Ouvrir le menu principal

Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Lion l’Ours et le Renard (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Lion l’Ours et le Renard.

200
LE LION, L’OURS ET LE RENARD.

Un lion et un ours, ayant trouvé un faon de biche, se battaient à qui l’aurait. Ils se portèrent l’un à l’autre des coups terribles, tant qu’enfin, pris de vertige, ils s’abattirent à demi morts. Un renard, qui passait, les voyant énervés, et le faon gisant au milieu, l’enleva et s’en alla en passant entre eux deux. Et eux, hors d’état de se relever, murmurèrent : « Malheureux que nous sommes ! c’est pour le renard que nous avons pris tant de peine. »

La fable montre qu’on a raison de se dépiter, quand on voit les premiers venus emporter le fruit de ses propres travaux.

200
Λέων καὶ ἄρκτος καὶ ἀλώπηξ.

Λέων καὶ ἄρκτος, ἐλάφου νεβρὸν εὑρόντες, περὶ τούτου ἐμάχοντο. Δεινῶς δὲ ὑπ᾿ ἀλλήλων διατεθέντες, ἐπειδὴ ἐσκοτώθησαν, ἡμιθανεῖς ἔκειντο. Ἀλώπηξ δὲ παριοῦσα, ὡς ἐθεάσατο τοὺς μὲν παρειμένους, τὸν δὲ νεβρὸν ἐν μέσῳ κείμενον, ἀραμένη αὐτόν, διὰ μέσων αὐτῶν ἀπηλλάττετο. Οἱ δὲ ἐξαναστῆναι μὴ δυνάμενοι ἔφασαν· « Ἄθλιοι ἡμεῖς, εἴ γε ἀλώπεκι ἐμοχθοῦμεν. »

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι εὐλόγως ἐκεῖνοι ἄχθονται οἳ τῶν ἰδίων πόνων τοὺς τυχόντας ὁρῶσι τὰς ἐπικαρπίας ἀποφερομένους.