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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Laboureur et la Fortune (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Laboureur et la Fortune.

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LE LABOUREUR ET LA FORTUNE


Un laboureur, en bêchant, tomba sur un magot d’or. Aussi chaque jour il couronnait la Terre, persuadé que c’était à elle qu’il devait cette faveur. Mais la Fortune lui apparut et lui dit : « Pourquoi, mon ami, imputes-tu à la Terre les dons que je t’ai faits, dans le dessein de t’enrichir ? Si en effet les temps viennent à changer et que cet or passe en d’autres mains, je suis sûre qu’alors c’est à moi, la Fortune, que tu t’en prendras. »

Cette fable montre qu’il faut reconnaître qui vous fait du bien et le payer de retour.

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Γεωργὸς καὶ τύχη.


Γεωργός τις σκάπτων χρυσίῳ περιέτυχε. Καθ᾿ ἑκάστην οὖν τὴν Γῆν, ὡς ὑπ᾿ αὐτῆς εὐεργετηθείς, ἔστεφε. Τῷ δὲ ἡ Τύχη ἐπιστᾶσά φησιν· « Ὦ οὗτος, τί τῇ Γῇ τὰ ἐμὰ δῶρα προσανατίθης, ἅπερ ἐγώ σοι δέδωκα, πλουτίσαι σε βουλομένη; Εἰ γὰρ ὁ καιρὸς μεταβάλοι καὶ πρὸς ἑτέρας χεῖρας τοῦτό σοι τὸ χρυσίον ἔλθοι, οἶδ᾿ ὅτι τηνικαῦτα ἐμέ τὴν Τύχην μέμψῃ. »

Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι χρὴ τὸν εὐεργέτην ἐπιγινώσκειν καὶ τούτῳ χάριτας ἀποδιδόναι.