L’Abîme (Rollinat)/La Virginité

L’Abîme : poésie
G. Charpentier et Cie, éditeurs (p. 115-116).


LA VIRGINITÉ


La virginité nous attire,
Mais son mystère nous confond,
Car il demeure aussi profond
Dans la souillure et le martyre.

Les syllabes qu’on lui soutire
Sont des gouffres à double fond
La virginité nous attire
Mais son mystère nous confond.


Et masque ambigu qui retire
L’aveu que ses rougeurs nous font,
Monstre glacé qui nous morfond
Et cauchemar blanc du satyre,
La virginité nous attire.