L’Arc d’Ulysse/La Rime

L’Arc d’UlysseÉditions Georges Crès et Co (p. 125).

LA RIME

À Ronsard.


La Nymphe jà fessue et dont le sein pommelle
S’apparie au Sylvain sous la flûte de Pan :
Et leur danse, velue et claire, va frappant
Son sabot bestial ou pointant sa mamelle.

La troupe au crin doré se disperse. Comme elle
S’égrène le galop des cornus Égypans.
Et les appels lointains où le cœur se suspend
Alternent sur les monts avec des voix jumelles.

Telle sonne et se lie au doux bransle des vers,
Sœur du bouc et d’Écho, nymphe des antres verds,
La Rime, blanchissante épaule ou poil farouche.

Que ton distique ferme et nourri de Ronsard,
Pressant faunesse et faune accolés par la bouche,
Cisèle le baiser harmonieux de l’art.


Dives-sur-Mer, août 1884.