Ouvrir le menu principal

List2 gray&blue.svgPour les autres utilisations de ce mot ou de ce titre, voir À ma sœur.
Œuvres de Sully PrudhommeAlphonse LemerrePoésies 1865-1866 (p. 57-58).

Jeunes Filles



À ma Sœur


Ces vers que toi seule aurais lus,
L’œil des indifférents les tente ;
Sans gagner un ami de plus
J’ai donc trahi ma confidente.

Enfant, je t’ai dit qui j’aimais,
Tu sais le nom de la première ;
Sa grâce ne mourra jamais
Dans mes yeux qu’avec la lumière.


Ah ! si les jeunes gens sont fous,
Leur enthousiasme s’expie ;
On se meurtrit bien les genoux
Quand on veut saluer la vie.

J’ai cru dissiper cet amour ;
Voici qu’il retombe en rosée,
Et je sens son muet retour
Où chaque larme s’est posée.