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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/La Rose et l’Amarante (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir La Rose et l’Amarante.

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LA ROSE ET L’AMARANTE


Une amarante qui avait poussé à côté d’une rose lui dit : « Comme tu es belle ! tu fais les délices des dieux et des hommes. Je te félicite de ta beauté et de ton parfum. — Moi, répondit la rose, je ne vis que peu de jours, amarante, et même si l’on ne me cueille pas, je me flétris ; mais toi, tu es toujours en fleur et tu restes toujours aussi jeune. »

Il vaut mieux durer en se contentant de peu que vivre dans le luxe quelque temps, pour subir ensuite un changement de fortune et même la mort.

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Ῥόδον καὶ ἀμάραντον.

Ῥόδῳ παραφυὲν ἀμάραντον ἔφη· « Οἷον ἄνθος εὐπρεπὲς εἶ, καὶ ποθητὸν καὶ θεοῖς καὶ ἀνθρώποις· μακαρίζω σε τοῦ κάλλους καὶ τῆς εὐωδίας. » Τὸ δὲ εἶπεν· « Ἐγὼ μέν, ὦ ἀμάραντον, πρὸς ὀλίγον καιρὸν ζῶ, καί, κἂν μηδεὶς ἐκκόψῃ με, τήκομαι· σὺ δὲ ἀνθεῖς καὶ ζῇς ἀεὶ οὕτω νέον. »

Ὅτι κρεῖσσον ὀλιγαρκούμενόν τινα διαμένειν ἢ πρὸς ὀλίγον τρυφήσαντα μεταϐολῆς δυστυχοῦς τυχεῖν ἢ καὶ ἀποθανεῖν.