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Le Mahâbhârata (traduction Ballin)/Volume 1/Chap27

Traduction par Ballin, L..
Paris E. Leroux (1p. 173-177).


CHAPITRE XXVII


COMBAT GÉNÉRAL


Argument : Combat de Bhîmasena contre les frères de Douryodhana. Mort de Dourmarshana, Çroutânta, Satyasena, Jaitra, Bhoûribala, Ravi, Dourvimocana, Doushpradharsha, Soujâta, Dourvisaha. L’armée Kourouide attaque Bhîmasena qui en fait un grand carnage.


1401. Sañjaya dit : Ô Bharatide, la troupe des éléphants étant tuée par le fils de Pândou, et l’armée même étant détruite par Bhîmasena dans la bataille,

1402. En voyant Bhîmasena dompteur des ennemis, se comporter comme Antaka qui, dans sa colère, ravit la vie, son bâton à la main,

1403, 1404. Ceux de tes fils qui survivaient, tandis que les autres avaient été tués, les frères du Kourouide Douryodhana ton fils (aîné), qui ne paraissait pas, s’étant réunis pour combattre, assaillirent Bhîmasena ; (c’étaient) Dourmarshana, Çroutânta, Jaitrâ Bhoûribala, Ravi,

1405. Jayatsena, Soujâta, Dourvisaha tueur des ennemis, celui qui avait nom Dourvimocana, et aussi Doushpradharsha.

1406. Puis Çroutarvan aux grands bras, tous réputés adroits au combat. Ceux-ci, tes fils, s’étant réunis de toutes parts, et

1407. Ayant couru sur Bhîmasena, lui barrèrent le passage de tous côtés. Alors, ô grand roi, Bhîma, remonté sur son char,

1408. Lança des flèches aiguës contre les armures de tes fils qui, couverts de flèches par ce héros dans le grand combat (qu’ils lui livraient),

1409, 1410. Se portèrent contre lui, comme (ils eussent attaqué) un éléphant, (pour le tuer), hors d’un bosquet. Alors, Bhîma furieux, ayant, en combattant, tranché avec une flèche kshourapra la tête de Dourmarshana, le fit tomber à terre. Puis, avec une autre flèche bhalla brisant toutes les armures,

1411. Bhîma tua le grand guerrier Çroutânta, ton fils. De même, ayant, comme en se jouant, atteint Jayatsena d’une nârâca,

1412. Le dompteur de ses ennemis fit tomber le Kourouide sur le siège de devant du char. Il tomba de son char à terre et mourut rapidement.

1413. Mais alors, ô vénérable, Çroutarvan, irrité, atteignit Bhîma de cent flèches aux nœuds recourbés, garnies de plumes de vautour.

1414. Puis Bhîma, furieux, blessa, en les combattant, ces trois (guerriers) : Jaitra, Bhoûribala et Ravi, (en les atteignant) de trois traits comparables au poison et au feu.

1415. Ces grands guerriers tués, tombèrent de leurs chars de guerre à terre, comme des kimcoukas (butea frondosa) aux fleurs multicolores, coupés et abattus au printemps,

1416. Ensuite, le tourmenteur de ses ennemis, ayant frappé Dourvimocana d’une autre bhalla aiguë, l’envoya à la mort.

1417. Tué, cet excellent maître de char, tomba de son char à terre comme l’arbre koutaja, brisé par le vent, (tombe) de la montagne.

1418. Et (Bhîmasena) tua dans le combat, l’un après l’autre, chacun avec deux flèches, à la tête de l’armée, tes fils Doushpradharsha et Soujâta.

1419, 1420. Ces deux excellents maîtres de chars tombèrent, le corps percé de (flèches) çilîmoukhas. Alors Bhîma abattit dans la bataille, avec une bhalla, ton fils Dourvisaha, qu’il voyait accourir au combat. Ce (prince) tomba de son char à la vue de toute l’armée.

1421. Cependant Çroutarvan, furieux, voyant plusieurs de ses frères tués par un seul (combattant), s’approcha de Bhîma

1422. En déchargeant un très grand arc doré, et faisant pleuvoir de nombreuses flèches, terribles comme le feu ou le poison.

1423. Ô roi, ayant coupé l’arc du fils de Pândou, il le couvrit de vingt flèches, après lui avoir brisé son arc dans la bataille.

1424. Alors, ayant pris un autre arc, le très fort Bhîmasena écrasait ton fils (de traits), en lui criant « : arrête, arrête ! »

1425. Le combat de ces deux (héros) fut grand, effrayant, présentant des aspects variés, pareil à celui qui se fit admirer jadis entre Jambha et (Indra) Vâsava.

1426. La terre, ainsi que le ciel, aux (quatre) points cardinaux et dans les espaces intermédiaires, fut couverte par les flèches aiguës, pareilles au bâton d’Yama, lancées par ces deux (guerriers).

1427. Alors Çroutarvan furieux, ayant pris un arc, enfonçait, en combattant, des flèches dans les deux bras et dans la poitrine de Bhîmasena, ô roi.

1428. En conséquence, celui-ci, grièvement blesse par l’archer ton fils, devint agité, comme l’océan, le jour de la conjonction de la lune,

1429. Et, plein de colère, envoya, avec ses traits, au séjour d’Yama, le cocher et les quatre chevaux de ton fils, ô vénérable.

1430. En le voyant privé (du secours) de son char, (Bhîma) à la grandeur d’âme incommensurable, fit voir la légèreté de sa main, en le couvrant de flèches empennées.

1431-1433. Ô roi, Çroutarvan, n’ayant plus de char, prit son glaive et son bouclier. Mais, au moyen d’une kshourapra, le fils de Pândou fit tomber sa tête, au moment où il prenait son épée et son (bouclier) brillant, orné de cent lunes. Le corps de ce (prince), qui avait la tête coupée au moyen de (cette) kshourapra, par le magnanime (Bhîma), tomba de son char, en faisant résonner la terre. Ce héros étant tombé, les tiens, affolés par la peur,

1434, 1435. Coururent sur Bhîmasena, avec le désir de le tuer dans le combat. Le majestueux Bhîmasena reçut leur choc, (au moment où) ils accouraient avec vitesse, de l’océan (qui avait été) l’armée, dont le reste était tué ; et, l’ayant attaqué, ils l’entourèrent de toutes parts,

1436. Mais Bhîma, environné par les tiens, les écrasa tous de ses flèches aiguës, comme (Indra) aux mille yeux), (écrasa) les asouras.

1437. Alors, ayant tué cinq cents grands guerriers revêtus de leurs armures, il combattit et anéantit encore dans la bataille l’armée des éléphants, qui était de sept cents.

1438. Le fils de Pândou, ayant tué cent mille fantassins et huit cents chevaux, au moyen de flèches excellentes, brilla (d’un éclat glorieux) .

1439. Bhîmasena fils de Kountî, ayant tué tes fils dans la lutte, pensa, ô roi, qu’il avait atteint son but, et que sa vie (avait été) utile (à son parti).

1440. Ô maître suprême des hommes, tes soldats n’osaient certes pas le regarder, quand il combattait ainsi et tuait tes (troupes).

1441. Quand il eut mis en fuite les Kourouides, et tous leurs suivants, il fit du bruit, en effrayant les grands éléphants avec ses deux bras.

1442. Ton armée, ô maître des hommes, était misérable, réduite en quelque sorte à un faible reste, ayant la plupart de ses guerriers tués, ô grand roi.