La Chimère (Monavon)

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Gabriel Monavon La Sylphide, Revue littéraire, Voiron 1897

La Chimère


Protée est mon parfait emblème :
Nul jamais ne peut me saisir...
Je porte un riant diadème
Formé des roses du plaisir !

Mon sourire inspire l'ivresse ;
Mon regard fait germer des fleurs...
Je suis la grande enchanteresse
Qui promet l'oubli des douleurs !...

Mais, aux caresses de mes songes,
L'homme follement délecté
Veut en vain par mes doux mensonges
Colorer la réalité...

Je suis fugitive et légère,
Et ma décevante splendeur
N'est qu'une image passagère...
Qu'importe ?... Je suis le bonheur !