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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Cochon et les Moutons (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Cochon et les Moutons.

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LE COCHON ET LES MOUTONS


Un cochon s’étant mêlé à un troupeau de moutons paissait avec eux. Or un jour le berger s’empara de lui ; alors il se mit à crier et à regimber. Comme les moutons le blâmaient de crier et lui disaient : « Nous, ils nous empoigne constamment, et nous ne crions pas », il répliqua : « Mais quand il nous empoigne, vous et moi, ce n’est pas dans la même vue ; car vous, c’est pour votre laine ou votre lait qu’il vous empoigne ; mais moi, c’est pour ma chair. »

Cette fable montre que ceux-là ont raison de gémir qui sont en risque de perdre, non leur argent, mais leur vie.

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Δέλφαξ καὶ πρόβατα.


Ἔν τινι ποίμνῃ προβάτων δέλφαξ εἰσελθὼν ἐνέμετο. Καὶ δή ποτε τοῦ ποιμένος συλλαμβάνοντος αὐτόν, ἐκεκράγει τε καὶ ἀντέτεινε. Τῶν δὲ προβάτων αἰτιωμένων αὐτὸν ἐπὶ τῷ βοᾶν καὶ λεγόντων· « Ἡμᾶς μὲν συνεχῶς συλλαμβάνει καὶ οὐ κράζομεν, » ἔφη πρὸς ταῦτα· « Ἀλλ᾿ οὐχ ὅμοιά γε τῇ ὑμετέρᾳ ἡ ἐμὴ σύλληψις· ὑμᾶς γὰρ ἢ διὰ τὰ ἔρια ἀγρεύει ἢ διὰ τὸ γάλα, ἐμὲ δὲ διὰ τὰ κρέα. »

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι εἰκότως ἐκεῖνοι ἀνοιμώζουσιν οἷς ὁ κίνδυνος οὐ περὶ χρημάτων ἐστίν, ἀλλὰ περὶ σωτηρίας.