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Le Japacani (Mendès)

PhilomélaJ. Hetzel, libraire-éditeur (p. 149-150).

LE JAPACANI



Sous l’évasement noir de quelque grand platane,
Comme un Japacani dans les feuilles niché,
Ayant sous mes talons tout ce qui luit ou plane,
Je veux dormir, au nid de mon désir couché !


Je veux que l’on me tresse un hamac de liane,
Que l’haleine des fleurs baise mon front penché,
Et, caressante, éveille une chanson persane
Sur mon luth qui frissonne à ma droite abranché !

Que mon narguilhé d’or s’allume, et que dans l’ombre
En jaillisse, à la fois éblouissant et sombre,
Le tourbillonnement des rêves inouïs !

Que de vous la plus belle, ô houris de ma couche,
Burinant des senteurs de femme à chaque bouche,
M’apporte en un baiser tous vos baisers unis !