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Jadis et naguère (1891)/Jadis/Le Clown

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Clown.

Le Clown (1884)
Jadis et NaguèreLéon Vanier (p. 15).


LE CLOWN


À Laurent Tailhade

 
Bobèche, adieu ! bonsoir. Paillasse ! arrière, Gille !
Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,
Place ! très grave, très discret et très hautain.
Voici venir le maître à tous, le clown agile

Plus souple qu’Arlequin et plus brave qu’Achille.
C’est bien lui, dans sa blanche armure de satin ;
Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain.
Ses yeux ne vivent pas dans son masque d’argile.

Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Cependant que la tête et le buste, élégants,
Se balancent sur l’arc paradoxal des jambes.

Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,
La canaille puante et sainte des Iambes
Acclame l’histrion sinistre qui la hait