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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Lion et l’Onagre (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Lion et l’Onagre.

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LE LION ET L’ONAGRE


Le lion et l’onagre chassaient aux bêtes sauvages, le lion usant de sa force, l’onagre de la vitesse de ses pieds. Quand ils eurent pris un certain nombre de pièces, le lion partagea et fit trois parts qu’il étala. « Je prendrai la première, dit-il, comme étant le premier, puisque je suis roi ; la deuxième aussi, comme associé à part égale ; quant à la troisième, celle-là te portera malheur, si tu ne te décides pas à décamper. »

Il convient en toutes choses de se mesurer à sa propre force, et de ne point se lier ni s’associer à de plus puissants que soi.

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Λέων καὶ ὄναγρος.

Θῆρας ἐθήρευον λέων καὶ ὄναγρος, ὁ μὲν λέων διὰ τῆς δυνάμεως ὁ δὲ ὄναγρος διὰ τῆς ἐν ποσὶ ταχύτητος. Ἐπεὶ δὲ ζῷά τινα ἐθήρευσαν, ὁ λέων μερίζει καὶ τίθησι τρεῖς μοίρας, καί· « Τὴν μὲν μίαν, εἶπεν, λήψομαι ὡς πρῶτος· βασιλεὺς γάρ εἰμι· τὴν δὲ δευτέραν, ὡς ἐξ ἰσοῦ κοινωνός· ἡ δὲ τρίτη μοῖρα αὕτη κακὸν μέγα σοι ποιήσει, εἰ μὴ θελήσεις φυγεῖν. »

Ὅτι καλὸν ἑαυτὸν μετρεῖν ἐν πᾶσι κατὰ τὴν ἑαυτοῦ ἰσχὺν καὶ δυνατωτέροις ἑαυτοῦ μὴ συνάπτειν μηδὲ κοινωνεῖν.