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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Malade et le Médecin (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Malade et le Médecin.

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LE MALADE ET LE MÉDECIN


Un malade, questionné sur son état par le médecin, répondit qu’il avait sué plus que de raison. « Cela va bien », dit le médecin. Questionné une seconde fois sur sa santé, il dit qu’il avait été pris de frisson et fortement secoué. « Cela va bien aussi », dit le médecin. Une troisième fois le médecin vint le voir, et le questionna sur sa maladie. Il répondit qu’il avait eu la diarrhée. « Cela va bien encore », dit le médecin, et il se retira. Un de ses parents étant venu le voir et lui demandant comment il allait : « Moi, répondit-il, je meurs à force d’aller bien. »

Il en est souvent ainsi : nos voisins, n’en jugeant que par les dehors, nous estiment heureux pour des choses qui nous causent intérieurement le plus vif chagrin.

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Νοσῶν καὶ ἰατρός.

Νοσῶν τις καὶ ἐπερωτώμενος ὑπὸ τοῦ ἰατροῦ πῶς διετέθη, ἔλεγε πλέον τοῦ δέοντος ἱδρωκέναι. Ὁ δὲ ἔφη· Ἀγαθὸν τοῦτο. Ἐκ δευτέρου δὲ ἐρωτώμενος πῶς ἔχοι, ἔφη φρίκῃ συνεχόμενος διατετινάχθαι. Ὁ δέ· « Καὶ τοῦτο, ἔφη, ἀγαθόν. » Τὸ δὲ τρίτον ὡς παρεγένετο καὶ ἐπηρώτα αὐτὸν περὶ τῆς νόσου, διαρροίᾳ περιπεπτωκέναι ἔφασκε. Κἀκεῖνος ἀγαθὸν καὶ τοῦτο φήσας ἀπηλλάγη. Τῶν δὲ οἰκείων τινὸς παραγενομένου πρὸς αὐτὸν καὶ πυνθανομένου πῶς ἔχοι, ἔφη πρὸς αὐτόν· « Ἐγώ σοι ὑπὸ τῶν ἀγαθῶν ἀπόλωλα. »

Οὕτω πολλοὶ τῶν ἀνθρώπων ἐπὶ τούτοις ὑπὸ τῶν πέλας μακαρίζονται τῇ ἔξωθεν οἰήσει, ἐφ᾿ οἷς αὐτοὶ παρ᾿ ἑαυτοῖς τὰ μάλιστα δυσφοροῦσιν.