Le Cercle rouge (Leblanc)/Chapitre XXXIII


XXXIII

Une journée de Randolph Allen bien remplie


Quand il eut livré aux flammes le reçu frauduleux, mais si compromettant, que lui avait rendu Florence Travis, l’avocat Gordon prit la décision de faire immédiatement peau neuve et de se créer, en attendant sa réhabilitation complète, une personnalité à l’abri de laquelle il pût demeurer tranquillement et agir librement. Pour ne pas donner l’éveil à la police, qui chercherait sûrement à retrouver sa trace, il résolut d’éviter pendant quelques jours les grands quartiers et de rester dans le faubourg populeux où le hasard de sa fuite l’avait conduit.

Son premier soin fut d’acheter des vêtements.

Chez un revendeur assez louche d’aspect, mais très bien fourni, il se procura un costume modeste et convenable, un chapeau, des chaussures et du linge. Le boutiquier trouva bien un peu étrange ce client dépenaillé qui payait avec une banknote et sans marchander. Mais comme son bénéfice était appréciable, que les scrupules ne l’étouffaient guère et qu’il n’avait pas coutume de demander aux acheteurs souvent interlopes à qui il avait affaire d’où provenaient leurs ressources, il s’abstint de questions et de commentaires.

Non loin du fripier se trouvait un barbier, dont l’échoppe ne rappelait que de fort loin les luxueux lavatories des grandes avenues. Pour quelques sous, il se fit couper les cheveux et tailler la barbe.

Prétendre que Gordon, après ces diverses transformations, ressemblait à un arbitre des élégances, serait vraiment exagéré. Mais il avait beaucoup de distinction naturelle et une certaine allure, d’homme bien élevé qu’il retrouva en se vêtant de façon convenable et qui attira sur lui l’attention.

Plusieurs policemen le regardèrent même avec une insistance d’où le soupçon n’était pas exclu. C’était une figure qu’on n’avait jamais vue dans le faubourg et qui contrastait avec la population courante.

D’où venait-il ? Que faisait-il ?

À la taverne, où il se fit servir une grillade et une pinte d’ale, il fut l’objet de réflexions curieuses qui l’inquiétèrent dans son dessein de passer inaperçu.

« Décidément, pensa-t-il, il est difficile de ne pas être remarqué… »

Ce fut bien autre chose quand il voulut, le soir, chercher son gîte. Dans les hôtels bon marché, où il alla se présenter, on lui répondit que toutes les chambres étaient occupées.

Et ce n’est que fort tard qu’il finit enfin — ayant usé d’un moyen qu’il trouvait ridicule, c’est-à-dire enfonçant son chapeau jusqu’aux yeux et en relevant sur ses oreilles le col de son veston comme s’il voulait cacher un linge douteux — par trouver un matelas dans un méchant cabinet.

Au cours de la nuit, il réfléchit.

Retourner dans les quartiers du centre, il était décidé à s’en abstenir. Qu’y serait-il allé faire ? Son appartement, son cabinet de travail devaient être mis sous scellés et gardés. Renouer des relations avec ses anciens amis, il n’y fallait pas songer. C’était risquer une arrestation. Rester dans le quartier excentrique où il venait d’élire domicile lui semblait également fort dangereux. On finirait par lui demander ses papiers. Chercher du travail, c’était encore chimérique. Avocat éloquent et jurisconsulte éminent, il ne pouvait faire autre chose que des travaux ayant trait à sa profession, et trouver un emploi serait extrêmement difficile sinon impossible. La police s’inquiéterait de ses démarches successives et ne manquerait pas de mettre la main sur lui.

La situation lui paraissait à peu près sans issue quand tout à coup une solution s’offrit à son esprit comme étant la seule logique et la seule raisonnable.

Puisque les preuves qu’on avait contre lui étaient anéanties sans retour, pourquoi n’irait-il pas franchement se constituer prisonnier ?

Il en serait quitte pour s’expliquer. Le pis qui pût lui arriver c’était de faire quelques semaines de prévention en attendant de passer en jugement. Il risquait même la chance, en usant de ses connaissances de la procédure, d’obtenir sa mise en liberté provisoire.

Tout bien pesé et examiné, il s’arrêta à ce dernier projet.

S’étant levé de bonne heure, il fit une toilette aussi soignée que le lui permettaient ses moyens présents et, sans hésiter davantage, il se rendit au Bureau central de police.

Randolph Allen était précisément en conversation avec Boyles, un des détectives chargés de rechercher l’avocat, quand on lui annonça que ce dernier demandait à lui parler.

Le chef de police, malgré l’indifférence dont il se cuirassait, éprouva intérieurement un vif étonnement, mais il n’en laissa rien paraître sur son visage imperturbable.

— Vous voyez, dit-il tranquillement au détective, les délinquants, c’est comme la fortune : il vaut souvent mieux les attendre chez soi que de courir après.

— Et Dieu sait si celui-là nous a fait trotter, répondit Boyles en riant.

— Faites entrer M. Gordon, dit Randolph Allen au policeman de service qu’il venait de sonner.

Avec beaucoup d’aisance, le chapeau à la main, le sourire sur les lèvres, Gordon entra dans le bureau du chef de police comme s’il eût pénétré dans un salon, en visiteur.

Il prit le premier la parole.

— Je sais, monsieur le chef de police, que rien ne vous étonne. Aussi ne chercherai-je pas à vous expliquer comment je me trouve ici, alors que le souci de ma sécurité me commanderait, pensez-vous, d’être ailleurs. Mais, si je ne vous dis pas comment, je vais toujours vous dire pourquoi.

— Je vous écoute, dit Allen, placide.

— Je suis ici en vertu de ce sentiment assez naturel qui pousse les innocents à ne pas vouloir demeurer hors la loi. J’ai eu tort de ne pas croire en l’infaillibilité de la justice et de mettre l’espace entre elle et moi. Or, cette situation est intolérable. J’aime, en outre, la considération de mes pairs et l’estime publique. Pour recouvrer tout cela, j’ai donc résolu de venir me confier à vous et de vous dire : « Je suis parfaitement innocent du crime que l’on m’impute. Je n’ai jamais volé personne comme on l’a prétendu avec une injustice qui sera reconnue, je vous l’affirme. Je viens chercher la protection de la loi et je compte obtenir une ordonnance de non-lieu. »

— Il me semble, monsieur Gordon, dit Randolph Allen, que vous allez un peu vite. Avant de demander à être lavé de l’accusation portée contre vous, il faudrait apporter des preuves de votre innocence.

— Mon Dieu ! monsieur le chef de police, dit Gordon en prenant un siège, permettez que le prévenu passe un instant la parole au jurisconsulte et que celui-ci vous dise que c’est à la justice à fournir les preuves de sa culpabilité et non au prévenu de donner les preuves de son innocence.

— Vous prétendez alors…

— …Qu’il est impossible à celui qui m’accuse d’appuyer de la moindre preuve ses affirmations.

— Alors, pourquoi vous êtes-vous enfui ?

— Ma foi, cette question m’embarrasse un peu, je vous l’avoue. J’ai agi précipitamment. Je conviens que j’avais peur. Un homme d’esprit, un Français, dont je ne me rappelle plus le nom, a dit que si on l’accusait d’avoir volé les tours de Notre-Dame… vous savez le reste…

— Vous avez la conscience tranquille ?

— Oui, absolument tranquille. En voulez-vous une preuve ? Téléphonez donc à M. Silas Farwell, qui a porté plainte contre moi, et demandez-lui d’apporter ici les preuves de son accusation.

— Je veux bien, dit Randolph Allen. Je suis curieux d’éclaircir cette affaire.

Il décrocha l’appareil.

— Allo ! Monsieur Silas Farwell ? J’ai dans mon cabinet l’avocat Gordon, qui est venu se mettre à ma disposition et qui prétend que l’accusation formulée par vous contre lui n’est pas fondée… Hein ? Vous affirmez encore ?… On vous a volé ces preuves ? C’est regrettable… Bien, je vais prier M. Gordon de rester ici jusqu’à votre arrivée…

Et, se retournant vers l’avocat :

M. Farwell renouvelle ses accusations : Il prétend qu’on lui a dérobé un reçu signé de vous et qui constitue une preuve indiscutable. Il demande que je vous garde jusqu’à son arrivée. Ce n’est peut-être pas très légal, cette confrontation, mais…

— J’y consens volontiers, déclara Gordon. Je vous avertis, cependant, que j’aurai grand’peine à conserver mon sang-froid devant cette canaille.

Un quart d’heure s’étant écoulé, on annonça Silas Farwell.

Quand celui-ci pénétra dans le cabinet, Gordon, à la vue de son calomniateur, ne put se maîtriser. Il bondit de son siège et s’élança sur Farwell.

— Bandit ! Misérable ! cria-t-il d’une, voix sifflante en le saisissant à la gorge.

Randolph Allen et le détective eurent le plus grand mal à lui faire lâcher prise.

— Vous avez tort, monsieur Gordon, dit sévèrement Allen, et vous vous mettez dans un mauvais cas.

— Je le sais bien, monsieur le chef de police, répondit l’avocat qui tremblait de colère, mais, décidément, je ne puis me contenir quand je vois ce misérable !

Il fit un mouvement pour se jeter de nouveau sur Farwell, mais le détective, lui saisissant les bras, le contraignit à l’immobilité.

Le chef de police se tourna vers Silas Farwell :

— Vous ne m’apportez pas la preuve de la culpabilité de Gordon. Je n’ai pas le droit de le retenir.

— Mais, pourtant, déclara Silas, qui réparait à grand mal le désordre de sa toilette que, Gordon avait fort bouleversée par son attaque soudaine, j’affirme que cet homme est coupable. La preuve… je l’avais… Hier, on l’a volée dans mon bureau.

— Quand vous la retrouverez, dit Randolph Allen, nous le ferons arrêter de nouveau. Vous voyez qu’il ne cherche pas à s’enfuir, puisqu’il est venu de lui-même. Pour le moment, je vous le répète, je ne puis que lui rendre la liberté.

Et se tournant vers Gordon :

— Vous êtes libre, monsieur. Ne vous étonnez pas toutefois d’apercevoir parfois derrière vous une ombre qui ne sera pas la vôtre. J’ai le droit de m’assurer de certains détails de votre existence.

— À votre aise, monsieur Allen, dit Gordon en souriant.

Il prit son chapeau et se retira, non sans avoir lancé à Silas Farwell un regard plein de menaces. Après le départ de Gordon, Randolph Allen pria Farwell de l’excuser s’il était obligé de régler certains détails de son service.

Il sonna deux fois. Un secrétaire parut.

— Qu’a-t-on fait du sieur Sam Smiling, arrêté à Blanc-Castel ? demanda le chef de police.

— On l’a conduit à l’hôpital, répondit le secrétaire. Il était dans un état pitoyable. Je ne crois même pas qu’il en réchappe. Le médecin-chef nous a téléphoné que sa blessure est grave et qu’il interdit qu’on l’approche.

— C’est fâcheux. Son interrogatoire eût été utile. C’est un bandit qui doit en savoir long sur bien des affaires.

La sonnerie du téléphone retentit.

— Allo ? L’hôpital 27 ? Oui… moi-même… Il va mieux ? Il parle ? Il demande à me voir ? Hein ?… Vous dites ?…

Randolph Allen, le récepteur collé à l’oreille, semblait écouter avec une extrême attention, et, chose inouïe, une ombre d’émotion passa sur son visage.

— Allo… C’est entendu. Je pars. Dites-lui que dans dix minutes je serai au chevet de son lit pour entendre ses révélations.

Le chef de police se leva et, s’adressant à Silas Farwell :

— Vous m’excuserez. Je n’ai pas un instant à perdre. Sam Smiling, qui est grièvement blessé, a déclaré à l’infirmier qu’il connaissait le secret du Cercle Rouge et qu’il était prêt à me le révéler. Il demande à me voir sans retard.

— Puis-je vous accompagner ? dit Silas Farwell. Je suis directement intéressé à cette affaire du Cercle Rouge.

— Comment cela ?

— Mais oui… La preuve dont je vous parlais tout à l’heure était contenue dans un document qui m’a été volé par la dame au Cercle Rouge, selon la signature qu’elle m’a laissée elle-même. Si Sam Smiling parle, nous saurons bien découvrir ma voleuse, dont je soupçonne déjà fortement l’identité.

— Eh bien, accompagnez-moi.

Les deux hommes sortirent, montèrent en auto et, cinq minutes après, pénétrèrent dans l’hôpital 29.

Ils furent reçus par un interne et la surveillante de service.

— Eh bien ? Notre homme, comment va-t-il ? Un peu mieux ?

— Pas fort, répondit l’interne ; pas encore très fort. Enfin, il demande avec insistance à vous voir et, pour le moment, il est en pleine connaissance.

Randolph Allen et Farwell suivirent l’interne et l’infirmière, et tous les quatre entrèrent dans la petite chambre où se trouvait Sam Smiling.

Ce dernier, la tête entourée de linges, était étendu dans un lit de fer et restait parfaitement immobile, mais quand il entendit le bruit des pas, il fixa sur les arrivants des yeux qui s’animèrent à la vue du chef de police.

Randolph Allen s’approcha de son chevet.

— Alors, ça ne va pas, Smiling ? Il faut réagir un peu, mon garçon.

Le bandit répondit par un grognement sourd. Le chef de police reprit :

— Vous avez demandé à me voir ? Vous avez, parait-il, des révélations à me faire au sujet du Cercle Rouge. Je les attends.

Sam Smiling essaya, sans succès de se redresser. Un infirmier vint à son aide.

— Approchez-vous, dit le bandit au chef de police.

Celui-ci s’assit à côté du lit.

— Attention, commença Sam d’une voix rauque, écoutez bien. Je crois que je n’en ai plus pour longtemps, et, avant, je veux dire ce que je sais. On m’a trahi, il faut que ça se paye. Alors, je connais le secret du Cercle Rouge. Il y a une seule personne qui en est marquée et qui a tout fait, les vols et tout. C’est une femme.

— Oui, nous le savions.

— Cette femme, c’est la fille de Jim Barden. On n’en sait rien. On la croit la fille d’une dame riche, mais ce n’est pas vrai. J’ai connu sa vraie mère, la femme de Jim Barden. Elle est morte il y a vingt ans, mais sa fille lui ressemble, sa fille qui est marquée du Cercle Rouge.

Il s’interrompit, haletant.

— Et qui est cette femme ? demanda Randolph Allen, qui craignait que les forces de Sam ne vinssent à l’abandonner avant qu’il eût complété sa révélation.

— Cherchez. C’est une devinette, dit Sam en esquissant un de ses anciens sourires narquois. Vous ne trouvez pas ? Je vais vous aider… C’est Florence Travis.

— Hein ? dit Allen, qui fit un bond de surprise et dont le visage, pour la première fois et sans doute pour la dernière fois de sa vie, exprima la stupeur.

— Oui, dit Sam Smiling, c’est elle. Arrêtez-la, mettez-la en observation. Tôt ou tard le Cercle Rouge paraîtra sur sa main. Je l’ai vu de mes yeux… Faites une enquête, tout se tient, tout concorde… C’est elle… Elle m’a trahi, je me venge, acheva-t-il d’une voix qui faiblissait.

Et, épuisé par l’effort qu’il avait fait pour assouvir sa haine, il ferma les yeux.

— Soignez-le bien, recommanda en s’éloignant le chef de police ; il serait fâcheux qu’un tel bandit échappât au jugement.

Il sortit de l’hôpital, suivi de Farwell.

— Eh bien ! demanda-t-il à ce dernier, que pensez-vous de cette révélation ?

— Elle ne m’étonne aucunement, répondit Silas. Je m’y attendais. J’étais sûr que la femme au Cercle Rouge et miss Florence Travis n’étaient qu’une seule et même personne.

Et il ajouta en ricanant :

— Je voudrais voir la figure de M. Lamar quand il apprendra cette nouvelle. Lorsque je lui ai fait part de mes soupçons, il s’est mis en colère et m’a presque injurié.


Max Lamar, nous l’avons vu, connaissait déjà le redoutable secret de Florence.

À la même heure où Farwell et Randolph Allen quittaient l’hôpital, le médecin légiste rentrait chez lui en proie à la douleur la plus déchirante. Tout le rêve de sa via s’était effondré d’un seul coup. Il resta quelques instants prostré sur un siège de son cabinet de travail, souffrant tellement qu’il arrivait à peine à enchaîner ses idées.

Enfin, cependant, son visage parut se rasséréner un peu, comme sous l’influence d’une résolution prise.

Ayant mis de l’ordre dans sa toilette, il sortit.


fin du dixième épisode


Épisode 11

La Dame au Cercle Rouge

XXXIV

La fin d’un bandit


Sam Smiling, on le sait, était un simulateur de première force. Il l’avait prouvé lors de ses premiers démêlés avec la justice, et, au cours de la scène de l’hôpital, il venait, une fois encore, de jouer, avec une habileté consommée, le rôle qu’il s’était fixé. Les médecins, les infirmiers et Randolph Allen avaient été persuadés qu’il était à toute extrémité. Il avait su donner à ses révélations l’apparence de la confession solennelle d’un homme qui se sait perdu et qui parle en toute franchise. Ce faisant, il avait persuadé à tout le monde que la gravité de son état le rendait incapable d’accomplir le plus faible effort physique.

Tout risque d’évasion de sa part semblant ainsi avoir été écarté, on ne laissa dans sa chambre qu’un seul gardien.

Celui-ci, quoique rigoureux observateur de la consigne, crut pouvoir se relâcher un peu de sa surveillance vis-à-vis d’un homme aussi grièvement atteint.

Aussi n’eut-il pas la moindre hésitation à se conformer au désir que lui exprima Sam Smiling, qui l’appela d’un geste las et lui dit d’une voix éteinte :

— J’aurais besoin d’un autre oreiller. J’ai la tête trop basse et j’étouffe. Voulez-vous voir s’il n’y en a pas un dans le cabinet à côté ?

Sans méfiance ; le gardien ouvrit la porte de la petite pièce voisine pour y chercher l’oreiller demanda par le malade.

À peine avait-il pénétré dans le cabinet que Sam Smiling, se coulant rapidement au bas de son lit, sauta sur la porte qu’il ferma à double tour, emprisonnant ainsi son gardien.

Ce dernier, étant de la sorte pris au piège, se mit à frapper et à appeler de toutes ses forces.

— Tu peux toujours faire du raffut, mon bonhomme, murmura Sam, tout en passant un pantalon. La porte est solide : tu ne l’enfonceras pas.

Mais les cris du policier donnèrent l’éveil et le docteur, un interne et l’infirmière accoururent précipitamment.

Comme ils ouvraient la porte de la salle, Smiling, qui, derrière le battant, se tenait aux aguets, se rua sur eux, les bouscula violemment et les rejeta dans le corridor, où il se trouva avec eux. Alors, apercevant sur une tablette un appareil téléphonique portatif, il s’en saisit et se mit à le faire tournoyer au-dessus de sa tête, comme il eût fait d’une massue.

— Ah ! le bandit, s’écria l’interne, en cherchant à éviter les coups. Quelle comédie nous a-t-il jouée ?

Et, courageusement, il s’élança sur le furieux pour le maîtriser.

Smiling était sur ses gardes. Il fit un saut de côté et asséna avec l’appareil téléphonique un coup violent sur la tête de l’interne, qui, étourdi, tomba sur le plancher.

Mais alors Sam se trouva tout à coup en présence d’un nouvel adversaire : l’infirmière s’était glissée dans la salle et avait