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La veillée de Vincennes

Texte de théâtre

La Veillée

DE VINCENNES.

Histoire de régiment.

I.

Les scrupules d’honneur d’un soldat. L’armée est un bon livre à ouvrir pour connaître l’humanité. On y apprend à mettre la main à tout , aux choses les plus basses comme aux plus élevées. Les plus délicats et les plus riches sont forcés de voir vivre de près la Pauvreté et de vivre avec elle, de (i) Cette histoire, ainsi que celle de Laurette ou le Cachet rouge , insérée dans le numéro du 1er mars 1833, seconde série, est extraite d’un journal militaire inédit de M. A. de Vigny. Nous espérons que l’auteur voudra bien y puiser encore en faveur de la Revue, en attendant la publication de la Seconde Consultation du Docteur noire qui ne tardera pas à être livrée à notre impatience. (N. d. D.) Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/12 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/13 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/14 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/15 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/16 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/17 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/18 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/19 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/20 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/21 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/22 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/23 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/24 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/25 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/26 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/27 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/28 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/29 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/30 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/31 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/32 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/33 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/34 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/35 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/36 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/37 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/38 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/39 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/40 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/41 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/42 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/43 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/44 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/45 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/46 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/47 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/48 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/49 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/50 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/51 46 PxEVUE DES DEUX MONDES.

hérissés, les sourcils relevés sur le haut du front, les yeux fermés, la bouche béante comme jetant un grand cri. On voyait sculptée sur ce buste noir l’épouvante des flammes subitement sorties de terre. On sentait qu’il avait eu le temps de cet effroi aussi rapide que la poudre et peut-être le temps d’une incalculable souffrance.

— A-t-il eu le temps de penser à la Providence ? me dit la voix paisible de Timoléon d’Arc*", qui par-dessus mon épaule me regardait dessiner avec un lorgnon.

En même temps un joyeux soldat frais, rose et blond se baissa pour prendre à ce torse enfumé sa cravate de soie noire.

— Elle est encore bien bonne, dit-il.

C’était un honnête garçon de ma compagnie qui avait deux chevrons sur le bras, point de scrupules ni de mélancolie, et au demeurant le meilleur fils du monde. Cela rompit nos idées. Un grand fracas de chevaux nous vint aussi distraire. C’était le roi. Louis XVIII venait en calèche remercier sa garde de lui avoir conservé ses vieux soldats et son vieux château. Il considéra longtemps l’étrange lithographie de la mu raille. Toutes les troupes étaient en bataille. Il éleva sa voix forte et claire pour demander au chef de bataillon quels officiers ou quels soldats s’étaient distingués.

— Tout le monde a fait son devoir, sire, répondit simplement M. de Fontanges, le plus chevaleresque et le plus aimable officier que j’aie connu, l’homme du monde qui m’a le mieux donné l’idée de ce que pouvaient être dans leurs manières le duc de Lauzun et le chevalier de Grammont.

Là dessus, au lieu des croix d’honneur, le roi ne tira de sa calèche que des rouleaux d’or qu’il donna à distribuer pour les soldats, et traversant Vincennes, sortit par la porte du bois. Les rangs étaient rompus, l’explosion oubliée, personne ne songea à être mécontent et ne crut avoir mieux mérité qu’un autre. Au foit c’était un équipage sauvant son navire pour se sauver lui-même, voilà tout. Cependant j’ai vu, depuis, de moindres bravoures se faire mieux valoir.

Je pensai à la famille du pauvre Adjudant, mais j’y pensai seul. En g(Miéral, quand les princes passent quelque part, ils passent irop vile.

C*" Alfred de Vigny.