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Traduction par Emile Littré.
J.J. Dubochet, Le Chevalier et Cie (1p. 608-652).
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LIBER XVII

I. (i.)

1 Natura arborum terra marique sponte sua provenientium dicta est ; restat earum, quæ arte et humanis ingeniis fiunt verius quam nascuntur. Sed prius mirari succurrit, quæ retulimus pænuria pro indiviso possessa feris, depugnante cum his homine circa caducos fructus, circa pendentes vero et cum alitibus, in tanta deliciarum pretia venisse, clarissimo (ut equidem arbitror) exemplo L. Crassi atque Cn. Domiti Ahenobarbi. 2 Crassus orator fuit in primis nominis Romani : domus ei magnifica, sed aliquanto præstantior in eodem Palatio Q. Catuli, qui Cimbros cum C. Mario fudit, multo vero pulcherrima consensu omnium ætate ea in colle Viminali C. Aquili, equitis Romani clarioris illa etiam quam iuris civilis scientia, cum tamen obiecta Crasso sua est. 3 Nobilissimarum gentium ambo censuram post consulatus simul gessere anno conditæ urbis DCLXII frequentem iurgiis propter dissimilitudinem morum. Tum


Cn. Domitius, ut erat vehemens natura, præterea accensus odio, quod ex æmulatione avidissimum est, graviter increpuit tanti censorem habitare, pro domo eius identidem promittens, 4 Et Crassus, ut præsens ingenio semper, ut faceto lepore sollers, addicere se respondit exceptis sex arboribus. Ac ne uno quidem denario, si adimerentur, emptam volente Domitio, Crassus : Utrumne igitur ego sum, inquit, quæso, Domiti, exemplo gravis et ipsa mea censura notandus, qui domo, quæ mihi hereditate obvenit, comiter habentem, an tu, qui H. S. sexagies sex arbores æstimes ? 5 [Hæc] fuere loti, patula ramorum opacitate lascivæ, Cæcina Largo e proceribus crebro iuventa nostra eas in domo sua ostentante, duraveruntque — quoniam et de longissimo ævo arborum diximus — ad Neronis principis incendia, quibus cremavit Urbem, annis clxxx. Postea cultu virides iuvenesque, ni princeps ille adcelerasset etiam arborum mortem. 6 Ac ne quis vilem de cetero Crassi domum nihilque in ea iurganti Domitio fuisse licendum præter arbores iudicet, iam columnas VI Hymetti marmoris, ædilitatis gratia ad scenam ornandam advectas, in atrio eius domus statuerat, [cum]



Tant les goûts somptueux sont modernes ! A cette époque les arbres rehaussaient tellement le prix des maisons, que sans ces arbres Domitius ne voulut pas tenir un marché même proposé par la haine. 5 Les arbres ont aussi fourni des surnoms aux anciens ; tel est te soldat surnommé Fronditius, qui, traversant le Vulturne à la nage, ceint d'une couronne de feuillage, se distingua par de hauts faits dans la guerre contre Annibal. La famille Licinia eut des Stolons (xviii, 4) ; on donne le nom de stolons aux rejetons inutiles dans les arbres ; et le Licinius qui imagina de détruire ces rejetons reçut, le premier, le surnom de Stolon. Les lois antiques avaient pris aussi les arbres sous leur sauvegarde ; les Douze Tables (Tab. ii, 4) défendaient de couper à tort les arbres d'autrui, sous peine d'une amende de vingt-cinq as pour chaque pied. Est-il à croire que nos aïeux, qui évaluaient à ce prix les arbres à fruit, aient jamais pensé que des lotos iraient au prix exorbitant que je viens de rappeler ? Au reste, les arbres à fruits ne présentent pas des changements moins merveilleux : plusieurs arbres dans la banlieue donnent annuellement un revenu de 2.000 sesterces (420 fr.) ; un seul pied rapporte plus qu'un domaine tout entier ne rapportait jadis. C'est pour cet intérêt qu'on a imaginé la greffe et l'adultère des arbres, afin que les fruits mêmes ne naquissent plus pour les pauvres. Maintenant nous allons exposer les procédés à l'aide desquels on obtient surtout un pareil revenu, c'est-à-dire la véritable et parfaite culture. Aussi nous ne nous occuperons pas des méthodes vulgaires ni de celles qui ont l'assentiment commun, mais nous traiterons des faits incertains et douteux, dans lesquels l'industrie se trompe le plus. Affecter l'exactitude quand il n'en est pas besoin n'est pas notre fait. Avant tout, envisageons d'un point de vue général les influences qui appartiennent en commun à tous les arbres, celles du ciel et du sol.

II. (II.)

1 Les arbres aiment surtout l'aquilon (nord-est) (ii, 46), qui les rend plus touffus, plus vigoureux, et donne plus de solidité au bois. C'est un point sur lequel la plupart se trompent : dans les vignobles, il ne faut pas mettre les échalas de manière qu'ils couvrent les ceps contre ce vent : il ne faut prendre cette précaution que contre le vent du nord. Bien plus, les froids survenant à propos contribuent beaucoup à la solidité des arbres, et ils en favorisent le bourgeonnement ; l'arbre, si le vent du sud le caresse, se fatigue, et surtout lors de la floraison. Des pluies surviennent-elles immédiatement après la floraison, les fruits périssent totalement ; et même il suffit que le temps soit nuageux ou que le vent du midi souffle, pour que la récolte des amandiers et des poiriers soit perdue (xvi, 46). 2 La pluie, vers le lever des Pléiades (xviii, 66), endommage extrêmement la vigne et l'olivier, attendu qu'à cette époque commence le travail du bourgeonnement (xvi, 39 et 42) ; c'est la l'intervalle de quatre jours ; critique pour les oliviers (xvii, 30, 2) ; c'est là ce vent du sud nuageux et fatal qui décide de leur sort, et dont nous avons parlé (xvi, 46). Les céréales aussi mûrissent plus mal sous l'influence du vent du midi, mais mûrissent plus vite. Les froids nuisibles sont ceux qui surviennent avec le vent du nord ou hors de saison. Il est très avantageux pour toutes les semailles que pendant l'hiver règne l'aquilon (nord-est). 3 On désire alors les pluies, et la cause en est manifeste ; car les arbres, épuisés par le fruit qu'ils ont porté, et fatigués en outre par la




in publico nondum essent ullæ marmoreæ. Tam recens est opulentia, tantoque tunc plus honoris arbores domibus adferebant, ut sine illis ne inimicitiarum quidem pretium servaverit Domitius. 5 Fuere ab his et cognomina antiquis : Frondicio militi illi, qui præclara facinora Volturnum transnatans fronde inposita adversus Hannibalem edidit, Stolonum Liciniæ genti. Ita appellatur in ipsis arboribus fruticatio inutilis, unde et pampinatio inventa primo Stoloni dedit nomen. Fuit et arborum cura legibus priscis, cautumque est xii tabulis ut, qui iniuria cecidisset alienas, lueret in singulas æris xxv. Quid existimamus ? venturasne eas credidisse ad supra dictam æstimationem illos, qui vel frugiferas tanti taxaverant ? 6 Nec minus miraculum in pomo est multarum circa suburbana fructu annuo addicto binis milibus nummum, maiore singularum reditu quam erat apud antiquos prædiorum. Ob hoc insita et arborum quoque adulteria excogitata sunt, ut nec poma pauperibus nascerentur. 7 Nunc ergo dicemus, quo[nam] maxime modo tantum ex his vectigal contingat, veram colendi rationem absolutamque prodituri. Et ideo non volgata tractabimus nec quæ constare animo advertimus, sed incerta atque dubia, in quibus maxime fallitur vita. Nam diligen-


tiam supervacuis adfectare non nostrum est. Ante omnia autem [in universum et] quæ ad cuncta arborum genera pertinent in commune de cælo terraque dicemus.

II. (ii.)

1 Aquilone maxime gaudent, densiores ab adflatu eius lætioresque et materie firmiores. Qua in re plerique falluntur, cum in vineis pedamenta non sint a vento eo opponenda et id tantum a septentrione servandum. Quin immo tempestiva frigora plurimum arborum firmitati conferunt, et sic optime germinant, alioqui, si blandiantur austri, defetiscentes, ac magis etiam in flore. 2 Nam si, cum defloruere, protinus sequantur imbres, in totum poma depereunt, adeo ut amygdalæ et piri, etiam si omnino nubilum fuit austrinusve flatus, amittant fetus. Circa vergilias quidem pluvere inimicissimum viti et oleæ, quoniam tum coitus est earum. hoc est illud quadriduum oleis decretorium, hic articulus austrinus nubili spurci, quod diximus. Fruges quoque peius maturescunt austrinis diebus, sed celerius. 3 Illa sunt noxia frigora, quæ septentrionibus aut præposteris fiunt horis. Hiemem quidem aquiloniam esse omnibus satis utilissimum. Imbres vero tum expetendi evidens causa est, quoniam arbores fetu exinanitas et foliorum quoque amissione languidas



perte de leurs feuilles, sont naturellement affamés et avides ; or, la pluie est leur aliment. L'expérience a démontré que rien n'était plus mauvais qu'un hiver tiède, permettant que les arbres, après avoir donné leurs fruits, conçoivent de nouveau immédiatement, c'est-à-dire bourgeonnent, et soient épuisés par une nouvelle floraison. Il y a plus : si plusieurs années semblables se suivaient, les arbres périraient ; car il n'est pas douteux que c'est un supplice de travailler en souffrant de la faim. 4 Quand le poète (Virgile, Géorg., i, 100) a dit qu'il fallait souhaiter des hivers sereins, ce n'est pas pour les arbres qu'il a fait des vœux : les pluies, à l'époque du solstice d'été, ne conviennent pas non plus à la vigne ; et dire qu'un hiver poudreux rend les moissons plus abondantes, c'est s'abandonner aux écarts d'une imagination féconde. Mais on souhaite, aussi bien pour les arbres que pour les céréales, que la neige demeure longtemps sur la terre. Ce n'est pas seulement que, renfermant et comprimant les esprits terrestres qui s'évanouissent par les exhalaisons, elle les refoule dans les racines et fortifie les plantes, mais encore c'est qu'elle fournit peu à peu une humidité qui de plus est pure et très légère ; car la neige est l'écume des eaux du ciel. De la sorte, l'eau qui en provient ne s'épanche pas toute a la fois ; mais, distillée au fur et à mesure de la soif des plantes, elle alimente comme fait une mamelle, et n'inonde pas. 5 La terre fermente sous cette influence, se remplit de sucs ; et comme les graines ne l'ont pas épuisée par leur absorption, elle sourit à la saison tiède qui vient lui ouvrir le sein. C'est ainsi que les blés grossissent le plus, si ce n'est là où l'atmosphère est toujours chaude, comme en Égypte ; car la continuation de la même température et


l'habitude produisent là les mêmes effets qu'ailleurs, un air tempéré. Au reste, ce qui importe le plus partout, c'est l'absence des conditions nuisibles. Dans la plus grande partie du monde, les bourgeonnements précoces sollicités par la douceur de la température sont brûlés par les froids qui surviennent consécutivement. Pour cette raison les hivers tardifs sont nuisibles ; ils le sont aussi aux arbres des forêts, qui même souffrent davantage, accablés par leur propre ombrage, et que l'industrie humaine ne secourt pas ; car il n'y a pas moyen de revêtir dans les forêts les arbres délicats avec de la paille tordue. 6 Les pluies sont donc favorables, d'abord pendant l'hiver, puis quand elles précèdent le bourgeonnement, en troisième lieu, quand se forme le fruit, mais non immédiatement, et seulement quand le fruit est déjà fort. Les arbres tardifs, et qui ont besoin d'une alimentation prolongée, reçoivent aussi un bénéfice des pluies tardives ; tels sont la vigne, l'olivier, le grenadier. Ces pluies elles-mêmes sont désirées diversement pour chaque espèce d'arbre, car les uns mûrissent à une époque, les autres à une autre. 7 Aussi voit-on les mêmes pluies faire du mal à ceux-ci, du bien à ceux-là, même dans le même genre, par exemple les poiriers. Les poires d'hiver ont besoin de pluie à un autre jour que les poires précoces, bien que toutes en aient également besoin. L'hiver précède l'époque du bourgeonnement, lequel se trouve mieux de l'aquilon que du vent du midi. La même raison fait que l'on préfère l'intérieur des terres aux côtes de la mer (l'intérieur est généralement plus froid), les contrées montagneuses aux plaines, les pluies nocturnes aux pluies du jour ; les végétaux jouissant davantage des eaux, que le soleil ne leur enlève pas immédiatement. 8 L'examen de la




naturale est avide esurire, cibus autem earum imber. Quare tepidam esse hiemem, ut absumpto partu arborum sequatur protinus conceptus, id est germinatio, ac deinde alia florescendi exinanitio, inutilissimum experimentis creditur. Quin immo si plures ita continuentur anni, etiam ipsæ moriuntur arbores, quando nemini dubia poena est in fame laborantium. Ergo qui dixit hiemes serenas optandas, non pro arboribus vota fecit : 4 nec per solstitia imbres vitibus conducunt ; hiberno quidem pulvere lætiores fieri messes luxuriantis ingenii fertilitate dictum est. Alioqui vota arborum frugumque communia sunt nives diutinas sedere. Causa non solum quia animam terræ evanescentem exhalatione includunt et conprimunt retroque agunt in vires frugum atque radices, verum quod et liquorem sensim præbent, purum præterea levissimumque, quando nix aquarum cælestium spuma est. 5 Ergo umor ex his non universus ingurgitans diluensque, sed quomodo sititur destillans velut ex ubere, alit omnia, quia non inundat. Tellus quoque illo modo fermentescit, et sui plena, a lactescentibus satis non effeta, cum tempus aperit, tepidis adridet horis. Ita maxime frumenta pinguescunt, præterquam ubi calidus semper aër est, ut in Ægypto. Continuatio enim et ipsa consue-


tudo idem quod modus aliubi efficit, plurimumque prodest ubicumque non esse quod noceat. 6 In maiore parte orbis, cum præcoces excurrere germinationes evocatæ indulgentia cæli, secutis frigoribus exuruntur. Qua de causa serotinæ hiemes noxiæ, silvestribus quoque, quæ magis etiam dolent urguente umbra sua nec adiuvante medicina, quando vestire teneras intorto stramento in silvestribus non est. 7 Ergo tempestivæ aquæ hibernis primum imbribus, dein germinationem antecedentibus ; tertium tempus est, cum educant poma, nec protinus, sed iam valido fetu. Quæ fructus suos diutius continent longioresque desiderant cibos, his et serotinæ aquæ utiles, ut viti, oleæ, punicis. Hæ tamen pluviæ generis cuiusque arboribus diverso modo desiderantur, aliis alio tempore maturantibus. Quapropter eisdem imbribus aliqua lædi videas, aliqua iuvari, etiam in eodem genere, sicut in piris alio die hiberna quærunt pluvias, alio vero præcocia, ut pariter quidem omnia desiderent hibernum tempus, set ante germinationem, 8 quæ Aquilonem austro utiliorem facit ratio, eadem mediterranea maritimis præfert : sunt enim plerumque frigidiora : et montuosa planis et nocturnos imbres diurnis. Magis fruuntur aquis sata



meilleure exposition est connexe pour les vignes et les arbres qui les portent. Virgile, (Georg., II, 398) condamne l'exposition au couchant ; d'autres la préfèrent à celle du levant. Je remarque que plusieurs approuvent celle du midi, et je ne pense pas qu'il y ait à cet égard aucun précepte absolu à donner. La nature du sol, le caractère du lieu, les influences du ciel, doivent diriger l'industrie du cultivateur. 9 En Afrique, l'exposition des vignobles au midi est nuisible à la vigne et insalubre pour le vigneron ; c'est que cette contrée est dans la zone méridionale : aussi celui qui là tournera ses plantations au couchant ou au nord combinera le mieux l'action du sol avec celle du ciel. Quand Virgile condamne le couchant, il n'est pas douteux que la condamnation du nord y est implicitement renfermée ; et cependant, dans l'Italie cisalpine, les vignobles sont en grande parte exposés au nord, et l'expérience a appris qu'il n'en est pas de plus productifs. 10 La considération des vents est importante aussi. Dans la province Narbonnaise, dans la Ligurie et une partie de l'Étrurie, on regarda comme inhabile celui qui plante sous le vent Circus (ii, 46), et comme habile celui qui choisit une exposition oblique à ce vent : c'est lui en effet qui tempère l'été dans ces contrées ; mais la violence en est d'ordinaire si grande, qu'il enlève les toits (iii.). Quelques-uns subordonnent le ciel au sol : quand ils plantent un vignoble dans un lieu sec, ils l'exposent au levant et au nord ; dans un lieu humide, au midi. On emprunte aux variétés mêmes de la vigne des motifs d'élection : on plante des vignes précoces dans les expositions froides, afin que le raisin en mûrisse avant le froid ; 1 les fruits et les vignes qui haïssent la rosée, on les expose au levant, afin que le soleil emporte aussitôt cette hu-


midité les fruits et les vignes qui aiment la rosée, on les expose au couchant ou même au nord, afin qu'ils en jouissent plus longtemps. La plupart, se bornant à suivre la nature, ont conseillé d'exposer les vignes et les arbres au nord-est ; Démocrite pense que de cette façon le fruit devient plus odorant. (iv.) Nous avons parlé, dans le second livre, du vent du nord-est et des autres vents (ii, 46 et 47) ; dans le livre suivant nous parlerons de plusieurs phénomènes célestes : en attendant, ce qui paraît probant en faveur de la salubrité de l'exposition au nord-est, c'est que les arbres exposés au midi perdent toujours leurs feuilles avant les autres. 12 Une cause semblable agit sur les contrées maritimes. En certaines localités les vents de mer sont nuisibles, dans la plupart ils sont utiles. Certaines plantations se plaisent à apercevoir la mer de loin, mais on ne gagne rien à les en approcher davantage. Même influence est celle des fleuves et des étangs ; ils brûlent par les brouillards qui s'en échappent, ou rafraichissent les ardeurs trop grandes. Nous avons dit (xvi, 30 et 31) quels végétaux aimaient l'ombre et même le froid. En conséquence, c'est à l'expérience qu'il faut surtout se fier.

III.

1 Après le ciel vient la terre, dont il n'est pas plus facile d'exposer les influences. Rarement le même terroir convient aux arbres et aux céréales, et même la terre noire, telle qu'on la trouve dans la Campanie, n'est pas partout ce qu'il y a de mieux pour les vignes ; non plus que la terre d'où sortent des exhalaisons légères ; non plus que la terre rouge, préconisée par beaucoup d'auteurs. Le terroir crétacé dans le territoire d'Alba Pompéia (iii, 17) et l'argile sont préférés pour les vignes à tous les autres, quoique ce soient des sols très gras ; ce qu'on ne veut pas pour la




non statim auferente eas sole. 8 Conexa et situs vinearum arbustorumque ratio est, quas in horas debeant spectare. Vergilius ad occasus seri damnavit, aliqui sic maluere quam in exortus. A pluribus meridiem probari adverto, nec arbitror perpetuum quicquam in hoc præcipi posse. Ad soli naturam, ad loci ingenium, ad cæli cuiusque mores dirigenda sollertia est. In Africa meridiem vineas spectare et viti inutile et colono insalubre est, quoniam ipsa meridianæ subiacet plagæ, quapropter ibi, qui in occasum aut septentriones conseret, optime miscebit solum cælo. Cum Vergilius occasus improbet, nec de septentrione relinqui dubitatio videtur. Atqui in cisalpina Italia magna ex parte vineis ita positis compertum est nullas esse fertiliores. 10 Multum rationis optinent et venti. In Narbonensi provincia atque Liguria et parte Etruriæ contra circium serere imperitia existimatur, eundemque oblicum accipere providentia. Is namque æstates ibi temperat, sed tanta plerumque violentia, ut auferat tecta. (iii.) Quidam cælum terræ parere cogunt, ut, quæ in siccis serantur, orientem ac septentriones spectent, quæ in umidis, meridiem. Nec non ex ipsis vitibus causas mutuantur, in frigidis præcoces serendo, ut maturitas antecedat algorem. 11 Quæ poma vites-


que rorem oderint, contra ortus, ut statim auferat sol, quæ ament, ad occasus vel etiam ad septentriones, ut diutius eo fruantur. Cæteri fere rationem naturæ secuti in aquilonem obversas vites et arbores poni suasere. Odoratiorem etiam fieri talem fructum Democritus putat. (iv.) Aquilonis situm ventorumque reliquorum diximus secundo volumine dicemusque proximo plura cælestia. Interim manifestum videtur salubritatis argumentum, quoniam in meridiem etiam spectantium semper ante decidunt folia. Similis et in maritimis causa. 12 Quibusdam locis adflatus maris noxii, in plurimis iidem alunt. Quibusdam satis e longinquo aspicere maria iucundum, propius admoveri salis halitum inutile. Similis et fluminum stagnorumque ratio. Nebulis adurunt aut æstuantia refrigerant. Opacitate atque etiam rigore gaudent quæ diximus. Quare experimentis optime creditur.

III.

1 A cælo proximum est terræ dixisse rationem, haud faciliore tractatu, quippe non eadem arboribus convenit et frugibus plerumque, nec pulla, qualem habet Campania, ubique optima vitibus, aut quæ tenues exhalat nebulas, nec rubrica multis laudata. Cretam in Albensium Pompeianorum agro et argillam cunctis ad vineas



vigne. D'un autre côté, le sable blanc dans le territoire du Tésin, le sable noir en plusieurs lieux, et le sable ronge, même mélangés avec une terre grasse. sont improductifs. 2 Souvent aussi les signes d'après lesquels on juge sont trompeurs. Un sol que des arbres élevés décorent n'est pas toujours un sol favorable, si ce n'est pour ces arbres. Qu'y a-t-II de plus grand que le sapin, et quel autre végétal pourrait vivre dans le même lieu ? Les prés verdoyants ne sont pas non plus toujours l'indice d'un sol gras : quoi de plus renommé que les pâturages de la Germanie ? Cependant il n'y a qu'une couche très mince de terre, et aussitôt on trouve le sable. La terre qui produit de grandes herbes n'est pas toujours humide, pas plus, certes, que n'est toujours grasse celle qui adhère aux doigts ; ce que prouve l'argile. 3 Aucune terre rejetée et foulée dans le trou qu'on vient de faire ne le remplit cette expérience ne peut donc en indiquer la densité ou la rareté. De même, toute terre rouille le fer. On ne peut déterminer la pesanteur ou la légèreté de la terre en la rapportant à un poids donné. Quel serait en effet ce poids auquel on la rapporterait ? Les alluvions des fleuves ne sont pas toujours louables, car il est des plantes dont l'eau hâte la vieillesse ; et même la bonne terre d'alluvion n'est longtemps bonne que pour le saule. Parmi les indices de la bonté de la terre, on compte la grosseur du chaume, qui est telle dans le Labour, contrée célèbre de la Campanie, qu'on s'en sert en guise de bois ; mais ce même sol, partout dur à labourer, difficile à cultiver, fatigue pour ainsi dire plus le cultivateur par ses qualités qu'il ne le fatiguerait par ses défauts. 4 La terre qu'on nomme charbonnée passe pour être susceptible de s'amender avec des plants de vigne maigre. Le tuf


(xxxvi, 48), naturellement raboteux et friable, est recommandé par certains auteurs. Virgile (Géorg., ii, 189) ne condamne pas pour la vigne la terre qui porte de la fougère. On confie avec sûreté à des terres salées bien des plantes, vu qu'elles sont plus à l'abri de la pullulation des insectes nuisibles. Les coteaux, si on sait les fouir, ne laissent pas le travail sans récompense ; toutes les plaines ne sont pas moins accessibles qu'il n'est besoin aux rayons du soleil et aux vents. Certaines vignes, avons-nous dit (xiv, 4, 12), s'alimentent par les gelées blanches et les brouillards. En toute chose il est des secrets profondément cachés ; c'est à l'intelligence de chacun à les pénétrer. 5 Bien plus, ne voit-on pas changer des localités depuis longtemps jugées et éprouvées ? En Thessalie, dans les environs de Larisse, le dessèchement d'un lac rendit la contrée plus froide, et les oliviers, qui y poussaient autrefois, cessèrent d'y venir ; l'Hèbre s'étant rapproché d'Aenos, cette localité vit ses vignes se geler, ce qui n'arrivait pas auparavant. Dans les environs de Philippes, le pays ayant été séché par la culture, l'état du climat fut changé. Dans le territoire de Syracuse, un agriculteur étranger, ayant épierré son champ, perdit sa récolte par le limon, et il lui fallut reporter les pierres. En Syrie, le soc de la charrue est léger, et on ne fait qu'un sillon superficiel, parce qu'au-dessous est une roche qui en été brûle les semences. 6 Suivant les lieux, les effets d'une chaleur excessive et du froid sont semblables : la Thrace est fertile en grains par l'influence du froid ; l'Afrique et l'Égypte, par l'influence du chaud. A Chalcia (v, 36), île appartenant aux Rhodiens, est un lieu tellement fécond, qu'après y avoir récolté l'orge semée à l'époque ordinaire, on en fait immédia-




ribus anteponunt, quamquam præpingues, quod excipitur in eo genere. Invicem sabulum album in Ticiniensi multisque in locis nigrum itemque rubrum, etiam pingui terræ permixtum, infecundum est. 2 Argumenta quoque iudicantium sæpe fallunt. Non utique lætum solum est, in quo proceræ arbores nitent, præterquam illis arboribus. Quid enim abiete procerius ? at quæ vixisse possit alia in loco eodem ? nec luxuriosa pabula pinguis soli semper indicium habent. Nam quid laudatius Germaniæ pabulis ? at statim subest harena tenuissimo cæspitum corio. Nec semper aquosa est terra, cui proceritas herbarum, non, Hercules, magis quam pinguis, adhærens digitis, quod in argillis arguitur. 3 Scrobes quidem regesta in eos nulla conplet, ut densa atque rara ad hunc modum deprehendi possit, ferroque omnis rubiginem obducit. Nec gravis aut levior iusto deprehenditur pondere. Quod enim pondus terræ iustum intellegi potest ? neque fluminibus adgesta semper laudabilis, quando senescant sata quædam aqua. Sed neque illa, quæ laudatur, diu præterquam salici utilis sentitur. Inter argumenta stipulæ crassitudo est, tanta alioqui in Leborino Campaniæ nobili campo, ut ligni vice utantur. Sed id solum ubicumque arduum opere, difficili cultu, bonis suis acrius pæne, quam vitiis


posset, adfligit agricolam. 4 Et carbunculus, quæ terra ita vocatur, emendari intenta cura videtur. Nam tofus naturæ friabilis expetitur quoque ab auctoribus. Vergilius et quæ felicem ferat non inprobat vitibus. Salsæque terræ multa melius creduntur, tutiora a vitiis innascentium animalium. Nec colles opere nudantur, si quis perite fodiat, nec campi omnes minus solis atque perflatus, quam opus sit, accipiunt, et quasdam pruinis ac nebulis pasci diximus vites. Omnium rerum sunt quædam in alto secreta et suo cuique corde pervidenda. 5 Quid quod mutantur sæpe iudicata quoque et diu comperta ? in Thessalia circa Larisam emisso lacu frigidior facta ea regio est, oleæque desierunt, quæ prius fuerant, item vites aduri, quod non antea, Ænos sensit admoto Hebro, et circa Philippos cultura siccata regio mutavit cæli habitum. At in Syracusano agro advena cultor elapidato solo perdidit fruges luto, donec regessit lapides. In Syria levem tenui sulco inprimunt vomerem, quia subest saxum exurens æstate semina. 6 Jam in quibusdam locis similes æstus inmodici et frigorum effectus. Est fertilis Thracia frugum rigore, æstibus Africa et Ægyptus. In Chalcia Rhodiorum insula locus quidam est in tantum fecundus, ut suo tempore satum demetant hordeum sublatumque proti-



tement une nouvelle semaille, qu’on récolte en même temps que les autres grains. Un sol graveleux dans le territoire de Vénafre, un sol très gras dans la Bétique, conviennent parfaitement aux oliviers. Les vins de Pucinum (xiv, 8, 1) mûrissent sur la roche ; les vignes du Cécube sont humectées par les marais Pontins (iii, 9). Tant sont grandes la variété des expériences et les différences du sol ! 7 César Vopiscus, plaidant sa cause devant les censeurs, dit que les champs de Roséa (iii, 17) étaient le terroir le plus fertile de l’Italie, et qu’une perche qu’on y laisse est le lendemain recouverte par l’herbe ; mais on ne les estime que comme pâturages. Cependant la nature n’a pas voulu que nous n’apprissions rien, et elle a manifesté les défauts la même où elle ne manifeste pas les qualités. En conséquence, commençons par les signes de réprobation.

(v.)

8 Veut-on savoir si une terre est amère ou maigre ? on le reconnaît aux herbes noires et chétive qu’elle produit : on reconnaît une terre froide à des productions rabougries ; une terre humide, a des productions malheureuses ; à l’œil la terre rouge et la terre argileuse, qui sont très difficiles à travailler, et qui chargent de mottes énormes les socs et les pioches : toutefois ne croyez pas que ce qui rend le travail pénible rende aussi le produit moindre. L’œil reconnaît de même un sol mêlé de cendre et de sable blanc. La terre stérile et dense se reconnaît facilement à sa dureté ; il suffit d’un coup de pioche. Caton (De re rust. II), brièvement et à sa manière, caractérise les vices des terrains : « Prenez garde à une terre cariée, ne l’ébranlez pas en y menant des chariots ou des troupeaux. » 9 Par cette expression qu’a-t-il entendu de si redoutable, qu’il défende presque de mettre le pied sur ce sol ? Re-


portons-nous à la carie du bois, et nous trouverons que ces vices si détestés sont ceux d’un terrain aride, crevassé, raboteux, blanchâtre. vermoulu, poreux. Caton a plus dit en un seul mot que ne pourrait exprimer un long discours. En effet, si l’on se rend compte des défauts des terrains, on voit qu’il est des terres vieilles non par l’âge [on ne peut concevoir d’âge à la terre], mais naturellement, et dès lors improductives et impuissantes pour toute chose. 10 Le même auteur (De re rust. i) regarde comme le meilleur terrain celui qui, situé au pied d’une montagne, s’étend en plaine du côté du midi : exposition qui est celle de l’Italie entière (iii, 6). D’après Caton (De re rust. cli.) la terre noire est tendre ; or la terre tendre est la meilleure pour la culture et pour les céréales. Qu’on veuille bien comprendre seulement tout ce que signifie cette expression merveilleuse de tendre, et l’on y trouvera tout ce qu’on peut désirer : la terre tendre a une fertilité tempérée, la terre tendre est d’une culture commode et facile ; elle n’est pas détrempée, elle n’est pas desséchée ; elle est brillante après le passage du soc, telle qu’Homère, source où puisent tous les génies, la dépeint ciselée par le dieu sur les armes d’Achille, ajoutant, chose merveilleuse ! qu’elle noircit, quoique représentée en or (Il., xviii, 548). C’est elle qui, fraîchement retournée, attire les oiseaux gourmands compagnons de la charrue, et les corbeaux qui vont becquetant les pas mêmes du laboureur. 11 Rappelons ici une sentence du luxe, qui n’est pas non plus hors de propos. Cicéron, cet autre flambeau de la littérature, a dit : « Meilleur est un parfum ayant le goût de terre qu’un parfum ayant le goût de safran (xiii, 4). » Il a mieux aimé dire le goût que l’odeur. Disons de même : la meilleure




nus serant et cum aliis frugibus metant. Glareosum oleis solum aptissimum in Venafrano, pinguissimum in Bætica. Pucina vina in saxo cocuntur, Cæcubæ vites in Pomtinis paludibus madent. Tanta est argumentorum ac soli varietas ac differentia ! 7 Cæsar Vopiscus, cum causam apud censores ageret, campos Rosiæ dixit Italiæ sumen esse, in quibus perticas pridie relictas gramen operiret, sed non nisi ad pabulum probantur. Non tamen indociles natura nos esse voluit, et vitia confessa fecit etiam ubi bona certa non fecerat. Quamobrem primum crimina dicemus.

V

(v.) 8 Terram amaram [probaverim] demonstrant eius atræ degeneresque herbæ, frigidam autem retorride nata, item uliginosam tristia, rubricam oculi argillamque, operi difficillimas quæque rastros aut vomeres ingentibus glæbis onerent, quamquam non quod operi, hoc et fructui adversum ; item e contrario cineraceam et sabulum album. Nam sterilis denso callo facile deprehenditur vel uno ictu cuspidis. Cato breviter atque ex suo more vitia determinat : Terram cariosam cave, neve plaustro neve pecore inpellas. 9 Quid putamus hac appellatione ab eo tantopere reformidari, ut pæne vestigiis


quoque interdicat ? redigamus ad ligni cariem, et inveniemus illa, quæ in tantum abominatur, vitia aridæ, fistulosæ, scabræ, canescentis, exesæ, pumicosæ. Plus dixit una significatione quam possit ulla copia sermonis enarrari. Est enim interpretatione vitiorum quædam non ætate (quæ nulla in ea intellegi potest), sed natura sua anus terra, et ideo infecunda ad omnia atque inbecilla. 10 Idem agrum optimum iudicat ab radice montium planitie in meridiem excurrente, qui est totius Italiæ situs, terram vero teneram, quæ vocetur pulla. Erit igitur hæc optima et operi et satis. Intellegere modo libeat dictam mira significatione teneram, et quidquid optari debet, in eo vocabulo invenietur. Illa temperatæ ubertatis, illa mollis facilisque culturæ, nec madida nec sitiens. Illa post vomerem nitescens, qualem fons ingeniorum Homerus in armis a deo cælatam dixit addiditque miraculum nigrescentis, quamvis fieret ex auro. Illa quam recentem exquirunt inprobæ alites vomerem comitantes corvique aratoris vestigia ipsa rodentes. 11 Reddatur hoc in loco luxuriæ quoque sententia et aliqua in propositum. Certe Cicero, lux doctrinarum altera, Meliora, inquit, unguenta sunt quæ terram, quem quæ crocum sapiunt. Hoc enim maluit dixisse quam redolent.



terre est celle qui a un goût de parfum. Si l’on nous demande quelle est l’odeur de la terre, nous répondrons : L’odeur que l’on recherche est celle qui se fait souvent sentir, le sol n’étant pas remué, au moment du coucher du soleil, dans le lieu ou l’arc-en-ciel a placé ses extrémités (xii, 52), et quand, après une sécheresse continue, la pluie a humecté la terre : alors elle exhale cette haleine divine qui est à elle, quelle a conçue du soleil, et à laquelle nul arome ne peut être comparé. C’est cette odeur que, remuée, elle devra répandre ; trouvée, jamais elle ne trompe, et l’odeur est le meilleur indice de la qualité de la terre. Telle est d’ordinaire celle qu’exhale le terrain sur lequel on a abattu une ancienne forêt, et dont on s’accorde à louer la bonté. 12 Dans la culture des céréales, la même terre rapporte davantage toutes les fois qu’on l’a laissée reposer. On ne laisse pas reposer les vignes ; aussi faut-il choisir avec plus de soin le terroir pour les vignobles, si l’on ne veut pas denier de la vérité à l’opinion de ceux qui retardent le terrain de l’Italie comme déjà fatigué. En certaines qualités de terre, la culture est facilitée aussi par le ciel. Il est des terres qu’on ne peut labourer après la pluie ; la qualité qui les fait fertiles les rend alors gluantes. Au contraire, dans le Byzacium (v, 3 ; xviii, 21), région de l’Afrique, cette campagne qui rend cent cinquante grains pour un, et que des taureaux, quand elle est sèche, ne peuvent labourer, nous l’avons vue, après la pluie, fendue par un âne chétif, tandis que, de l’autre côté, une vieille femme dirigeait le soc. Quant à amender le terroir, comme quelques-uns le recommandent, en jetant une terre grasse sur une terre légère, ou une terre maigre et absorbante sur une terre humide et très grasse. C’est une opéra-


tion insensée : que peut espérer un homme qui cultive un pareil sol ?

IV. (VI.)

1 Autre est la méthode que la Gaule et la Bretagne ont inventée, et qui consiste à en graisser la terre avec la terre ; celle-ci se nomme marne. Elle passe pour renfermer plus de principes fécondants. C’est une espèce de graisse terrestre comparable aux glandes dans le corps, et qui se condense en noyau. (vii..) Les Grecs n’ont pas non plus omis ce procédé. De quoi en effet n’ont-ils pas parlé ? Ils nomment leucargille une argile blanche qu’on emploie dans le territoire de Mégare, mais seulement pour les terroirs humides et froids. 2 Il convient de traiter avec soin de cette marne, qui enrichit la Gaule et la Grande-Bretagne. On n’en connaissait que deux espèces ; mais récemment l’usage de plusieurs espèces a été introduit par les progrès de l’agriculture. Il y a en effet la blanche, la rousse, la colombine, l’argileuse, la tophacée, la sablonneuse. On y distingue deux propriétés : la marne est rude ou grasse ; l’épreuve s’en fait à la main. L’emploi en est double : on s’en sert ou pour la production des céréales seulement, ou pour celle des fourrages. La marne tophacée alimente les céréales, ainsi que la blanche (5) : si elle a été trouvée entre des fontaines, elle est d’une fécondité infinie ; mais, âpre au toucher, elle brûle le sol si on en met trop. 3 La suivante est la rousse, que l’on nomme acaunumarga ; c’est une pierre mêlée dans une terre menue et sablonneuse ; on pile la pierre sur le terrain même, et pendant les premières années on coupe difficilement le blé, à cause des pierres ; toutefois, comme elle est légère, cette marne coûte de transport moitié moins cher que les autres. On la sème clair ; on pense qu’elle est mélangée de sel. Ces deux espèces une fois mises sur un




Ita est profecto, illa erit optima quæ unguenta sapiat. Quod si admonendi sumus, quales sit terræ odor ille qui quæritur, contingit sæpe etiam quiescente ea sub occasum solis, in quo loco arcus cælestes deiecere capita sua, et cum a siccitate continua immaduit imbre. Tunc emittit illum suum halitum divinum ex sole conceptum, cui conparari suavitas nulla possit. Is esse e commota debebit repertusque neminem fallet, ac de terra odor optime iudicabit. Tales fere est in novalibus cæsa vetere silva, quæ consensu laudatur. 12 Et in frugibus quidem ferendis eadem terra utilior intellegitur, quotiens intermissa cultura quievit, quod in vineis non fit, eoque est diligentius eligenda, ne vera existat opinio eorum, qui iam Italiæ terram existimavere lassam. Operis quidem facilitas in aliis generibus constat et cælo, nec potest arari post imbres aliqua, ubertatis vitio lentescens. Contra in Byzacio Africæ illum centena quinquagena fruge fertilem campum nullis, cum siccum est, arabilem tauris, post imbres vili asello et a parte altera iugi manu vomerem trahente vidimus scindi. Terram enim terra emendandi, ut aliqui præcipiunt, super tenuem pingui iniecta aut gracili bibulaque super umidam ac præpinguem, dementis operæ est. Quid potest sperare qui talem colit ?

IV. (vi.)

1 Alia est ratio, quam Britanniæ et Galliæ invenere, alendi eam ipsa, genusque, quod vocant margam. Spissior ubertas in ea intellegitur. Est autem quidam terræ adeps ac velut glandia in corporibus, ibi densante se pinguitudinis nucleo (vii.). Non omisere et hoc Græci : quid enim intemptatum illis ? Leucargillon vocant candidam argillam, qua in Megarico agro utuntur, sed tantum in umida frigidaque terra. 2 Illam Gallias Britanniasque locupletantem cum cura dici convenit. Duo genera fuerant, plura nuper exerceri coepta proficientibus ingeniis. Est enim alba, rufa, columbina, argillacea, tofacea, harenacea. Natura duplex, aspera aut pinguis ; experimenta utriusque in manu. Usus æque geminus, ut fruges tantum alant aut eædem et pabulum. 3 Fruges alit tofacea albaque, si inter fontes reperta est, ad infinitum fertilis, verum aspera tractatu ; si nimia iniecta est, exurit solum. Proxima est rufa, quæ vocatur acaunumarga, intermixto lapide terræ minutæ, harenosæ. Lapis contunditur in ipso campo, primisque annis stipula difficulter cæditur propter lapides ; inpendio tamen minima levitate dimidio minoris, quam ceteræ, invehitur. Inspergitur rara ; sale eam misceri putant. Utrumque hoc genus semel iniectum in l annos valet et frugum et pabuli ubertate. (viii.) 4 Quæ pin-



terrain le fertilisent pour cinquante ans, soit terres à blé, soit terres à fourrages. (viii.). 4 Des marnes grasses la meilleure est la blanche. Il y a plusieurs espèces de marne blanche : la plus mordante est celle dont il vient d’être parlé ; l’autre espèce est la craie blanche qu’on emploie pour nettoyer l’argenterie (xxxv, 58) : on la prend à de grandes profondeurs ; les puits ont généralement cent pieds, l’orifice en est étroit ; dans l’intérieur, le filon, comme dans les mines, s’élargit. C’est celle que la Bretagne emploie surtout ; l’effet s’en prolonge pendant quatre-vingt ans, et il n’y a pas d’exemple d’un agriculteur qui en ait mis deux fois dans le cours de sa vie sur le même champ. La troisième espèce de marne blanche se nomme glissomarga ; c’est une craie à foulon, mêlée de terre grasse : elle vaut mieux pour les fourrages que pour les champs à blé ; de telle façon que, la moisson étant enlevée, on a, avant les semailles de la suivante, une très grande quantité de fourrages. 5 Tant qu’elle est couverte de blé, elle ne permet à aucune autre herbe de pousser ; l’effet en dure trente ans : si on en met trop, elle étouffe le sol comme le ferait le ciment de Sigulum (xxxv, 46). Les Gaulois donnent à la marne colombine, dans leur langue, le nom d’églécopala ; on la tire par blocs comme la pierre ; le soleil et la gelée la dissolvent tellement, quelle se fend en lamelles très minces ; elle est aussi bonne pour le blé que pour le fourrage. La marne sablonneuse s’emploie si on n’en a pas d’autre, mais dans les terrains humides quand même on en aurait d’autre. Les Ubiens sont, que nous sachions, les seuls qui, cultivant un sol très fertile, le bonifient, prenant à trois pieds de profondeur la première terre venue, et recouvrant le sol d’un pied de cette terre : cela ne dure pas plus de dix ans. Les Éduens et les Pictons ont


rendu leurs champs très fertiles avec la chaux, qui, dans le fait, se trouve très utile aux oliviers et aux vignes. 6 Toute marne doit être jetée après le labourage, afin que le sol s’empare de l’engrais ; il faut y joindre un peu de fumier, car d’abord elle est trop âpre, du moins si ce n’est pas sur des prairies qu’on en répand ; autrement la marne, quelle qu’elle soit, nuirait au sol par sa nouveauté ; et, même avec toutes les précautions, elle ne rend le terrain fertile qu’après la première année. Il importe aussi de savoir à quel sol on la destine : sèche, elle va mieux à un sol humide ; grasse, à un terrain sec ; à un terrain qui tient le milieu, la craie ou la colombine convient.

V. (IX.)

1 Les cultivateurs de la Transpadane font un tel cas de la cendre, qu’ils la préfèrent au fumier des bêtes de somme ; ce fumier est très léger, ils le brident pour en faire de la cendre : cependant on ne se sert pas également de fumier et de cendre pour le même terrain ; on n’emploie pas non plus la cendre pour les vignobles sur arbres ni pour certaines céréales, comme nous l’avons dit (xvii, 2). Quelques personnes aussi pensent que la poussière est un aliment pour les raisins : elles en saupoudrent les grappes qui commencent à mûrir, et en jettent à la racine des vignes et des arbres ; c’est un usage constant dans la province Narbonnaise. La vendange de cette façon mûrit plus sûrement, parce que là la poussière contribue plus à la maturité que le soleil.

VI.

1 Il y a plusieurs espèces de fumier. L’usage en est antique. Déjà dans Homère (Od. xxiv, 225) le vieillard royal est représenté engraissant ainsi le sol de ses mains. La tradition rapporte que le roi Augias, en Grèce, imagina de s’en servir, et qu’Hercule répandit ce secret dans l’Italie, qui a cependant, à cause de cette invention, accordé l’immortalité à son roi Stercutus, fils de Faunus.




gues esse sentiuntur, ex his præcipua alba. Plura eius genera : mordacissimum quod supra diximus. Alterum genus albæ creta argentaria est. Petitur ex alto, in centenos pedes actis plerumque puteis, ore angusto, intus, ut in metallis, spatiante vena. Hac maxime Britannia utitur. Durat annis lxxx, neque est exemplum ullius, qui bis in vita hanc eidem iniecerit. Tertium genus candidæ glisomargam vocant. Est autem creta fullonia mixta pingui terra, pabuli quam frugum fertilior, ita ut messe sublata ante sementem alteram lætissimum secetur. Dum fruges, nullum aliud gramen emittit. 5 Durat xxx annis : densior iusto Signini modo strangulat solum. Columbinam Galliæ suo nomine eglecopalam appellant : glebis excitatur lapidum modo, sole et gelatione ita solvitur, ut tenuissimas bratteas faciat. Hæc ex æquo fertilis. Harenacea utuntur, si alia non sit ; in uliginosis vero, et si alia sit. Ubios gentium solos novimus, qui fertilissimum agrum colentes quacumque terra infra pedes tres effossa et pedali crassitudine iniecta lætificent. Sed ea non diutius annis x prodest. Ædui et Pictones calce uberrimos fecere agros, quæ sane et oleis, et vitibus utilis-


sima reperitur. Omnis autem marga arato inicienda est. Ut medicamentum rapiatur, et fimi desiderat quantulumcumque, primo plus aspera et quæ in herbas non effunditur ; alioquin novitate quæcumque fuerit solum lædet, ne sic quidem primo anno fertilis. Interest et quali solo quæratur. Sicca enim umido melior, arido pinguis. Temperato alterutra, creta vel columbina, convenit.

V. (ix.)

1 Transpadanis cineris usus adeo placet, ut anteponant fimo iumentorumque, quod levissimum est, ob id exurant. Utroque tamen pariter non utuntur in eodem arvo, nec in arbustis cinere nec quasdam ad fruges, ut dicemus. Sunt qui pulvere quoque uvas ali iudicent pubescentesque pulverent et vitium arborumque radicibus adspergant. Quod certum est, Narbonensi provinciæ et vindemias circius sic coquit, plusque pulvis ibi quam sol confert.

VI.

1 Fimi plures differentiæ, ipsa res antiqua. Iam apud Homerum regius senex agrum ita lætificans suis manibus reperitur. Augeas rex in Græcia excogitasse traditur, divulgasse vero Hercules in Italia, quæ regi suo Stercuto Fauni filio ob hoc inventum inmortalitatem tribuit.



M. Varron (De re rust., i, 38) donne le premier rang à la fiente des grives de volière ; il la vante comme profitable non seulement au champ, mais encore aux bœufs et aux porcs, qui en engraissent plus promptement. Il y a lieu de bien augurer de nos mœurs, si chez nos ancêtres les volières ont été assez grandes pour fournir des engrais à la campagne. 2 Columelle (De re rust., ii, 15) met au rang suivant la fiente de pigeon, puis celle de poule. Il condamne telle des oiseaux aquatiques. Les autres auteurs s’accordent pour regarder comme le premier des engrais le résidu des repas humains. D’autres préfèrent le superflu de la boisson, dans lequel on fait macérer le poil des ateliers de corroyeurs. D’autres emploient le liquide seul, mais ils y mêlent de l’eau, et même en plus grande quantité qu’on n’en mêle au vin dans les repas ; car il y a là plus à corriger, attendu qu’au vice communiqué par le vin se joint le vice communiqué par l’homme. Tels sont les moyens que les hommes emploient à l’envi pour alimenter la terre même. On recherche ensuite les excréments des pourceaux ; Columelle est le seul qui les rejette. D’autres estiment le fumier de tout animal nourri avec le cytise. Quelques-uns préfèrent celui de pigeon. 3 Vient ensuite celui des chèvres, puis celui des moutons, puis celui des bœufs ; en dernier lieu, celui des bêtes de somme. Telles sont les différences établies par les ancien entre les fumiers, telles les règles pour s’en servir, comme je les trouve ; car ici encore il vaut mieux suivre l’antiquité. Dans quelques provinces très riches en bestiaux, on a vu le fumier, passé au crible comme de la farine, perdre par l’effet du temps l’odeur et l’aspect repoussants qu’il avait, et prendre même quelque chose d’agréable Dans ces derniers temps, on a reconnu


que les oliviers aimaient surtout la cendre des fours à eaux. 4 Aux règles anciennes Varron (De re rust. i, 38) a ajouté qu’il faut engraisser les terres à blé avec le fumier de cheval, qui est le plus léger ; et les prairies avec un fumier plus lourd provenant de bêtes nourries d’orge, et propre à fournir beaucoup d’herbe. Quelques-uns même préfèrent le fumier des bêtes de somme à celui des bœufs, le fumier de mouton à celui de chèvre, et à tout celui d’âne, parce que cet animal mange le plus lentement. L’expérience prononce contre Varron et Columelle ; mais tous les auteurs s’accordent pour dire que rien n’est plus utile que de tourner avec la charrue ou avec la bêche, ou d’arracher avec la main, use récolte de lupin avant que la gousse soit formée, et de l’enfouir au pied des arbres et des vignes. On croit même, dans les lieux où il n’y a pas de bétail, pouvoir fumer le sol avec le chaume, ou, au pis aller, avec la fougère. 5 « Vous ferez du fumier, dit Caton (De re rust., xxxvii) avec la litière, le lupin, la paille, les fèves, les feuilles d’yeuse et de chêne ; arrachez de la terre à blé l’hyèble, la ciguë, et dans les saussaies l’herbe qui monte et le jonc : de cela et des feuilles qui pourrissent faites de la litière pour les moutons. Si la vigne est maigre, brûlez-en les sarments, et labourez le terrain ; et quand vous êtes sur le point (De re rust., xxx) de semer le froment dans un champ, faites y parquer les moutons. »

VII.

1 Caton dit encore (De re rust. xxxvii) : Il y a des récoltes qui engraissent le sol : les terres à blé sont fumées par le lupin, la fève, la vesce. Une action contraire est exercée par le pois chiche, à cause qu’on l’arrache et qu’il est salé, par l’orge, le fenugrec et l’ers ; ces plantes brûlent la terre à blé, ainsi que toutes celles



M. Varro principatum dat turdorum fimo ex aviariis, quod etiam pabulo boum suumque magnificat neque alio cibo celerius pinguescere adseverat. De nostris moribus bene sperare est, si tanta apud maiores fuere aviaria, ut ex his agri stercorarentur. 2 Proximum Columella e columbariis, mox gallinariis facit, natantium alitum damnato. Ceteri auctores consensu humanas dapes ad hoc in primis advocant. Alii ex his præferunt potus hominum in coriariorum officinis pilo madefacto, alii per sese aqua iterum largiusque etiam, quam cum bibitur, admixta. Quippe plus ibi mali domandum est, cum ad virus illud vini homo accesserit. Hæc sunt certamina, invicemque ad tellurem quoque alendam aluntur homines. Proxime spurcitias suum laudant, Columella solus damnat. Alii cuiuscumque quadripedis ex cytiso, aliqui columbaria præferunt. 3 Proximum deinde caprarum est, ab hoc ovium, dein boum, novissimum iumentorum. Hæ fuere apud priscos differentiæ, simulque præcepta (ut invenio) recenti utendi, quando et hic vetustas utilior ; visumque iam est apud quosdam provincialium inveteratum, abundante geniali copia pecudum, farinæ vice cribris superinici, fætore aspectuque temporis viribus in quandam etiam


gratiam mutato. Nuper repertum oleas gaudere maxime cinere e calcariis fornacibus.) 4 Varro præceptis adicit equino, quod sit levissimum, segetes alendi, prata vero graviore et quod ex hordeo fiat multasque gignat herbas. Quidam etiam bubulo iumentorum præferunt ovillumque caprino, omnibus vero asininum, quoniam lentissime mandant. E contrario usus adversus utrumque pronuntiat. Inter omnes autem constat nihil esse utilius lupini segete, priusquam siliquetur, aratro vel bidentibus versa manipulisve desectæ circa radices arborum ac vitium obrutis. Et ubi non sit pecus, culmo ipso vel etiam felice stercorare arbitrantur. 5 Cato : Stercus unde facias, stramenta, lupinum, paleas, fabalia ac frondis iligneam querneam. Ex segete evellito ebulum, cicutam et circum salicta herbam altam ulvamque. Eam substernito ovibus, bubusque frondem putidam. Vinea si macra erit, sarmenta sua comburito et indidem inarato : Itemque ubi saturus eris frumentum, oves ibi delectato.

VII.

Nec non et satis quibusdam ipsis pasci terram dicit : segetem stercorant fruges : lupinum, faba, vicia ; sicut e contrario : cicer, quia vellitur et quia salsum est, hordeum, fenum Græcum, ervum, hæc omnia segetem exurunt,



LivRE xvn.

6f7 qtt*ao arraehe. Ne semei paa.des mqrMx d$n% la lerre hhl^n Virgile (Gtorg., i, 77) peDse qne la terre bl6 est briil^ bqssI par le lin, ravoine et lepaTot 1 VIII. On recomiBande de placer les tas de Ai- mier en pleio air, daos un.creux qal recueille les llqttidefl , de les couvrir de paille pour que le so- leil De les dess^he pas, et d'y flcher ud pien en bois de rouvre, pr^ntion qni emptelie les ser- pents de s'y engendrer. II importe beaoconp de mdler le fiimier k la terre pendant qne sonffle le Favooius, et par nne lune s^he. La plnpart com- prennent mal ce pr^pte, pensant que cette op6- ration doit se faire ao lever du Favoniu^, et senle- ment au mois de f^vrier ; cependant la plupart des semences demandent h ^tre fum^s en d'autres mois. Quelle que soit r^poque on Ton fume , 11 lisot choisir le moment on le vent souffle du cou^ eher ^uinoxial, ou la luoe d^roft et est s^che. Une tolle pr^ution augmente d'une fa^on mer- veiileuse les efliets fertilisants du fumier. I IX. (x.) Ayant trait^ sufflsammeot des condi- tions du ciel et de la terre, noos allons parler de ces arbres qne font naitre les soins et rindustrie de rhomme. £t ils ne sont gu^e moins nombrenx qne eeox qoe prodoit la oatore (xvi, 68) ; tant noos avons pay^ avec g^rosit^ ses blen- faits I On prodoit ces arbres oo de graine , oo de planty 00 de provios , oo de rejetons, oo de scioos, oo de greffe, oo d'ente. Qoant ao pr^tendo pro- usit^ chez les Babyloniens, de semer des liBQliles de palmier qni donnent naissance h Tar- bre, Je m'^tonne que Trogoe Pomp^ y alt cro. Qoelqoes arbres se reproduisent par plusieurs des op^rations ^nm^rto, quelques autres par toutes. j X. Cest la nature qui a ensei^ la plupart, et d*abord Tart de semer, car on voyait germer la el omnia qaae velluntur : mieleos in segetem ne indideris. Viffplias et Uoo segetem exuri , et aTena , et papaTere arbitmtur. 1 VIII. FimetasahdiocoDcafolocOyetqoiliomoremool- ligat» alraaientointecla, ne io sole arescant, palo e ro- bore depacto fieri jubent : ita fore ne ionascantur his serpeoles. Fimum miscere teme, plurimam refert Favo- nio flante, ac luna sitiente. Id plerique prave inteltigunt a Favonil orta laciendum, ac februario oiense tantum: qoam id pleraque sata aliis postulent mebsibus. Quocum- que tempore facere libeat, curandum ut aboccasu «equino- ctlali flante vento fiat , lunaque decrescente ac sfcca. Mirom io modum angetur obertas efTectusqoe cyos obserTatione tali. 1 IX. (x.) Abonde praedicta ratione o«pli ac terrae, oonc de his arboribusdlcimuSy quse cura bominam atque arle proveniont. Nec paociora prope sont genera: tam benigoe natiirsegratiam relulimus. Autenim samine pHDyeniont, ao( plantib radicis, aut propagine, aotavolsiooe , aot sorculo, aot iosito etconsecto arboris tronco. Nam folia palmarom apad Babylonios scri, atque ita arborem provenire, Trogom credidisse demiror. Quedam autem pluribus geoeribus eeniiitary qusedam omnibas. graine tombte et ref ne par la terre. Qudqnes ar- bres ne sont pas •osceptibleade venir antrement, par f xeo^le les chiitaigoiera, ies noyers. Nous ex- ceptons ies taitlis, qoi repoussent du pied. Des ar- bres qui penvent aussl se reproduire par d*autres moyens, ia vigoe, le pommier, le poirier, se re- prodoisent par ia gratn^ , qnoiqoe cette graine soit diff(6rente : en effet^ ils ont ponr graioe le noyau^ et non, comme les pr^cMeots, le fruit lui- mtoie. Les n^flieri paivent aussi venir de graine. Tous ces arbres, ainsi sem^ poossent lentemeot, deg^n^nt, et il &ut les r^en^rer par la greffe. Le chAtaignier mdmea qneiquefois l>e9oin d'6tre grefr(§. XI. Au contraire^ qoelqnes arbres ont la pro- 1 pri^ de ne pas d^gen^rer, de qoetqne mani^ qu'on lesreproduise, le cyprte, le palmier (7), le laurier. Le lanrier en effet se reproduit de plusleurs maniferes. Nous en avons indiqu^ les espdces (xv, 80). Le laarier augiute, le lanrier baocalis, le iau- rier-tin, se sement de la mdmemani^ : les iMues se cueillent au mois de janvier» quaod le vent du nord-est ies a dess^chto ; on les expose k Tair en les toirtant les unes des antres , de peur qne, en tas, elles ne s*^hauffent ;. puis, pr^parees dans du fbmier pour rensemencement , on les faumecte avec de rnrine. D*autres foulent avec les pieds , daos une eau couraote, lesbaies misesen des pa- niers d*osier, Josqn*^ ce que la peau s*en aille; autrement, rhumidit^ qn*elles renferment de- vient pr^Judiciable, et les emptehe de lever. On > d^fonce le champ , et dans un tron profond d'un palme on les met par tas de vingt envirouy pen- dant lemois de roars. Gesespdces de laoriers vien- nent aussi de provins. Le laurier triomphal (xv , 89 ) ne vient que de scion. Toutes ies esp^s de myrte (xv , 87 ) viennent en Caippanie de graine; X. Ac pleraque ex his ipsa natura docuit, etin primis 1 semeo serere, qoum deddeos exceptumqoe terra Yivesce- ret. Sed qoaedam non aliter proveniaiit , otcastanese, ju- glandes : cscdois domUxat exceptis. Ex semine aulem , quanquamdissimiU, ea quoque , qoe et aliis naodis serun- tnr : ot vites , et mala , atqoe pira. Namqoe iis pro semine nocleos , noo ot supra dictis fructoa ipse. £t mespila se- mine nasci possont. Omnia bsDC tarda provento , ac dege- nerantia, et insito restitoenda. Interdom etiam castaneec XI. Qoibusdaro natora coutraomnino non degenerandi, ^ qnoquo modo serantur : ut cupressis, paUnis, lauris: naroque et laorus ploribos roodis serilur. Geoera ejiis diximus. £x his Aogusta, et baccalis, ettinus, siroili modo seruutor. Baccae mense januario , Aquilonis afllatu siccatsB leguntur, expandunturque rarse, ne calefiant acervo. Postea qoidaro firoo ad satum prseparatas, urina madefaciunt. Alii in qoalo pedibos io profluente decul- cant, dooec aoreralor cutis. Alioqaio uligo infeslat, nec 2 patitor oasci. In sotco repastinato palroi aUitodioe ▼iceroe fere acerratim oieose marUo : eadem et propagioe serun* tur; triumpbalisque talea tantam. Myrti genera omuia in Campaoia baccis serootor, BonNe propagioe Tarenliua. Democritoset alio modo seri docet , graodissimis bacca- Digitized by Google Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/647 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/648 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/649 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/650 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/651 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/652 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/653 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/654 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/655 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/656 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/657 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/658 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/659 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/660 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/661 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/662 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/663 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/664 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/665 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/666 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/667 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/668 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/669 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/670 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/671 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/672 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/673 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/674 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/675 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/676 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/677 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/678 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/679 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/680 Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T01.djvu/681