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Œuvres poétiques de Joséphin SoularyAlphonse Lemerre, éditeur1re partie (p. 207).




CLXXXIII

FEBRIS ACCESSIO



Je me sentais descendre, emporté dans le vide,
Les spirales sans fin d’un abîme sans fond ;
J’entendais clapoter, dans l’inconnu profond,
Comme les caillots lourds d’une flaque sordide ;

Rien ne faisait lueur dans cette nuit livide ;
Rien ne ralentissait mon élan furibond ;
Mon corps frappait, aux flancs de l’entonnoir avide,
De seconde en seconde une plainte par bond !

Désespoir insensé ! mes deux mains frémissantes
Vainement s’incrustaient dans les parois glissantes ;
Le sol railleur fuyait sous mon ongle tendu !

Et j’écoutais pleurer, à distance infinie,
Une voix qui disait : « Le pauvre homme est perdu !
Le voyez-vous froisser son drap dans l’agonie ? »