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La Distribution géographique des huiles minérales

LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
DES HUILES MINÉRALES.

Le rôle important que le pétrole joue dans l’industrie, depuis plusieurs années, l’abondance des gisements, sont autant de motifs qui excitent l’intérêt des recherches des sources. Linné classait toutes les huiles sous la dénomination de « minéraux inflammables » comprenant les bitumes, l’ambre, le charbon et les huiles de naphte. Plusieurs autorités compétentes ont admis que les huiles naturelles ne sont que le produit de la distillation du bitume.

Les sources bitumineuses sont connues depuis la plus haute antiquité ; celles de l’Euphrate, de la Judée, les sources de naphte de Bakou, sur la mer Caspienne. L’asphalte de la mer Morte, a provoqué autant par son abondance que par les propriétés qu’on lui attribue, les commentaires de beaucoup de voyageurs. La même observation s’applique aux gisements de Bakou, dont les gaz inflammables ou vapeur de naphte, produisent des phénomènes remarquables. On a même érigé en cet endroit un temple consacré au feu naturel, comme il en existe un à Kangra, dans le Punjab ; l’un et l’autre sont devenus un but de pèlerinage.

Les dépôts d’huiles minérales n’ont pas toujours été exploités ; une crainte superstitieuse empêchait de s’en servir. Mais aux environs de la mer Caspienne, les voyageurs anciens et modernes s’accordent pour reconnaître leur permanence ; l’industrie moderne n’a pas craint d’ériger, à Bakou, une fabrique de paraffine, à côté de l’Île-Sacrée, où était le temple du Feu.

Il existe une certaine relation entre les volcans de boue et les sources d’huiles naturelles ; ces rapports sont manifestes entre les volcans de boue de la Sicile et ceux de Crimée, quoique dans d’autres endroits le même fait n’ait pas été signalé. Un des exemples les plus frappants se rencontre à Hinglaj, près de la côte sud du Beloutchistan, L’émission des gaz, signe précurseur de substances inflammables intérieures, est très-commune dans les volcans de boue.

Ce phénomène se manifeste dans le Caucase, en Italie, dans l’Amérique du Sud et tout particulièrement en Chine, où les puits de gaz servent aux habitants pour leurs usages domestiques. Avant la découverte des sources de Pensylvanie, les puits de Burmah étaient assez abondants pour fournir l’exportation. On rencontre encore des dépôts importants d’huiles minérales dans le Pégou, et on observe des émissions de gaz à Chittagong, que l’on nomme les fontaines ardentes de Bramah. Il existe aussi des gisements de combustibles minéraux à Assam, où l’on creuse des puits d’extraction. Dans ces derniers temps, on a découvert des régions pétrolifères, au sud de l’Inde et même en Australie ; à Sumatra, on a vu tout récemment des sources d’huile naturelle mélangée de pétrole.

La distribution géographique de ces produits minéraux n’est pas localisée ; on en trouve sur tous les points du globe. Cependant, il semble qu’ils sont plus particulièrement répartis dans les bassins des grands fleuves, comme l’Indus, l’Euphrate et leurs tributaires, dans le Saint-Laurent, au Canada, dans le Mississipi, dans le Rio-Colorado et les autres rivières de Californie et du Mexique. On les voit aussi dans les bassins de dépression des lacs, tels que la mer Caspienne et la mer Morte. On trouve encore des huiles minérales pures ou mélangées de matières bitumineuses, dans les îles de la Méditerranée, en Sicile, dans l’archipel grec et à l’île de Ceylan.

Parfois l’huile minérale se trouve accompagnée de substances de nature toute différente. Ainsi, dans le Punjab, en pratiquant des forages pour exploiter l’huile, on acquit la conviction qu’elle reposait sur un terrain salinifère très-étendu.

J. Girard.