L’Encyclopédie/1re édition/SERRURERIE

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SERRURERIE, s. f. (Art. méchan.) par le nom de serrurerie, l’on entend l’art de travailler le fer de différente espece ; & d’en forger & fabriquer tous les ouvrages qui concernent cette partie, comme grilles, balcons, rampes, appuis ; & pour la construction des bâtimens, les ancres, tirans, crampons, harpons, boulons, étriers, pentures, gons, pivots, fiches, serrures, loquets, verrouils, fleaux, espagnolettes ; une grande partie des outils des artisans, & des ustensiles de cuisine & de ménage ; c’est de tous les métaux, le plus en usage pour les commodités de la vie, & l’or & l’argent, tout précieux qu’ils soient, ne lui sont point comparables à cet égard, aussi les habitans du nouveau Monde, si riches en mines des plus précieux métaux, font-ils très-peu de cas de l’or & de l’argent qu’ils ont en abondance, en comparaison d’un métal a utile ; & ce sentiment naturel, fondé sur la nécessité, vaut peut-être bien l’or & l’argent que la vanité a introduit & entretient encore tous les jours parmi des peuples policés. Ce mot vient de serrure, qui est l’ouvrage le plus en usage dans cet art, & celui-ci du latin sero, qui veut dire serrer, dont l’origine se trouve dans quelques langues orientales, parce que c’est avec une serrure que l’on enferme ce que l’on a de plus précieux, & qu’on le peut tenir en sûreté.

Il n’y a aucun doute que l’art de serrurerie ne soit des plus anciens ; la nécessité & la commodité qui ont fait inventer tous les arts, se rencontrent dans celui-ci autant que dans les autres, soit pour la liaison & la solidité des bâtimens, soit pour la sûreté des biens publics & particuliers, soit encore pour une multitude innombrable de besoins dans la vie ; c’est à cet art que nous devons une infinité d’ouvrages travaillés avec beaucoup de goût & de génie, dans lesquels il semble que le fer ait perdu sa dureté & son inflexibilité, tant il y a de délicatesse & de perfection dans les contours & ornemens qui les embellissent ; les grilles de Versailles & de Maisons, celle du chœur de l’église métropolitaine de Paris, celle de l’église de Saint-Denis en France, celle sur-tout de l’église patriarchale de Lisbonne en Portugal, qui a été faite à Paris, sont autant de chef-d’œuvres dans leur genre, que nous traiterons dans la suite plus au long.

La serrurerie se divise en deux parties principales ; l’une est la connoissance des différentes especes de fer, & l’autre est la maniere d’en fabriquer toutes sortes d’ouvrages, selon les diverses occasions que l’on a de les employer.

Premiere partie. Du fer en général. Le fer est un métal dur & sec, fort difficile à fondre, mais ductile ; c’est un minéral auquel les chimistes ont donné le nom de Mars, lui ayant trouvé quelque rapport à la planete de ce nom. L’Asie, l’Afrique, & surtout l’Europe, sont les lieux de la terre où l’on trouve assez communément des mines de fer, & la France, en particulier, en est très-abondante. Les habitans du Nouveau-Monde, au contraire très-riches en mines des plus précieux métaux, n’ont point de mines de fer ; aussi préférent-ils ce métal à l’or & l’argent qu’ils ont en abondance.

Quoiqu’il nous arrive du fer d’Allemagne, de Suede & d’Espagne, la plus grande partie que l’on en emploie en France, vient des provinces de ce royaume ; les plus fécondes en mines sont la Champagne, la Lorraine, la Bourgogne, la Normandie, le Maine, le Berry, le Nivernois, la Navarre, & le Béarn.

Du fer selon ses propriétés. Le fer se divise en deux especes ; la premiere est la fonte, qualité très-aigre, dure & cassante, qui se coule dans des moules faits exprès, & auxquels on donne la forme que l’on juge à propos ; c’est de cette espece que l’on fait les canons, bombes, boulets, tuyaux de conduite, contre-cœurs de cheminée, poëles, marmites, & autres ustensiles de cuisine, & enfin des gueuses, qui sont des masses d’environ dix à douze piés de long, dix à douze pouces de large, du poids d’environ quinze ou dix-huit cens livres, dont on fabrique la seconde espece, celui qui nous vient d’Allemagne souffre un peu la lime, mais celui de France ne peut se polir qu’avec le grès ou l’émeril.

Plus la mine est en fusion, & plus le fer en est bon, sur-tout lorsqu’elle a été chauffée avec du charbon très-sec, fait avec de jeunes bois, & gardé d’un an ou deux.

Pour mettre le fer en état d’être travaillé par les serruriers, maréchaux, taillandiers, & autres ouvriers, il faut le fondre une seconde fois : on prend pour cet effet les gueuses que l’on frappe ensuite avec un marteau gros & lourd, appelle martinet, mû par un ruisseau ou petite riviere, ordinairement voisine des grandes forges (c’est ainsi que l’on appelle le lieu où l’on fabrique le fer), ensuite on le fait chauffer dans la chaufferie, & en le frappant de nouveau sur l’enclume, on le réduit en barres ou verges de plusieurs grosseurs, longueurs, & autres formes, dont nous verrons dans la suite le détail ; alors il souffre la lime, mais ne peut plus se fondre.

Les fers d’Allemagne & de Suede sont en général beaucoup meilleurs & plus doux que ceux de France ; ceux d’Espagne, au-contraire, sont pour la plûpart rouverains (pleins de crasse & difficiles à souder), & mêlés de grains d’acier (grains si durs que la lime ne sauroit y mordre) : on en fait un très gros commerce à Amsterdam. Les fers de Normandie sont de tous les fers les plus cassans, & dont le grain est le plus gros ; ceux de Saint-Disier & de Bourgogne ne sont pas beaucoup meilleurs ; ceux de Roche & de Vibrai sont doux & fermes, & d’un grain plus fin ; ceux de Senonche, près Montmirail, au Mans, sont aussi doux & plians, & de bonne qualité ; ceux que l’on tire du Nivernois sont très-doux, très-fermes, & très-propres à faire des épées, canons de mousquets, & autres ouvrages de cette espece ; ceux de Berri sont sans contredit les meilleurs de tous, les plus doux & les plus plians, aussi sont-ils les plus estimés.

Du fer selon ses qualités. Il y a deux manieres de connoître la bonne ou la mauvaise qualité du fer, à la forge, & par le grain lorsqu’il a été cassé à froid.

Le bon fer se connoît à la forge lorsqu’il se chauffe bien, lorsqu’il n’est point rouverain, qu’il se soude facilement, & lorsqu’il est ferme sous le marteau : car lorsqu’il est doux, il est souvent cassant à froid.

On le connoit encore après avoir été cassé à froid, lorsque le grain est très-gros, clair & brillant comme l’étain de glace, il est le moindre de tous, & également difficile à employer à la lime & à la forge : lorsque le grain en est petit & serré, à-peu-près comme celui de l’acier, il est pliant à froid, mais se soude mal & se polit difficilement : on en fait pour cela des outils pour travailler à la terre ; lorsque le grain en est noir & cendreux dans la cassure, le fer est néanmoins bon, doux & maniable à froid & à la lime ; celui dont la cassure est d’un noir gris tirant sur le blanc, est plus dur, & par conséquent plus convenable aux gros ouvrages, comme ceux des maréchaux, taillandiers, & autres ; celui dont le grain est d’une moyenne grosseur, dont une partie de la cassure est grise, une autre noire, & une autre blanche, est également bon pour la forge & pour la lime.

Le bon fer se peut connoître encore à la vue, lorsqu’il est fort noir & qu’il semble bien uni & bien lisse ; l’autre, au-contraire, paroît rude, & les pores en semblent moins serrés ; mais de cette maniere on est fort sujet à s’y tromper, & les gens même de l’art n’osent guere s’en assurer sur l’apparence, ils aiment mieux l’éprouver lorsqu’ils en ont besoin.

Mais s’il arrivoit par hasard que l’on eût besoin de fer très-doux, & que l’on n’en eût point, on pourroit avec de très-cassant & très-aigre, en faire d’aussi doux que l’on jugeroit à propos, en le réduisant en plusieurs petits morceaux applatis que l’on joindroit ensemble en forme de pâté, ainsi appellé selon l’art, & les corroyant bien ensemble avec le marteau après les avoir chauffés, & ainsi plus le fer est corroyé, & plus il devient bon.

Des différentes especes de fer. Le fer dont se servent les ouvriers, arrive ordinairement des grandes forges, en barres de différentes grosseurs & longueurs, & se divise en deux especes, le coulé & le forgé.

La premiere, qu’on appelle fer coulé, (fig. prem. & 2. Planc. I.) est toujours en botte, pesant environ depuis cinquante jusqu’à cent & cent cinquante livres chacune, composées de plusieurs barres attachées ensemble avec deux, trois, ou quatre liens de fer, A ; de cette espece il en est de meplat[1] & de quarré. Le premier porte depuis dix-huit lignes de large une ligne & demie d’épaisseur, & environ dix piés de long, jusqu’à deux pouces & demi de large, 3 lignes d’épaisseur, & dix-huit ou vingt piés de long. Le fer quarré en botte, nommé autrement côte de vache, porte depuis 3 lignes de grosseur, qu’on appelle alors fantons, avec lesquels on fait les fantons de cheminée, dons nous parlerons dans la suite, jusqu’à 7 à 8 lignes de grosseur, & toutes de 9 à 10 piés de longueur.

Le fer forgé est de trois sortes ; rond quarré ou méplat ; les premiers sont des barres appellées tringles, dont la grosseur porte depuis 3 lignes, jusqu’à 8 à 9 lignes ; quelquefois 10 piés, & quelquefois 18 piés de longueur, mais toujours liées en botte. A l’égard des deux dernieres sortes, on peut dire qu’il y en a de toutes les grosseurs & longueurs ; l’une, (figure 4), porte environ depuis 8 lignes, appellée fer carillon, jusqu’à 4 & 5 pouces de grosseur ; les barres de cette derniere grosseur ne sont pas si longues à cause de leur trop grande pesanteur ; & qu’en conséquence, étant déjà assez difficiles à transporter, il est inutile d’en augmenter le poids par la longueur. Il y a encore un fer carillon qui n’a que 6 à 7 lignes de grosseur, & dont les barres n’ont de longueur que la moitié des autres, c’est-à-dire, environ 10 piés : de tout le fer quarré, celui dont on fait le plus d’usage, est le carillon ; ensuite du plus gros, jusqu’à environ deux pouces & demi de grosseur ; celui qui va au-delà s’employe beaucoup plus rarement. L’autre (figure 5), qui est le fer méplat, differe depuis deux lignes d’épaisseur, & 18 lignes de large, jusqu’à environ 5 à 6 lignes d’épaisseur, & 5 à 6 pouces de large, appellé alors fer cornette, (figure 6) ; mais de tout le fer méplat, celui dont on fait le plus d’usage est celui pour les bâtimens, qui porte environ 2 pouces & demi de large, & 6 lignes d’épaisseur.

Mais de toutes les sortes que nous venons de voir, il y en a dont les ouvriers font plus d’usage que d’autres, selon les divers ouvrages & les occasions qu’ils ont de les employer, & aussi comme ils les commandent aux grandes forges[2].

Du fer, selon ses défauts. On appelle fer aigre ou cassant, celui qui se casse facilement à froid ; il y en a de si aigre, que si l’on ne prend pas la précaution de le soutenir d’un bout à l’autre, il tombe en morceaux d’un côté, tandis qu’on le travaille de l’autre.

Fer rouverain, celui qui se casse à chaud, lorsqu’on le travaille.

Fer cendreux, celui qui n’ayant pas été bien corroyé, est rempli d’une infinité de pores très-ouverts, ou de cellules remplies de cendres de frazier[3], ou autres crasses.

Fer pailleux, celui qui ayant été mal soudé, est composé de plusieurs lames posées les unes sur les autres, & se divise en autant de pailles lorsqu’on le travaille.

Fer écru, celui qui ayant été brûlé ou mal corroyé, est mêlé de crasse, comme sont le plus souvent l’extrémité des barres.

Du fer, selon ses façons. On appelle fer de fonte, ou fonte de fer, celui qui dans les grandes forges a été coulé dans des moules pour en faire des marmittes, poëles, canons, bombes, &c. & qui se peut refondre autant de fois qu’on le juge à propos.

Fer coulé, celui qui a été coulé en barre (figure 1. & 2), & que l’on lie en botte.

Fer forgé, celui qui ayant été préparé comme le précédent, a été forgé & étiré[4] en barres (figures 3, 4, 5, 6, & 7), sous le martinet des grandes forges.

Fer méplat ou applati (figure 4), celui dont la largeur est plus grande que l’épaisseur.

Fer quarré (figure 5), celui dont la largeur est égale à l’épaisseur.

Fer en botte, (fig. 1. & 2) celui qui est lié en botte, composé de plusieurs barres.

Côte de vache, (fig. 2) est un fer de plusieurs grosseurs, presque quarré, rude, & mal fait, lié en botte.

Fer cornette, (fig. 6), est un fer applati d’environ 4 à 5 lignes d’épaisseur, 5 de large, & 5 à 6 piés de long.

Courçon (fig. 7), est ordinairement un fer de Berri le plus doux & le meilleur qu’il est possible d’imaginer ; c’est une masse ordinairement à pans assez irréguliers de 3, 4, ou 5 pouces de grosseur, sur environ 5 piés de longueur, portant une branche ou queue d’un fer plus petit de différente longueur, pour la rendre par ce moyen plus maniable à la forge.

Gros fer, ou fers de bâtimens, sont des fers auxquels on donne différentes formes, & qui servent dans la construction des bâtimens à lier les murs ou la charpente des combles ensemble, pour les rendre par-là plus solides.

Vieux fers, sont des fers qui ont déjà servi, que l’on retire des démolitions de vieux bâtimens, édifices, ou autres ouvrages, où ils ont été anciennement employés.

Ferraille, est une collection de toute sorte de bouts de fer, courts, gros, & petits, de plusieurs formes indifféremment provenant des restes des ouvrages, ou autrement.

Fer en feuille, est un fer applati très-mince, qui se divise en deux especes, le blanc & le noir ; le premier, appellé fer-blanc, est un fer très-mince, étamé par diverses préparations chimiques, dont se servent les Ferblantiers pour faire des lampes, lanternes, rapes à sucre, à tabac, &c. le second, appellé tole (fig. 8. Pl. II.), est le plus souvent lié en botte, & porte environ depuis un pié jusqu’à quatre piés de superficie, un peu plus longue que large ; il en vient d’Allemagne, particulierement de Hambourg & de Nuremberg en feuilles doublées, dans des petits barrils de sapin composés ordinairement de trois cens feuilles.

La tôle que l’on fait en France à Beaumont la Ferriere, près la Charité, dans le Nivernois, n’est pas d’une moindre qualité que la précédente ; les barrils qui en contiennent à-peu-près la même quantité, sont faits de bois de hêtre, ce qui les fait aisément reconnoître.

La meilleure de toute arrive de Suede par Rouen en feuilles simples dressées à la regle par les quatre côtés, & à quoi on peut la reconnoître.

Fer en fil, ou fil de fer, appelle aussi fil-d’archal, est un fer arrondi, tiré à force de bras à-travers les pertuis d’une filiere. Plusieurs croient, ce qui paroît assez vraissemblable, qu’un nommé Richard Archal lui a laissé son nom, après avoir inventé la maniere de le tirer, ce qui le fait encore nommer assez communément fil de Richard. La France, la Suisse & l’Allemagne, sur-tout Hambourg & les environs de Cologne & de Liege, nous fournissent une assez grande quantité de fil de fer ; les Anglois & Hollandois en font encore passer beaucoup en France par Bordeaux au retour de la mer Baltique. Celui de France est le moins estimé, étant très-aigre & pailleux ; celui de Suisse est fort bon, mais celui de Liege est le meilleur de tous & le plus estimé.

On trouve à Paris chez les marchands de fer du fil de fer de toutes les grosseurs, en augmentant depuis les plus petits échantillons, qu’on appelle manicordion, avec lesquels on fait une partie des cordes de clavessins, psalterions, manicordions, & autres instrumens de musique, jusqu’à environ six lignes de diametre.

Le fil de fer de Suisse est lié par paquets, du poids d’environ 10 livres.

Celui d’Allemagne est aussi lié par paquets, du poids d’environ 4 livres 12 onces.

Celui de Hambourg se divise par numeros, selon la grosseur, le plus fin se nomme fil à corde de différens échantillons ; où finit le plus gros fil à corde, commence le numero 00, ensuite les numeros 0, , 1, 2, 3, 4, 5 & 6 ; ce dernier porte environ 3 lignes de grosseur.

Le fil de fer de Cologne, composé seulement de huit ou dix sortes de grosseur, arrive toujours en barrils pesant environs deux milliers.

Les provinces de France, d’où l’on tire le plus de fil de fer, sont la Normandie, la Champagne & la Bourgogne.

Le fil de fer de Normandie un peu plus roide & plus ferme que celui d’Allemagne, en approche beaucoup, tant par sa qualité que par ses grosseurs. Il arrive à Paris par paquets en forme de petits cerceaux, fig. 9. appellés torches, du poids d’environ 6 livres ; ses échantillons commencent aussi par fil à carde, qui est le plus fin ; ensuite en augmentant de grosseur, les fils de 7 livres & de 6 livres qui répondent au numero 00 de ceux d’Allemagne, fils de 5 livres, de , fils à grely, fils de 8 onces, de 10 onces, de 12 onces, de 14 onces, & de 16 onces repondans aux n°. 0, , 1, 2, 3, 4, 5 & 6, de ceux d’Allemagne.

Le fil de fer de Champagne est très-gros, & n’est que de quatre grosseurs différentes, depuis environ 3 lignes jusqu’à 6 à 7, connu par les numeros 1, 2, 3 & 4 ; aussi n’est-il propre qu’aux Chauderonniers, pour border des marmites, chauderons, & autres ustensiles de cuisine. Il arrive à Paris par paquets pesans environs 10 livres.

Le fil de fer de Bourgogne n’est aussi que de gros échantillons, & employé pour cette raison aux mêmes usages que le précédent.

Les marchands de fer & tous ceux qui font commerce de fil de fer sont obligés, pour le connoître & réduire à leurs numeros, de se servir d’une mesure de différente forme, fig. 10. & 11. appellée jauge ; ce qu’ils appellent jauger.

On donne encore le nom de fer à divers instrumens d’ouvriers de différente profession, en y ajoutant quelqu’autre terme pour en marquer plus particulierement l’usage.

On appelle fers a souder des instrumens de Plombiers, Fontainiers, Chauderonniers, Ferblantiers, Vitriers, & autres, pour souder les métaux ensemble.

Fers quarrés pour les Maçons, appellés aussi riflards.

Fers pour les Menuisiers de placage & de marqueterie.

Fers pour les Clôturiers, Vanniers, & autres.

Fers pour les Egratigneurs, Découpeurs, &c.

Fers à dresser ou dressoirs pour les Miroitiers.

Fers à polir, dorer sur cuir, &c. pour les Relieurs, Doreurs de livres, & autres.

Fers à tirer, espece de filiere, servant à tirer & réduire le fil de fer d’or ou d’argent, fin ou faux, à son dernier point de finesse.

Quantité d’autres fers de différens arts & professions, dont il est inutile ici de parler.

De la maniere de chauffer le fer. Comme les ouvrages de serrurerie ne sauroient se commencer que par la forge[5], il est nécessaire de traiter un peu de la maniere de chauffer le fer ; nous verrons ensuite celle de le forger.

Cette partie, qui semble être une des choses les plus faciles dans l’art de la Serrurerie, est cependant une des plus difficiles. On sait qu’à Paris, & fort loin aux environs, on se sert pour cet effet de charbon de terre, espece de terre noire & sulphureuse, qui se tire de différentes mines de plusieurs provinces de France ; les endroits d’où l’on en tire le plus, sont la Fosse en Auvergne, les mines de Brassac près Brionde, Saint-Etienne en Forez, le Nivernois, la Bourgogne. Concourson en Anjou, & les environs de Mezieres & de Charleville ; il en vient encore des pays étrangers, comme du Hainaut, de Liege & d’Angleterre. Ce dernier qui est le meilleur de tous, est de deux especes ; l’une que l’on nomme de Neufchâtel, & l’autre d’Ecosse. Le premier est beaucoup meilleur, mais beaucoup plus léger que ce dernier ; aussi les mêle-t-on l’un & l’autre ensemble pour en faire un charbon excellent ; après celui d’Angleterre, celui d’Auvergne passe pour le meilleur, que l’on mêle quelquefois avec celui de Saint-Etienne.

Le bon charbon de terre est celui qui est composé de peu de soufre ; on le connoît lorsqu’il fait peu de machefer[6] & de crasse, qu’il chauffe le fer facilement & promptement, & lorsqu’il dure long-tems à la forge.

Il se trouve une infinité d’endroits où le charbon de terre devenant très-cher, à cause de la difficulté du transport ; on est obligé d’avoir recours à celui de bois, qui souvent ne peut suffire seul pour de certains ouvrages ; comme, par exemple, lorsqu’il s’agit de souder de l’acier, du fer aigre, rouverain, ou autre difficile à souder ; il est nécessaire qu’ils soient chauffés vivement, ce que le charbon de bois seul n’est pas en état de faire.

Pour bien chauffer le fer, il faut se servir de bon charbon, avoir soin que le feu soit toujours égal, jetter de tems en tems de l’eau dessus pour l’animer, retirer aussi de tems en tems de côté le machefer qui se forme dans le fond de la forge & qui empêche le fer de chauffer, & non pas en découvrant le feu, comme font mal-à-propos quelques-uns, ce qui en diminue beaucoup la chaleur ; d’ailleurs ce machefer retiré de côté & déja enflammé contribue à la chaleur du fer, & tient lieu d’un pareil volume de charbon, ce qui fait une économie.

On peut connoître quand le fer est chaud en découvrant un peu le feu, ou le retirant un peu dehors ; on peut encore s’en appercevoir lorsque la flamme est blanche, & mélangée plus ou moins d’étincelles brillantes à proportion de son degré de chaleur.

De la maniere de forger le fer. Lorsqu’on met le fer au feu pour la premiere fois, il est absolument nécessaire de lui donner une chaude[7] suante, c’est-à-dire le chauffer jusqu’à ce qu’il prenne une couleur blanche & suante, afin qu’en le frappant il puisse se souder & corroyer bien ensemble ; ensuite pour finir l’ouvrage, il est suffisant de le chauffer jusqu’à ce qu’il soit rouge ou blanc, selon les différentes sortes d’ouvrages ; & lorsque l’ouvrage est fini, on le recuit, c’est-à-dire qu’on le chauffe d’une couleur de cerise[8], ou avant qu’il prenne des écailles qui ordinairement en ouvrent les pores, le rendent crasseux & difficile à limer lorsqu’il est froid ; on le laisse ensuite refroidir sans le frapper.

Il y a tant de manieres de forger le fer pour les différentes especes d’ouvrages, qu’il n’est pas presque possible de les déterminer, l’usage & l’expérience en font seuls plus que l’on n’en peut dire. Il est vrai que le fer étant chaud, devient presqu’aussi maniable que la cire & le plomb froid ; aussi quelques-uns ont-ils cru en savoir assez en le tenant d’une main, posé sur l’enclume, fig. 4. Pl. XXVI. & le frappant de l’autre à coups de marteau. Tous ceux qui l’ont éprouvé sans connoissance se sont trompés, & n’ont pas même manqué de se blesser, soit en se donnant des contre-coups, soit en le faisant sauter en l’air en le frappant à faux, c’est-à-dire lorsqu’il ne portoit pas sur l’enclume dans l’endroit qu’ils frappoient ; ce qui fait alors l’effet du bâtonnet, espece de petit bâton court & pointu par chaque bout qui sert de jeu aux enfans.

Enfin déterminer exactement la maniere de forger le fer, c’est ce qu’il n’est pas possible de faire, y en ayant autant de sorte qu’il y a d’espece d’ouvrage. On dira bien qu’on le frappe dessus & dessous, qu’on le tourne & retourne à propos, mais tout cela & tout ce qu’on pourroit y ajouter, ne sauroit instruire sans la pratique.

Des ouvrages de serrurerie. Les ouvrages se sont si fort multipliés dans la serrurerie depuis quelques siecles, qu’il n’en est presque point maintenant que les ouvriers un peu intelligens ne puissent faire & leur donner la forme qu’ils jugent à propos. Quelques hommes ingénieux, sur-tout de ces derniers tems, se sont signalés dans plusieurs de leurs ouvrages, & nous ont fait voir la supériorité de leur génie ; les uns en perfectionnant les ouvrages des anciens, les autres par l’art avec lequel ils ont travaillé le fer, le brillant qu’ils lui ont donné, le goût des ornemens qu’ils ont eux-mêmes choisis & inventés, & dont ils l’ont enrichi, ont procuré à l’œil de quoi se satisfaire plus qu’il n’avoit fait jusqu’alors, & nous ont donné par-là des preuves de leur imagination ; d’autres, secourus par la nécessité, en ont inventé de nouveaux très-ingénieux, soit pour l’accélération des manœuvres ou autres semblables opérations ; d’autres encore de concert avec ceux qui ont substitué les voûtes aux planchers dans les bâtimens pour en bannir le bois, cause trop ordinaire & pernicieuse des incendies, ont imité avec le fer les lambris de menuiserie, les différens profils des chambranles & des cadres décorés ou non de sculpture au point que l’on pourroit maintenant faire des bibliotheques, portes à placard, d’armoires & parement simple & double, & autres lambris en fer, plus pesans à la vérité, mais imitant parfaitement la menuiserie & la sculpture en bois : on les divise tous en deux especes, les brutes & les limés.

Des ouvrages bruts. On appelle communément ouvrages brutes, ceux qui n’ayant besoin d’aucune propreté pour être placés dans l’intérieur des murs des combles, ou pour être exposés aux injures de l’air, sont travaillés seulement à la forge : on les divise en deux sortes ; la premiere appellée fers de bâtimens, est composée de fers qui servent, dans la construction des bâtimens, à unir & entretenir ensemble les murs, cloisons, voûtes, tuyaux de cheminée, la charpente des combles, la menuiserie, &c. la seconde appellée communément grands ouvrages ou de compartimens, est composée d’ouvrages qui représentent des compartimens de dessein de différens goûts, décorés plus ou moins d’ornemens, selon la richesse & l’importance des lieux où ils sont placés.

Des fers de bâtiment. Les fers de bâtiment sont de deux especes ; l’une que l’on appelle gros fers ou gros ouvrages, a pour objet les ancres, tirans, chaînes, boulons, chevêtres, étriers, manteaux de cheminée, seuils, fantons, grilles de fourneau, de chaîneau de gargouille, & autres armatures de bornes, de barrieres, treillages, fers de soupapes, clés & armatures de robinets pour les réservoirs, berceaux de jardins, vitreaux, fers de gouttieres, pivots, crapaudins, taules, fléaux, crochets & cramaillées de porte-cochere, pentures, gonds, chaînes à puits, & quantité d’autres de cette espece, de différentes formes & grosseur, selon la poussée des voûtes ou la pesanteur des murs qu’ils ont à entretenir ; la plûpart se font souvent en fer le plus commun, à-moins qu’ils ne soient spécifiés par les devis ou marchés faits entre les propriétaires & les ouvriers ; l’autre que l’on appelle légers ouvrages, sont les rapointis, clous, chevilles, broches, pattes, crochets, pitons, vis, &c. & autres menus ouvrages.

Des gros fers. Du nombre des gros fers, les ancres, fig. 12. & 13. les tirans, fig 14. les chaînes, fig. 15. & fig. 16. Pl. III. sont ordinairement les plus chargés, parce qu’ils retiennent l’écartement des murs de face[9], & de refend[10], occasionné par la poussée des voûtes, le poids des planchers, des combles, &c. aussi ont-ils pour cela plus besoin que d’autres de se trouver sains & sans défauts.

Les ancres & les tirans ne pouvant être d’aucune utilité l’un sans l’autre, sont inséparables. Une ancre (fig. 12. & 13.) est une barre de fer quarrée proportionnée au tiran (fig. 14.) d’environ trois ou quatre piés de long sur un pouce ou deux de grosseur, quelquefois droit (fig. 12.) & quelquefois en esse (fig. 13.) Le tiran (fig. 14.) est une barre de fer plat, d’environ cinq à six piés de long, repliée sur elle-même en A, & soudée, formant un œil quarré par le bout A, dans lequel on fait entrer l’ancre C jusqu’au milieu ; à l’autre bout est un talon pour être entaillé dans l’épaisseur des poutres qui traversent les murs de face, & être attaché aux extrémités avec des clous de charrette, fig. 76. Pl. VI.

Les chaînes (fig. 15. Pl. II. & 16. Pl. III.) font le même effet que les tirans, à l’exception que les barres, quelquefois quarrées & quelquefois méplates, sont prises dans l’épaisseur des bâtimens, & ont une mouffle simple ou double par chaque bout ; si ces chaînes (fig. 16.) passent quinze ou dix-huit piés, alors on pratique au milieu une ou deux mouffles (fig 17. & 19.) Ces mouffles sont composées de plusieurs manieres ; les unes (fig. 17.) sont composées simplement de deux crochets pris l’un dans l’autre ; les autres (fig. 18. & 19.) sont faites en talon par chaque bout des deux barres posés l’un sur l’autre & liés ensemble avec des viroles AA, qui serrent à mesure qu’on les chasse[11] ; lorsque l’on juge à propos de faire serrer les chaînes en les raccourcissant, on fait passer entre les deux talons une serre B, qui les oblige de s’écarter à mesure qu’on l’enfonce.

Les harpons (fig. 20.) sont des barres de fer méplates, d’environ trois, quatre, ou cinq piés de longueur, portant un talon A, à chacune de leurs extrémités, pour être entaillées dans le bois & attachées de clous comme le tiran (fig. 14.) cette piece sert à unir deux poutres ou pieces de bois, qui le plus souvent se rencontrent dans l’épaisseur d’un mur de refend.

Les barres de languette (fig. 21. & 22.) sont des barres de fer plat, dont l’une (fig. 21.) est fendue en deux parties par ses extrémités A, dont chaque morceau BB est coudé, l’un en-haut & l’autre en-bas ; l’usage de cette piece est de contribuer, avec plusieurs autres, à entretenir les languettes[12] des cheminées en briques. Les boulons sont de deux especes ; les uns (fig. 23.) servent à-entretenir les limons[13] des escaliers de charpente ; les autres B (fig. 25.) contribuent avec les étriers, (même fig.) à entretenir la charpente, comme nous le verrons dans la suite ; les premiers (fig. 23.) sont des barres ou tringles arrondies, d’environ quinze à vingt lignes de grosseur, sur trois, quatre, cinq, & quelquefois six piés de long, selon la largeur des escaliers, portant par un bout A une tête quarrée ; l’autre B est quelquefois taraudé[14] d’environ six à sept pouces de long avec un écrou C, aussi quarré & taraudé intérieurement, quelquefois percé d’un trou plat garni d’une clavette.

Les barres des tremies (fig. 24.) qui servent à soutenir le foyer des cheminées dans lesquelles il ne doit point entrer de bois de peur du feu, sont des barres de fer plat, d’environ quatre à cinq lignes de largeur, six lignes d’épaisseur, & dont la longueur differe, selon la largeur des mêmes foyers ; ces barres sont coudées & recoudées par chacune de leurs extrémités A, soutenues en B sur les plus prochaines solives.

Les étriers (fig. 25.) sont des barres de fer plat, coudées en deux endroits A, dont les extrémités sont renforcies & percées d’un gros trou rond, par lequel passe un fort boulon B, à tête ronde par un bout, & par l’autre D percées d’un trou plat, garni d’une clavette double.

Les manteaux de cheminée (fig. 36.) faits pour soutenir les manteaux des cheminées, sont des barres de fer quarrées de quinze à vingt lignes de grosseur, coudées en A & en B de la largeur des cheminées où elles doivent être placées, & les branches C d’une longueur aussi proportionnée à leur saillie ; elles sont encore fendues & écartées de part & d’autre par leur extrémité, qu’on appelle alors scellement[15], pour être scellées dans l’intérieur du mur.

Les armatures de seuils (fig. 27.) servent ordinairement à couvrir les seuils[16] des portes, & principalement des portes cocheres, charretieres, & autres semblables : il est bon d’observer que presque toutes les portes, grandes & petites, ont des seuils en pierre, qui, à l’égard de celles où il ne passe aucune voiture, n’ont pas besoin d’être armés en fer ; ceux au-contraire des portes où il passe journellement des voitures chargées ou non chargées, ont besoin pour se conserver d’être armés de fer, & par-conséquent empêcher que ces mêmes voitures ne les écrasent ; les uns sont composés de barres de fer plat AA, &c. en plus ou moins grande quantité plus ou moins près les unes des autres, coudées par chaque bout BB, & scellées en plâtre ou en plomb dans l’épaisseur du seuil de pierre ; les autres sont aussi de semblables barres de fer plat, coudées par chaque bout, mais entretenues par le milieu d’entretoises CC, rivées[17] sur chacune des barres.

Les fantons (fig. 28.) ne sont autre chose que des petites barres de fer coulé d’environ quatre à cinq lignes de grosseur, de deux à trois piés de long, recourbées en crochet par chaque bout A, pour être acrochées en B (fig. 29.) on les place ordinairement en forme de chaine depuis le haut jusqu’en bas, dans l’intérieur des languettes de cheminée en plâtre, pour les entretenir.

Les fantons des mîtres (fig. 30.) sont des petites barres de fer coulé semblable au précédent, d’environ dix-huit à vingt pouces de long, coudées par chaque bout, faites pour maintenir le faîte des cheminées, en forme de mître, dont elles tirent leur nom.

Les grilles de fourneau (fig. 31. & 32.) faites pour soutenir le charbon dans les fourneaux des cuisines, sont de deux especes, l’une quarrée & l’autre circulaire ou barelongue ; chacune d’elles est composée d’un chassis AA de fantons, sur lequel sont soudées des traverses BB de même fer.

Les grilles de gargouilles, fig. 23. placées à l’issue des gargouilles, sont plus ou moins fortes les unes que les autres à proportion de leur grandeur ; celle-ci est composée d’une traverse A dormante ou mouvante dans ses lacets B, sur laquelle sont assemblés à tenon & mortaise plusieurs barreaux à pointe CC.

Les barres de fourneau, fig. 34. faites pour les retenir & conserver leur arrête supérieure, sont des barres de fer plat, coudées par chaque bout en A, dont les extrémités sont fendues à scellement pour être scellées dans les murs.

Les armatures de borne se font plus ou moins solidement les unes que les autres ; on revêtit les premieres simplement d’une barre de fer de cornette, fig. 35. Pl. IV. courbée dans son milieu A qui enveloppe la borne, & recourbée par les extremités BB pour être scellées dans le mur ; les autres, fig. 36. se revétissent de plusieurs barres de fer plat AA, &c. entaillées de leur épaisseur dans la borne BB & posées verticalement, traversées par d’autres circulaires CC & aussi entaillées, non-seulement dans la borne, mais encore dans les barres verticales AA, comme on le voit en la fig. 37. le tout couvert d’un petit chapeau D.

Les ferrures de barriere faites pour défendre des ordures publiques se font de plusieurs manieres, on en voit quantité d’exemples sur les boulevards de la ville de Paris, les plus simples sont celles qui sont composées de pointes, fig. 38. & 39. de différente grandeur à épaulement en A, & aussi à pointe en B que l’on enfonce dans les barrieres de bois, fig. 40. & de chardons en artichaux, fig. 41. aussi à épaulement en A & à pointe en B, pour être placées au sommet des bornes A des barrieres, fig. 40 : pour les faire plus solidement, on rive toutes ces pointes A, fig. 42. sur une plate-bande de fer B, que l’on entaille de son épaisseur dans les travées BB des barrieres, figure 41. & que l’on attache ensuite avec de forts clous à tête perdue.

Les clés des robinets sont quelquefois à deux branches & quelquefois à une seule. La premiere, fig. 43. n’est autre chose qu’un morceau de fer arrondi par chaque bout A plus ou moins long, selon la force que l’on juge à-propos de donner au levier renforci au milieu B, & percé d’un trou quarré. La seconde, fig. 44. est une grande barre de fer quarrée, coudée, renforcée & percée d’un trou quarré par un bout A, & arrondie par l’autre B.

Les vis de soupape faites pour enlever les soupapes des reservoirs, sont composées d’une vis ABC à filet quarré A, portant par un bout une tête quarrée B, où s’ajuste une clé, comme seroit à-peu-près celle de la fig. 43. & par l’autre une tige C à l’extrémité de laquelle est une moufle double D, boulonnée & clavetée, où s’emboîte le tenon E d’une soupape F ; cette vis ABC est montée sur une boîte G, espece de canon de fer servant d’écrou aussi à filet quarré, brasé[18] intérieurement appuyé sur une traverse H portée sur des potences II, scellées & arrêtées sur les parois des reservoirs.

La nécessité contraint pour l’ordinaire à avoir recours à d’autres moyens, lorsque ceux qui sont usités ne réussissent point ; c’est ce qui m’a donné lieu d’imaginer celui-ci qui a été d’un grand service partout où il a été employé.

Les filets dont ces sortes de boîtes sont garnies intérieurement étant sujets à se débraser fort souvent, il étoit nécessaire pour y remédier qu’il ne fît qu’un avec la boîte, comme il le fait avec la vis ; pour y parvenir, il faut d’abord poser la boîte à terre perpendiculairement & la serrer ferme entre quatre vis, ensuite avoir une grande vis à-peu-près semblable à celle ABC de la fig. 45. avec une boîte G même figure, montée sur un trépié d’environ 3 piés d’élévation arrêté à demeure sur le pavé ; l’extremité inférieure de cette vis doit être percée d’un trou plat, au-travers duquel passe un burin de la largeur du fond du filet, poussé de plus en plus d’environ un huitieme de ligne chaque fois, par une petite vis taraudée & perdue dans le diametre de la grande que l’on tourne à mesure jusqu’à ce que la boîte soit faite, (ceci n’est qu’un précis de la description que je dois donner à l’article des boîtes d’étaux dans l’art de la Taillanderie).

Les berceaux de jardins faits pour soutenir les berceaux de treillage dans les jardins, sont plus ou moins solides, selon la dépense que l’on veut faire ; celui-ci, fig. 46. est composé de montans AA & de berceaux BB, espacés de distance à autre sur la longueur, entretenus d’entretoises CC, &c. assemblés à tenon & mortaise, & lorsque les extrémités sont closes, elles sont composées de montans intérieurs DD, &c. berceaux intérieurs EE & rayons FF, &c. assemblés aussi à tenon & mortaise.

Les vitraux, fig. 47. Pl. V. espece de chassis de fer faits pour porter les vîtres des croisées des Eglises ou autres semblables ouvertures très-larges, sont composés d’assemblages de traverse AA, &c. & montans BB, &c. à l’extremité desquels sont plusieurs ceintres CC, &c. & rayons DD, &c. aussi d’assemblage, formant ce qu’on appelle l’éventail de la croisée ; ces assemblages se font de deux manieres plus solides, plus propres, & aussi plus couteuses l’une que l’autre ; la premiere, fig. 48. lorsque la traverse A, coupée quarrément dans son milieu, est munie d’une espece de semelle C, soudée avec elle par le moyen de laquelle le montant B se trouve entaillé juste de son épaisseur & rivé ; la seconde, lorsque cette même traverse a, même figure, est faite de façon à donner passage au montant B de toute son épaisseur, ces traverses & montans sont garnis chacun de petits quarrés E de l’épaisseur des verres & de platebandes F pour les retenir, arrêtés dessus de boulons GG clavetés.

Les fers de gouttieres, fig. 49. faits pour soutenir les gouttieres en plomb, sont composés d’une barre de fer plat A d’une longueur suffisante à scellement par un bout & quelquefois à potence, portant par l’autre une gache B de même fer, rivée sur la barre A.

Les pivots faits pour les portes-cocheres sont de deux sortes ; les uns, fig. 50. placés à l’extrémité supérieure des battans des portes appellés à bourdoniere, parce qu’ils roulent dans une bourdonniere, sont composés de branches de fer plat A & B soudés ensemble en équerre, formant tourillon en C & percés de trous sur leur longueur pour les arrêter ; les autres, fig. 51. placés à l’extremité inférieure des mêmes portes appellées à crapaudine, parce qu’ils roulent dans une crapaudine, fig. 52. sont composés comme les précedens, de deux branches de fer plat A & B, soudées ensemble en équerre, formant pivot en C.

Les crapaudines, fig. 52. ne sont autre chose que des pieces de fer de différente grosseur, selon la force des pivots, creusées dans leur milieu en A, en forme de calotte renversée.

Les tôles de porte cochere, fig. 53. sont des fers applatis, d’environ 9 à 10 pouces de largeur, sur une ligne à une ligne & demie d’épaisseur, que l’on applique avec des clous rivés sur les portes cocheres, à la hauteur des essieux des voitures pour empêcher qu’elles n’en soient gâtées.

Les fleaux de porte cochere, fig. 54. faits pour en tenir fermés les deux battans, sont composés d’une barre de fer quarré, de 15 à 20 lignes de grosseur, à proportion de la grandeur & de la force des portes, percée dans son milieu A d’un trou rond, au-travers duquel passe un boulon à tête qui lui sert de touret, arrêté à demeure sur l’un des battans de la porte. A ses deux extrémités BB, sont deux gaches à pattes ou à queue, arrêtées sur les deux battans, dans lesquelles entre le fleau en les exhaussant par le secours d’une tringle de fer C, servant par son extrémité inférieure D de moraillon à une serrure ovale ou à bosse, posée sur un des battans de la porte.

La fig. 55. est la même tringle vue du côté de son aubron A.

La fig. 56. est le même boulon du fleau, composé d’une tête A, tige B, clavette & rondelle C.

Les fig. 57. & 58. sont les gaches du même fleau, dont l’une est à queue à vis garnie d’écroux, & l’autre à patte.

Les tôles de mangeoires, fig. 59. sont des fers applatis fort minces dont on revêtit le dessus des mangeoires des écuries, pour empêcher que les chevaux ne les rongent.

Les anneaux de mangeoires, fig. 60. sont des anneaux de fer A, garnis de leurs crampons à pointe B, que l’on place aux mangeoires des écuries pour y attacher les longes des chevaux.

Les cramaillieres des portes cocheres, fig. 61. faites pour contribuer avec les crochets, fig. 62. à la sureté des portes, sont des barres de fer plat à pattes par chaque bout A & B, pour être arrêtées, composées au milieu de deux C, couvertes d’une petite barre arrondie D, servant d’arrêt par où l’on tient la porte plus ou moins fermée, selon qu’on le juge à propos.

Les crochets des mêmes portes, fig. 62. sont des barres de fer quarrées, arrondies d’un côté en A, en forme d’anneau garni de piton à pointe, à vis en bois ou à écroux, & à crochet par l’autre B, garni aussi de piton, en entrant dans les deux C des cramaillées, fig. 61.

Les pentures, fig. 63. Pl. VI. à l’usage des portes communes, sont des barres de fer plat, dont un bout A porte un œil dans lequel entre le mamelon d’un des gonds, fig. 52. & 53. & l’autre B une queue d’aronde ou un talon comme celui B de la figure suivante, percées sur leur longueur de trous pour les attacher sur les portes avec des clous & clous rivés.

Les pentures à charniere, fig. 64. à l’usage des fermetures de boutique, ne different des précédentes que par leurs charnieres AA, qui servent à les plier en plusieurs morceaux, & par-là devenir moins embarrassantes.

Les gonds se font de différentes façons ; les uns sont à repos, à patte, fig. 65. en plâtre, fig. 66. ou en bois ; les autres sont sans repos, à patte en plâtre, fig. 67. ou en bois, fig. 68. Un gond est à repos lorsque le collet de son mamelon A, fig. 65. & 66. porte un épaulement sur lequel repose l’œil de la penture, fig. 63. qui lui en a fait donner le nom, & sans repos comme ceux A, fig. 67 & 68. Il est à patte lorsque le côté B, fig. 65. est applati en forme de patte percée de trous pour l’attacher ; en plâtre, lorsque le bout B, fig. 66. & 67. porte un scellement ; & en bois, fig. 68. lorsque le même bout B porte une pointe.

Les portes des bouches de four, fig. 69. faites pour fermer la bouche des fours, ne sont autre chose qu’une ou plusieurs tôles rivées ensemble selon leur grandeur, bordées quelquefois d’un chassis de fer plat, pour plus de solidité, garnies de pentures AA, loquet B, & son crampon C.

Les chaines à puits, fig. 70. faites pour leur tenir lieu de corde, sont composées de mailles liées ensemble les unes dans les autres.

Le gaches, fig. 71. & 72. faites pour contribuer avec les serrures à tenir les portes fermées, sont des portions de fer plat, coudé en deux endroits AA, à scellement ou à pointe par chaque bout BB.

Des légers ouvrages. Les légers ouvrages sont les rapointis, clous de charrettes, chevilles, clous neufs de plusieurs longueurs, clous à latte, broquettes, clous d’épingles, &c. on y ajoute encore les broches, pattes, agraffes, crochets de différente façon, dont les uns se vendent au poids, & les autres au compte.

Les rapointis, 73. 74. & 75. servent à contenir les plâtres dans les corniches, plinthes, ornemens & autres saillies dans les bâtimens, ce sont des petits morceaux de fer de toute sorte de formes, rebutés, appellés proprement ferraille, auxquels on fait une pointe.

Les clous de charrette, fig. 76. appellés ainsi parce qu’ils ont servi aux bandes des roues des charrettes, servent dans les bâtimens à attacher les gros fers, comme tirans, plates-bandes, bandes de tremies, étriers, &c.

Les chevilles, fig. 77. & 78. sont des especes de forts clous à tête, ordinairement depuis 3 pouces jusqu’à 15 & 18 lignes de longueur, dont se servent les Charpentiers, pour arrêter leurs assemblages ; les premieres sont faites pour rester à demeure ; les autres sont pour monter en place les ouvrages de charpente, & les retenir jusqu’à ce qu’ils soient posés à demeure.

Les clous, fig. 79. 80. & 81. sont de deux sortes ; les uns que l’on nomme clous neufs ou de bateau, parce qu’on les emploie aux bateaux, sont ordinairement des forts clous de fer commun, d’environ 2 à 3 pouces de longueur, que les Maçons emploient dans les cloisons d’huisserie, dans les corniches & autres saillies revêtues en plâtre ; les autres que l’on nomme clous doux, parce qu’ils sont en fer doux, sont des clous deliés, depuis 1 pouce jusqu’à 5 & 6 pouces de longueur, que l’on distingue par clous de 2, clous de 4, de 6, de 8, de 10, de 12, &c. dont les premiers se nomment plus communement clous à latte, parce qu’ils servent aux Maçons à clouer les lattes dans les bâtimens.

Les broquettes, fig. 82. & 83. sont aussi des petits clous dont la tête est arrondie en forme de calotte ; il en est de deux sortes, l’une que l’on nomme à l’angloise, fig. 82. porte environ 12 à 15 lignes de longueur, & l’autre que l’on nomme commune, parce que le fer en est commun, porte environ 8 à 9 lignes de longueur.

Les clous rivés, fig. 84. sont des especes de clous ronds, à tête ronde & sans pointe, d’environ 2 pouces à 2 pouces & demi de longueur, qui servent à river par le petit bout des pentures, plates-bandes, charnieres & autres choses que l’on veut arrêter solidement.

Les clous à briquets, fig. 85. sont des clous semblables aux précédens, mais plus petits & deliés, servant aux mêmes usages, & sur-tout pour des briquets, fig. 11. Pl. XXII. dont ils tirent leur nom.

Les clous d’épingles, fig. 86. sont des petits clous de fil de fer, à tête ronde ou plate, de toutes sortes de longueurs jusqu’à 2 pouces, & d’une grosseur proportionnée, qui servent aux Menuisiers pour attacher les moulures, sculptures & autres choses semblables, aux lambris des appartemens.

Les pointes, fig. 87. sont des petits clous sans tête, depuis environ un pouce jusqu’à 2 pouces de longueur, qui servent à retenir les fiches en place.

Les broches, fig. 88. Pl. VI à l’usage des Menuisiers pour attacher les lambris, sont des pointes de fer arrondies & sans tête, depuis environ 2 jusqu’à 7 & 8 pouces de longueur.

Les pattes en plâtre sont de deux sortes ; les unes, fig. 89 sont droites, & les autres, fig. 90. sont coudées, selon la place qu’elles doivent occuper : les unes & les autres portent depuis 3 jusqu’à 8 & 9 pouces de longueur, & sont à queue d’aronde par un bout A, percées de deux trous pour les attacher, & à scellement par l’autre B.

Les pattes en bois, fig. 91. & 92. ne different des précédentes que par leurs pointes qu’elles ont au-lieu de scellement.

Les pattes à lambris, fig. 93, faites pour arrêter les lambris, sont semblables aux précédentes, mais beaucoup plus petites, & n’ont qu’un trou à leur tête A.

Les crochets à faitage, fig. 94, faits pour retenir le plomb des faitages, sont des especes de pattes depuis environ 4 jusqu’à 6 à 7 p. de longueur, à queue d’aronde, recourbée par un bout A, & percée de trous par l’autre B, pour les attacher.

Les pattes de contrecœur, fig. 95, faites pour maintenir les contrecœurs des cheminées, sont des pattes de fer plat d’environ 4 à 5 p. de longueur, coudées en A, & à scellement par l’autre B.

Les pattes coudées à vis, fig. 96, faites pour arrêter les lambris, sont des pattes de différente longueur, à vis en bois par un bout A, coudées vers le milieu B, & à scellement par l’autre bout C.

Les crochets à chaineaux, fig. 97, faits pour retenir les chaineaux de plomb, sont des especes de pattes d’environ 12 à 15 p. de longueur, à queue d’aronde, & à volute en A, coudées en B, & percées de plusieurs trous C, pour les attacher.

Les pattes à marbrier, fig. 98 & 99, faites pour retenir les chambranles & toutes sortes de revêtissemens en marbre, sont des pattes de 4 à 6 pouces de long, coudées & à pointe, ou arrondies en A, & à scellement par l’autre B.

Les crochets de treillage, fig. 100, qu’on appelle encore clous à crochets, faits pour arrêter les treillages des jardins, sont des clous a pointes par chaque bout A & B, & coudés en C, depuis environ un pouce jusqu’à cinq pouces de longueur.

Les pitons, fig. 101 & 102, sont des especes de clous à pointe A, fig. 101, ou à vis en bois A, fig. 102, dont la tête B forme un anneau ; il en est depuis un jusqu’à deux pouces de longueur, & depuis cette mesure jusqu’à 5 à 6 pouces, qu’on appelle alors tirefonds.

Les petits gonds, fig. 103 & 104, sont de deux sortes, à pointe A, fig. 103, ou à vis en bois A, fig. 102, coudées en B, & arrondies en C.

Les vis de parquet, fig. 105, faites pour retenir les parquets des glaces, sont des vis A, portant une tête B large & fendue, garnies d’un écrou C, coudé & à scellement par chaque bout D.

Les vis de lit, fig. 106 & 107, faites pour monter & démonter facilement les bois de lit, sont des vis à écroux AA, d’environ 6 à 7 pouces de longueur, portant une tête ronde & fendue B, fig. 106, ou quarré B, fig. 107, garnie de rondelle C.

Les vis à écroux ; fig. 108, faites pour retenir en place les serrures, sont des vis d’environ trois pouces de longueur, taraudées par un bout A, garnies d’écroux, & à tête plate, & quarrée par l’autre B.

Les vis en bois, fig. 109 & 110, depuis 6 lignes, jusqu’à quelquefois 5 pouces de longueur, sont de deux sortes ; les unes, fig. 109, sont à tête ronde ; & les autres, fig. 110, sont à tête fraisée ou perdue, c’est-à-dire, qui se perd dans l’épaisseur du bois ; les unes & les autres ont le dessus de la tête fendue, pour pouvoir être tournées facilement par le moyen d’un tourne-vis : fig. 104. Pl. XXIX.

Des grands ouvrages. On entend par grands ouvrages ceux qui, faits pour la décoration, sont subdivisés de différens compartimens les plus recherchés ; tels sont les dessus de portes, balcons, appuis, rampes, grilles, & autres semblables ouvrages variés à l’infini, selon les places qu’ils doivent occuper ; c’est principalement dans ce genre d’ouvrage que les ouvriers s’attachent à se signaler par le choix des contours, le goût des ornemens qu’ils y emploient, & l’application qu’ils y apportent. Nous voyons sans sortir de cette capitale, quantité d’ouvrages de cette espece, travaillés avec tout l’art imaginable.

Des compartimens qui composent les grands ouvrages. Les compartimens qui composent ordinairement les grands ouvrages, sont d’une si grande quantité de formes, que la plûpart n’ont point de noms propres, chacun les imaginant tous les jours à son goût ; il en est néanmoins auxquels on a donné des noms qu’on a vraissemblablement tirés de leur ressemblance, ils se divisent en deux especes, les unes sont les contours composés d’anses de paniers, de consolles, enroulemens, palmettes, queues de poireaux, queues de cochons, graines, boules, &c. susceptibles d’être composés & décomposés à l’infini, selon le génie des artistes ; les autres sont les ornemens composés de rinceaux, fleurons, culots, agraffes, coquilles, roses & rosettes, feuilles d’eau, cornes d’abondance, palmes, feuillages, fleurs & fruits de toute espece, animaux, reptils, volatils, quadrupedes, & autres, entiers ou par fragmens.

Des contours. Les anses de paniers A A fig. 113 & 114, composées de volutes par chaque bout, sont plus ou moins roulés en spirales, & forment des anses de paniers, d’où ils tirent leur nom.

Les consolles A, fig. 117 & 118, composées de volutes par chaque bout, sont des especes d’s posées debout, quelquefois recourbées sur elles-mêmes.

Les enroulemens B, fig. 117, sont différentes especes d’anses de paniers, roulés les uns sur les autres en spirales, au milieu desquels on place souvent une rose, ou autre semblable ornement.

Les palmettes A A, fig. 112 ; B, fig. 114 ; & A, fig. 119 ; sont des especes d’s ou consoles renversées, dont les extrémités inférieures semblent naître d’un rond ovale, ou anse de panier, sur lequel elles sont posées, s’élever ensuite & prendre diverses formes & contours.

Les queues de poireaux A, fig. 111 ; & B, fig. 112 ; sont des boules antées les unes sur les autres, dont la premiere & la derniere forment une queue de poireau, d’où elles tirent leur nom.

Les queues de cochons B, fig. 119 ; & A A, fig. 122 ; sont des especes d’s, qu’on fait naître d’une rose ou rosette, d’un fleuron, culot, &c. dont le milieu arrondi porte une queue de poireau ornée de fleuron ou culot, & l’extrémité en spirale porte une volute.

Les graines C, fig. 112 & 114, sont des especes de pointes ondées en forme de graines, d’où elles tirent leur nom, qui naissent d’une queue de poireau, ornée de feuilles d’eau, fleurons, ou culots.

Les boules BB, fig. 111, & autres, sont des boules de fer plus ou moins grosses, qui en servant d’ornemens, dégagent les contours, & leur donnent de la grace.

Des ornemens. Les ornemens se font de deux manieres différentes, la premiere en fer, se fait avec de la tole de Suede, relevée en bosse par des ouvriers qui en font leur capital, & qu’on appelle pour cela releveurs ; la deuxieme en cuivre est moulée, & fondue par les fondeurs en cuivre, auxquels on fournit des modeles ; ces derniers ornemens étant ciselés, mis en couleur d’or, & quelquefois dorés en feuilles ou en or moulu, sont moins durs, plus moileux, & ont beaucoup plus de grace que les autres, & au métal près coutent moins.

Les rinceaux A A, &c. fig. 115 ; C C, &c. fig. 117 ; B B, &c. fig. 122 ; & autres, sont les grands ornemens qu’on fait naître souvent d’une des extrémités des anses de paniers, consoles, enroulemens, &c.

Les fleurons D, fig. 112 ; B, fig. 113 ; D, fig. 114 ; & autres, sont des ornemens qui prennent naissance des queues de poireaux, des graines où ils sont le plus souvent placés, & dont les feuilles s’écartent de part & d’autre en-dehors.

Les culots C, fig. 111 ; E, fig. 112 ; C, fig. 113 ; E, fig. 114 ; & autres, sont des especes de petits fleurons, qui se placent aussi aux queues de poireaux des graines, mais dont les feuilles rentrent en dedans.

Les agraffes D, fig. 117 ; C, fig. 119 ; & AA, fig. 121 ; sont des especes de fleurons qui embrassent plusieurs contours, & semblent les agraffer ; ce qui leur en a fait donner le nom.

Les coquilles BB, &c. fig. 115 ; & C, fig. 122 ; sont en effet des coquilles de fer, imitées au naturel, qui font souvent partie des armes où elles sont placées.

Les roses & rosettes E, fig. 117 ; DD, fig. 119 ; & D, fig. 122 ; sont des especes de fleurons circulaires, dont les feuilles retournent sur elles mêmes en forme de roses, d’où elles tirent leur nom.

Les feuilles d’eau D, fig. 111 ; F, fig. 112 ; DD, &c. fig. 113 ; & autres, sont des feuilles spirales, arrondies & ondées, qui prennent naissance des anses de paniers, consoles, enroulemens, & queues de poireaux, des graines où elles sont placées.

Les cornets d’abondance E, fig. 122, placés aux couronnemens des grilles, sont en effet des cornets remplis de fleurs, fruits, graines, & autres figures symboliques.

Les palmes F, fig. 122, ornemens symboliques, analogues aux armes auxquelles elles servent souvent de bordures, sont des branches de palmier en fer, imitant le naturel.

Les feuillages HH, fig. 122, les fleurs & les fruits, les lions EE, fig. 119, & autres animaux de toute espece, placés souvent comme les cornets d’abondance, & les palmes aux couronnemens des grilles, sont aussi des ornemens symboliques & analogues au lieu où les ouvrages sont placés.

Des grands ouvrages en particulier. Quoique l’on place ordinairement au nombre des fers brutes les grands ouvrages, on ne laisse pas néanmoins d’en blanchir quelques-uns, & même quelquefois de les polir, d’en ciseler & dorer les ornemens ; ce qui demande alors un soin & un génie particulier, dont toutes sortes d’ouvriers ne sont pas capables.

Les dessus de porte, fig. 111 & 112, Pl. VIII. faits pour être placés au-dessus des portes, & procurer du jour aux passages lorsqu’ils sont fermés, sont de forme quarrée, circulaire, ovale, surbaissée, en anse de panier ; & enfin, comme les portes où ils sont placés. Ils sont composés de chassis GG de fer quarré d’environ 10 à 12 lignes, assemblés par leurs extrémités à tenon & mortaise, dont l’intérieur A B C D, &c. est subdivisé par compartimens de différens desseins & ornemens arrêtés ensemble de rivures & prisonniers.

Les balcons, fig. 113 & 114, faits pour servir d’appuis aux croisées, sont garnis de chassis G G, &c. assemblés par leurs extrémités à tenon & mortaise garnis par-dessus d’une plate-bande quart-deronnée HH, dans l’intérieur desquels sont contenus en ABCD, &c. quatre especes de desseins différens ; la premiere, appellée à arcade, est composée de barreaux espacés de distance en distance, d’environ 4, 5, & 6 p. formant arcade de deux en deux barreaux ; quelquefois par en-haut seulement, & quelquefois par en-haut & par en-bas ; on les appelle à arcades doubles, lorsqu’elles sont doublées, c’est-à-dire, de 4 en 4 barreaux ; la deuxieme, appellée à balustre, est lorsque ces compartimens forment en effet des balustres ; la troisieme, appellée à entrelas, est lorsque ces mêmes compartimens forment des petits panneaux ronds, ovales, quarrés, ou losanges entrelacés ; la quatrieme, appellée à panneau, est lorsque l’intérieur est subdivisé de différens compartimens de desseins & ornemens.

Les appuis, fig. 115, que l’on appelle aussi garde-fous, faits pour la commodité, & principalement pour la sûreté humaine, se placent à l’extrémité des terrasses, perrons, trotoirs, &c. ainsi que dans les églises aux tribunes, chapelles, & sur-tout à celles dites de communion. Ils sont, comme les balcons, de quatre especes différentes, c’est-à-dire, à arcades simples & doubles, à balustres, à entrelas, & enfin à panneau, dans lesquels on insere quelquefois les armes de ceux chez qui ils sont placés, leurs chiffres, devises, allégories, &c. On les fait quelquefois à tombeau, c’est-à-dire, qu’au lieu d’être perpendiculaires par leur profil, ils font le ventre par en-bas en forme de consolle ou demi-balustres. On voit à Paris & ailleurs, quantité d’exemples de ces diverses especes travaillés avec tout le goût possible ; les uns & les autres sont garnis de chassis G G, &c. surmontés de plate-bande quart-deronnée H H, &c. dont l’intérieur est subdivisé de compartimens AA, &c. BB, &c.

Les rampes, fig. 116 & 117, faites comme les appuis & les balcons pour servir à la sûreté humaine, se placent ordinairement sur les limons des escaliers. Ce sont des especes d’appuis rampans, d’où ils tirent leur nom, qui sont comme ces derniers de quatre especes ; la premiere, à arcades simples & doubles, dont l’une AA, fig. 116, est composée de liens à cordons BB, chassis, CC, plate-bande quart-leronnée, DD, montant, E, & vase de cuivre, F, & l’autre à arcade double ; la seconde espece à balustre ; la troisieme, à entrelas, & la quatrieme, fig. 117, à panneau composé de différens compartimens décorés plus ou moins d’ornemens ABC, &c. arrêtés ensemble de rivures & prisonniers ; le tout contenu dans l’intérieur d’un chassis GG, &c. surmonté de plate-bande quarderonnée HH ; on en peut voir de cette espece une des plus belles qu’il y ait au grand escalier de la bibliotheque du roi à Paris, qui a été faite avec tout le goût & l’art possible.

Les grilles sont des portes ou croisées évuidées à jour, faites pour la sûreté, & en même tems pour donner du jour & prolonger la vue au-delà des lieux où elles sont posées ; on les place à l’entrée des châteaux, parcs & jardins, à l’extrémité de leurs allées, avenues, &c. & dans les églises & couvens de religieuses, à l’entrée des chœurs, chapelles, charniers, parloirs, &c. ainsi qu’aux croisées des maisons particulieres. Il en est de deux sortes ; l’une à barreau, & l’autre à panneau ; celle à barreau se fait de trois manieres différentes ; la premiere, à barreau simple, fig. 118, Pl. IX. placée dans les baies des croisées pour la sûreté, & en même tems pour donner du jour dans l’intérieur des bâtimens, n’est autre chose que des barreaux droits A A, &c. depuis 8 jusqu’a 12 lignes de grosseur, scellés par en-haut & par en bas dans les tableaux.

La deuxieme, appellée à barreau & à traverse, placée dans les mêmes endroits, & employée aux mêmes usages, est de six especes ; la premiere, fig. 119, qu’on appelle simple, est celle qui n’a qu’une traverse B, pour soutenir les barreaux AA, &c. sur leur longueur ; la deuxieme, fig. 120, qu’on appelle à pointe, est celle dont les barreaux AA, &c. ont des pointes par le haut ; la troisieme, fig. 121, qu’on appelle à pointe montée sur boule, est celle dont la traverse inférieure B, est montée sur des boules CC ; la quatrieme, fig. 122, qu’on appelle à tombeau simple, est celle dont les barreaux recourbés font le ventre par en-bas, pour procurer la facilité de voir ce qui se passe au-dehors ; la cinquieme, fig. 123, qu’on appelle à tombeau avec traverse, est semblable à la précédente, à l’exception qu’elle est garnie de traverses B, autant que la longueur des barreaux AA, &c. l’exige ; la sixieme, qu’on appelle à tombeau avec saillie, est celle dont la partie inférieure ressemble à celle des précédentes, mais dont la partie supérieure ayant les barreaux AA, &c. recourbés forme saillie.

La troisieme maniere est de deux sortes, l’une dormante & l’autre battante. La premiere, employée aux mêmes usages & placée dans les mêmes endroits, est de deux especes ; l’une dont les traverses & les barreaux sont à tenons & mortaises arrêtés à demeure sur un chassis assemblé, aussi à tenon & mortaise, & rivé par ses extrémités ; l’autre, fig. 125. employée le plus souvent aux parloirs des couvens de religieuses, dont les traverses AA &c. & les barreaux BB &c. entrelacés & entaillés moitié par moitié forment des quarrés ou losanges égaux, montés ensemble sur un chassis CC assemblé aussi par ses extrémités à tenon & mortaise, & rivé. La seconde sorte, appellée battante, employée pour toute sorte de porte, est à un & deux ventaux, quelquefois à pointe ou à esponton par le haut, quelquefois décorés de frises & couronnemens, accompagnés aussi de pilastres ornés de consoles, de chardons par les côtés ou autrement, selon la situation des lieux.

Celle que représente la fig. 126. destinée à être placée à l’entrée d’une petite cour, d’un petit, &c. est à un seul vantail composé d’un montant de derriere A, portant pivot d’un montant de devant B, de traverses CC, &c. & de barreaux DD, &c. à pointes droites & ondées par en-haut & à tenon, rivés par en-bas.

La fig. 127. Pl. X. représente une grille destinée pour l’entrée d’un château, d’un parc, &c. est à deux vantaux, ayant chacun un chassis composé de montans BB, &c. dont un porte le pivot, & de traverses CC, &c. à couper, dont l’intervalle haut & bas est rempli de barreaux DD, &c. assemblés par chacune de leurs extrémités à tenon & mortoise dans les traverses CC, &c. & le milieu EE d’un compartiment de dessein forment ce qu’on appelle frise ; près de ces vantaux est un pilastre composé de montans FF, &c. dont un porte la crapaudine du pivot de traverses GG, &c. remplies haut & bas de barreaux HH, &c. formans l’un dans les extrémités & son milieu différens compartimens de desseins, & l’autre un cadre, & le milieu I porte une frise composée de deux anses de paniers ; les portes & les pilastres sont surmontés d’une barre de linteau KK, portant le couronnement L de la porte composé d’anse de panier, simples & doubles queues de cochons & ovales, contenant le chiffre du roi, & celui M du pilastre composé d’anse de panier & losanges entrelacés : cette grille est soutenue de chaque côté par une console A subdivisée de chardons de toute espece, remplissant les vuides pour défendre l’entrée aux étrangers.

La deuxieme sorte sont les grilles à panneau, fig. 128. il en est d’autant de formes que les goûts sont différens. Celle-ci destinée pour une église à l’entrée d’un chœur, d’une chapelle, &c. est à deux vantaux, composés chacun de montans FF, &c. & traverses GG, &c. dont l’intérieur est subdivisé de différens compartimens de desseins, comme anses de panier, autres en sautoirs, queues de poireaux ovales, contenant des chiffres, &c. décorés de rinceaux, fleurons, & autres ornemens ; près de chacun desquels est un pilastre tenant de l’architecture, dont le fût HH, &c. subdivisé de barreaux forme des especes de cannelures, la base I est décorée de moulures, & le chapiteau K d’ornemens imitant les feuilles des chapiteaux corinthiens : ces chapiteaux & la frise sont couronnés d’une corniche LL, ornée de moulures, surmontée d’un couronnement fort riche, composé de palmettes, consoles, anses de paniers, queues de cochons, de poireaux, &c. des armes & attributs détaillés de ceux à qui elle appartient, surmonté quelquefois d’une croix ou autre dessein pyramidal ; le tout décoré de différens ornemens. Il arrive quelquefois que, pour donner du mouvement au plan, on ajoute de chaque côté en avant & en arriere-corps un contre-pilastre composé de montans MM, &c. & traverses NN, &c. subdivisé dans son inférieur de compartimens, avec ornemens, surmontés aussi d’un petit couronnement pyramidal O.

La fig. 129. Pl. XI. représente une grille à deux vantaux, placée à l’entrée du vestibule du château de Maisons près Paris. Cette grille qui, dans son tems, fut regardée comme un des plus beaux morceaux dans son genre, est composée de rinceaux & feuillages AA, &c. têtes d’animaux, masques BB, &c. ovales CC, contenant des figures allégoriques & autres différens ornemens arabesques, bordée tout-autour d’un chassis double DD, &c. assemblée à tenon & mortaise, contenant des cercles entrelacés EE, &c. & de rosettes FF, &c. aux angles & aux milieux.

La fig. 130. représente une grille dormante, telle qu’on en voit autour des chœurs de la plûpart de nos églises, composée de panneaux AA & pilastres BB, surmontés de couronnemens CC, &c. le tout en compartiment de desseins décorés d’ornemens, posée sur un appui DD, &c. en menuiserie, pierre ou marbre.

La fig. 131. Pl. XII. est un couronnement des plus riches qu’on puisse voir destiné à être placé au-dessus d’une grille de chœur d’église, composé de compartimens, d’ornemens, des armes de France ; & leurs attributs, de palmes, feuillages, cornets d’abondance, & autres allégories, surmonté d’une croix ou autre sujet pyramidal décoré d’ornemens.

La fig. 132. est un vase AA orné de moulures & de différens ornemens des mieux choisis, élevés sur un socle BB, servant d’amortissement au chapiteau CC d’un pilastre décoré de feuillages, caulicoles & volutes.

Les fig. 133. & 134. sont des potences ou porte-enseignes, faits en effet pour porter des enseignes, dont l’une, fig. 133. destinée pour la maison d’un marchand de vin, est composée de consoles B arrêtées sur une barre de fer A, tournant à pivot ou à demeure, portant un masque C, de la bouche duquel sort un sep de vigne D chargé de ses fruits & de ses feuilles ; figures symboliques artistement arrangées, & qui se tourmentent autour d’une grande console saillante EE, dont l’extrémité divisée en deux parties porte un plateau F, sur lequel est un bélier G, servant d’enseigne à la maison. L’autre potence, fig. 134. est composée d’anses de panier, simples & doubles, de consoles ovales, queues de cochons, de poireaux, graines, &c. décorés d’ornemens ; à l’un des côtés de laquelle pendent deux esses AA pour porter l’enseigne, arrêtées ensemble de riveures & prisonniers sur une barre de fer B, portant par chacune de ses extrémités un vase C orné de moulures, & tournant à pivot sur des lassets DD scellés dans le mur.

Tous ces ouvrages joints à quantité d’autres que nous voyons tous les jours, tels que les grille, du chœur de l’église métropolitaine de Paris ; celles du chœur de l’église de S. Denis en France ; celles derriere le chœur de l’église S. Germain l’Auxerrois ; celles du chœur de l’église S. Roch, la rampe de la chaire de la même église ; un dossier d’œuvre dans l’église de S. Nicolas des Champs, sont autant d’ouvrages dignes de servir d’exemples à la postérité, & font voir en même tems jusqu’à quel point l’on a porté l’art de Serrurerie, sur-tout depuis ces derniers siecles. On voit dans l’église patriarchale de Lisbonne en Portugal trois grilles faites à Paris vers les années 1744 & 1745, avec tout le goût & l’art possible, toutes les formes rondes sont tournées au tour, les ornemens d’un choix admirable, sont ciselés & dorés avec beaucoup de finesse & propreté, les fers en sont polis & dressés à la regle au dernier degré ; en un mot, ces ouvrages auxquels on n’a rien épargné, & qui ont couté plus de quatre cens mille livres, passent pour les plus beaux que l’on ait encore vus en ce genre.

Des ouvrages limés. On appelle ouvrages limés ceux pour lesquels on a employé la lime, soit pour les ajuster, ou pour leur donner la propreté que l’on juge à propos. Tels sont toutes les serrures, bec-de-cannes, tergettes, loqueteaux, loquets, crochets, fiches, pommelles, couplets, briquets, charnieres, équerres, espagnolettes, verrouils, bascules, tringles, & quantité d’autres de différente espece. Il en est de trois sortes ; les premiers, que l’on appelle communs, sont ceux qui n’ayant point été limés, sont noirs & comme sortant de la forge ; les seconds, qu’on appelle blanchis ou poussés, sont ceux qui ayant été blanchis ou poussés à la lime d’Allemagne, sont faits un peu plus proprement & avec plus de soin que les précédens ; les autres, qu’on appelle polis, sont ceux qui ayant été polis à la lime-douce, & ensuite à l’émeril, ont acquis un éclat & un brillant que les autres n’ont pas, & en effet sont les mieux faits & les plus propres de tous, mais en même tems les plus chers.

Des serrures. Les serrures qui ont donné leur nom aux ouvriers qui les font, sont des ouvrages d’un mécanisme très-ingénieux & d’une très-grande utilité, sur-tout pour la sureté publique. Nous n’entrerons point en détail sur leurs propriétés, étant déja fort connues par le grand usage que l’on en fait tous les jours, mais plutôt sur leur composition, après avoir traité des clés qui servent à les ouvrir & fermer, & de leurs garnitures.

Les clés sont des petits instrumens de fer très-utiles, qui se portent avec soi, composés d’un anneau, d’une tige & d’un panneton avec lequel on ouvre & on ferme les serrures qui tiennent les portes fermées & assurées contre l’entreprise des gens mal-intentionnés ; il en est de deux sortes, les unes qu’on appelle forées, sont celles dont les tiges sont percées ou forées ; les autres qu’on appelle à bouton, sont celles qui n’étant point forées, portent un petit bouton par le bout.

Des clés forées. La fig. 1, Pl. XIII. représente une clé forée à museau quarré A & fendu pour le passage des dents du rateau, fig. 52, Pl. XV. portant pour garniture un rouet simple B, une boutrole C & un rouet D, avec pleine-croix & demi-fût de vilebrequin, autant de vuides servant de passages aux garnitures pleines, dont la fig. 2 représentant l’élévation de la pleine-croix avec demi-fût de vilebrequin, fait partie.

La fig. 3 représente une clé forée aussi à museau quarré A & fendu, portant pour garniture une boutrole coudée B, un rouet C, avec demi-fût de vilebrequin, & une autre clé D, dont la fig. 4 représente l’élévation.

La fig. 5 représente une clé forée à museau quarré A, dont deux intervalles de dents sont à petits boutons, portant pour garniture un rouet B avec pleine-croix, une boutrole en croix C, & un rouet coudé D représenté en élévation par la fig. 6.

La fig. 7 représente une clé forée à museau quarré A, dont deux intervalles de dents sont à gros boutons, portant pour garniture deux rouets en fond de cuve BB, avec pleine-croix de S. André, dont la fig. 8 représente l’élévation.

La fig. 9 représente une clé forée à museau quarré A & fendu, portant pour garniture un rouet simple B & un rouet C, avec fût de vilebrequin représenté en élévation par la fig. 10.

La fig. 11 représente une clé forée à museau à congé A & fendu, portant pour garniture un rouet B en i grec, une boutrole en croix atée C & un rouet D, avec pleine-croix & fut de vilebrequin até, dont la fig. 12 représente l’élévation.

La fig. 13 représente une clé forée à museau à congé A & fendu, portant pour garniture deux rouets en fond-de-cuve BB, avec pleine-croix atée dont la dont la fig. 14 représente l’élévation.

La fig. 15 représente une clé forée à museau à congé A & fendu, portant pour garniture un rouet B avec pleine-croix & demi-fût de vilebrequin até, un autre rouet C avec pleine-croix en h & un fût de vilebrequin D monté sur planche représenté en élévation par la fig. 16.

La fig. 17 représente une clé forée à museau à congé avec filet A & tendu, portant pour garniture deux rouets atés BB, deux autres aussi atés CC avec pleine-croix oblique à une fleur de lis D montée sur planche, représentée en élévation par la fig. 18.

La fig. 19 représente une clé forée à museau à congé avec filet A & tendu, portant pour garniture une boutrole B & un rouet C avec pleine-croix surmontée d’esse représentée en élévation par la fig. 20.

La fig. 21 représente une clé forée à museau quarderonné A, fendu & percé sur sa longueur, d’un trou rond pour le passage d’une petite broche placée à l’entrée de la serrure, portant pour garniture une boutrole en croix coudée B, un rouet C, avec pleine-croix & fût de-vilebrequin horisontal dont une branche à pleine-croix représentée en élévation par la fig. 22.

La fig. 23 représente une clé forée à museau quarderonné A fendu & percé d’un trou losange, quelquefois en triangle, cœur, trefle, pique, ou autre forme que l’on juge à-propos, portant pour garniture deux rouets simples BB, trois autres CCC, l’un avec pleine-croix, & les deux autres chacun un fût de vilebrequin représentés en élévation par la fig. 24.

La fig. 25 représente une clé en esse forée à museau quarré A fendu, dont trois intervalles de dents à boutons, portant pour garniture une bouterole atée B & un rouet C avec fût de vilebrequin horisontal, ayant une branche à double pleine-croix, dont un côté coudé & l’autre simple ; l’autre pleine-croix à branche coudée d’un côté & de l’autre à deux branches représenté en élévation par la fig. 26.

La fig. 27 représente un clé en zed ou autre forme forée à museau quarré A fendu, dont deux intervalles de dents até, & percé sur sa longueur d’un trou oval pour le passage d’une petite broche de même forme placée à l’entrée de la serrure, portant pour garniture un rouet simple B, une boutrole C, avec fût de vilebrequin, & un rouet D avec pleine-croix & fût de vilebrequin entier d’un côté, & à demi de l’autre, représenté en élévation par la fig. 28.

Des clés à boutons. La fig. 29 Pl. XIV. représente une clé à bouton à museau quarré A & fendu pour le passage des dents de rateau, garnie d’une eve B, pour empecher la clé de passer au-travers de la serrure, portant pour garniture deux rouets simples CC, un double D monté sur planche, & un rond E près de la tige de la clé, aussi monté sur planche représenté en élévation par la fig. 30.

La fig. 31 représente une clé à bouton à museau quarré A & fendu, garnie d’eve B, portant pour garniture deux rouets simples CC & un losange D monté sur planche, représenté en élévation par la fig. 32.

La fig. 33 représente une clé à bouton à museau quarré A & fendu, garnie d’eve B, portant pour garniture deux rouets simples CC, un double D monté sur planche, & un trefle E aussi monté sur planche, représenté en élévation par la fig. 34.

La fig. 35 représente une clé à bouton à museau quarré A & fendu, garnie d’eve B, portant pour garniture deux rouets coudés CC, un double D accompagné d’un rond monté sur planche, & un autre E aussi double à congé, accompagné d’un oval monté sur quarré, tous deux montés sur planche, représentés en élévation par la fig. 38.

La fig. 39 représente une clé à bouton à museau à congé & filet A fendu, garni d’eve B, portant pour garniture deux rouets simples CC, deux autres DD, portant demi-croix d’une pleine-croix E montée sur planche en croix de S. André, & d’un losange F à angles aigus, aussi monté sur planche, représenté en élévation par la fig. 40.

La fig. 41 représente une clé à bouton à museau à congé & filet A fendu, garnis d’eve, portant pour garniture deux rouets en fond-de-cuve coudée CC, un double D en argot monté sur planche, & un E d’alphabet E aussi monté sur planche, représenté en élévation par la fig. 42.

La fig. 43 représente une clé à bouton à museau à congé & filet A fendu, dont deux intervalles de dents à té garnis d’eve B, portant pour garniture deux rouets simples CC, deux en i grec DD, une croix de chevalier E accompagnée d’un côté de congé, & de l’autre, d’un bouton, montés ensemble sur planche, & deux rouets doubles FF ceintrés & se joignant en forme d’anneau, montés aussi sur planche, représenté en élévation par la fig. 44.

La fig. 45 représente l’élévation, & la fig. 46 le profil d’un mandrin ou moule servant à contourner une garniture A, fig. 46, disposée en fût de vilebrequin ; pour y parvenir, on se sert d’une plaque de fer B fendue dans le milieu en deux endroits CC & DD, à-travers laquelle on passe les deux branches EE de la garniture, fig. 46, après les avoir déja coudées une fois de chaque côté pour les recouder ensuite étant en place ; après quoi l’on fait rougir le tout ensemble pour le contourner & arrondir à son gré ; ensuite on coupe le mandrin B, qui ne peut servir qu’une fois pour en retirer la garniture & la poser dans la serrure au lieu qui lui est propre.

La fig. 47 représente l’élévation, & la fig. 48 le profil d’un mandrin employé au même usage que le précédent, mais pour une garniture d’une autre espece, faisant partie de celle de la fig. 28, composé de trois morceaux AB & C, qui pour pouvoir être contournés à chaud, ont besoin de deux viroles ou liens DD pour les contenir ensemble.

La fig. 48. représente l’élévation d’un autre mandrin, & la fig. 49. le profil employé pour une garniture en esse, faisant partie de celle de la fig. 20. composé d’une broche double coudée en A sur elle-même, dont les deux autres bouts sont retenus ensemble par une virole B rivée ; c’est autour de cette broche que l’on contourne la garniture en esse C, pour arrondir ensuite le tout ensemble à chaud.

La fig. 50. représente le développement du trefle, faisant partie de la garniture de la planche, fig. 34. & la fig. 51. celui de la croix de chevalier, faisant partie de la garniture de la planche, fig. 44. tels qu’on les fait avant que de les contourner, selon la place qu’ils doivent occuper, ainsi que toutes les autres formes que l’on juge à propos d’employer à cet usage.

Des différentes especes de serrures. Les serrures s’emploient indifféremment à toutes sortes de portes croisées, armoires, &c. & tout ce qui peut servir à fermer, serrer, & tenir en sureté tout ce que l’on possede, & même de plus précieux : il en est de quatre especes différentes ; la premiere qu’on appelle serrures de portes, sont celles que l’on place aux portes, il en est depuis deux pouces jusqu’à douze & quinze pouces de longueur, qui sont alors pour les portes-cocheres ; la deuxieme que l’on appelle serrures d’armoires, sont celles que l’on place aux armoires, qui portent depuis deux pouces jusqu’à sept à huit pouces de longueur ; la troisieme qu’on appelle serrures de tiroirs, sont celles que l’on place aux tiroirs, & qui portent aussi depuis deux pouces jusqu’à sept à huit pouces de longueur ; & la quatrieme, qu’on appelle serrures de coffres, sont celles que l’on place aux coffres, qui portent depuis trois pouces jusqu’à dix & douze pouces de longueur : les unes & les autres sont à broche, bénardes, en esse, zede, &c. On les appelle à broche, lorsqu’en effet elles portent une broche qui entre dans la tige de la clé forée : on les appelle bénardes, lorsque ne portant point de broches, la tige de la clé au-lieu d’être forée porte un petit bouton ; & en esse, zed, &c. lorsque le panneton de la clé forme l’este, le zed, &c.

Des serrures de porte. Les serrures de portes se divisent en six especes ; la premiere est appellée à tour & demi, parce qu’il faut que la clé fasse un tour & demi pour l’ouvrir ; la seconde est appellée pêne dormant, parce que le pêne demeure & dort pour ainsi dire, dans l’endroit où la clé le place, différent de celui de la précédente serrure, en ce que le ressort à boudin le repousse toujours ; la troisieme est appellée à pêne dormant & demi-tour, parce qu’à ce pêne dormant est joint un autre pêne où la clé ne fait qu’un demi-tour pour l’ouvrir ; la quatrieme appellée à pêne fourchu, & demi-tour, ne differe de la précédente que parce que le pêne dormant est à deux branches, formant la fourche dont il tire son nom ; la cinquieme appellée à pêne fourchu demi-tour, & à feuillot, ou à bouton olive, parce que semblable aussi à cette derniere, le pêne demi-tour s’ouvre par le moyen d’un bouton de forme olive, ou par un fouillot mu par le même bouton ; la sixieme appellée à pêne fourchu demi-tour à feuillot & à verrouils, est lorsqu’à toutes les pieces dont la précédente est composée on y ajoute une espece de pêne formant verrouils ; les unes & les autres sont noires, poussées ou blanchies & polies : les serrures noires sont ainsi appellées parce qu’étant de peu de conséquence, le dessus du palatre, ainsi que celui de la cloison en est noirci, ce qui se fait au feu avec de la corne de bœuf ; les poussées ou blanchies sont celles qui étant d’un peu plus grande conséquence, le même dessus de palatre & de cloison est poussé & blanchi à la lime d’Allemagne, ainsi que les principales pieces de l’intérieur de la serrure, ce qui est un peu plus propre que les précédentes. Les serrures polies qui sont ordinairement faites avec soin & solidité, sont celles dont les mêmes palatres & cloisons, après avoir été poussés & blanchis, sont polis à la lime douce à l’huile, & quelquefois à la potée d’émeril, de même que les principales pieces de l’intérieur.

La premiere espece de serrure appellée à tour & demi (fig. 52. Pl. XV.) est composée de palatre AA, cloison BB, garni d’étochios C C, &c. arrêté sur le palatre AA de pêne chanfriné E, garni de sa gachette ; son ressort & picolet de bouton à coulisse & cache-entrée de ressort à boudin N, planche & rateau P de foncet Q, garni de son canon R ; il en est de noires, de poussées & de polies.

La fig. 53. represente le pêne chanfriné par la tête A, portant à sa queue des barbes BB, par lesquelles on le fait mouvoir dans la serrure avec la clé garnie de sa gachette C & son ressort D.

La fig. 54. en représente la clé composée de son anneau en cuisse de grenouille A, de sa tige B, embasse C, bouton D, panneton E, museau F, & eve G, garnie de sa planche en cœur H.

La fig. 55. en représente le picolet.

La fig. 56. en représente le cache-entrée, qui en effet cache l’entrée de la serrure d’où il tire son nom.

La fig. 57. en représente le ressort à boudin.

La fig. 58. en représente le bouton à coulisse, par le moyen duquel on fait jouer le demi-tour du pêne sans le secours de la clé ; A en est le bouton & B la coulisse.

La fig. 59. en représente le rateau. A en est la patte, & B les dents faites pour passer dans les fentes du museau F de la clé (fig. 54.) lorsqu’on la tourne, & par-là défendre le passage à toute autre clé qui ne seroit pas fendue de la même façon.

La seconde espece appellée à pêne dormant (fig. 60.) est composée de palâtre AA, cloison BB, & ses étochiots C C, &c. pêne dormant F, & son picolet I, ressort dormant O, planche S, rouet T, & broche U : il en est aussi de noires, de poussées & de polies.

La fig. 61. en représente le pêne dont A est la tête, BB les barbes, & C la queue en forme de talon.

La fig. 62. en représente le ressort dormant.

La troisieme espece appellée à pêne dormant & demi-tour (fig. 63.) est composée de palâtre AA, de cloison BB, garnie de ses étochiots CC, de pêne dormant F, & son picolet I, d’un ressort dormant O, d’un rouet T, d’une broche U, d’un demi-tour chanfriné H, son picolet K, ressort à boudin N, bouton à coulisse V, & équerre X, qui poussé par le mouvement de la clé, fait mouvoir le demi-tour ; il en est seulement de poussées & de polies.

La fig. 64. en représente le pêne dormant, composé de sa tête A, de ses barbes BB, & de sa queue talonnée C, garni de sa gachette D, & son ressort E.

La fig. 65. en représente le demi-tour, composé de sa tête chanfrinée A, & de sa queue talonnée B, percée au milieu d’un trou plat C, pour placer le bouton de la coulisse & près de sa tête A, d’un autre trou quarré D, pour placer le bout de l’équerre qui le fait mouvoir dans la serrure.

La quatrieme espece appellée à pêne fourchu & demi-tour (fig. 66. Pl. XVI.) ne differe de la precédente que par son pêne, dont la tête à deux branches forme une espece de fourche, en ce qu’elle a une seconde entrée Z, pour pouvoir l’ouvrir avec la clé en-dedans comme en-dehors ; il en est de poussées & de polies, & jamais de noires.

La cinquieme espece appellée à pêne fourchu demi-tour & à feuillot ou bouton olive (fig. 67.) est semblable à la précédente, à l’exception que ses étochiots D D, &c. sont à patte, pour arrêter par-là la serrure avec des vis, & que la queue du demi-tour est coudée, pour la poavoir faire mouvoir par le moyen d’un feuillot Y, mu à son tour par un bouton ordinairement de forme olive, tel que celui, fig. 70. il en est de poussées & de polies.

La fig. 68. représente le demi-tour, dont la queue est coudée en A.

La fig. 69. représente le fouillot de cette serrure.

La fig. 70. en représente le bouton.

La sixieme espece appellée à pêne fourchu demi-tour, fouillot & verrouils (fig. 71.) est aussi semblable à la précédente, à l’exception qu’il y a de plus une espece de pêne J formant verrouils, mu par le bouton à coulisse V ; ces sortes de serrures sont ordinairement toujours polies, la grande quantité & la sujétion des pieces dont elles sont composées en valant bien la peine.

La fig. 72. en représente le pêne fourchu à trois branches par sa tête A, garni de ses barbes BB, & de sa queue talonnée C.

Ces dernieres especes de serrures sont quelquefois couvertes d’un palâtre de cuivre ciselé, doré d’or moulu, & enrichis d’autres ornemens très-précieux à l’usage des appartemens d’importance.

Des serrures d’armoires. Les serrures d’armoire sont de trois sortes ; les unes sont à tour, & demi-simples ; les autres sont à bec de cane, & les autres à pignon ; toutes sont poussées ou polies.

Les premieres, fig. 73, Pl. XVII. sont composées de palâtres AA, cloison BB, garnie de ses étochiots simples C C, &c. de pêne à tour & demi E, de picolet I, de ressort simple L, & sa gachette M, de foncet Q, & de broche U.

La fig. 74, représente le ressort simple & la gachette de la serrure précédente.

La seconde sorte de serrure d’armoire, appellée à bec de cane, fig. 78, parce qu’elle fait mouvoir un bec de canne (espece de serrure dont nous parlerons dans la suite), placé au haut de l’armoire, par le moyen de la broche U, faisant mouvoir l’équerre X, qui tire le bec de canne par le moyen d’une tringle de conduit & ; cette serrure differe encore de la précédente, par sa couverture a qui en cache entierement l’intérieur.

La figure 76, représente l’équerre de cette serrure.

La troisieme sorte de serrure d’armoire, fig. 77, fort souvent à pêne fourchu & demi-tour, est appellée à pignon, parce qu’en effet elle porte un pignon b, mu intérieurement par les dents du pêne G, faisant mouvoir haut & bas les branches dentées ou cramaillées cc des verrouils ; cette serrure est comme la précédente, couverte d’une plaque a qui en cache l’intérieur.

La fig. 78, en représente le pêne fourchu, composé de sa tête A, de ses barbes BB, de ses dents C, & sa queue D.

La fig. 79, en représente le pignon.

La fig. 80, représente la cramaillée, coudée de verrouils, fig. 81, composée de son verrouil A, platine B, & cramponets CC.

Des serrures de tiroir. Les serrures de tiroir sont de deux sortes ; les unes sont à pêne dormant simple, les autres sont à pêne dormant ou fourchu & demi-tour ; les unes & les autres sont encloisonnées, c’est-à-dire lorsqu’elles ont une cloison, ou non encloisonnées, c’est à-dire lorsqu’elles n’en ont point : on les reconnoit lorsque l’entrée est en même direction que les pênes, différentes des autres, en ce que les premieres ont leurs entrées d’équerre à leur pêne.

La premiere espece, fig. 82, appellée à pêne dormant non encloisonnée, se place assez ordinairement aux tiroirs de commodes, de secrétaires, &c. & est composée de palâtre AA, de pêne dormant F, picolet I, ressort dormant O, foncet Q, & broche U.

La deuxieme fig. 83, appellée à pêne fourchu, & demi-tour encloisonné, est une serrure de sureté, & se place le plus souvent à des tiroirs où l’on serre de l’argent, de l’argenterie, & autres effets précieux ; elle est composée à-peu-près des mêmes pieces que les autres, de palâtres AA, cloison BB, pêne fourchu G, demi-tour H, broche U, & couverture a.

Ces deux especes sont seulement poussées ou polies, & jamais noires.

Des serrures de coffre. Les serrures de coffre sont des serrures employées à toute sorte de coffre ; mais principalement aux coffres forts, toutes poussées ou polies, & jamais noires ; il en est de plusieurs especes, selon la quantité de fermetures dont elles sont composées, c’est-à-dire à une, deux, trois, quatre, cinq, six, dix, vingt, & cinquante fermetures, si on le jugeoit à propos ; le nombre n’en étant point fixé, leurs clés sont aussi de différentes formes ; la plûpart à canon, à double forure, fig. 84 & 85, Pl. XVIII. à double forure & broche, fig. 86 & 87 ; à tiers-point, fig. 88 & 89 ; à étoile, fig. 90 & 91 ; à treffle, fig. 92 & 93 ; à cœur, fig. 94 & 95 ; à fleur de lis pleine, fig. 96 & 97 ; creuses, fig. 98 & 99 ; & autres formes que l’on juge à propos : les fig. 100, 101, & 102, étant autant de mandrins qui servent à mandriner leur canon, de même que de semblables plus petits servent à mandriner les tiges des clés.

La premiere espece de serrure de coffre, a une seule fermeture, fig. 103, Pl. XIX. est composée de palâtre AA, percée d’un trou oblong d pour le passage de l’aubron de cloison BB, & les étochiots, CC, &c. d’un pêne dormant simple F, mais fait différemment que ceux des serrures précédentes, de sa gache e e, &c. picolets I, ressorts O, boutroles f, & broche U.

La deuxieme a deux fermetures, fig. 104, est composée comme la précédente, de palâtre AA, percée de trous oblongs dd, cloisons BB, & ses é tochiots CC, d’un pêne dormant simple F, & sa gache e, ses picolets I, ressorts O, & d’un pêne demi-tour à bascule g, sa gache e, & ressorts L, rouet T, & broche U.

La troisieme a trois fermetures, fig. 105, ressemble aux précédentes, à l’exception que le pêne dormant FF est double, & que le demi-tour à bascule g se trouve placé au milieu.

La quatrieme, fig. 106, à quatre fermetures est aussi composée de la même maniere que les précédentes, à l’exception que le pêne dormant FF est double, & qu’il y a un demi-tour à bascule g de chaque côté.

Celles que l’on fait à plus de fermetures, ne différent de cette derniere que parce que le pêne dormant est triple, quadruple, quintuple, sextuple, &c.

La fig. 107, représente une aubroniere simple, à une ou deux aubrons ou fermetures AA, selon la quantité des fermetures de la serrure où elle doit servir entrant dans les trous d d, &c. des serrures, fig. 103, 104, &c. & montée sur une platine B, percée de trous pour l’arrêter sur le couvercle des coffres.

La fig. 108, représente une aubroniere à té, composée de ses aubrons A A, &c. en plus ou moins grande quantité, selon le nombre des fermetures de la serrure où elle doit appartenir, & de sa platine à té B percée de trous.

La fig. 109, représente le pêne dormant double de la serrure, fig. 106, composé de ses têtes AA, de son corps BB, talonné de chaque côté, & de ses barbes CC.

Les fig. 110 & 111, représentent les deux demi-tours à bascule ; de la serrure, fig. 106, composés de leur tête A, & de leur queue B.

La fig. 112, représente le demi-tour à bascule de la serrure, fig. 105, composé de sa tête A, & de sa queue B.

La fig. 113, Pl. XX. représente un coffre fort armé de fer en-dehors & en-dedans, garni d’une ferrure à douze fermetures ou pênes HH, &c. tous demi-tours garnis chacun de leurs picolets KK, &c. & de leur ressort à boudin N N, &c. mûs par autant d’équerres ou bascules h, poussées par un grand pêne i, composé de différens talons, garni aussi de ses picolets KK, mu à son tour par la clé dans la boëte k, & pour plus de sûreté on arrête sur le couvercle deux gaches à pattes l, qui s’emboitent dans deux autres coudées m, arrêtées en-dedans du coffre.

La fig. 114, représente un des pênes composé de sa tête chanfrinée A, & de sa queue à talon B, garnis de son ressort à boudin C.

Les fig. 115 & 116, représentent les picolets à patte du pêne précédent.

La fig. 117, représente le grand pêne de la même serrure, composé de ses talons A A, &c. & de sa barbe B.

La fig. 118, en représente une des équerres.

La fig. 119, une bascule.

Les fig. 120 & 121, les gaches à pattes.

La fig. 122, en représente la clé garnie de pleines croix simples & atées, & la fig. 123, la boîte avec ses garnitures.

De quelqu’autres especes de serrures. Il est encore des serrures de différentes formes, selon les places qu’elles doivent occuper, telles que des serrures ovales, à bosses, & autres, appellées ainsi à cause de leur forme.

Les serrures ovales, fig. 124, Pl. XXI. noires, poussées, ou polies, s’emploient pour fermer les fleaux des portes cocheres, par le secours d’un moraillon n, & sont composées à-peu-près comme les autres, de palâtre A, cloison B, broches U, pêne, ressorts, &c. les autres, fig. 125, appellées à bosses, parce que leur palâtre est en effet en forme de bosse, sont seulement noires, & sont employées aux portes de caves, de souterrains, &c. & sont composées seulement de palâtre A, sans cloison, de pêne, picolet, ressorts, & autres pieces dont les autres serrures sont composées ; de verrouil oo, son moraillon n, & les lacets à pointes molles p.

Des cadenats. Les cadenats à l’usage des portes de cave, coffres, valises ou porte-manteaux, sont noirs ou poussés seulement, & presque jamais polis : on les fait quarrés, ronds, ovales, triangulaires, en boules, en écussons, en cœurs, en cilindres, ou autres formes : on les divise en trois sortes, les uns à serrure, les autres à ressort, & les derniers à secret : les premiers sont ainsi appellés, parce qu’ils sont composés intérieurement de pêne, picolet, ressorts, & autres pieces des serrures ; les autres sont appellés à ressort, parce que n’ayant rien de ce qui compose les serrures, ils se ferment par le secours de ressorts ; les derniers sont appellés à secret, parce qu’étant fermé par un secret, il n’y a que celui qui le connoît qui puisse les ouvrir.

Les cadenats à serrure, fig. 126. dont la clé est semblable à celle des serrures ordinaires, sont composés de palâtre A, cloison BB, & ses étochiots CC, pêne dormant D, picolets E, ressort F, broche G, rouet & boutrolle H, & gache I.

Les cadenats en cœur, fig. 127. aussi à serrure, sont composés intérieurement des mêmes pieces que le précédent, & extérieurement de palâtre A, & cloison BB, en forme de cœur, gache I, cache-entrée L, à secret ou sans secret.

Les cadenats en triangle, fig. 128. aussi à serrure, sont différens des précédens autant par leur composition, que par leur forme ; ils sont composés de palâtre A, cloison BB, pêne dormant D, ressort F, broche G & gache à charniere K.

La fig. 129. en représente la clé, composée de son anneau A, de sa tige B & de son panneton C.

Les cadenats en boules, fig. 130 & 131. quarrés, fig. 132. en écusson, fig. 133. aussi à serrrure, sont composés intérieurement des mêmes pieces que le précédent, & extérieurement de palastre A, cloison B, cache-entrée L, à secret & sans secret, & gache à charniere K.

Les cadenats à cylindre, fig. 134. sont en effet en forme de cylindre creux M, contenant une vis, dont la tête quarrée entre dans la tige de la clé, fig. 135. qui la faisant tourner la dévisse, & par ce moyen décroche la gache à charniere K, que l’on referme de la même maniere. Ces sortes de cadenats sont fort incommodes à cause de la longueur du tems qu’il faut pour les ouvrir ; aussi ne sont-ils pas d’un grand usage.

Les cadenats à ressort, fig. 136. sont composés de boîte P, gache I, garnie de ses ressorts QQ, mus par la clé, fig. 137.

La fig. 137. en représente la clé composée de son anneau A, de sa tige B, & de son panneton C.

Les cadenats à secret sont de plusieurs sortes de façons, car on en imagine tous les jours de nouveaux ; les uns sont à serrures, & les autres simples. Les premiers ont des cache-entrées à coulisse qui en sont tout le secret, dont les uns A, fig. 138. s’ouvrent en tirant de bas en haut & découvrent l’entrée ; les autres A, fig. 139. s’ouvrant d’un côté horisontal, font voir l’entrée qu’il faut nécessairement déboucher par le secours de l’autre B, pour l’ouvrir en le tirant verticalement ; ils sont aussi composés comme les autres de palâtres, cloisons, gaches à charnieres, &c.

Les cadenats à secret simples, fig. 140. 141. 142. 143. & 144. sont décrits en leur place.

Des becs de canes. Les becs de cane sont des especes de serrures sans clés, poussées ou polies, composées de demi-tour seulement. Il en est de deux sortes, ceux à boutons, ainsi appellés parce qu’ils sont mus par un bouton, & ceux à bascule, ainsi appellés parce qu’ils sont mus par une serrure-à bascule. Les premiers, fig. 145. Pl. XXII. employés aux fermetures des portes, sans contribuer à leur sureté, sont composés de palâtres AA, cloison BB, & ses étochiots CC, demi-tour D, picolet E, ressort à boudin F, fouillot G, & bouton H. Les autres, fig. 146. employés aux armoires, & contribuant avec les serrures à leur sureté, sont composés comme les précédens de palâstres AA, de cloison BB, & ses étotiots CC, de demi-tour D, picolet E, ressort à boudin F, équerre ou bascule I, & tringle de conduit K, qui répond à la serrure.

Des targettes. Les targettes faites pour la sureté intérieure, s’emploient à toutes sortes de portes, sont de plusieurs especes, & prennent leur nom de la forme de leur platine ; aussi les unes sont ovales, les autres à croissant ; d’autres à panache, ou autres formes : les unes & les autres sont noires, poussées ou polies.

Les targettes ovales, fig. 147. sont composées de verrouils A, garnis de bouton B, & cramponets CC, arrêtés sur la platine D, garnis de crampons E.

Les targettes à croissant, fig. 148. sont composées des mêmes pieces que la précédente, mais dont la platine D, est en forme de croissant.

Les targettes à panache, fig. 149. ne different des précédentes que par la platine D, qui est à panache évidée par en-haut & par en-bas.

Des loqueteaux. Les loqueteaux, fig. 150. faits pour fermer les volets des croisées, sont comme les targettes de plusieurs sortes, & prennent aussi leur nom de la forme de leur platine ; ils sont ovales, à croissant, à panache ou autrement, noirs, poussés ou polis, & sont composés de bascule A, tirée d’enbas par un cordon B, de cramponet C, ressort D, platine E, & mantonet double F.

Des loquets. Les loquets noirs, poussés ou polis, se divisent en deux especes ; les uns sont ceux à serrure, ainsi appellés parce qu’il faut comme aux serrures, une clé pour les ouvrir, & qu’ils ferment avec une certaine sureté ; & les autres sont ceux à bascule, ainsi appellés parce qu’on les ouvre avec une bascule, & qu’ils ferment sans sureté. Les premiers sont de deux sortes ; les uns appellés à cordeliere, fig. 151. & 152. qui servent le plus souvent aux corridors & cloîtres des couvents & communautés, sont composés de platine d’entrée, fig. 151. garnie de gache A, fig. 152. de loquet B, bouton C, & crampon D, garnis aussi de mantonnet semblable à celui F, du loqueteau, fig. 150. mu par un petit poinçon E, soulevé au-travers de l’entrée, fig. 151. par la clé ou passe-partout, fig. 153. Les autres appellés à vielle, fig. 154. qui servent aux corridors, cabinets d’aisance, &c. des maisons particulieres, sont composés de platine d’entrée A, & intérieurement de foncet portant broche, & d’une bascule B, soulevant un loquet semblable à celui B de la fig. 152. levé à son tour par une clé ordinaire. Les loquets à bascule sont aussi de deux sortes ; les uns à bouton ou boucle, fig. 155. ainsi appellés parce qu’on les ouvre par le moyen d’un bouton ou d’une boucle, sont composés de loquet A, & son crampon B, fouillot C, & bouton D, ou boucle, fig. 156. garni de mantonnet, semblable à celui F du loqueteau, fig. 150. Les autres à poucier, fig. 157. ainsi appellés parce qu’on les ouvre en appuyant sur la bascule avec le pouce, sont composés comme les précédens de loquets, garnis de crampons & mantonnet, levé par la bascule A, mouvant dans la platine B, arrêté sur les portes par les pointes CC de la poignée D.

Des fiches. Les fiches sont des especes de charnieres, qui servent à faire ouvrir & fermer les portes ; il en est de poussées & de polies, mais jamais noires, & sont de cinq especes différentes. Les premieres appellées fiches à vase, fig. 1. Pl. XXIII. parce qu’elles ont des vases haut & bas, portent depuis 2 pouces jusqu’à 12 & 15 pouces de longueur entre vase, & sont composées de douilles AA, celle du haut creuse, & celle d’en-bas portant un gond ou mamelon entrant dans celle du haut ; l’une & l’autre portant chacune un vase B, & une aîle C, entrant dans une entaille faite exprès aux portes où elles doivent être placées, & percées de trous pour y ficher des pointes & les retenir.

Il est d’autres fiches à vase, fig. 2. qu’on appelle coudées, & dont les aîles sont en effet coudées, devant servir à des portes qui doivent ouvrir en saillie.

La deuxieme espece appellée fiche à broche ou à bouton, fig. 3. parce qu’elles ont des broches par le moyen desquelles on peut les démonter, sont employées aux chassis à verre des croisées, & sont en forme de charniere, composées de broches à bouton A, & d’aîles BB, percées de trous.

La troisieme espece appellée fiches de brisures, fig. 4. parce qu’elles se brisent, sont employées aux volets des croisées, & sont semblables aux précédentes, à l’exception qu’au lieu de broches à bouton elles ont des broches rivées.

La quatrieme espece appellée fiches à chapelet, fig. 5. parce qu’elles semblent être enfilées comme un chapelet, sont employées aux guichets des portes cocheres, ou autres fortes portes & de sujétion, & sont composées de plusieurs fiches simples A A, &c. portant chacune une aîle percée de deux trous, enfilées ensemble dans une broche à bouton ou à vase par chaque bout B.

La cinquieme espece, toujours noire & jamais poussée ni polie, appellée fiches à gonds, fig. 6. parce qu’elles s’emploient avec des gonds aux battans des portes cocheres, sont composées de douille A, & aîles B, percée de trous.

Des pommelles. Les pommelles, especes de fiches ou pentures noires & poussées, seulement à l’usage des portes, sont de deux sortes ; les unes à queue d’aronde, fig. 7. sont composées de douille A, & d’aîle à queue d’aronde B, percée de trous pour être attachée de vis ou de clous sur les portes où elles doivent être placées ; elles roulent ordinairement sur des gonds à repos, en plâtre ou en bois ; les autres en S, fig. 8. sont composées de douilles AB, d’aîles en S CD, percées de trous pour être aussi attachées de vis ou de clous : le gond BC, est quelquefois à repos en bois ou en plâtre, ou quelquefois aussi en S, semblable à l’autre.

Des charnieres. Les charnieres, fig. 9. noires, poussées & polies à l’usage des petites portes d’armoire, de buffet, couvercles, &c. sont composées de nœuds A, garnies de broches rivées B, & d’aîles CC percées de trous pour être attachées de vis ou de clous.

Des couplets. Les couplets, fig. 10. noirs & poussés seulement, employés à-peu-près aux mêmes usages que les charnieres, sont composés de nœuds A, garnis de broches B & de pate à queues d’aronde CC percée de trous, pour être attachée de vis ou de clous.

Des briquets. Les briquets, fig. 11. noirs & poussés seulement à l’usage des tables à manger & autres, sont des especes de couplets dont la charniere est double & se brise tout à plat, composés de nœuds doubles A, de broches BB, & de pattes CC percées de trous pour être attachées de vis ou de clous.

Des crochets. Les crochets simples, fig. 12. noirs, poussés & polis, à l’usage des croisées & des portes, que l’on veut tenir ouvertes ou fermées, sont des especes de tringles de fer arrondies à crochet d’un côté A, & garnis de pitons à vis ou à pointe par l’autre B pour les arrêter.

Des équerres. Les équerres à l’usage des croisées, portes-croisées, chassis, &c. & tout ce dont on veut maintenir ; les assemblages sont simples, doubles, ou composés, noirs, poussés ou polis ; les équerres simples, fig. 13. portent depuis 5 jusqu’à 9 & 10 de branche sur 10 à 15 lignes de largeur & sont percées de trous pour être attachées de vis ou de clous ; les équerres doubles, fig. 14. sont des équerres à double branche d’environ 15 à 20 lignes de largeur, sur une, 2 ou 3 lignes d’épaisseur, & d’une longueur proportionnée à la place qu’elles doivent occuper, & sont percées de trous pour être attachées de vis ou de clous ; les équerres composées ont des formes différentes & analogues aux places qu’elles doivent occuper.

Des espagnolettes. Les espagnolettes sont de très solides & très-commodes fermetures de portes ou croisées, il en est de trois sortes ; la premiere simple, la seconde à verrouil, & la troisieme à pignon, toutes noires, poussées, polies, bronzées, en couleur d’eau, enrichies de bronze, ciselées & dorées, avec tout le goût possible, selon l’importance des appartemens, ainsi que toutes les pieces dont elles sont composées ; les plus ordinaires, fig. 15. Pl. XXIV. à l’usage des croisées, sont composées d’une tige AA, depuis environ 9 jusqu’à 15 & 18 lignes de grosseur qu’on emploie pour les portes cocheres, portant à différente distance des vases ou embasse BB, &c. & leurs lassets CC, &c. à vis garnis d’écroux, qui les tient arrêtées sur les chassis à verre de pannetons DD, &c. qui servent à fermer les volets, & de crochets par chaque bout E entrant dans autant de gaches, tenant le tout arrêté aux chassis de poignée F & son bouton G, & support à charniere & à vis à écroux H, arrêté sur l’un des chassis à verre.

La fig. 16. représente une espagnolette coupée à l’usage des croisées qui ont des linteaux, & au-dessus des chassis à verre supérieurs dormans, & qui, pour cette raison, ne servent qu’à enfermer les volets, composée d’une tige AA, garnie d’embasse BBB, &c. lassets CC à vis, garnis d’écroux, de pannetons DD, &c. de douille I & son tenon I, entrant l’un dans l’autre lorsqu’on ferme la croisée.

Les espagnolettes à verrouils, fig. 17. à l’usage des portes-croisées, portes-cocheres, &c. sont composées par en-haut des mêmes pieces que les précédentes, & par en-bas d’une douille IK, dans laquelle entre la tige K d’un verrouil L, composé de bouton M, cramponets N, montés sur platine O, percée de trous pour l’arrêter sur la porte.

La fig. 18. représente un panneton à croissant, sur lequel pose un des pannetons des espagnolettes lorsqu’elles sont fermées, percées de trous pour l’arrêter sur un des volets.

La fig. 19. représente une agraffe à croissant, dans laquelle entre un des mêmes pannetons des espagnolettes lorsqu’elles sont fermées, percées de trous pour l’arrêter sur l’autre volet.

La fig. 20. représente un support de l’espagnolette à charniere en A, à crochet en B, & à vis, garni d’écroux en C, pour être arrêté sur un des chassis à verre.

La fig. 21. représente un autre support à pivot en AA, à crochet en B, avec ses lassets à vis CC, garnis d’écroux.

La fig. 22. représente une des gaches de l’espagnolette, percée au milieu A d’un trou plat, & aux quatre coins de trous pour l’arrêter avec des vis.

La fig. 23. représente un des lassets de l’espagnolette, composé de la tête A, & de vis garnie d’écrou B.

Les espagnolettes à pignon sont d’une nouvelle invention, le sieur Lucotte en étant le premier & jusqu’à présent le seul auteur ; elles servent aux portes-croisées de jardin, de terrasses, &c. & facilitent le moyen de pouvoir les ouvrir & fermer en-dehors, comme en-dedans, ce qui ne se peut avec les autres ; elles sont composées des mêmes pieces que les précédentes, mais au milieu d’une tige AA, fig. 24. portant pignon ou vis sans fin B, mû par un pareil pignon ou vis sans fin C, disposé horisontalement par le moyen d’une poignée arrêtée dessus, tant en-dehors qu’en dedans, le tout enfermé dans une boîte, composée de pilastre D & de cloison E, garnie de ses étochiots F.

Des verrouils. Les verrouils faits pour fermer les chassis de croisées, portes d’armoire, de buffet, de bibliothéque, &c. sont noirs, poussés ou polis, il en est de deux sortes ; les uns appellés sur champ, fig. 25 & 26. sont des verrouils dont l’épaisseur se présente en face, & la largeur de côté ; il en est de toute grandeur, depuis 9 à 10 jusqu’à 7, 8 & 10 piés de longueur, & sont composés de tige AA, garnie quelquefois de conduit B, à cause de leur trop grande longueur de bouton C pour les faire mouvoir, de verrouils D, son embasse E, cramponets F, & platine G, percée de trous pour être arrêtés de vis ou de clous ; les autres appellés sur-plat, fig. 27. & 28. sont des verrouils dont la largeur se présente en face à l’épaisseur de côté, mais au reste semblables aux précédens.

Des bascules à verrouils. Les bascules à verrouils à l’usage des portes d’armoire, de buffet & de bibliotheques sont des especes de verrouils sur plat, doubles poussées ou polies, faites pour fermer ensemble haut & bas. Il en est de deux sortes : les unes à poignée, fig. 29. parce qu’elles se font mouvoir par une poignée, sont composées des mêmes pieces que les verrouils sur plat ; mais de plus d’une poignée A garnie de son bouton B, placée à la hauteur de la main, faisant mouvoir ensemble les deux verrouils : les autres à pignon, fig. 30. parce qu’elles se font mouvoir avec un pignon, sont composées aussi des mêmes pieces que les verrouils sur plat ; mais de plus d’un bouton A à la hauteur de la main, & plus haut d’une platine B garnie de sa couverture C, contenant les extrémités des verrouils dentés en forme de cramaillée, & un pignon au milieu qui les fait mouvoir par opposition.

Des marteaux ou heurtoirs. Les marteaux ou heurtoirs à l’usage des portes faits pour frapper ou heurter, d’où ils tirent leur nom, sont noirs, poussés ou polis. Il en est de deux sortes : les uns, fig. 31. Pl. XXV. faits en forme de boucles, en cuivre, de grenouille A ou autre forme, garnies de lassets B, à queues à vis, garnis d’écroux & de platine C : les autres, fig. 32. sont en forme de consoles A, à volutes en B, & à charniere en C, garnis de lassets à vis, à écroux D.

La fig. 33. représente un bouton noir, poussé ou poli à l’usage des portes, composé de bouton A, à queue, à vis, à écrou en B, garnie de rosette C.

La fig. 34. représente une gache encloisonnée, poussée ou polie, faite pour être employée aux portes avec les serrures ou bec-de-canes. Il en est d’une & de deux hauteurs, c’est-à-dire une ou deux fois la hauteur d’une serrure ; les unes & les autres sont composées de palâtres AA, cloison B, & talon C, pour la facilité du jeu des demi-tours.

Les fig. 35. & 36. représentent des entrées de serrure, poussées & polies, avec compartimens de desseins de différentes formes évuidées à jour.

Les fig. 37. 38. 39. & 40. représentent autant d’anneaux de clés, aussi avec compartimens de desseins de différentes formes évuidées à jour, & très riches.

La fig. 41. représente une tringle de croisée noire, poussée ou polie, faite pour en porter les rideaux, composée de sa tige A & de ses yeux BB, portée sur deux gonds en bois.

Les fig. 42. 43. & 44. forment ensemble ce qu’on appelle une garniture de poulie de croisée, faite pour en faire mouvoir les rideaux par le moyen des cordons. La premiere, appellée simple & sans gond, est composée d’une seule poulie A, & de sa chappe B, coudée en C, & à pointe en D. La deuxieme, appellée simple & avec gond, est composée d’une seule poulie A, de sa chappe B, à gond en C, & à pointe en D. La troisieme, appellée double & avec gond, est composée de deux poulies AA, de leur chappe B, à gond en C, & à pointe en D.

Des stores. Les stores, fig. 45. sont des instrumens à l’usage des croisées faits pour garantir du soleil pendant l’été. Ils sont composés de boîtes cylindriques AA, faites en fer-blanc, suspendus horisontalement sur une tringle de fer appuyée par un bout B dans un trou pratiqué dans le tableau de la croisée ou dans un piton ; & de l’autre C portant un œil, dans lequel entre le mamelon d’un gond à pointe, enfoncé dans le tableau de la croisée DD, est une piece de coutil tendu par une regle de bois EE, & tiré au milieu par un cordon F, qui s’enveloppe de soi-même autour de la boîte cylindrique AA par le moyen d’un ressort, fig. 46. contenu intérieurement, composé de chaque côté A & B de tampons de bois de la grosseur de la boîte, & au milieu de rouleaux C C, &c. joints ensemble par des rouleaux de fil de fer, D D, &c. d’environ une ligne de grosseur, appellé fil à store, tous portant sur une tringle de fer E qui les traverse : le jeu s’en fait ainsi, le rouleau A est arrêté à demeure sur la tringle EE, à demeure à son tour dans le gond arrêté dans le tableau ; & le rouleau qui lui est opposé C uni avec le tampon B, est arrêté à demeure sur la boîte cylindrique ; ainsi lorsque l’on tire le store, la boîte tourne, le tampon B la suit, & en la suivant tend le ressort composé de tous les rouleaux de fil de fer DD, qui se détend ensuite lorsqu’on lâche le store.

Des sonnettes. Les sonnettes sont des instrumens résonnans, fort commodes pour avertir les gens d’une maison de ce qu’ils ont à faire. Elles sont composées, pour ce qui regarde la sonnette A, fig. 47. d’un ressort en spirale B arrêté à la tête C de la sonnette montée sur une pointe de fer D, fichée dans le mur, où elle doit être placée ; ou d’une autre façon, fig. 48. sur-tout pour les petites sonnettes A, d’un ressort de fil de fer B arrêté à la tête C de la sonnette tournée, comme ceux de stores, sur un rouleau de bois D, montée sur une pointe E, fichée dans le mur où elle doit être placée : à la tête de la sonnette C est arrêté un fil de fer très-mince, recuit au feu, & qu’on appelle pour cet effet fil à sonnette, dont l’autre extrémité va joindre un ou plusieurs mouvemens en tourniquets montés debout, fig. 49. ou de côté, fig. 50. placés dans les angles des pieces pour renvoyer le mouvement, se joignant de la même maniere de l’un à l’autre par de semblables fils de fer, selon l’éloignement de la sonnette, jusqu’au dernier qui porte un cordon, par lequel on fait jouer la sonnette.

Ces mouvemens ou tourniquets, fig. 51. 52. 53. & 54. se font quelquefois en cuivre, quelquefois dorés pour plus de propreté. Les deux premiers sont des mouvemens de cordons, ainsi appellés, parce qu’ils ont une branche plus longue que l’autre, qui donne plus de douceur au levier, à laquelle on attache le cordon, l’un est monté debout & l’autre de côté. Les deux derniers sont des mouvemens sans cordons, l’un monté debout & l’autre de côté.

De plusieurs vitreaux & lambris dans le goût de la menuiserie. Les fig. 55. & 56. Pl. XXVI. représentent des vitreaux dans le goût de ceux qui ont été exécutés à la chapelle des infirmeries de l’Ecole royale militaire, par le sieur Lucotte, dont les petits bois sont ornés de moulures de différente espece, joints ensemble en onglet à tenon & mortaise avec la derniere propreté, & imitant les chassis à verre en bois à s’y méprendre.

La fig. 57. représente un fourneau dans le goût de ceux que l’on voit dans la cuisine des Enfans trouvés, près Notre-Dame, exécutés par le même, composé de cadres & panneaux, imitant parfaitement la menuiserie en bois.

La fig. 58. représente un lambris aussi dans le goût de celui qui représente l’extérieur de la rôtisserie de la même cuisine, aussi du même auteur, composé de panneaux & pilastres, formant en partie des armoires ornés de cadres & de panneaux semblables à la menuiserie en bois.

Des outils. Les outils se divisent en deux sortes ; les uns sont ceux qui servent à la forge, & les autres sont ceux qui servent à l’établi.

Des outils de forge. La fig. 1. Pl. XXVII. représente un goupillon fait pour arroser le feu lorsque le fer chauffe, ce qui sert à concentrer la chaleur, & à donner plus d’ardeur au feu. Cet instrument est composé d’une tige de fer A, portant d’un côté une boucle B, & de l’autre C deux branches embrassant plusieurs fragmens de cordes-à-puits, ce qu’on emploie assez communément à cet usage, bien serré par l’extrémité D.

Les tisoniers sont de deux sortes, l’un pointu & l’autre crochu. Le premier, fig. 2. servant à enfoncer dans le feu lorsque l’on chauffe le fer pour lui donner ce qu’on appelle de l’air, & quelquefois le dégager du machefer, composé d’une tige de fer A à boucle par un bout B, & à pointe par l’autre C. L’autre, fig. 3. servant à ramasser le charbon sur la forge, & attiser le feu, composé d’une tige de fer A à boucle d’un côté B, & à crochet par l’autre C.

La fig. 4. représente une enclume posée sur un billot A fondé bien solidement, acérée sur toute sa surface B, composée d’un côté d’une bigorne ronde C & d’un trou D, pour y placer un tasseau, tranchet & autres choses semblables, & quelquefois d’une bigorne quarrée : de l’autre, pour la facilité des ouvrages garnis de chaque côté d’un empattement E, pour lui donner une assiette nécessaire ; c’est sur cette enclume que se forgent tous les ouvrages en fer.

La fig. 5. représente une petite enclume portative, appellée bigorne, à l’usage de certains ouvrages qui ne sauroient se forger sur l’enclume, composée de sa tige A, d’une bigorne ronde B, d’une bigorne quarrée C de son embasse D, dont le bout à pointe entre dans un billot E garni d’un cercle F pour l’empêcher de se fendre.

La fig. 6. représente un fort tasseau employé aux mêmes usages que les enclumes, composé de sa tête acérée A & de sa pointe B.

La fig. 7. représente un faux rouleau A arrêté à demeure sur un billot B, scellé en terre pour plus de solidité ; on en fait de plusieurs especes, selon le goût des ouvrages, les uns & les autres servant à contourner les compartimens de desseins pour les balcons, rampes, grilles, &c.

Les ciseaux de forge sont de deux sortes, l’un appellé ciseau à chaud, & l’autre ciseau à froid. Le premier, fig. 8. fait pour couper le fer lorsqu’il est chaud, est acéré par son taillant A, & quarré par sa tête B. L’autre, fig. 9. fait pour couper le fer lorsqu’il est froid, est acéré par son taillant A, & quarré par sa tête B. Il est bon de remarquer que le fer ne se peut jamais couper entierement à froid ; on y parvient en faisant une entaille d’une ou de deux faces, ou même sur toutes les quatre, qu’on appelle ciselure, & on le casse ensuite facilement dans le même endroit en le faisant porter à faux.

La fig. 10. représente un tranchet, espece de petit ciseau à chaud, acéré en A, à épaulement en B, & à queue en C, entrant dans le trou D de l’enclume, fig. 4. & sur lequel on pose le fer chaud, que l’on frappe alors pour le couper.

La fig. 11. représente un tasseau d’enclume fait pour faire porter à faux le fer que l’on veut casser à froid, quarré en A & à queue en B, entrant aussi dans le trou D de l’enclume, fig. 4.

La fig. 12 représente une griffe d’enclume faite pour maintenir les rouleaux que l’on veut contourner à griffe en A, & à queue en B, entrant aussi dans le trou D de l’enclume, fig. 4.

La fig. 13 représente une forte étampe à plate-bande, faite pour étamper ou mouler les plates-bandes des rampes, balcons & appuis, acerée en A & à talon de chaque côté B & C, garnie d’un côté B d’une bride simple D, & de l’autre C, d’une autre bride E à clavette en F, pour la maintenir ferme & bridée sur l’enclume, fig. 4.

La fig. 14 représente une petite étampe à moulure acérée en A, & à talon de chaque côté B & C.

La fig. 15 représente une étampe double ou dégorgeon fait pour dégorger les moulures des vases, embasses, &c. en frappant dessus, acéré en A dessus & dessous, & à tête en B, maintenue à la main.

Il est encore d’autres petites étampes à queue entrant dans le trou D de l’enclume, fig. 4.

Des marteaux de forge. Les marteaux de forge sont de deux sortes : les uns qu’on appelle marteaux à-devant, parce qu’on s’en sert à frapper devant l’enclume : c’est ordinairement un ouvrier subalterne, qui le tenant de ses deux mains, frappe au gré du forgeron sur l’ouvrage posé sur l’enclume, fig. 4 ; les autres qu’on appelle marteaux à-main, parce qu’on n’emploie qu’une main pour s’en servir, & c’est ordinairement le forgeron qui s’en sert. Les premiers sont de deux sortes : les uns, fig. 16, appellés à panne droite, parce que la panne B est droite, ont environ trois à quatre pouces & demie de grosseur, & sont composés d’une tête acerée A, d’une panne aussi acerée B, d’un œil C & d’un manche D d’environ deux piés & demi à trois piés de longueur ; les autres appellés traverses, fig. 17, parce que la panne B est entravers, sont composés d’une tête A, d’une panne traverse B, d’un œil C & d’un manche B de même longueur que le précédent.

Les marteaux à-main sont de trois sortes ; la premiere qu’on appelle proprement marteau à main, fig. 18, sont un peu moins forts que les précédens : ce sont les plus gros des marteaux de forge que l’on emploie d’une main, & ceux que tient le plus souvent le forgeron, lorsqu’il forge le fer ; il est composé d’une tête A, d’une panne B, d’un œil C, d’un manche D d’environ quinze à dix-huit pouces de longueur ; la deuxieme qu’on appelle marteaux à bigorner, fig. 19, parce qu’on s’en sert souvent sur la bigorne, fig. 5, sont moins sorts que les précédens & les plus petits des marteaux de forge ; ils sont composés d’une tête A, d’une panne B, d’un œil C & d’un manche D de même longueur que les précédens.

La troisieme qu’on appelle marteaux à traverses ou à tête ronde, fig. 20, sont des marteaux de la force des marteaux à-main ou à bigorner composés d’une tête A, d’une panne B, d’un œil C, & d’un manche D de même longueur que les précédens.

Des outils emmanchés. Les outils emmanchés se divisent en tranches, en poinçons & en chasses : les tranches sont de deux sortes : l’une, fig. 21, appellée proprement tranche faite pour trancher ou couper le fer à chaud, est composée d’un tranchant aceré A, d’une tête B & d’un manche de fer C d’environ deux piés de longueur, tenu par le forgeron lorsque le frappeur-devant frappe sur sa tête B ; l’autre, fig. 22, appellée langue de carpe, faite pour fendre le fer à chaud, est composé d’un tranchant aceré A disposé en-travers, d’une tête B & d’un manche de fer C tenu aussi de la même maniere que le précédent.

Les poinçons emmanchés faits pour percer des trous à chaud, sont de trois sortes : les uns, fig. 23, appellés poinçons plats, sont composés d’un poinçon aceré A, d’une tête B & d’un manche de fer C semblables à ceux des tranches ; les autres, fig. 24, different du précédent, parce qu’ils sont ronds ou en d’autres formes ; tous deux sont composés de poinçons acerés AA, de têtes BB, & de manches de fer C C.

Il est des poinçons ovales ou autres formes qui ne different en rien des précédens que par le poinçon même.

Les chasses faites pour chasser ou renvoyer le fer chaud, sont de deux sortes, l’une, fig. 25, appellée quarrée, parce qu’elle rend quarré les angles de toute sorte d’épaulement ; on s’en sert en la tenant comme les tranches, c’est-à-dire le quarré A appuyé sur le fer ; elle est composée d’un quarré aceré A, d’une tête B & d’un manche de fer C ; l’autre, fig. 26, appellée à biseau, parce que son quarré est en effet à biseau, est employée aux mêmes usages que la précédente, & sur-tout pour des épaulemens de tenons ; on s’en sert en la tenant le manche perpendiculairement, & le biseau appuyé sur le fer ; elle est composée d’un quarré à biseau aceré A, d’une tête B & d’un manche de fer C.

Les fig. 27, 28 & 29, Pl. XXVIII. représentent des poinçons à main : le premier quarré, le deuxieme plat, & le troisieme rond. AAA en ont les poinçons acerés, & BBB les têtes.

Les fig. 30, 31, 32, 33, 34 & 35 représentent les mandrins en fer de toute grosseur faits pour mandriner & alaiser à chaud les trous que l’on a faits avec les poinçons ; le premier est quarré, le deuxieme plat, le troisieme rond, le quatrieme ovale, le cinquieme en triangle ou tierspoint, & le sixieme à pans ou autres formes, selon celles que l’on juge à-propos de donner aux trous, chacun d’eux plus petits par chaque bout & plus gros au milieu, pour leur donner de la suite.

La fig. 36 représente une perçoire faite pour poser le fer chaud lorsqu’on veut le percer ou mandriner : ce n’est autre chose qu’un morceau de fer plat plus ou moins long, arrondi ou coudé.

La fig. 37 représente un instrument appellé griffe : c’est une barre de fer quarrée depuis dix jusqu’à vingt lignes de grosseur, & depuis un jusqu’à quatre & cinq piés de longueur, portant en A une griffe qui lui en donne le nom, composée de deux gougeons A, & de l’autre B, un tourne-à-gauche fait pour dégauchir les ouvrages.

Les tenailles faites pour pincer le fer que l’on veut chauffer ou forger lorsqu’il est trop court pour le tenir à la main, sont de plusieurs especes ; les unes, fig. 38, sont appellées droites, parce que les mords en sont droits ; les autres, fig. 39, sont appellées croches, parce que les mêmes mords sont coudés ou crochus ; d’autres, fig. 40, sont appellés à boutons, parce que les mords atés servent à pincer des boutons dont la tête se loge dans la partie atée ; d’autres enfin sont appellées a rouleau, parce que les mords arrondis servent à pincer des rouleaux des unes & des autres, A A, &c. sont les mords, & BB les branches.

La fig. 42 représente un ratelier de forge arrêté à demeure sur la hotte de la forge ou aux environs, fait pour accrocher & déposer une grande partie des outils de forge, composé d’une plate-bande de fer AA, & de pointes courbées BB rivées dessus.

Les étaux à chaud, qu’on appelle ainsi lorsqu’ils servent à tenir ferme les ouvrages que l’on travaille à chaud ; de plusieurs qui sont arrêtés à l’établi, l’on destine aux ouvrages de forge le plus fort, le moins précieux, & souvent le plus mal fait, comme étant sujet à être gâté par la chaleur du fer que l’on y serre ; mais en général cet instrument appartient plutôt aux outils d’établi dont nous allons voir les détails, étant lui-même arrêté à l’établi.

Des outils d’établi. Parmi les outils d’établi, les étaux tiennent sans contredit le premier rang ; ces instrumens servent à serrer & maintenir fermes les ouvrages que l’on veut travailler ; celui fig. 43 est composé de deux tiges AB, portant chacune un mord denté & aceré en C & un œil D ; l’une A ayant un pié E garni de chaque côté de jumelles F rivées ou soudées sur la tige A, & l’autre B renvoyée par un ressort G, porte à son extrémité inférieure un trou pour former charniere dans les jumelles F par le moyen d’un boulon à vis à écrou ; au-travers des yeux DD passe une boëte d’étau H garnie intérieurement de filet brasé servant d’écrou à une vis aussi taraudée à tête arrondie en I mue, en tournant par une manivelle K ; cet étau est arrêté à l’établi L par le moyen d’une bride double M & d’une simple N garnie de clavette O arrêté à demeure sur l’établi L avec des vis P.

La fig. 44 représente une bigorne d’établi faite pour contourner des ouvrages ronds, quarrés ou autres formes en petit, composée de sa tige A, d’une bigorne ronde B, d’une bigorne quarrée C, toutes deux acerées de son embase D, dont le bout à pointe en E entre dans l’épaisseur de l’établi.

La fig. 45 représente un tasseau d’établi servant à applanir & dresser des ouvrages sur l’établi, composé de sa tête acerée en A & de sa pointe B entrant dans l’épaisseur de l’établi.

La fig. 46 représente une étampe d’établi faite pour étamper ou mouler différente espece de moulures, composée de sa tête acerée en A & d’une queue B à épaulement en forme de tenon, pour être serré dans un étau.

Des limes. Les limes faites pour limer, blanchir, & même polir les ouvrages sont de trois sortes ; la premiere qu’on appelle limes de Forez, parce qu’elles viennent du pays de ce nom ; la deuxieme qu’on appelle limes d’Allemagne, parce qu’elles viennent du pays de ce nom ; la troisieme qu’on appelle limes d’Angleterre, parce qu’elles viennent aussi du pays de ce nom.

Les limes de Forez sont des limes toutes en fer trempé en paquet, dont la taille est grosse & mal-faite ; elles se divisent en quarreaux, demi-quarreaux, quarrelets, demi-rondes, tiers-point, à potence & queue de rat.

Les quarreaux (fig. 47.) sont des limes en fer quarré, depuis deux jusqu’à deux pouces & demi de grosseur, sur environ dix-huit à vingt pouces de longueur, trempées en paquet, qui quoiqu’elles se fabriquent à Paris, ne laissent pas cependant d’être mises au nombre des limes de Forez, & d’en porter le nom, en ayant la taille, & sur-tout la qualité ; ces especes de limes servent à dégrossir les ouvrages, & sont emmanchées dans un manche de bois B.

Les demi-quarreaux A (fig. 48.) sont des limes depuis dix-huit lignes jusqu’à deux pouces de grosseur, sur quinze à dix-huit pouces de longueur, de même forme & qualité que les précédentes, & employées aux mêmes usages, emmanchées dans un manche de bois B.

Les quarrelets A (fig. 49.) sont des limes méplates d’environ dix à douze pouces de longueur, emmanchées dans un manche de bois B, faites pour dresser des choses de peu de conséquence.

Les demi-rondes A (fig. 50.) sont des limes de même grosseur & longueur que les précédentes, arrondies d’un côté, emmanchées dans un manche de bois B, faites pour limer des parties rondes.

Les limes quarrées ou à potence A (fig. 51.) sont des limes de même grosseur & longueur que les précédentes, quarrées, emmanchées dans un manche de bois B, faites pour limer & dresser des trous quarrés.

Les tiers-point A (fig. 52.) sont des limes d’environ neuf à dix pouces de longueur, à trois côtés en forme de triangle, emmanchées dans un manche de bois B, faites pour limer & approfondir des angles aigus.

Les queues de rat A (fig. 53.) sont des limes de même grosseur & longueur que les précédentes, rondes en forme de queue de rat dont elles tirent leur nom, emmanchées dans un manche de bois B, faites pour limer & arrondir des trous ronds.

Les limes d’Allemagne sont des limes en acier trempé, dont la taille est plus fine & mieux faite que celle des précédentes ; elles sont de deux sortes, les unes que l’on appelle limes au paquet, parce qu’elles se vendent ordinairement au paquet, composé de un, deux, trois, quatre, cinq, six, huit, & quelquefois dix, plus petites à proportion que leur nombre augmente ; les autres que l’on appelle limes à queue, parce qu’en effet au-lieu d’avoir une pointe comme les précédentes, elles ont une queue ; elles se divisent comme les autres, en quarrelets (fig. 54.) demi-rondes (fig. 55.) à potence (fig. 56.) à tiers-point (fig. 57.) à queue de rat (fig. 58.) toute depuis un pouce jusqu’à dix & douze de longueur, compris la queue.

Les limes d’Angleterre sont des limes à pointe, dont l’acier & plus fin & de meilleure qualité que celui des précédentes, dont la forme est réguliere, & dont la taille est aussi plus fine & mieux faite que celle de routes les autres ; il en est de deux sortes de tailles ; l’une moyenne, qu’on appelle pour cet effet lime bâtarde, servant à dresser ou abâtardir les ouvrages, c’est-à-dire à les préparer à recevoir le poli ; l’autre plus fine & même très-fine, qu’on appelle lime douce, servant à polir les ouvrages à l’huile ; ces deux especes se divisent aussi comme les autres, en quarreletes (fig. 59. Pl. XXIX.) demi-rondes (fig. 60.), tiers-point (fig. 61.), à potence (fig. 62.), queue de rat (fig. 53.), ovale (fig. 64.) & sont aussi de toute grandeur, depuis un pouce jusqu’à dix & douze pouces de longueur, emmanchées dans un manche de bois B.

Il est encore une autre espece de limes qu’on appelle rapes, parce qu’en effet elles sont faites pour raper le bois ; ces limes sont en fer trempé en paquet, d’une taille rude, & différemment faite que celle des autres ; on les divise en trois sortes, en quarrelettes (fig. 65.), en demi-rondes (fig. 66.) & en queue de rat (fig. 67.), emmanchées aussi chacune dans un manche de bois B.

Les brunissoirs, fig. 68. sont des especes de limes sans taille A, de toute sorte de forme en acier trempé, emmanchées dans un manche de bois B, faites pour adoucir & donner un bruni ou brillant aux ouvrages ; il est encore d’autres limes ou brunissoirs sans pointe & à deux côtés, qu’on appelle riflards, la plûpart en acier d’Angleterre, à l’usage des pieces de sujétion où les autres limes ne peuvent parvenir.

Les marteaux d’établi faits pour frapper les ouvrages, sont de trois sortes. La premiere, fig. 69. qu’on appelle rivoirs, parce qu’apparemment ils servent plus souvent que d’autres à river, sont des marteaux de 12 à 15 lignes de grosseur, composés d’une tête acérée A, d’une panne aussi acérée B, d’un œil C, & d’un manche de bois D d’environ 15 à 18 pouces de longueur. La deuxieme, fig. 70. qu’on appelle demi-rivoirs, ne différe des précédens que par leur grosseur, qui est d’environ 9 à 10 lignes, & le reste à proportion composé de tête acérée A, panne aussi acérée B, œil C & manche D. La troisieme, fig. 71. qu’on appelle petits rivoirs ou rivoirs à pleine-croix, parce qu’on s’en sert à river les pleine-croix ou autres garnitures de serrures, est aussi semblable aux autres, mais plus petit & composé de tête acérée A, panne aussi acérée B, œil C & manche D.

La fig. 72. est aussi un ratelier d’établi attaché en effet aux environs de l’établi fait pour endosser les outils, & par conséquent le débarrasser, composé d’une plate-bande de fer AA, percée de trous pour l’attacher, garnie de plusieurs pointes BB rivées dessus.

Les ciseaux d’établi faits pour couper le fer sont de trois sortes. La premiere, fig. 73. qu’on appelle burin, est un ciseau plat, acéré par son taillant A & quarré par sa tête B. La deuxieme, fig. 74. qu’on appelle bec-d’âne, est un ciseau large du derriere sur une face, & étroit sur l’autre fait pour couper, ou bec-d’âne, des trous ou mortaises, composé de son taillant acéré A & de sa tête quarrée B. La troisieme, fig. 75. qu’on appelle langue-de carpe, est une espece de burin rond, composé de son taillant arrondi & acéré A, & de sa tête quarrée B.

Les poinçons d’établi faits pour percer des trous à froid ne different entr’eux que par la forme du poinçon ; le premier, fig. 76. est quarré ; le deuxieme est plat ; le troisieme rond : on les peut faire ovales, triangulaires ou d’autres formes tous composés, les poinçons acérés AAA & les quarrés BBB.

Les tenailles d’établi sont de plusieurs sortes, selon les ouvrages, les unes, fig. 79. appellés tenailles à chanfrin, faites étant serrées dans l’étau, fig. 43. pour serrer à leur tour les ouvrages, & les tenir obliquement & fermes, selon un angle de quarante-cinq degrés ou environ, afin par ce moyen de les pouvoir chanfriner : elles sont composées de deux mords AA à charniere en B, & à chanfrin par enhaut, quelquefois denté & garni d’acier. Les autres, fig. 80. appellés tenailles-à-liens, faites pour serrer des liens, des rouleaux, & autres compartimens de grands ouvrages sont composées de deux mords AA à ressort en B, até & acéré chacun par en-haut : d’autres, fig. 81. appellées tenailles à bouton, parce que leurs morts AA étant larges & creux, reçoivent la tête d’un bouton à charniere en B ; d’autres aussi, fig. 82. faites pour serrer des petits rouleaux de grands ouvrages, sont composés de morts à talon AA & à ressort en B ; d’autres encore, fig. 83. appellés tenailles-à-vis, parce qu’elles se serrent avec une vis, ou qu’elles servent à faire des vis, sont en forme de petit étau, composé de deux mords égaux AA à charniere en B, portant chacun un œil CC, on passe une boîte D garnie de sa vis, ou simplement une vis garnie d’écroux à oreille E ; d’autres enfin, fig. 84. qu’on appelle tenailles à blanchir, faites pour blanchir des platines, de verrouils, de targettes, de loqueteaux, des entrées palâtres, de serrure, &c. composée d’une vis A à écrou sur un étrier B, embrassant à demeure un morceau de bois C, sur lequel on serre les ouvrages à blanchir avec la vis A.

La fig. 85. représente une filiere, instrument de fer, plat au milieu, acéré dans chacun des trous filtrés AA, portant de chaque côté une branche B de longueur suffisante pour tarauder des vis, le tareau C servant à enfoncer les écroux.

Les fig. 86. & 87. représentent d’autres taraux de différente grosseur, selon celle des vis que l’on a à tarauder, dont AA sont les filets, & BB leur tête.

La fig. 88. représente un tourne à gauche, espece de levier à deux branches AA, percé au milieu d’un trou plat B, dans lequel entre la tête B des taraux, fig. 86. & 87. pour les faire tourner, & ainsi tarauder les écroux.

La fig. 89. représente une fraise faite pour fraiser des trous, composée de sa tête acérée B, & de sa queue B garnie de sa boîte de bois C.

La fig. 90. représente un forêt fait pour percer des trous, composé de sa tête acérée A, de sa queue B, garnie de sa boîte de bois C.

La fig. 91. représente un arçon, espece de fleuret A, emmanché dans un manche de bois B, garni de sa corde en cuir tourné C, fait pour faire mouvoir les fraises & les forets. En cette maniere on fait faire un tour à la corde C de l’arçon, autour de la boîte C de la fraise ou du forêt, fig. 89. ou 90. dont on place la queue B dans la piece de fer A attachée sur la palette B, fig. 92. que l’on applique sur l’estomac ; la tête A de la fraise ou du foret entrant dans un trou, soit pour le fraiser ou pour le forer, & de cette façon l’on fraise ou l’on perce les trous en faisant mouvoir l’arçon à-peu-près comme l’archet d’un violon.

La fig. 93. représente une machine à forer. Cet instrument tenant lieu de la palette, fig. 92. se place près d’un étau qui tient l’ouvrage que l’on veut percer, composé d’une palette A, recevant la queue B des fraises ou forets, fig. 89. & 90. arrondie & coudée en B entrant dans le trou d’un établi pour lui servir de charniere, percé au milieu d’un trou ovale C, au-travers duquel passe une tige de fer à crochet ; d’un côté D s’accrochant dans la boîte H de l’étau, fig. 43. & à vis ; par l’autre bout garni de son écrou E, que l’on tourne de la main gauche à mesure que le foret ou la fraise avance.

Des outils à ferrer. Les outils à ferrer ne sont, pour ainsi dire, propres qu’à ferrer des portes & croisées, de fiches, serrures, espagnolettes, &c. par des ouvriers exprès stilés à ces sortes d’ouvrages, & qu’on appelle pour cet effet ferreurs.

La fig. 94, Pl. XXX. représente un ciseau en bois, fait pour couper du bois, composé d’un large & mince taillant acéré A, & de sa tête quarrée B.

La fig. 95, représente un autre ciseau en bois plus étroit, composé de son taillant acéré A, & de sa tête quarrée B.

La fig. 96, représente un ciseau en bois, appellé ciseau d’entrée, parce que l’on s’en sert communément aux entrées des serrures, lorsque l’on les pose en place, composé de son taillant acéré A, & de sa tête quarrée B.

La fig. 97, représente un bec d’âne à main, ciseau mince sur une face, & large & pointu sur l’autre, fait pour bec-d’âne des mortaises, composé de son taillant acéré A, & de sa tête quarrée B.

La fig. 98, représente un bec d’âne à ferrer double, & acéré en A & en B, employé aux mêmes usages que le précédent.

La fig. 99, représente un chasse-pointe, fait en effet pour chasser ou enfoncer des pointes, composé de sa pointe acérée A, & de sa tête à talon B.

La fig. 100, représente une méche faite pour percer des trous dans le bois par la meche acérée A, & renforcie & quarrée par sa tête B.

La fig. 101, représente un vilbrequin entier fait pour percer des trous dans le bois par le secours de la meche A, acérée en B, & à tête quarrée & renforcie, entrant dans une douille aussi quarrée C, faisant partie du fust de vilbrequin coude en D & en E, garni d’un manche à touret F, & d’un autre à virole G, par lequel on le fait tourner pour percer les trous.

La fig. 102, représente une vrille faite pour percer des trous ; A est la vrille acérée, B la pointe emmanchée dans un manche de bois horisontal C.

La fig. 103, représente une tariere faite pour percer de gros trous ; A est la tariere, & B la pointe emmanchée dans un manche de bois horisontal C.

La fig. 104, représente un tourne-vis, fait pour tourner des vis en bois ; A en est la tête acérée, B la queue, & C le manche.

La fig. 105, représente une paire de tenailles, appellées triquoises, faites pour arracher des clous, broquettes, pointes, &c. composées de deux mords AA, larges & acérés, à charniere en B, & leurs branches C C.

La fig. 106, représente une paire de cisailles, faites pour couper de la tôle, du laiton, &c. composées de deux mords acérés & en taillant A, à charniere en B, & de leurs branches coudées en C & en D ; celle-ci plus longue que l’autre, étant faite pour entrer dans le trou d’un établi, d’un billot, ou autre chose semblable, pour les tenir fermes.

La fig. 107, représente un compas d’assez mauvaise façon, mais ainsi fait, ou à-peu-près, & assez bon, fait pour prendre des distances égales, composé de sa tête A, & de ses pointes B B.

La fig. 108, représente une fausse équerre ou sauterelle, faite pour lever des ouvertures d’angles, composée de ses deux branches AA, à charniere en B.

La fig. 109, représente une équerre faite pour équarrir les ouvrages, & les mettre en effet d’équerre.

Des outils de releveurs. Les releveurs, en terme de Serrurerie, sont ceux qui font & relevent les ornemens des appuis, rampes, balcons, grilles, &c. d’où ils tirent leur nom. Ces ouvriers plus habiles, plus rares, & aussi plus chers que les autres, ne sont, pour ainsi dire, que de ces sortes d’ouvrages, & ont des outils qui leur sont propres, & tout-à-fait différens des autres.

Les marteaux à relever, fig. 110, 111, 112, 113, & 114, sont plus ou moins forts les uns que les autres, mais en général fort longs, minces, & à deux têtes AA ; les unes rondes, les autres quarrées ; d’autres plates, ovales, petites, grandes, & de toutes les façons, pour plus grande commodité dans les ouvrages.

Les figures 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, & 122, représentent des tasseaux à relever à deux têtes AA, à-peu-près des mêmes formes que les marteaux, mais en plus grande quantité, tous à double épaulement en B, pour les empêcher de descendre lorsque l’on frappe dessus, étant serrés dans l’étau, figure 43.

La fig. 123, représente un poinçon à feuille d’eau, ornement des appuis, rampes, balcons, & grilles, composé du poinçon A, & de sa tête B, & la fig. 124, représente son étampe.

La fig. 125, représente une étampe à épi de blé, ou autres semblables ornemens, employés aux mêmes usages que les autres.

La fig. 126, représente un tasseau de plomb fait pour servir à emboutir, percer, couper les ornemens.

La fig. 127, représente un petit tasseau d’étau, dont la surface est droite, composé de sa tête acérée A, & de son tenon B.

La fig. 128, représente un autre tasseau d’étau plus fort, dont la surface est un peu ronde, composé de sa tête acérée A, & de son tenon B. Article de M. Lucotte.


  1. Méplat, c’est à-dire plus large qu’épais.
  2. Grandes forges sont des lieux dans les provinces où l’on fabrique le fer.
  3. Le frazier est la poussiere du charbon.
  4. Etiré, c’est-à-dire alongé.
  5. Forge est une espece de fourneau où l’on chauffe le fer.
  6. Machefer est une espece de pierre dure, formée des crasses du charbon usé.
  7. Suante, c’est-à-dire que le fer semble en effet suer.
  8. Couleur de cerise est la couleur qui imite ce fruit.
  9. Murs de face sont les murs extérieurs des bâtimens.
  10. Murs de réfend sont de gros murs intérieurs, ou l’on adosse ordinairement les cheminées, &c.
  11. Chasser, c’est pousser le fer à grands coups de marteau.
  12. Languettes, sont les murs des cheminées qui les séparent ou les enferment.
  13. Les limons sont ce qui forme le noyau ou milieu de l’escalier, sur lequel sont appuyées toutes les marches.
  14. Taraudé, c’est-à-dire formant la vis.
  15. Scellement est ce qu’on scelle en effet dans les murs.
  16. Seuil est la premiere marche des portes.
  17. Rivé, c’est à-dire attaché de cloux à deux têtes.
  18. Braser est une façon de souder fort médiocrement le fer avec le fer, en faisant fondre du cuivre mêlé de borax dans la jonction des parties, que l’on a pris soin de bien nettoyer.