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La Koutoudgi ou Comme on fait un amiral turc

Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4
Prince Demetrius Caradja

La Koutoudgi ou Comme on fait un amiral turc

LA KOUTOUDjr,

ou

COMME ON FAIT UN AMlllAL TURC.

HISTOIRE

RACONTÉE PENDANT UNE HALTE DE CARAVANE. Au NOM DE Dieu clément et miséricordieux ! Voici ce qui arriva dans la glorieuse et impériale ville de Stamboul, en l’année IMo de l’hégire (l’an du Christ 1703), vers les derniers momens du règne de Moustapha second , trois mois avant l’avènement au subhme trône des Osmanlis, du Schah-Zadé Achmet, frère de Moustapha, ornement du jardin du pouvoir souverain, rejeton de la vigne de gloire et de félicité, fruit exquis de l’arbre de prospérité en ce monde et dans l’autre. La Validé-Sultane (2) , princesse très illustre et chaste, couronne (i) On donne le nom de Koutoudji à la trésorière de la Sultane-Validé : c’est un des premiers emplois de sa maison. (2) On appel’e ainsi la mère d’un sultan régnant. Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/281 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/282 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/283 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/284 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/285 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/286 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/287 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/288 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/289 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/290 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/291 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/292 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/293 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/294 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/295 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/296 Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/297 294 REVUE DES DEUX MONDES.

Sultan Achmet, en entendant ces paroles, versa des larmes de de joie et d’attendrissement,

La Validé-SuItane, la Koutoudji et l’Imam, introduits tour à toar, répétèrent dans les mêmes termes la déclaration de Nuh-Effendi, et Baltadji-Méliémet, stupéfait de ce qu’il venait d’apprendre, reçut une pelisse de zibeline, un riche poignard et un nouveau cheval magnifiquement orné. La munificence du glorieux Sultan ne se borna pas à ces dons. Sultan Achmet daigna de nouveau remercier Baltadji-Méhémet, et il l’accabla du poids de sa foveur en le nommant, dans l’effusion de sa reconnaissance, grand —amiral des flottes ottomanes.

Méhémet, épouvanté de sa dignité nouvelle, supplia son généreux maître de modérer ses bonnes grâces, en assurant Sa Haulcsse qu’il serait aussi mauvais homme de mer qu’elle l’avait vu timide écuyer.

— Méhémet, répondit le sultan, il était écrit là haut que vous seriez ce que vous ne vouHez pas être ; souvent les hommes ne reconnaissent pas d’eux-mêmes la vocation que Dieu leur a faite. Une inspiration du ciel dicte en ce moment ma conduite. Puis s’avançant vers son nouveau fiivori, Sultan Achmet ajouta tout bas :

— Vous embarquerez avant la nuit pour passer loin de Stamboul les six mois de mer que la loi vous commande chaque année. Tous les ans à votre retour, et pendant le même espace de temps, je vous permets d’être le mari de votre femme. Le soir même en effet, le nouveau capitan-pacha porta son pavillon à bord du vaisseau amiral, et l’Imam crut pouvoir se dispenser de mettre le scellé sur la porte de la Koutoudji. Ainsi finit l’histoire de la Koutoudji. Louanges à Dieu, le magnifique, le puissant, le fort, créateur du ciel et delà terre, du continent et des mers ! à lui appartient la louange ! Ainsi-soit-il. LE PRINCE DÉMÉTRIUS CaRADJA.