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L’Uscoque (RDDM)/Texte entier

L’Uscoque (RDDM)
Revue des Deux Mondes, période initialetome 14 (p. 461-503).

pre : 7Iiere partie.

— Je crois, Lélio, dit Beppa, que nous avons endormi le digne Asseim-Zuzuf.

— Toutes nos histoires l’ennuient, dit l’abbé. C’est un homme trop grave pour s’intéresser à des sujets aussi frivoles.

— Pardonnez-moi, répondit le sage Zuzuf. Dans mon pays, on aime les contes avec passion ; dans nos cafés, nous avons nos conteurs comme ici vous avez vos improvisateurs. Leurs récits sont tour à tour en prose et en vers. J’ai vu le poète anglais les écouter des soirées entières.

— Quel poète anglais ? demandai-je.

— Celui qui a fait la guerre avec les Grecs et qui a fait passer dans les langues d’Europe l’histoire de Phrosine et plusieurs autres traditions orientales, dit Zuzuf.

— Je parie qu’il ne sait pas le nom de lord Byron ! s’écria Beppa.

— Je le sais fort bien, répondit Zuzuf. Si j’hésite à le prononcer, c’est que je n’ai jamais pu le dire devant lui sans le faire sourire. Il paraît que je le prononce très mal.

— Devant luil m’écriai-je ; vous l’avez donc connu ? TOME XIV. — 15 MAI 1838. 31 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/466 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/467 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/468 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/469 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/470 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/471 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/472 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/473 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/474 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/475 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/476 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/477 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/478 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/479 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/480 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/481 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/482 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/483 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/484 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/485 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/486 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/487 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/488 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/489 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/490 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/491 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/492 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/493 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/494 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/495 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/496 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/497 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/498 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/499 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/500 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/501 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/502 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/503 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/504 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/505 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/506 je ferais peut-être mieux, dit Ezzelin, d’aller au-devant de lui ? — Ne le faites pas, répondit-elle, il penserait que je vous ai chargé d’épier ses démarches : restez. Peut-être même ne le verrai-je pas ce soir. Il rentre souvent de ses longues promenades sans m’en donner avis, et sans l’admirable instinct de ce lévrier, qui me signale toujours son retour dans le château ou dans l’île, j’ignorerais presque toujours s’il est absent ou présent. Maintenant, à tout événement, aidez-moi à replacer ce panneau de boiserie sur la fenêtre, car s’il savait que je l’ai rendu mobile, pour interroger des yeux ce côté du château qui donne sur les flots, il ne me le pardonnerait pas ; il a fait fermer cette ouverture à l’intérieur de ma chambre, prétendant que j’alimentais à plaisir mon inquiétude par cette inutile et continuelle contemplation de la mer.

Ezzelin replaça le panneau, soupirant de compassion pour cette femme infortunée.

George Sand.

(La suite au prochain numéro.)

L’USCOQUE,

SEeO]%DE PARTIE. »

Il s’écoula encore assez de temps avant l’arrivée d’Orio. Elle fut annoncée par l’esclave turc qui ne quittait jamais Orio. Lorsque le jeune homme entra, Ezzelin fut frappé de la perfection de ses traits, à la fois délicats et sévères. Quoiqu’il eût été élevé en Turquie, il était facile de voir qu’il appartenait à une race plus fièrement trempée. Le type arabe se révélait dans la forme de ses longs yeux noirs, dans son profil droit et inflexible, dans la petitesse de sa taille, dans la beauté de ses mains effilées, dans la couleur bronzée de sa peau lisse, sans aucune nuance. Le son de sa voix le fit reconnaître aussi d’Ezzelin pour un Arabe qui parlait le turc avec facilité, mais non sans cet accent guttural dont l’harmonie, étrange d’abord, s’insinue peu à peu dans l’ame, et finit par la remplir d’une suavité inconnue. Lorsque le lévrier le vit, il s’élança sur lui comme s’il eût voulu le dévorer. Alors le jeune homme, souriant avec une expression de malignité féroce, et montrant deux rangées de dents blanches, minces et serrées, changea tellement de visage, qu’il ressembla à une panthère. En même temps il tira de sa ceinture un poignard recourbé, dont la lame élincelanle alluma encore plus la fureur de (i) Voyez la livraisonjde la R(vue du|l3 mai. Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/628 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/629 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/630 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/631 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/632 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/633 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/634 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/635 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/636 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/637 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/638 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/639 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/640 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/641 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/642 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/643 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/644 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/645 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/646 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/647 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/648 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/649 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/650 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/651 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/652 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/653 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/654 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/655 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/656 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/657 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/658 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/659 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/660 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/661 658 REVUE DES DEUX MONDES.

plier toutes les voiles et donna le signal du départ. Naam, quelques serviteurs et un très petit équipage, choisi parmi l’élite de ses matelots, montaient avec lui ce léger navire. En vain, les officiers de la garnison et de la galéace vinrent-ils lui demander ses ordres. Il les repoussa durement, et pressant ses hommes de lever l’ancre : — Messieurs, dit-il à sa troupe consternée, pouvez-vous me rendre la femme que j’ai tant aimée et qui reste là ensevelie ? Non, n’est-ce pas ? Alors de quoi me parlez-vous, et de quoi voulez-vous que je vous parle ? — Puis il tomba comme foudroyé sur le pont de sa galère qui déjà fendait l’onde. — Le désespoir a fini d’égarer sa raison, dirent les officiers en se retirant dans leur barque et en regardant la fuite rapide du chef qui les abandonnait. Quand la galère fut hors de leur vue, Naam se pencha vers Orio, qui restait étendu sans mouvement sur le tillac. — On ne vous regarde plus, lui dit-elle à l’oreille ; menteur, levez-vous ! George S and.

( La fin au prochain numéro.)

L’USCOOUE.

TROISIEME PARTiE.i

L’abbé reprenant la parole, tandis que Beppa offrait à Zuziif un sorbet : Je ne me chargerai pas de vous raconter exactement, dit-il, ce qui se passa aux îles Curzolari après le départ d’Orio Soranzo. Je pense que notre ami Zuzuf ne s’en est guère informé, et que, d’ailleurs, chacun de nous peut l’imaginer. Quand la garnison, les matelots et les gens de service se virent abandonnés par le gouverneur, sans autre asile que la galère et les huttes de pêcheurs éparses sur la rive, ils durent s’irriter et s’effrayer de leur position, et rester indécis entre le désir d’aller chercher un refuge à Céphalonie, et la crainte d’agir sans ordres, contrairement aux intentions de l’amiral. Nous savons qu’heureusement pour eux, Mocenigo arriva avec son escadre, dans la soirée même. Mocenigo était muni de pouvoirs assez étendus pour couper court à cette situation pénible. Après avoir constaté et enregistré les évènemens qui venaient d’avoir lieu, il fit rembarquer tous les Vénitiens qui se trouvaient à Curzolari, et donnant le commandement du seul navire qui leur restât au plus ancien officier en grade, il porta ses forces, moitié sur Téaki, moitié sur les (1) Voir les livraisons du lo mai et du 1er juin jg^g. TOME XIV. — 15 JUIN 1838. 49 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/734 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/735 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/736 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/737 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/738 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/739 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/740 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/741 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/742 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/743 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/744 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/745 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/746 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/747 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/748 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/749 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/750 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/751 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/752 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/753 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/754 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/755 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/756 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/757 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/758 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/759 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/760 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/761 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/762 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/763 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/764 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/765 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/766 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/767 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/768 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/769 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/770 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/771 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 14.djvu/772 l’dscoque. 769

que j’ai à porter contre vous. Je n’aurai d’autres témoins que ma tante et ma sœur.

Orio fit un pas vers Argiria.

— A demain ! lui dit-elle d’une voix tremblante. Orio se mordit les lèvres, et sortit à pas lents, en répétant avec une tranquillité superbe : — A demain !

— Jésus ! Dieu d’amour ! s’écria la signora Memmo sur le seuil de sa chambre, j’ai entendu une voix que je croyais ne devoir plus jamais entendre ! Mon Dieu, mon Dieu ! qu’est-ce que je vois ?… mon neveu ! mon enfant ! Demandez-vous des prières ?… Votre ame est-elle irritée contre nous ?..,

La bonne dame chancela, se retint contre le mur ; et, près de tomber évanouie, fut retenue par le bras d’Ezzelin.

— Non, je ne suis point l’ombre de votre enfant, ma tante, ma sœur bien-aimée, reconnaissez-moi, je suis votre Ezzelin. Mais, ô mon Dieu ! répondez-moi avant tout, car je ne sais si je dois bénir ou maudire l’heure qui nous rassemble. Cet homme que je chasse d’ici est-il l’époux d’Argiria ?

— Non, non ! s’écria Argiria d’une voix forte. Il ne l’eût jamais été ! Un voile funeste était sur mes yeux, mais…

— Il est votre fiancé, du moins ! dit Ezzelin en frémissant de la tête aux pieds.

— Non, non, rien ! Je n’ai rien accordé, rien promis !…

— Le lâche, l’infâme a osé me dire que vous vous aimiez !…

— Il m’avait fait croire qu’il était innocent, et je… je le croyais sincère ; mais te voilà, mon frère, je n’aimerai que par ton ordre, je n’aimerai que toi !…

Argiria cachait ses sanglots de douleur et de joie dans le sein de son frère. Nous laisserons cette famille, à la fois heureuse et consternée, se livrer à ses épanchemens et se raconter tout ce qui était arrivé de part et d’autre depuis une séparation si cruelle. George Sand.

[La fin an 2)rocham numéro.)

L’USCOQUE.

DEKÎtlÈKE PAKTiE.i

Orio, après avoir déployé ce courage désespéré, s’enfuit chez lui avec l’assurance et l’empressement d’un homme qui aurait compte trouver un expédient de salut dans la solitude. Mais toute sa force s’était réfugiée dans ses muscles, et en se sentant marcher avec tant de précipitation, il s’imagina qu’il allait être assisté comme autrefois par une de ces inspirations infernales qu’il avait dans les cas difficiles. Quand il se trouva dans sa chambre, face à face avec lui-même, il s’aperçut que son cerveau était vide, son ame consternée, sa position désespérée. Il le vit, il se tordit les mains avec une angoisse inexprimable, en s’écriant : — Je suis perdu !

— Qu’y a-t-il ? dit Naam, en sortant du coin de l’appartement où son existence semblait avoir pris racine. Orio n’avait pas coutume de s’ouvrir à Naam quand il n’avait pas besoin de son dévouement. En cet instant, que pouvait-elle pour lui ? Rien sans doute. Mais la terreur d’Orio était si forte, qu’il fallait qu’il cherchât du secours dans une sympathie humaine.

(1) Voyez les livraisons des 15 mai, 1er juin cl 1.", juin 1838. Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/75 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/76 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/77 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/78 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/79 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/80 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/81 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/82 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/83 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/84 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/85 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/86 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/87 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/88 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/89 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/90 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/91 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/92 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/93 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/94 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/95 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/96 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/97 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/98 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/99 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/100 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/101 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/102 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/103 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/104 Page:Revue des Deux Mondes - 1838 - tome 15.djvu/105 102 REVUE DES DEUX MOxNDES.

et ne paraissant dans les villes que pour accomplir des œuvres pieuses et de saints pèlerinages. Il parlait peu, mais avec sagesse ; il ne semblait prendre aucun intérêt aux choses de la terre et ne pouvait plus goûter d’autres joies ni ressentir d’autres douleurs que celles d’ autrui. Il était expert à soigner les malades, et, quoiqu’il fût avare de conseils, ceux qu’il donnait réussissaient toujours à ceux qui les suivaient , comme si la voix de Dieu eût parlé par sa bouche. On venait de le trouver mort , prosterné devant le tombeau du prophète. Son cadavre était étendu au seuil de la mosquée, les prêtres et tous les dévots de l’endroit récitaient des prières et brûlaient de l’encens autour de lui. Je jetai les yeux, en passant, sur ce catafalque. Quelle fut ma surprise lorsque je reconnus... devinez qui ?

— Orio Soranzo ! s’écrièrent tous les assistans.

— Allons donc ! je vous parle d’un adolescent ! C’était ni plus ni moins que ce beau page qu’on appelait Naama ; vous savez ? celui qui suivait toujours et partout messer Orio Soranzo, sous un costume si riche et si bizarre !

— Voyez un peu ! dit le premier bourgeois ; il y avait beaucoup de mauvaises langues qui disaient que c’était une femme !

George Sand.