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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/La Queue et le Corps du Serpent (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir La Queue et le Corps du Serpent.

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LA QUEUE ET LE CORPS DU SERPENT


Un jour la queue du serpent eut la prétention de conduire et de marcher la première. Les autres organes lui dirent : « Comment nous conduiras-tu, toi qui n’a pas d’yeux ni de nez, comme les autres animaux ? » Mais ils ne la persuadèrent pas, et à la fin le bon sens eut le dessous. La queue commanda et conduisit, tirant à l’aveugle tout le corps, tant qu’enfin elle tomba dans un trou plein de pierres, où le serpent se meurtrit l’échine et tout le corps. Alors elle s’adressa, flatteuse et suppliante, à la tête : « Sauve-nous, s’il te plaît, maîtresse ; car j’ai eu tort d’entrer en lutte avec toi. »

Cette fable confond les hommes rusés et pervers qui se révoltent contre leurs maîtres.

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Οὐρὰ καὶ μέλη ὄφεως.

Οὐρά ποτε ὄφεως ἠξίου πρώτη προάγειν καὶ βαδίζειν. Τὰ δὲ λοιπὰ μέλη ἔλεγον· « Πῶς χωρὶς ὀμμάτων καὶ ῥινὸς ἡμᾶς ἄξεις, ὡς καὶ τὰ λοιπὰ ζῷα ; » Ταύτην δὲ οὐκ ἔπειθον, ἕως τὸ φρονοῦν ἐνικήθη. Ἡ οὐρὰ δὲ ἦρχε καὶ ἦγε, σύρουσα τυφλὴ πᾶν τὸ σῶμα, ἕως, εἰς βάραθρον πετρῶν ἐνεχθεῖσης, <ὁ ὄφις> τὴν ῥάχιν καὶ πᾶν τὸ σῶμα ἐπλήγη. Σαίνουσα δὲ ἱκέτευε τὴν κεφαλὴν λέγουσα· « Σῶσον ἡμᾶς, εἰ θέλεις, δέσποινα· τῆς γὰρ κακῆς ἔριδος ἐπειράθην. »

Ἄνδρας δολίους καὶ κακοὺς καὶ τοῖς δεσπόταις ἐπανισταμένους ὁ μῦθος ἐλέγχει.