Ouvrir le menu principal

Avant-propos


Depuis longtemps, je voulais vous écrire. Le moment est venu. La situation de notre pays s’est tant dégradée qu’aujourd’hui rester silencieux reviendrait à être complice du déclin. Un mal qui ronge ce que nous partageons tous ensemble de plus précieux: la France!

Au-delà de notre destin individuel – notre vie personnelle, notre famille, nos proches, nos réalisations –, nous partageons en effet un destin collectif.

Nous avons hérité de nos aînés un extraordinaire pays. Un bout du continent européen où des femmes et des hommes, depuis plus d’un millénaire, ont bâti une nation, un art de vivre, une culture. Certes, il y eut des hauts et des bas! Des lâchetés indignes, mais aussi des sursauts admirables. Tant d’efforts, de sacrifices, de dons de soi tout au long de notre histoire, pour une France qui, dans le monde entier, a symbolisé un idéal humain. Or, aujourd’hui, vous le savez bien, notre pays, qui dispose de vrais atouts, est dans la tempête. Bon nombre d’entre vous souffrez dans votre vie quotidienne des mauvais choix publics accumulés depuis une génération.

Au-delà des difficultés qui, malheureusement, ont frappé notre peuple dans le passé, il est un mal nouveau, sans doute plus grave: le doute qui s’est emparé de la nation tout entière, une sorte de dégoût de vivre amplifié par la démission de ceux qui ont pourtant la responsabilité de conduire le pays. Je sais qu’il est démodé de proclamer son amour de la France. Il paraît anachronique de se réclamer de cette « certaine idée » portée aux quatre coins de la terre par les générations qui nous ont précédés.

« Liberté, Égalité, Fraternité », notre devise sonne trop souvent creux aux oreilles d’une génération qui a été tant trompée qu’elle ne croit plus possible de défendre ses intérêts, de faire vivre ses valeurs, de transmettre des repères, de porter un idéal.

Et pourtant, il n’est pas de vie possible chacun dans son coin, repus d’avantages et de privilèges pour les uns, emprisonnés dans la misère pour les autres.

Le citoyen peut-il accepter d’être réduit au rôle de consommateur? Notre peuple a une trop vive conscience politique pour supporter plus longtemps les ravages de cette nouvelle jungle que les doctes nomment « mondialisation ». Notre peuple – la Coupe du monde de football l’a prouvé une nouvelle fois – ne désire rien tant que vibrer pour son pays. Il est beaucoup plus prêt qu’on ne le dit à se battre pour lui, pour l’idéal dont il est porteur. La France des Lumières et de la justice ne peut se résigner à disparaître. La France de la République, celle de Victor Hugo, de Gambetta, de Clemenceau, de Pierre Mendès France, ne peut se taire. La France du courage, de l’effort, de l’intelligence, de la liberté, celle de Jean Moulin, d’André Malraux, du général de Gaulle, n’a pas le droit de se coucher.

Depuis quelques années, avec quelques esprits libres, gaullistes, républicains, patriotes, je ne cesse d’appeler la République et donc la France à se redresser: debout, la Répu­blique! Debout, la France! Mais le milieu politique, comme un sable mouvant, a tendance à nous étouffer, à nous empêcher de vous parler, à nous dissuader de vous convaincre.

Le 29 mai 2005, avec toutes les bonnes volontés, nous avions pourtant réussi à déjouer le piège qui aurait affaibli un peu plus notre démocratie au nom d’une belle idée européenne à laquelle nous souscrivons tous, mais qui, depuis une décennie, est dénaturée par le poids des intérêts et des bureaucraties.

Depuis, tout est fait pour contenir ce sursaut populaire. La volonté du peuple n’a jamais été à ce point bafouée dans ses choix les plus fondamentaux.

Tout concourt à lui faire croire qu’il ne peut plus rien, qu’il n’a qu’à courber la tête. Je ne puis l’accepter. Je vous invite à ne plus vous laisser faire. Vous n’êtes pas nés pour subir votre sort. Je veux vous convaincre, par ce livre, qu’une autre politique est possible.

Oui, un livre pour vous rappeler qu’en démocratie seul le peuple, c’est-à-dire vous, nous, a le dernier mot.

Françaises, Français, reprenez le pouvoir! Reprenez-le partout où vous le pourrez: dans vos communes, vos entreprises, votre Parlement! Oui, la France peut se réveiller, elle peut revivre si vous le voulez vraiment!

Il est tard. Mais il n’est pas trop tard.