La région de l’Abitibi : terres à coloniser/06

Département de la colonisation, des mines et des pêcheries (p. 15-16).

Forêt



Les principales essences sont : l’épinette noire (black spruce — Picea l’épinette blanche (white spruce — Picea alba), pin gris ou cyprès (jack pine — Pinus divaricata), pin blanc (white pine — Pinus strobius), sapin (balsam fir — Abies balsamea), tremble (espen — Populus tremuloides), bouleau blanc (paper-canoe birch — betula papyrifera), peuplier baumier (balm of Gilead — Populus balsamifera), tamarac (tamarac — larix laricana), cèdre au thuya (white cedar — Thuya occidentalis). L’épinette rouge (red spruce — picea rubra) a été détruite par des insectes parasites. On voit de beaux specimens de cette essence se tenant encore debout, quoiqu’ils soient séchés sur leur base.

L’épinette noire est de toutes le plus en abondance. Elle atteint son plus grand développement dans les terrains glaiseux où le drainage est bon ; celle qui croît dans les endroits bas et marécageux est de petite taille. Ces marécages sont recouverts d’une épaisse couche de mousse. L’eau ne s’écoule que difficilement à travers cette mousse et l’évaporation est très lente ; cette couche de mousse et la terre audessous étant presque continuellement saturées d’eau, les arbres qui y poussent ne peuvent plonger leurs racines profondément à cause du manque d’aération du sol et leur croissance est forcément retardée.

Le tremble atteint souvent un diamètre de 12 à 22 pouces. On y rencontre du bouleau d’un diamètre de 24 pouces. Le cèdre est


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SUR LA RIVIÈRE HARRICANA. Site de l’église de la future
paroisse de Harricana, marqué par Mgr Latulipe — juin 1918

noueux et rabougri, il apparaît par places sur les bords des lacs et des

rivières. L’aulne, le saule, le cornouiller rouge (red osier) poussent dru, s’entrelaçant en forme de haie qui borde d’une façon irrégulière les cours d’eau.

M. E. Wilson fait les remarques suivantes relativement au caractère du sol et aux conditions particulières des endroits où croissent ces diverses essences. Dans les parties partiellement drainées des terrains de glaise, la forêt est entièrement composée d’épinette noire, ou, si le terrain est très sec, de tamarac, d’épinette noire et d’épinette blanche. Sur les rives des ruisseaux et des rivières où le drainage se fait très bien il y a abondance de tremble et de peuplier baumier ; dans les grandes étendues de sable, le pin gris ou cyprès occupe de larges espaces. Si ces régions ont été dévastées autrefois par le feu, on y voit généralement une épaisse forêt de trembles et de bouleaux. Dans quelques endroits, et spécialement là où il y a des formations rocheuses, le pin blanc, le cyprès, le bouleau, le tremble, le peuplier baumier et l’épinette sont mêlés.