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La Découverte de l’Amérique par les scandinaves

LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE
PAR LES SCANDINAVES.

Les Scandinaves qui habitent en ce moment l’Amérique ont pris l’initiative d’une souscription en l’honneur de leur compatriote Leif Erickson, qui a découvert l’Amérique, en l’an 1000. Nous allons indiquer dans quelles circonstances et résumer quelles sont les preuves qu’on met en avant, en faveur de ce grand navigateur si longtemps inconnu. Sa gloire ne porte aucun préjudice à celle de Colomb, mais il ne faut pas confondre ces révélations historiques avec les légendes évidemment apocryphes, telles que les prétendues inscriptions phéniciennes trouvées au Brésil et la Bible fabuleuse des Mormons.

On sait, par les Sagas, qu’Eric le Rouge découvrit le Groënland en 984. Deux ans après, un navigateur scandinave, nommé Biorn Herriulson, se rendait au Groënland, avec un navire ayant 25 hommes d’équipage, lorsqu’il fut saisi par un vent d’est et jeté sur les cotes de l’Amérique du Nord, qu’il aperçut ; mais il n’eut pas le courage d’y aborder, ce dont il fut très-sévèrement blâmé. Cependant quatorze années s’écoulèrent sans que personne songeât à l’imiter. Le premier qui eut cette idée fut un fils d’Eric le Rouge, Leif Erickson, qui, en l’an 1000, débarqua près de Fall River au Massachusetts.

Les Normands entretinrent depuis lors des rapports avec le nouveau continent qu’ils nommèrent Vineland, parce que la vigne y pousse spontanément. Deux ans après, Thorswald Erickson (peut-être un frère de Leif Erickson), fut tué dans un combat, par un chef indien et enterré, dans son armure, près d’un cap appelé aujourd’hui Garnet Point.

Vers 1840, ce squelette fut découvert et des échantillons de son armure furent envoyés à Berzelius, qui en fit l’analyse. Ce savant découvrit que la composition chimique du fer était analogue à celle des armures de la même époque, conservées dans les musées du Nord. Dès lors on admit, en Amérique, qu’on avait découvert le squelette d’un roi de la mer. Cette version fut acceptée par Longfellow, qui composa en son honneur une ballade intitulée : the Man in armour ; les notes qui précèdent la ballade du poète américain, racontent une partie des faits précédents qui ont été confirmés par les Sagas, déchiffrés, dessinés, et publiés à Copenhague, aux frais du gouvernement danois.

Un récit analogue se trouve dans les légendes latines d’Adam de Brème, auteur d’une Description du Danemark et des pays plus au nord, publiée à la fin du douzième siècle, d’après des renseignements recueillis de la bouche de Suenon Esthidson, un des successeurs de Canut le Grand, qui avait des prétentions justifiées à l’érudition.

On sait encore que les inscriptions runiques trouvées au célèbre Dighton Writing rock, ont été gravées en l’an 1007, par Tharson Karlsague, un de ces anciens visiteurs ou conquérants du littoral américain. Les conquêtes faites par les Normands, dans des pays plus riches et plus civilisés, ne paraissent point avoir été la seule cause qui ait commencé par ralentir, et fini par supprimer ces rapports. Il paraît qu’ils n’ont cessé, qu’après l’invasion de la fameuse peste noire qui enleva les neuf dixièmes des habitants de la Norwége, et qui fit descendre sa population, beaucoup plus nombreuse qu’aujourd’hui, au chiffre de 300 000 habitants. Mais comme il est constant, d’après l’autobiographie de Christophe Colomb, que ce grand navigateur a visité l’Islande en 1477, on comprend qu’il y ait appris des circonstances qui n’avaient pu être oubliées. Les renseignements qu’il a puisés à une source authentique auront entretenu sa résolution, en lui donnant la force de surmonter tous les obstacles qu’il rencontra, avant de faire partager sa conviction à Isabelle la Catholique et au roi Ferdinand.