Ha ! que je porte et de haine et d’envie

Les Amours
Texte établi par Hugues VaganayGarnier (2p. 121).

LIII

Ha ! que je porte et de haine et d’envie
Au medecin, qui vient soir et matin
Sans nul propos tastonner le tetin,
Le sein, le ventre, et les flancs de m’ amie.
Las ! il n’est pas si songneux de sa vie
Comme elle pense, il est meschant et fin :
Cent fois le jour il la visite, afin
De voir son sein qui d’aimer le convie.
Vous qui avez de sa fiévre le soin,
Parens, chassez ce medecin bien loin,
Ce medecin amoureux de Marie,
Qui fait semblant de la venir penser :
Que pleust à Dieu pour l’en recompenser,
Qu’il eust mon mal, et qu’elle fust guarie !