La Comédie de la Mort (1838)/À deux beaux yeux

La Comédie de la MortDesessart éditeur (p. 337-338).
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A DEUX BEAUX YEUX.



Vous avez un regard singulier et charmant ;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;


Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;
Ils sont de plus belle eau qu’une perle parfaite,
Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète
Ne voilent qu’à demi leur vif rayonnement.

Mille petits amours à leur miroir de flamme
Se viennent regarder et se trouvent plus beaux,
Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

Ils sont si transparents qu’ils laissent voir votre âme,
Comme une fleur céleste au calice idéal
Que l’on apercevrait à travers un cristal.