Ouvrir le menu principal

2007 : encore une élection pour rien? >> Liberté


Oui, la France a encore un avenir


La question centrale que nous nous posons tous est simple: la France a-t-elle encore un avenir? Allons-nous enfin, « citoyens français », avec tout le sens historique et politique que recouvre ce mot, pouvoir peser à nouveau sur notre destin collectif? Dans ce monde impitoyable qu’il faut reconnaître tel qu’il est et non pas tel que nous souhaiterions qu’il soit, allons-nous retrouver la capacité et le courage de faire revivre nos valeurs, de reprendre la parole, tant chez nous qu’à l’extérieur?

Alors que les élites fatiguées qui nous gouvernent répondront d’un air méprisant et désabusé: « Ce n’est pas si simple » – façon de dire sans le dire: « Non, bien sûr » –, j’ose répondre « oui ». Un oui aussi net et ardent que le non que j’ai plaidé en 2005 contre la funeste Constitution européenne. La France a un bel avenir devant elle, pour peu qu’elle corrige ses handicaps, valorise ses atouts, se retrousse les manches, en assumant les valeurs exceptionnelles qui la fondent: liberté, égalité et fraternité. À condition de le vouloir, nous pourrons maîtriser à nouveau notre destin.

Mais, les éternels défaitistes qui peuplent le Medef, les cabinets ministériels, l’UMP et le PS, me répondent avec ironie: « Comment ferez-vous donc? Tout cela est du rêve! »

Un rêveur de plus? Je me souviens de François Fillon, un authentique républicain qui a malheureusement perdu la foi, me déclarer un jour dans son bureau de ministre de l’Éducation nationale: « Quand je te lis, je crois revoir Philippe. » Il parlait de Philippe Séguin. C’était pour moi un compliment, pour lui, ce ne l’était plus depuis longtemps!

Oui, je persiste et signe: nous tous, citoyens français, ne sommes pas condamnés à subir. Je suis convaincu que nous retrouverons confiance et dynamisme lorsque enfin on présentera au pays un projet qui s’appuie sur son histoire, son caractère et son idéal.

Pour y réussir, il est impératif de retendre les ressorts de la dynamique française. J’en vois trois.

Celui de la vérité tout d’abord. Nos concitoyens en ont assez qu’on leur mente soit pour les inquiéter, soit pour les endormir. Le temps de dire la vérité est venu sur l’état du monde et de la France. Cela ne signifie pas pour autant s’y résoudre ni s’y complaire, encore moins trouver un prétexte pour faire passer notre pays à la casserole socialiste ou néolibérale. Car le jour où nos compatriotes entendront leurs élus partager le même diagnostic, ils les reconnaîtront alors comme leurs. Dire la vérité sur le chômage, la cherté de la vie, la pression migratoire, qui sont beaucoup plus élevés qu’on ne l’admet généralement.

Il nous faut reconnaître que les services publics, réformés avec courage, feraient bien mieux que les monopoles privés qu’on nous prépare. Que la corruption gangrène notre pays et devrait être plus durement sanctionnée. Que l’on ne peut pas demander aux citoyens de respecter la loi quand on s’en affranchit au sommet de l’État et des grandes entreprises…

Le deuxième ressort aujourd’hui distendu est celui de l’effort. La France ne s’en sortira pas sans que nous nous retroussions tous les manches. Il est, en particulier, ahurissant qu’à l’école on donne le mauvais exemple en réduisant, pour des raisons financières, idéologiques et syndicales, la durée des cours. Les trente-cinq heures ont fait croire que l’on pourrait gagner la guerre économique mondiale en travaillant moins pour le même salaire. L’effort, mais partagé. En effet, rien ne pourra être obtenu sans l’adhésion ni la mobilisation de chacun.

Le troisième ressort est celui de la fierté nationale. La nation est toujours bien vivante. Or la dépression française s’explique largement par sa négation et sa stigmatisation permanentes. Humiliation, avec la triste odyssée du Clemenceau, objet des sarcasmes de la terre entière. Déception, face à l’indifférence de nos dirigeants. N’y aurait-il alors que le football qui fasse vibrer la corde tricolore dans notre pays? La liesse lors de la Coupe du monde a tout au contraire exprimé un désir inassouvi de France. Comment imaginer mobiliser les Français sans que leurs dirigeants ne manifestent la moindre envie ni la moindre fierté? Sans sombrer dans le chauvinisme ni l’autocélébration, il est indispensable de redonner une image positive et honnête de notre pays, à même d’être partagée par le plus grand nombre.

« Tout cela est bien beau. Mais, concrètement, comment comptez-vous vous y prendre? Quel chemin nous demandez-vous d’emprunter pour relever le pays? » Dans quel but, pour quel projet les Français devraient-ils reprendre le pouvoir?

La tâche est immense. Dans tous les domaines, il faut agir, agir vite et bien. Aller à la racine du mal et, tel un acupuncteur, appliquer l’aiguille sur le bon nerf.

Seuls les Français peuvent reprendre le pouvoir s’ils veulent collectivement et individuellement s’en sortir. Personne, et encore moins ceux qui ont failli en les conduisant dans l’impasse, ne le pourra à leur place.

Reprendre le pouvoir:

  •  pour réformer nos institutions et refonder l’Europe en redonnant ainsi un sens au suffrage universel. Cette reconquête démocratique est le préalable à tout redressement car c’est ainsi que notre pays, desserrant la contrainte extérieure, retrouvera sa liberté;
  •  pour reconstruire l’État républicain, seul capable de mettre fin à l’impuissance publique, véritables sables mouvants dans lesquels se perd la volonté collective. Faire fonctionner la justice, oser l’école du mérite, relancer l’aménagement du territoire, affirmer la citoyenneté: autant d’actions pour garantir l’égalité des citoyens, la cohésion nationale et l’efficacité de l’action publique;
  •  pour bâtir un nouveau pacte économique et social, celui de l’effort de tous au profit de tous. Un nouveau combat pour muscler notre économie, la replacer au service du progrès social, offrir ainsi un emploi, un logement, un avenir à chaque Français.