. Les deux amants, courbés devant l’Émir, vont recevoir la bénédiction du chef des ulémas, lorsque la fée Hamza, qui s’est rapprochée de Farfalla, touche la jeune princesse de sa baguette magique.

Tout à coup le voile de Farfalla s’envole dans les airs, ses ailes reparaissent, se rouvrent, s’agitent, et la princesse, redevenue papillon, s’élance et se met à voltiger, çà et là, au milieu des seigneurs et de tous les assistants stupéfaits !

L’Émir, les courtisans, les ministres, les graves ulémas eux-mêmes s’émeuvent, s’empressent et cherchent à retenir la jeune fille ailée, qui rit de leurs efforts, finit par leur échapper, et s’enfuit poursuivie par la foule entraînée sur les traces du léger papillon.


Scène V.

Djalma, désolé, consterné, va courir après sa fiancée, lorsque la Fée l’arrête.

Viens ! viens !… lui dit-elle ; j’ai mieux qu’une pareille épouse à t’offrir !… accepte mon cœur, ma main, ma puissance que j’ai retrouvée tout entière avec ma beauté…. Viens dans mes jardins enchantés, où règnent le plaisir et l’amour !…

Le Prince résiste et refuse.

Hamza étend la main vers Djalma…. le charme le fascine malgré ses efforts… ses yeux se ferment, et un sommeil magnétique s’empare de ses sens.

Hamza frappe la terre de sa baguette.

Le palais disparaît, et de magnifiques jardins, éblouissants d’or et de lumière, remplacent l’habitation de l’Émir.

Fin du premier tableau.
DEUXIÈME TABLEAU.

Les jardins de la Fée. — Au fond une cascade d’argent coulant dans un immense bassin où croissent de joncs et des plantes aquatiques mêlés à des coraux. — Ce bassin est entouré d’une vaste plate-bande de fleurs.


Scène PREMIÈRE.

De petits génies accourent au-devant de la belle fée Hamza, leur maîtresse.

La Fée regarde avec amour le Prince toujours endormi, puis s’éloigne, suivie de ses gracieux serviteurs, pour préparer les séductions dont elle veut entourer celui qu’elle aime.


Scène II.

Djalma sort lentement du sommeil magnétique où il était plongé. — Promenant ses regards autour de lui, le jeune Prince se croit sous l’empire d’un songe fantastique.

Mais à peine a-t-il pu se convaincre de la réalité de ce qui l’environne qu’un bruit étrange fait battre violemment son cœur. Ce bruit est celui qui annonce l’arrivée des fils de l’air, de ces fugitifs papillons, dont sa fiancée a repris la forme.

Ses yeux interrogent l’espace, et bientôt il voit Farfalla voltigeant sur les eaux de la cascade, effleurant les vogues de ses ailes diaphanes, puis s’arrêtant au milieu des joncs, et reprenant sa course vagabonde sur la surface liquide.

Capricieux et inconstant, comme tous ses pareils, le petit être ailé abandonne les ondes pour les fleurs.

La plate-bande odorante l’attire à son tour ; Farfalla vient se poser sur une rose, qui plie à peine sous son poids léger ; puis elle quitte la rose pour le lys, le lys pour la tulipe ; et ainsi de suite pour toutes les fleurs de la plate-bande, sur lesquelles elle s’arrête à peine, paraissant obéir aux zéphyrs qui la soulèvent, et faisant courber les tiges fleuries sous son passage.

Djalma suit tous ces ébats sans oser l’approcher, dans la crainte qu’elle le fuie encore. Mais Farfalla vient voltiger autour de lui ; le Prince s’en empare, et la retient malgré ses ailes qui battent rapidement, et ses efforts pour lui échapper.

Une musique féerique annonce le retour de la Fée.

Tremblant que Farfalla retombe au pouvoir de son ennemie, le Prince l’entraîne vivement, et la cache dans une touffe de roses, où se blottit le joli papillon.


Scène III.

Hamza reparaît, accompagnée de ses sœurs la Fée aux Diamants, la Fée aux Perles, la Fée aux Fleurs, la Fée des Moissons, appelées par elle pour assister à ses noces avec le prince Djalma.

Hamza présente le Prince à ses belles compagnes, et tout se prépare pour son hymen.

Une cour brillante entoure la belle Fée. Des génies portant des harpes d’or, de jeunes nymphes, des péris et d’autres divinités viennent se grouper auprès de celle qu’ils reconnaissent pour leur souveraine.

Un bel enfant s’avance, tenant à la main une torche enflammée, la torche de l’hymen.

Mais, à peine la clarté de ce flambeau a-t-elle été aperçue du papillon caché dans les roses, qu’il relève sa tête mutine, secoue ses ailes, et court vers la clarté qui l’attire.

L’enfant effrayé, s’enfuit.

Farfalla le poursuit, tourne vivement autour de la torche enflammée, comme les phalènes autour de la lumière, finit par y brûler ses ailes, et tombe dans les bras du Prince accouru pour la recevoir.

Le charme est détruit avec les ailes de la princesse.

La baguette magique de la Fée se brise dans sa main. — Farfalla redevient la belle jeune fille qu’adore le neveu de l’Émir. La jalouse Hamza fait un geste de fureur, et menace encore ; mais toutes les Fées, s’unissant contre elle, se font les protectrices des amants ; et, pour détruire à jamais les maléfices de leur méchante sœur, ils la métamorphosent en statue.

En ce moment, se dessine, au fond des jardins, un magnifique palais aérien, le palais de la féerie.

Toutes les Fées, formant un berceau de leurs baguettes d’or au-dessus de Djalma et de Farfalla, conduisent les deux fiancés vers cette splendide demeure, où doit se consacrer leur union.

Le rideau baisse sur ce tableau.



FIN DU DEUXIÈME ET DERNIER ACTE.