Ouvrir le menu principal

Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Loup et la Chèvre (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Loup et la Chèvre.

220


LE LOUP ET LA CHÈVRE


Un loup vit une chèvre qui paissait au-dessus d’un antre escarpé. Ne pouvant arriver jusqu’à elle, il l’engagea à descendre ; car elle pourrait, disait-il, tomber par mégarde ; d’ailleurs le pré où il se trouvait était meilleur ; car le gazon y était tout fleuri. Mais la chèvre lui répondit : « Ce n’est pas pour moi que tu m’appelles au pâtis, c’est pour toi qui n’as pas de quoi manger. »

Ainsi quand les scélérats exercent leur méchanceté parmi des gens qui les connaissent, ils ne gagnent rien à leurs machinations.

220
Λύκος καὶ αἴξ.

Λύκος θεασάμενος αἶγα ἐπί τινος κρημνώδους ἄντρου νεμομένην, ἐπειδὴ οὐκ ἠδύνατο αὐτῆς ἐφικέσθαι, κατωτέρω παρῄνει αὐτῇ καταβῆναι, μὴ καὶ πέσῃ λαθοῦσα, λέγων ὡς ἀμείνων ὁ παρ᾿ αὐτῷ λειμών ἐστι, ἐπεὶ καὶ ἡ πόα σφόδρα εὐανθής. Ἡ δὲ ἀπεκρίνατο πρὸς αὐτόν· « Ἀλλ᾿ οὐκ ἐμὲ ἐπὶ νομὴν καλεῖς, αὐτὸς δὲ τροφῆς ἀπορεῖς. »

Οὕτω καὶ τῶν ἀνθρώπων οἱ κακοῦργοι, ὅταν παρὰ τοῖς εἰδόσι πονηρεύωνται ἀνόητοι τῶν τεχνασμάτων γίνονται.