L’Encyclopédie/1re édition/ACHE

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ACHE, s. f. est une plante potagere qui est un vrai persil : on en compte de quatre sortes : l’ache ou persil de Macédoine ; l’ache de jardin ou persil ordinaire ; l’ache de montagne, qui est celle qui s’éleve le plus haut ; l’ache de marais, que d’autres nomment l’ache royale.

Cette derniere plante se cultive dans les jardins. Ses feuilles ressemblent à celles du persil, & poussent une tige d’un pié de haut, d’où naissent des fleurs en Juillet & Août faites en ombelles, de couleur jaune ou blanche, composées de cinq feuilles disposées en rose. A la place de ces fleurs croît un fruit qui renferme deux graines qui en multiplient l’espece, ainsi que ses racines éclatées dont on se sert le plus ordinairement.

Cette plante aime une terre humide & substantielle, avec peu de soleil. On mange ses racines crues & cuites.

Il y a encore une ache fort cultivée dans les jardins, qui est appellée celleri. Voyez Celleri. (K)

* Apium palustre, & apium officinarum (C. B. Pin. 154.) Cette plante est amere, acre, aromatique : elle contient beaucoup de sel volatil huileux, dont le sel ammoniac n’est pas entierement décomposé, mais dissous dans beaucoup de phlegme & uni avec beaucoup de terre. Mém. de l’Acad. Royale des Sciences. On en tire par l’analyse chimique, outre plusieurs liqueurs acides, beaucoup de soufre, beaucoup de terre, assez d’esprit urineux, & un peu de sel volatil concret : c’est pourquoi elle est apéritive, diurétique, sudorifique, fébrifuge, vulnéraire. On fait prendre six onces du suc de ses feuilles dans le commencement du frisson de l’accès des fievres intermittentes : on couvre le malade ; & il sue ordinairement.

Un gros d’extrait de feuilles d’ache avec deux gros de kinkina, est un excellent remede contre la fievre quarte, & toutes celles qui naissent d’obstructions au bas-ventre. On peut substituer le suc d’ache à celui de cochléaria, dans le scorbut, & quand il faut fortifier les gencives & nettoyer les ulceres de la bouche. On en bassine le cancer & les ulceres extérieurs. On emploie la racine d’ache en tisane, dans les bouillons, dans les apozèmes & dans les sirops propres à désopiler. C’est une des cinq apéritives. Pour faire passer le lait, faites bouillir égale partie de feuilles d’ache & de mente dans du saindoux, passez par un tamis ; saupoudrez ce qui sera passé avec les semences d’ache pulvérisées. Cette plante se trouve le long des fossés & des ruisseaux.