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Le Mahâbhârata (traduction Ballin)/Volume 2/2-LLDF-Ch22

Traduction par Ballin, L..
Paris E. Leroux (2p. 191-193).



CHAPITRE XXII


DISCOURS DE GÂNDHARÎ (Suite)


Argument : Mention est faite de l’Avantien, de Bâhlika, de Jayadratha. Désespoir de Dousçalâ.


617. Gândhârî dit : Les vautours et les chacals dévorent, comme un homme dénué d'amis, l’Avantien abattu par Bhîmasena, lui qui (cependant) avait de nombreux parents.

618. Vois, ô meurtrier de Madhou, ce (roi) qui, après avoir massacré des ennemis, git sanglant sur une couche de héros !

619. Aussi les chacals, les hérons et les divers autres carnassiers le déchirent-ils ! Vois les changements (apportés par) le temps !

620. Les femmes, réunies, entourent le héros Avantien qui (jadis) poussait son cri de guerre, et qui (maintenant) repose sur une couche de héros.

621. Vois, ô Krishna, l’intelligent et grand archer Bâhlika, fils de Pratîpa, pareil à un tigre endormi, tué par une (flèche) bhalla.

622. Même dans la mort, la couleur de son visage est aussi brillante que celle de Soma (la lune) dans son plein, pendant la nuit (de chaque mois), où elle a pris sa croissance.

623. Le Vardhakshattrien (Jayadratha) a été abattu dans le combat par Pànkaçâsana (Arjouna, qui était) dévoré de chagrin à cause de (la mort de) son fils, et qui voulait exécuter la promesse (qu’il avait faite).

624. Vois Jayadratha tué par le magnanime qui l’avait (jadis) protégé 5 et qui, après avoir détruit onze armées, voulait réellement faire (ce qu’il avait promis, en vengeant son fils).

625. De sinistres vautours, ô Janârdana, dévorent Jayadratha, roi de Sindhou et de Souvira, (qui était) intelligent, (mais) rempli d’orgueil,

626. Que gardent ses épouses affectionnées, ô impérissable. Elles l’environnent et l’entraînent dans un fourré profond (qui se trouve) dans le voisinage .

627. Ces femmes du Kamboja et de Yavana entourent, en le protégeant, ce guerrier aux grands bras, roi du Sindhou et de Souvîra.

628. Au moment même où, après avoir enlevé Krishna Jayadratha s’enfuyait avec les Kekayas, il aurait dû être tué par les fils de Pândou, ô Janârdana.

629. Pourquoi donc ceux-ci n’ont-ils plus égard à Dousçalâ, puisque, la tenant en grande estime, (après avoir jadis, à cause d’elle), laissé la vie à Jayadratha, (ils viennent de le tuer maintenant) ?

630. Très affligée, ma fille se lamente, crie et se meurtrit le corps de ses propres mains, en blâmant les fils de Pândou 6.

631. Ô Krishna, que peut-il m’arriver de plus cruel dans l’avenir ? Ma fille, jeune encore, est veuve, et mes brus (ont perdu) leurs époux, (qui sont) tués !

632. Hélas ! Hélas ! Malheur ! Voilà Dousçalâ qui. n’ayant pas trouvé la tête de son époux, court de côté et d’autre, comme si le chagrin et la crainte l’avaient abandonnée !

633. Celui qui, après avoir détruit une grande armée, arrêta tous les fils de Pândou désireux (de sauver) leur fils, est à son tour tombé au pouvoir de la mort !

634. Ces femmes, dont le visage rivalise de beauté avec la lune, ont entouré, en pleurant, ce héros qui était aussi difficile à vaincre qu’un éléphant en rut.